mercredi 28 août 2013

Crise dans la FSSPX : conseils de St Hilaire, du cardinal Pie, de Dom Marmion, de Mgr Freppel et Mgr Lefebvre

Crise dans la FSSPX : conseils de 
St Hilaire, du cardinal Pie, de Dom Marmion, de Mgr Freppel et Mgr Lefebvre 

 St Hilaire

Voici des extraits tous tirés de l'article Mgr Lefebvre, Rome et les ralliés. Cet article a été publié il y a environ un an sur antimodernisme. info, site qui a été ensuite supprimé à cause des intimidations de Menzingen. Cet article était destiné à lutter contre les accords avec Rome. Il montrait aussi que nous ne pouvions en conscience nous ranger à la position des ralliés. Nous allons le réutiliser à présent en mettant quelques modifications en vert et entre crochets ; nous verrons qu'il peut nous aider à y voir clair dans la conduite  à adopter vis-à-vis de Mgr Fellay.

(...) Nous devons en toutes choses agir pour plaire à Dieu et non aux hommes  : «  Est-ce la faveur des hommes que je me concilie ou celle de Dieu  ? Si je plaisais encore aux hommes je ne serais pas serviteur du Christ.  » (Gal 1, 10)
Dans la crise de l’Église, notre intention ne peut pas être de chercher la sécurité d’une reconnaissance sociale par l’autorité ecclésiastique, ni de poursuivre une paix fausse [avec Menzingen] qui nous dispense du combat, ni d’établir un accord ou une unité qui n’est qu’un mensonge.
Dom Guéranger, à la fête de saint Hilaire, exalte le courage de ce grand défenseur de la foi, qui n’eut pas à combattre contre un persécuteur menaçant les vies mais séduisant les esprits et flattant les cœurs pour mieux les perdre [en leur proposant des mutations-promotions par exemple]. Il rapporte les plaintes de saint Hilaire à Dieu  :
 O Dieu tout-puissant, «  contre vos ennemis avoués, j’aurais combattu avec bonheur. (...) Mais aujourd’hui nous avons à combattre contre un persécuteur déguisé, contre un ennemi qui nous flatte, contre Constance l’antéchrist [contre Mgr Fellay], qui a pour nous non des coups mais des caresses  ; qui ne proscrit pas ses victimes pour leur donner la vie véritable, mais les comble de richesses pour leur donner la mort  ; qui ne leur octroie pas la liberté des cachots, mais leur donne une servitude d’honneurs dans ses palais  ; qui ne déchire pas les flancs, mais envahit les cœurs. (...) Il ne dispute pas de peur d’être vaincu  ; mais il flatte pour dominer  ; (...) il procure une fausse unité pour qu’il n’y ait pas de paix  ; il sévit contre certaines erreurs, pour mieux détruire la doctrine du Christ  ; il honore les évêques afin qu’ils cessent d’être évêques  ; il bâtit des églises tout en ruinant la foi. (...)  »
Il est facile et permis de faire le parallèle avec les autorités actuelles de l’Église [et avec Mgr Fellay] dans leurs rapports avec ceux qui voudraient rester fidèles à la foi tout en profitant des avantages proposés  : les honneurs, l’abandon du combat doctrinal, la fausse unité.
Dom Guéranger en donne la cause  : l’esprit mondain, le défaut d’une foi profonde conduisant et dirigeant tous les actes de la vie, l’habitude de la diplomatie plus que du combat sans merci contre les ennemis de la foi. Voici ce qu’il dit  : «  À toutes les époques, l’Église a eu en son sein des demi fidèles que l’éducation, une certaine bienséance, quelques succès d’influence et de talent, retiennent parmi les catholiques, mais que l’esprit du monde a pervertis. Ils se sont fait une église humaine, parce que le naturalisme ayant faussé leur esprit, ils sont devenus incapables de saisir l’essence surnaturelle de la véritable Église. Accoutumés aux variations de la politique, aux tours habiles à l’aide desquels les hommes d’État arrivent à maintenir un équili­bre passager à travers les crises, il leur semble que l’Église dans la déclaration même des ses dogmes, doit compter avec des ennemis, qu’elle pourrait se méprendre sur l’opportunité de ses résolutions, en un mot que la précipitation peut attirer sur elle, et sur ceux qu’elle compromettra avec elle, une défaveur funeste.  »
cardinal Pie

Le cardinal Pie fait parler saint Hilaire comme il suit  : «  J’ai peur de la terrible responsabilité qui pèserait sur moi par la connivence, par la complicité de mon silence [en ne dénonçant pas Mgr Fellay]. J’ai peur enfin du jugement de Dieu, j’en ai peur pour mes frères sortis de la voie de la vérité, j’en ai peur pour moi dont c’est le devoir de les y ramener.  » On ajoutait  : «  Mais n’y a-t-il pas des réticences permises, des ménagements nécessaires  ?  » Hilaire répondait que l’Église n’a vraiment pas besoin qu’on lui fasse la leçon, et qu’elle ne peut oublier sa mission essentielle. Or cette mission la voici  : «  Ministres de la vérité, il vous appartient de déclarer ce qui est vrai.  » (Œuvres du Cardinal Pie, t6, Rome 14 janvier 1870) (Dom Guéranger, Année liturgique, Noël, à la fête de saint Hilaire) (...)

 Dom Marmion


Dom Marmion, L'union à Dieu, DDB 1937, p. 23 :



« 1- Examinez à fond l'intention avec laquelle vous agissez. L'amour avec lequel vous agissez est mille fois plus important que l'exactitude matérielle que vous apportez dans vos actions. 
2- Examinez pour voir si votre cœur est entièrement libre : 
a - par rapport aux personnes ; 
b - par rapport aux occupations, étant disposé à tout moment à changer d'occupation au moindre signe de la divine volonté; 
c - par rapport aux choses, ne tenant à rien, ni pour vous, ni pour les autres, si la charité le demande. »

Mgr Freppel


Les ralliés [et maintenant les prêtres et fidèles de la FSSPX] sont menacés par la «  peste de l’indifférentisme  », puisqu’ils mettent vérité et erreur à égalité, [comme nous l’avons vu dans la déclaration du 15 avril 2012 qui soutient, ainsi que les ralliés, que la messe de Paul est légitimement promulguée et que l'on peut accepter Vatican II, les nouveaux sacrements et le nouveau code de droit canon à la lumière de la Tradition]. Quel remède leur apporter  ?
 Soyons d’abord attentifs à l’avertissement de Mgr Freppel.
«  Le plus grand malheur pour un siècle ou un pays, c’est l’abandon ou l’amoindrissement de la vérité. On peut se relever de tout le reste ; on ne se relève jamais du sacrifice des principes. Les caractères peuvent fléchir à des moments donnés et les mœurs publiques recevoir quelque atteinte du vice ou du mauvais exemple, mais rien n’est perdu tant que les vraies doctrines demeurent debout dans leur intégrité. Avec elles, tout se refera tôt ou tard, les hommes et les institutions, parce qu’on est toujours capable de revenir au bien lorsqu’on n’a pas quitté le vrai.
Ce qui enlèverait jusqu’à l’espoir même de salut, ce serait la désertion des principes, en dehors desquels il ne se peut rien de solide et de durable. Aussi le plus grand service qu’un homme puisse rendre à ses semblables aux époques de défaillance et d’obscurcissement, c’est d’affirmer la vérité sans crainte, alors même qu’on ne l’écouterait pas ; car c’est un sillon de lumière qu’il ouvre à travers les intelligences et, si sa voix ne parvient pas à dominer les bruits du moment, du moins sera-t-elle recueillie dans l’avenir comme la messagère du salut.  » (Mgr Freppel, Panégyrique de saint Hilaire, 19 janvier 1873)

Mgr Lefebvre

Mgr Lefebvre a donné en mars 1988 quelques notions sur l’obéissance. Les voici :
«  Les principes qui déterminent l’obéissance sont connus et tellement conformes à la saine raison et au sens commun qu’on se demande comment des personnes intelligentes peuvent affirmer qu’ils préfèrent se tromper avec le Pape que d’être dans la Vérité contre le Pape.
«  Ce n’est pas cela que nous enseigne la loi naturelle, ni le Magistère de l’Église. L’obéissance suppose une autorité qui donne un ordre ou édicte une loi. Les autorités humaines même instituées par Dieu [Mgr Fellay] n’ont d’autorité que pour atteindre le but assigné par Dieu et non pas pour s’en détourner. Lorsqu’une autorité [ex : Mgr Fellay] use de son pouvoir à l’encontre de la loi pour laquelle ce pouvoir lui est donné, elle n’a pas droit à l’obéissance et on doit lui désobéir.
«  On accepte cette nécessité de la désobéissance vis-à-vis du père de famille qui encourage sa fille à se prostituer, vis-à-vis de l’autorité civile qui oblige les médecins à provoquer des avortements et à tuer des innocents, mais on accepte à tout prix l’autorité du Pape [ou de Mgr Fellay] qui serait infaillible dans son gouvernement et dans toutes ses paroles. C’est bien méconnaître l’histoire et ignorer ce qu’est en réalité l’infaillibilité.
«  Déjà saint Paul a repris saint Pierre qui ne «  marchait pas selon la vérité de l’Évangile  » (Gal. II, 14). Ailleurs saint Paul encourage les fidèles à ne pas lui obéir s’il lui arrivait de prêcher un autre évangile que celui qu’il a ensei­gné précédemment (Gal. I, 8).
«  Saint Thomas, quand il parle de la correction fraternelle, fait allusion à la résistance de saint Paul vis-à-vis de saint Pierre et il commente ainsi  : «  Résister en face et en public dépasse la mesure de la correction fraternelle. Saint Paul ne l’aurait pas fait envers saint Pierre s’il n’avait pas été son égal en quelque manière... Il faut cependant savoir que s’il s’agissait d’un danger pour la foi les supérieurs devraient être repris par leurs infé­rieurs même publiquement. Cela ressort de la manière et de la raison d’agir de saint Paul à l’égard de saint Pierre, dont il était le sujet, de telle sorte, dit la glose de saint Augustin, ‘que le Chef même de l’Église a montré aux su­périeurs [comme Mgr Fellay par exemple] que s’il leur arrivait par hasard de quitter le droit chemin, ils acceptassent d’être corrigés par leurs inférieurs’.  » (St Th. 2a. 2ae. q. 33. art. 4. ad 2)
«  Le cas qu’évoque saint Thomas d’Aquin n’est pas chimérique puisqu’il a eu lieu vis-à-vis de Jean XXII de son vivant. Celui-ci crut pouvoir affirmer comme une opinion personnelle que les âmes des élus ne jouissaient de la vision béatifique qu’après le jugement dernier. Il écrivit cette opinion en 1331 et en 1332 il prêcha une opinion semblable au sujet de la peine des damnés. Il entendait proposer cette opinion par un décret solennel.
«  Mais les réactions très vives de la part des Dominicains, surtout ceux de Paris, et des Franciscains le firent re­noncer à cette opinion en faveur de l’opinion traditionnelle définie par son successeur Benoît XII en 1336.
«  Et voici ce que dit le Pape Léon XIII dans son Encyclique Libertas praestantissimum du 20 juin 1888  : «  Sup­posons donc une prescription d’un pouvoir quelconque [ex : le pouvoir de Mgr Fellay] qui serait en désaccord avec les principes de la droite raison et avec les intérêts du bien public (à plus forte raison avec les principes de la foi), elle n’aurait aucune force de loi…  », et un peu plus loin  : «  Dès que le droit de commander fait défaut ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l’autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d’obéir à Dieu  ».
«  Or notre désobéissance est motivée par la nécessité de garder la foi catholique. Les ordres qui nous sont donnés expriment clairement qu’ils nous le sont pour nous obliger à nous soumettre sans réserve au Concile Vatican II, aux réformes post-conciliaires et aux prescriptions du Saint Siège, c’est-à-dire à des orientations et à des actes qui minent notre foi et détruisent l’Église, ce à quoi il est impossible de nous résoudre. Collaborer à la destruction de l’Église, c’est trahir l’Église et Notre Seigneur Jésus-Christ.
«  Or tous les théologiens dignes de ce nom enseignent que si le Pape [ou Mgr Fellay] par ses actes détruit l’Église, nous ne pouvons pas lui obéir, (Vitoria, Obras, pp. 486- 487  ; Suarez, de fide, disp. X, sec. VI. n°16  ; saint Robert Bellarmin, De Rom. Pont., livre II. c. 29  ; Cornélius a Lapide, ad Gal. 2, 11, etc...) et il doit être repris res­pectueusement mais publiquement.
«  Les principes de l’obéissance à l’autorité du Pape sont ceux qui commandent les relations entre une autorité délé­guée [ex : Mgr Fellay] et ses sujets. Ils ne s’appliquent pas à l’autorité divine qui est toujours infaillible et indéfectible et donc ne suppose aucune défaillance.
«  Dans la mesure où Dieu a communiqué son infaillibilité au Pape et dans la mesure où le Pape entend user de cette infaillibilité, qui comporte des conditions bien précises pour son exercice, il ne peut y avoir de défail­lance.
«  En dehors de ces cas précis, l’autorité du Pape est faillible et ainsi les critères qui obligent à l’obéissance s’appliquent à ses actes. Il n’est donc pas inconcevable qu’il y ait un devoir de désobéissance vis-à-vis du Pape.
«  L’autorité qui lui a été conférée l’a été pour des fins précises et en définitive pour la gloire de la Trinité, de Notre Seigneur Jésus-Christ et le salut des âmes.
«  Tout ce qui serait accompli par le Pape [ou Mgr Fellay] en opposition avec cette fin n’aurait aucune valeur légale et aucun droit à l’obéissance, bien plus obligerait à la désobéissance pour demeurer dans l’obéissance à Dieu et à la fidélité à l’Église. (..) »

 (Mgr Lefebvre, «  L’obéissance peut-elle nous obliger à désobéir  ?  », 29 mars 1988, Fideliter 29-30 juin 1988)

Note : Pour ceux qui disent que Mgr Fellay a retiré sa Déclaration et que donc la foi n'est plus en danger, lire l'introduction de l'article suivant sur la conférence de Mgr Fellay, faite le 7 mai 2013 à Lille.