mardi 23 juillet 2013

Le G.R.E.C (2ème partie) par Michael


Le G.R.E.C (2ème partie)
Groupe de Réflexion Entre Catholiques
 par Michael

 
 La doctrine de Vatican II est nommée aussi par un membre du GREC : 
"doctrine ordinaire" de l'Eglise 
 


La doctrine multiséculaire de l'Eglise,
défendue par Mgr Lefebvre, est
nommée "doctrine extraordinaire"
par ce même membre du GREC
(cf. p.122, Pour la nécessaire réconciliation,
 père Michel Lelong)


● L’ivraie et le bon grain
 Ce club aborde des problèmes doctrinaux. Or la doctrine catholique ne peut par définition mélanger l’ivraie et le bon grain : la doctrine de l’Église est sainte. Pourtant, c’est cet argument qui est retenu par le Père Lelong et par Mgr Fellay pour justifier un rapprochement doctrinal : « Il ne faudra jamais s’étonner de trouver l’ivraie mélangée au bon grain chez les Catholiques eux-mêmes. » (page 15) et Mgr Fellay écrit dans sa réponse aux 3 évêques : « C'est Notre-Seigneur lui-même qui nous fait comprendre avec sa parabole de l'ivraie qu'il y aura toujours, sous une forme ou une autre, de la mauvaise herbe à arracher et à combattre dans son Église ... » (14 avril 2012) Le compromis doctrinal sur des points non-négociables est habilement justifié par cette parabole de l’ivraie et du bon grain, qui, si elle signifie qu’il y a des hommes d’Église faillibles, ne peut excuser qu'on tolère l'erreur lorsqu’on discute de doctrine avec eux. Lorsqu'on discute de doctrine, il s’agit de la foi. Et en matière de foi, aucune ivraie n’est tolérable, aucun compromis, aucune ambiguïté, aucune négociation n’est possible.
Au GREC cependant, les cerveaux brillants ont des trouvailles pleines d’originalité. Savez-vous que l’un des membres du GREC a inventé (p. 122) la notion de « doctrine extraordinaire », laquelle pourrait venir compléter heureusement la « doctrine ordinaire » ? Cette invention sous-entend qu’il y aurait donc des vérités de foi qui seraient moins obligatoires que d’autres. Pour savoir qui a formulé ce concept hérétique, il faut attendre demain et vous reporter au petit jeu qui sera publié à  la fin de la troisième partie.  
●La légitime discussion
 
L’œcuménisme moderniste n’exclut pas la "légitime" discussion, il ne nie pas les divergences doctrinales. Ce qui compte est de "faire unité", de "faire Église" et "d’être en communion". C’est le désir du Père Lelong : « Pour cette tâche [de réformer, de restaurer], nul n’est de trop. Aussi seront-ils toujours précieux les lieux où, en Église et dans la confiance réciproque, il sera possible de s’opposer mutuellement de raisonnables objections, susceptibles de faire avancer le Royaume. »
C’est le souhait de Madame Pérol : « la menace est interne quand les catholiques sont divisés entre eux, au lieu d’être unis, dans le respect des légitimes diversités. » (p. 94)
Pour Mme Pérol, les orientations de l'Eglise conciliaires sont donc une "légitime diversité", au même titre que nos orientations.

 Légitime diversité entre nous et les conciliaires ?
(religion satanique qui adore le soleil et le feu). Photo prise le 5 février 1986.



Légitime diversité ? Ce pape conciliaire,
 Benoît XVI, est heureux de se faire bénir par un sorcier aborigène.
Légitime diversité ?
Mgr Fellay souhaite aussi avoir ces discussions dépassionnées entre personnes de sensibilités différentes : « C’est pourquoi il est légitime de promouvoir par une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions et de formulations du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi, dans le cas où elles ne paraissent pas conciliables avec le Magistère antérieur de l’Église. » (Déclaration doctrinale du 15 avril 2012).  Mgr Fellay n’est même pas sûr qu’il y ait matière à opposition ! Cela rejoint la 1re condition du chapitre général de la FSSPX demandant au pape la liberté de critique. 
Tous les saints ont affirmé au contraire la nécessité de se séparer et de dénoncer les hommes d’Église hérétiques. L’abbé Rioult a fait un excellent article sur le sujet :
le délicat saint François de Sales déclarait dans son Introduction à la vie dévote« Les ennemis déclarés de Dieu et de l'Église doivent être blâmés et censurés avec toute la force possible. La charité oblige à crier au loup, quand un loup s'est glissé au milieu du troupeau et même en quelque lieu qu'on le rencontre. » 
Saint Louis-Marie Grignion de Monfort notait : « Dieu a mis une inimitié, non seulement entre Marie et le démon, mais entre la race de la sainte Vierge et la race du démon : c'est-à-dire que Dieu a mis des inimitiés, des antipathies et haines secrètes entre les vrais enfants et serviteurs de la sainte Vierge et les enfants et esclaves du diable ; ils ne s'aiment point mutuellement, ils n'ont point de correspondance intérieure les uns avec les autres. » (Traité de la vraie dévotion, § 51-59).
Saint Athanase disait :
« Ainsi donc, plus ils [= les hérétiques] s’acharnent à occuper les lieux de culte, plus ils se séparent de l’Église. Ils prétendent représenter l’Église ; en réalité, ils s’en expulsent eux-mêmes et s’égarent. Les catholiques fidèles à Dieu dans la sainte Tradition, même s’ils sont réduits à une poignée, voilà ceux qui sont la vraie Église de Jésus-Christ.“
● prier ensemble et réunir la base pour ouvrir la voie à la hiérarchie
Au GREC, on a développé l’amitié : « comme toutes les réunions du GREC, cette conférence-débat se déroula dans un climat de respect mutuel et de confiante amitié. ». On s'est rendu compte que « les convergences doctrinales et spirituelles étaient beaucoup plus nombreuses que les divergences ».
Au GREC, on aimait bien prier ensemble : ainsi, lors d’un colloque (secret) du GREC, l’évêque référent, Mgr Breton a assuré la prière d’ouverture et l’Abbé Lorans, la prière finale. (p. 46). Le GREC se présentait comme une simple réunion de bonnes volontés désireuses de montrer l’exemple de la charité fraternelle comme les réunions paroissiales catholiques-protestants. Nous verrons qu’il n'en était rien et que les cardinaux à Rome et Mgr Fellay à Menzingen suivaient tout de très près.
Ce culte de la discrétion si cher au GREC a été repris comme méthode de travail par Mgr Fellay dans ses rapports avec Rome. 
2) Le GREC prépare explicitement le ralliement de la FSSPX à Rome
La charte du GREC est le testament spirituel de M. Pérol (décédé en 1995), charte que son épouse a mise en œuvre en créant le GREC. Voici ce qu’écrit M Pérol : « J’ose donc exposer, en toute liberté, quelques idées, dans l’espoir qu’elles pourraient servir aux autorités responsables qui cherchent, sous l’inspiration du Saint-Esprit, le chemin de la réconciliation» (p. 21)
Le testament spirituel de M. l’Ambassadeur Pérol déroule de façon prémonitoire toute la teneur des négociations entre la FSSPX et Rome. Il s’agit d’une véritable feuille de route qu’ont suivie Rome et Menzingen.
- du côté de Rome, M. Pérol préconise de revoir « le sort fait à la messe de saint Pie V »... Et Rome a imaginé l’habile Motu Proprio qui réussit le tour de force d’abroger officiellement le rite de saint Pie V comme forme ordinaire de l’Église latine et de faire croire qu’il libère la messe en latin. M. Pérol écrit aussi : « les mesures d’excommunication doivent être suspendues »... Et voici que dans une lettre du 9 juillet 2008, les animateurs du GREC, dont l’abbé Lorans, demandent officiellement et obtiennent la levée des excommunications. Cette lettre de 2008 évoque la « nécessaire réconciliation », c’est-à-dire un accord pratique sans accord doctrinal. Le 20 octobre, nouvelle lettre, signée par la FSSPX, qui évoque la "régularisation canonique", expression ridicule reprise par Mgr Fellay ultérieurement. (ridicule et mauvaise car il ne s’agit pas d’un problème juridique mais d’un problème de foi !)
- du côté de la FSSPX, l’ambassadeur écrit : « Ecône doit dire clairement qu’elle ne rejette pas le concile en bloc. »... Et Mgr Fellay professe solennellement dans une déclaration doctrinale : « L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de la compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire – c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement – certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Église, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement. Mgr Fellay reconnait le « Missel romain et des Rituels des Sacrements légitimement promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II. » et promet « de respecter la discipline commune de l’Église et les lois ecclésiastiques, spécialement celles qui sont contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le pape Jean-Paul II (1983) » Il reconnaît par là la validité du nouveau Code de droit canon qui est la traduction juridique du Concile Vatican II. L’ambassadeur n’en demandait pas tant.
 
Le GREC, un club privé ou un club en lien avec les plus hautes autorités de l’Eglise ?
Le GREC est un club privé, la consigne est : « Soyez prudents, restez discrets, ne parlez pas de votre initiative aux médias » (p. 29). Le recrutement se fait par cooptation. Est-ce à dire que c’est un club fermé ? Qui est au courant ?
Les travaux du GREC sont suivis par les plus hautes autorités : il ne s’agit donc pas seulement de discussions privées autour d’un buffet comme on veut nous le faire croire ! Il s’agit d’une véritable entreprise œcuménique de ralliement.
Est-ce une volonté délibérée du GREC ? Oui, car, écrit le Père Lelong, « dès que notre projet eût commencé à prendre forme, notre souci fut d’en informer les autorités religieuses concernées : le Nonce apostolique à Paris, le président de la Conférence épiscopale de France et le supérieur de la Fraternité Sacerdotale saint Pie X. »
- le Nonce Baldelli reçoit « à de nombreuses reprises, pour des entretiens approfondis », Madame Pérol, l’Abbé Lorans et le Père Lelong. Le nonce écrit au GREC : « J’ai eu récemment l’occasion de parler de vos activités à Son Éminence le Cardinal Dario Castillon Hoyos, président de la commission pontificale Ecclesia Dei. Il est tout disposé à rencontrer un représentant de votre groupe de travail. » (2002) Ainsi, pendant que l’on amuse les fidèles de la Tradition avec des éditoriaux antimodernistes, discrètement on discute entre frères. En 2003, le nonce écrit au GREC : « Les suggestions proposées à la Fraternité Saint Pie X me paraissent bien opportunes. » Un travail de ralliement au plus haut niveau est donc en train de s’opérer dans le dos des fidèles. Et cela va continuer avec Mgr Ventura qui tient Rome au courant.
- Les évêques de France désignent un évêque pour suivre les travaux, Mgr Breton. Pendant qu’on reconfirme sous-condition dans les prieurés de la Tradition, un évêque moderniste suit les travaux du GREC sans que cela ne gêne les participants de la FSSPX !
- Mgr Fellay établit avec le GREC « des relations qui furent toujours très confiantes » (p. 35).
- « le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, fut tenu au courant de nos activités. » p. 48
- de multiples personnalités sont sollicitées. Le Père Lelong écrit : « Il ne m’est pas possible de citer ici tous les courriers qui furent échangés entre le GREC et plusieurs personnalités du Vatican. »
Les plus hautes autorités sont donc au courant et suivent ces pourparlers discrets réalisés par quelques prêtres de la FSSPX sans aucun mandat du Chapitre général de la FSSPX et dans le dos des prêtres et des fidèles de la Tradition.
(à suivre. 3ème et dernière partie demain, avec le jeu et la solution de l'énigme posée au début de cet article.)