samedi 27 juillet 2013

LE CHANCRE, LE SCALPEL ET LE SPARADRAP - par l'abbé Chazal


LE CHANCRE, LE SCALPEL ET LE SPARADRAP
par l'abbé Chazal


Petit rappel : l’abréviation DQA signifie : Déclaration du Quinze Avril 2012 de Mgr Fellay envoyée à Rome. 
Nouveau terme : la DVSJ. Signifie : la Déclaration du Vingt-Sept Juin 2013.

I - LE CHANCRE. La perte de notre innocence devant Dieu

Le chancre est l’abandon de la position officielle de la Fraternité par rapport à une église conciliaire qui s’enfonce de plus en plus manifestement dans l’heresie. La Fraternité officielle a perdu son innocence devant Dieu. Devant les hommes, oui, elle fait encore bonne figure, tandis que la résistance fait bien piètre mine, mais tout cela n'est que du vent qui passera comme ont passé toutes ces institutions abattues par le Concile.

Si un prêtre, quel qu'il soit, vous dit que la lamentable DQA (déclaration du quinze avril) a été rétractée, dites-lui d'accourir à sa boîte aux lettres pour prendre connaissance du Cor Unum 104. Ce texte officiel défend la DQA sur la base du protocole du 05.05.1988, du maintien simultané de notre liberté d’attaquer les erreurs, de la nécessité de reconnaître l’autorité romaine et d’échapper à la tentation sédévacantiste, et du refus de Rome d’accepter cette DQA. (Cor Unum 104, p.37-40)
En outre le même Cor Unum 104 contient l'incroyable lettre du 17 Juin dans laquelle le malheureux Supérieur Général se montre en intelligence avec l'ennemi, et regrette que la DQA aggravée du cardinal Levada ne puisse pas être acceptée par les membres de la Fraternité, au moment même où il proclamait haut et fort son refus de signer un tel texte; une contradiction qui fut relevée par Benoît XVI lui-même, le 30 juin... 
En outre un fidèle anglais demanda récemment à Mgr Fellay s'il rétractait ladite DQA. Sa réponse évasive et longue en dit long cette fois, sur son refus de rétracter ce texte, et sa volonté de le garder sous le coude tout en prétendant ne pas en faire usage. L’abbé Rostand diffuse massivement la défense de la DQA faite par l’abbé Themann à St Mary's récemment. Il l'a envoyée sous forme de "package" à grand frais, à beaucoup de fidèles. Il rappelle dans son numéro spécial du Regina Coeli report que cette DQA est parfaitement légitime en vertu du précédent du protocole du cinq mai 1988 de Mgr Lefebvre. Je suggère que les supérieurs majeurs accordent leurs violons... Il faut toujours regarder ce qui se passe aux Etats-Unis et en Allemagne pour savoir la politique future de la Fraternité officielle. "Actions speak louder than words (of Fr de Cacqueray)"! [ndlr : les actions parlent plus forts que les mots (de l’abbé de Cacqueray)]

Enfin la DQA n'est que le couronnement d'une longue série de contrevérités antérieures qui n'ont fait l'objet d'aucune rétractation, elles aussi. Elles façonnent ou reflètent une nouvelle politique. Les supérieurs libéraux s'expriment libéralement et impriment leur libéralisme. Le ton des publications est en train de changer, avec des aller-retour, comme au Concile: Il reflète le double langage qui règne en haut lieu. Le SISINONO, est plus sinosino que sisi ou nono ces temps-ci. DICI, encore biaisé hélas, est un peu moins rose qu'avant, après un long refus d'informer les fidèles, l'ironie de l’abbé Rioult aidant. Mais je ne sais pas si l’abbé Lorans va couvrir la transformation imminente de la Rome actuelle en siège de l'Antéchrist...

Ah, et oui, j'oubliais presque. Il n'y a plus de francs-maçons au Vatican; l'Eglise n'est plus occupée par les loges. Le complot, c'est ringard, c'est la maladie de Mgr Williamson. Les jeunes générations n'en ont rien à faire ; ce ne sont que de vieilles histoires des vieux bouquins des années 70 ou des vieilles conférences de Mgr Lefebvre à Ecône.

Ne parlons pas trop de la consécration de la Russie, ou plutôt ne faisons pas tout reposer sur la lecture par le Pape d'une formule devant une statue de la Sainte Vierge ; cela ne fait pas sérieux.

Sur le plan pratique l'avenir de la Fraternité fut décidé au chapitre de 2012, et nous n'avons plus de garantie de séparation étanche entre les autorités modernistes et la Tradition. Le ton de la Fraternité a nettement changé ; les six conditions n'ont pas été rejetées, et, encore plus inquiétant et plus invisible aux yeux des fidèles, elle révèlent un réel changement de notre attitude canonique par rapport au nouveau code (cf. DQA, dernier paragraphe) et par rapport aux tribunaux progressistes officiels, auxquels nous nous soumettons de plus en plus. Mon propre décret d'expulsion met le nouveau code en avant. Étrange  n'est-ce pas ? Ce n'est qu'après avoir été jeté dehors que je me suis aperçu que j'étais sous une nouvelle loi sous laquelle je ne m'étais jamais engagé. Expulsé en vertu du nouveau code, ma conformité à l'ancien s'en retrouve parfaitement rafraîchie.

Tout aussi grave est le maintien pour six ans encore, de Mgr Fellay au pouvoir, malgré ses fautes graves. Le pire est que le Chapitre est dorénavant façonné de telle sorte qu'un changement de Supérieur General ne changerait rien. Ce n'est pas à Mgr Fellay que nous en voulons, (il refuse de me recevoir dorénavant), les idées sont en place à l'intérieur et gagnent du terrain constamment, la définition même de l'infection (in-figo / in-facio).

En attendant, le Chapitre est incapable, qui plus est, refuse catégoriquement de considérer la possibilité d'une faute grave du Supérieur, qui jouit maintenant d'une impunité d'autant plus inquiétante, qu'en vertu de la crise, aucune congrégation romaine ne peut intervenir pour faire cesser l'erreur au pouvoir. Nous devenons une secte ; une loi à nous-mêmes : c'est l'autre désastre de ce Chapitre qui, comme nous le savons maintenant, tenait entre ses mains toutes les évidences que nous connaissons aujourd'hui, mais sans oser entreprendre quoi que ce soit, répétant ainsi le même refus de s'élever contre un détenteur d'autorité qui porte atteinte à la vérité ; tout cela au nom de l'unité, de la préservation d'un soi-disant bien commun, exactement comme au temps de Paul VI. Le silence qui suivit immédiatement le Chapitre montre que l'affaire est scellée.

En outre aucune explication décisive n’a été donnée aux scandales du GREC, du Krahgate et du branding hollandais, si candidement révélé par l'abbe Wegner, supérieur de District. On constate que les confrères qui se sont tus, mais qui restent en désaccord avec la nouvelle ligne continuent à être mis aux oubliettes par le truchement discret mais souverainement efficace des changements de postes. La mutation de l’abbé Beauvais en est le cas le plus emblématique, lui qui devrait être félicité pour son courage. Mgr Tissier est savamment écarté d'Ecône. Qu'est devenu l’abbé Doran, que vont devenir les abbés Scott, Kimball et les autres qui se font mettre au placard ?

Les confrères qui ont parlé sont "étranglés à petit feu". Nous ne savons pas si le procès de l’abbé Pinaud aura lieu et ce que deviennent les abbés parlèrent en leur temps.


II -  LE NECESSAIRE SCALPEL


Pour en venir à bout de la résistance, le meilleur conseil que je puis donner est de prendre un couteau pour découper le chancre, c'est-à-dire que Mgr Fellay fasse, comme le grand Saint Augustin, tout un livre de rétractation des erreurs qu'il a su accumuler au fil des ans, mais surtout la DQA, la réponse aux 3 évêques, et l'interview sur CNS. Il ne resterait plus qu'à annuler les actes du Chapitre 2012, évincer les libéraux aux postes de commande et dans les réseaux d'information. Les brebis égarées reviendraient d'elles-mêmes, la confiance retrouvée dans le berger.

Une telle ablation chirurgicale permettrait d'éviter l'erreur de continuer à se répandre. Tout récemment un fidèle de Brisbane dit à son prêtre local qu'on ne pouvait pas accepter la DQA, ce à quoi il répondit: "Eh quoi ! Il y a de bonnes choses dans Vatican II". Quand l’abbé Joe Pfeiffer pose la question à son frère prêtre Timothy, "La nouvelle messe est-elle légitimement promulguée ?", le pauvre Timothy est incapable de répondre... La seule chose qu'il dit tombe à côté : "c'est un mauvais texte". Pour ne pas avoir à admettre que le Supérieur a proposé une erreur religieuse, certains membres ne se sentent plus capables de dire ce qui n'était qu'une banale évidence jusqu'à 2012 : la nouvelle messe n'a rien de légitime.

Je regrette que M l’abbé de Cacqueray suive le mauvais exemple de M. l’abbé Morgan, parce que les pustules libérales se multiplient. L'école de Tynong, en Australie, met la Liberté Religieuse dans sa philosophie, pour des raisons légales, me dit-on. Nous surprenons surtout les prêtres de la jeune génération faire des admissions surprenantes, et le tradœcuménisme (copinage sacramentel avec les Ecclesia Dei) est rampant chez les fidèles. La mise en garde du diocèse de Virginie, dans lequel la néo-fsspx est en train de construire une énorme bâtisse, a presque le parfum d'une bienvenue. Nos ennemis ne s'y trompent pas, la réconciliation est en cours, on ne sait pas quand elle se fera, et par conséquent il ne faut plus traiter ces retardataires de schismatiques, comme il était coutume. Les Ecclesia Dei sont encore plus enthousiastes. Ils félicitent Mgr Fellay de ses efforts et de son changement de ton, ils buvaient du petit lait a sa conférence d'Adelaïde, m'ont dit les Australiens. Un de mes anciens camarades du séminaire a bien dit que nous ne parlons plus de novus ordo ou de progressistes face à nous, de même qu'officiellement il n'y a plus d'église conciliaire. L’abbé Troadec se fait pincer à citer Benoit XVI, l’abbé Stehlin se fait pincer à faire de la publicité pour les ordinations ralliées, l’abbé Vernoy se fait pincer à freiner la vente de livres contre le concile : ils ont été remis au pas, je pense, mais ces phénomènes ne sont plus isolés et continuent à se reproduire. Tout cela montre bien qu'il y a quelque chose de néfaste à l'œuvre dans l'organisme ; signe que l'on n'a pas opéré un retranchement nécessaire. "Ut evellas et destrues, ut aedifices et plantes" est-il dit au Prophète Jérémie: "Pour que tu arraches et détruises, pour que tu édifies et plantes." Notez bien, il faut arracher le mal, puis détruire ce qui a été arrache, en le jetant au feu par exemple.

Las, telle n'est pas la façon d'opérer des clercs, et encore moins des évêques, sauf s'ils sont Saint Augustin. Un clerc ne peut pas perdre la face, ou "perdre son autorité" en disant s'être trompé à moult reprises. Les autres clercs comprennent cela et n'attendent pas de Monseigneur qu'il fasse amende publique et honorable. Monseigneur sait que les clercs n'attendent pas cela de lui, ce qui encourage le cercle vicieux du silence clérical qui ne résout rien mais laisse pourrir la situation. Certains abbés disent qu'on va contenir Mgr Fellay, surtout si on arrive à s'organiser de l'intérieur, alors que si on "fait la révolution" on fournit aux libéraux toutes les munitions dont ils rêvent. Les clercs qui ne sont franchement pas d'accord sur la situation se regardent les uns les autres comme des chiens de faïence. Combien de fois ne nous a-t-on pas dit que si l’abbé un tel se met en branle, ou que si une organisation sérieuse est montée, "je monterai au créneau publiquement et on verra ce qu'on verra". L'un d'entre eux, complètement remonté contre Mgr Fellay l'année dernière m'a assuré qu'il était absolument nécessaire de nous organiser, de faire des rencontre entre prêtres, de disséminer l'information entre nous en vue de faire ce qu'il y a de plus urgent aujourd'hui... absolument ne rien faire ! D'autres veulent bien se lancer, mais où ? Comment ? Sans rien au départ ? Sans prieur, sans couverture médicale, sans assurance, sans compte en banque digne de ce nom ? D'autres encore disent que le plus urgent est de prévenir les fidèles et témoignent publiquement dans leurs sermons, par des allusions indirectes qu'il ne faut pas se fier au Concile. On se réfugie dans l'étude approfondie de Vatican II; et je ne parle pas ici de nos libéraux maison qui, eux aussi sont contre Vatican II. Certains confrères sont attelés a des œuvres nécessaires pour la Tradition, ils ne peuvent pas se dégager pour consacrer leur énergie à résister publiquement à leur supérieurs qui leur font encore confiance pour cette œuvre capitale, une école en général. Beaucoup disent que la Résistance va trop loin, que ses prêtres sont tous des cowboys, des originaux, des insatisfaits, et que la résistance va partir en quenouille. (Je concède volontiers que la résistance est patibulaire et pathétique; mais que voulez-vous, cher Confrère, le nombre de nos prêtres et de nos fidèles ne cesse d'augmenter. Serait-ce cette préférence divine sur ce qui est fou et insignifiant aux yeux du monde ?). Mais il y a plus : tout clerc doit être naturellement prudent et réservé. Il est formé pour le confessionnal et pour la direction des âmes, qui pâtît toujours de la précipitation du jugement. Les "prêtres excites" ne font jamais long feu ; ils négligent leur vie spirituelle en se jetant dans l'action. La vie cléricale est une machine spirituelle délicate qu'il ne faut pas brusquer. Tous les auteurs spirituels insistent sur l'obéissance et la docilité, ainsi que l'aversion pour la singularité, qui chez les clercs, est une manifestation d'orgueil. Je pourrais vous plonger bien plus profondément dans les méandres et les subtilités propre à notre espèce, cher lecteur, mais je pense que cela pourra suffire pour vous dire qu'un Prêtre hésite naturellement. Le monde actuel, lui-même pétri de lâcheté, d'esclavages divers, de libéralisme et de tromperie ne fait que renforcer cet aspect. Je n'ai aucune garantie à vous donner quant à ma persévérance future, toutes ces faiblesses, je les ressens aussi en moi-même. Ce qui m'a séduit, c'est l'isolement même de Notre Seigneur, qui fut trahi par les siens et abandonné de tous pour accomplir ce pourquoi il est venu en ce monde : dire la Vérité. Dans son message de Quito (que nous devons tous relire, c'est urgent), la Sainte Vierge en dit long sur ce silence de ceux qui auraient dû se lever. Elle en sait quelque chose; elle fut toute seule, elle aussi.

Face à l'hésitation des bons, il y a la solidarité des révolutionnaires qui ne vont pas se laisser ainsi découper en rondelles, question de survie pure et simple, pour leur carrière et leurs idées. Ils ne se sont pas faufilés savamment pendant des années pour voir en un jour flétrir tant d'espérances. Ils sont plutôt en faveur de découper, voire de scalper leur adversaire, si besoin, dans une grande croisade pour défendre l'autorité outragée, humiliée et calomniée par la résistance d'un quarteron de prêtres en mal de retraite.

Par neuf fois, dit-on, la Fraternité réussit à se défaire des groupes libéraux en son sein, sans tomber non plus dans le sédévacantisme. Il semble que cette fois, l'erreur ait pris pied, d'autant plus que pour rassurer tout le monde et pour honorer la mémoire de Mgr Lefebvre on nous offre...


III -  LE SPARADRAP

Je confesse humblement être tombé dans la combine au départ, jeune et influençable que je suis : j'ai cru que la déclaration du 27 Juin n'était qu'une autre manifestation du double langage de Menzingen, comme par exemple en mars dernier avec la parution contradictoire du Cor Unum 104 et de la Lettre aux Amis n.80. Il n'en est rien, la Déclaration susdite critique mais ne retranche pas, elle se lamente sur des conséquences, elle exprime des réclamations de personnes qui n'osent pas demander que Vatican II soit tout simplement jeté au feu.

Le troisième paragraphe est une vraie savonnette théologique. Au lieu de dire tout simplement que les erreurs du Concile causent l'auto démolition de l'Eglise, on dit que la cause des erreurs qui sont en train de démolir l'Eglise est dans le texte en vertu d'un choix. Pourquoi ne pas dire que le texte est erroné ?

Parce que la politique de la Fraternité a changé. On ne peut plus rejeter le Concile dans son ensemble. Puisque le Concile a été légitimement convoqué, on ne peut pas dire qu'il est truffé d'hérésies, (sinon on s'en prend au "Magistère"), mais que presque tous ses textes amènent une nouvelle vision erronée des choses. L'erreur en soi n'est pas dans le Concile, mais elle vient après, même si c'est la faute des textes du Concile.

C'est ainsi que Mgr Fellay, dans son interview anglaise sur CNS, nous dit bien que le Concile a entraîné beaucoup d'erreurs par la suite, "mais ces erreurs ne viennent pas du Concile lui-même, mais de la façon commune de le comprendre."

C'est cela qui est grave pour Mgr Fellay. Un Concile aurait dû faire attention que son texte ne soit pas ouvert à des interprétations erronées et désastreuses.

Tout cela est un peu Byzantin ; du temps d'Arius, c'était quand même plus simple.

Sur la Messe, les fidèles ont besoin d'entendre que la nouvelle messe est dangereuse pour la Foi et par conséquent interdite. Les prêtres doivent se faire rappeler qu'il s'agit d'un péché grave d'y participer et il faut qu’ils appliquent la loi au confessionnal. En outre, au vu de la confusion croissante des fidèles sur ce point, les Messes Ecclesia Dei doivent être elles aussi condamnées, tout comme Mgr Lefebvre condamna tout de suite l'indult de 1984 et toutes les messes Ecclesia Dei.

Le paragraphe 9 est comme la nouvelle messe, il pèche par omission. La nouvelle messe est une hérésie par omission, c'est la messe de Luther, c'est une messe bâtarde qui s'est éloignée dans l'ensemble comme dans le détail de la théologie du Concile de Trente. Non, la nouvelle messe n'amoindrit pas, n'estompe pas, n'obscurcit pas ; elle détruit, purement et simplement. 40 plus tard ne voit-on pas que la France a carrément perdu la Foi et que les églises sont vides, que Notre Seigneur a été découronné, et qu'il n'y a quasiment plus de propitiation sacrificielle offerte à Dieu pour les péchés de ce monde qui n'a jamais autant insulté Dieu ?

Une nouvelle messe, telle que celle à laquelle assista Mgr Fellay avec le Cardinal Canizares, voilà une nouvelle messe qui amoindrit, estompe et obscurcit, sous couvert d'encens, de latin, de chant grégorien, d'ornements et d'église magnifiques, la royauté du Christ et la nature sacrificielle et propitiatoire du Sacrifice Eucharistique.

Les autres phrases sont aussi des circonlocutions qui approchent du vrai, mais refusent de dire que c'est cette messe elle-même qui est fausse et qui est protestante. Pourquoi ? "Parce qu'on ne peut pas demander à Rome d'interdire cette messe, mais que si on changeait ce qui est à changer, ce serait un grand pas". (cf. interview de Mgr Fellay à Nouvelles de France en février)

Le paragraphe onze est toujours aussi symptomatique de cette illusion libérale qui veut croire que les ennemis du Christ puissent nous reconnaître le droit de les combattre et de combattre leurs erreurs avec leur permission. Mettre côte à côte le vœu du Chapitre 2006 et le vœu du Chapitre 2012 n'est qu'une confusion supplémentaire, comme le dit justement l’abbé Rioult. 

C'est au nom de ce vœu libéral qu'on se permet de désirer une reconnaissance canonique (déclaration du Chapitre 2012), qui, bien entendu, serait une trahison si elle n'était pas accompagnée du désir de Blanchette de lutter contre le loup toute la nuit, si nécessaire. En outre Rome nous promet sans cesse que nous pourrons nous battre à l'intérieur de l'église officielle; c'est la tentation qui a fait tomber Dom Gérard, Campos et tant d'autres. Même avec la théorie galarretienne de la conversion progressive d'un Pape nous reconnaissant le droit d'attaquer, cela ne tient pas debout. Un Pape en gris n'est pas un Pape en blanc. C'est un Pape qui démolisse les hérésies que nous voulons, et ce n'est qu'un tel Pape qui COMMENCERA à restaurer l'Eglise. Tout le reste n'est que faux semblant, comme le règne du Pape Pie XII, qui tout en étant très bien personnellement et dans un grand nombre de ses prononcements, voyait tout se dérober sous ses pieds...


Enfin la déclaration ne s'élève pas contre le nouveau Code de Droit Canon, contre les scandales et les hérésies de cette Rome actuelle et de tous les évêques progressistes mis en place partout dans le monde. Elle ne met pas en garde les fidèles contre les tentatives de récupérations vaticanes, comme le fit Mgr Lefebvre dans le sermon des sacres.

Mais en admettant que cette déclaration soit bonne, le problème reste entier, voire pire, parce que l'on a affaire a un double langage (entre la DQA confirmée en mars et la DVSJ) entre autres multiples manifestations de langue fourchue. Tout le monde a oublié le sermon de Mgr Fellay en Juin 2012 à Ecône, où il nous assurait qu'il ne compromettrait jamais sur les principes. On sait ce qui s'est passé entre-temps  Mais j'en conviens, la déclaration du 27 juin contient des choses que les tradis ont envie d'entendre, ça fait plus « branding ».

Dieu se moque des faux semblants, tout est nu devant ses yeux. Il comprend la faiblesse des hommes, sauf si elle cherche à se parer des apparences du courage, et c'est pour cela qu'il a choisi St Pierre; celui dont la première réaction fut de dire "Retirez-vous de moi Seigneur, parce que je suis un pécheur". Notre Seigneur nous donnera toujours une pierre à laquelle nous accrocher, en attendant le retour de Pierre à lui-même.

In Iesu et Maria