dimanche 30 juin 2013

Commentaire d'un lecteur sur la déclaration des trois évêques du 27 juin 2013

Commentaire d'un lecteur sur la déclaration des trois évêques du 27 juin 2013


Mgr de Galarreta


"Il est à remarquer que dans la Déclaration en 12 points des évêques de la Fraternité, qui a été publiée hier, 27 juin 2013 (ci-jointe), ils acceptent une réconciliation avec Rome dans deux cas :

- soit que Rome revienne bientôt à la Tradition et à la foi de toujours – ce qui rétablira l’ordre dans l’Eglise –, 

- soit qu’elle nous reconnaisse explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient – ce qui permettra un début de rétablissement de l’ordre.



Mgr Lefebvre n'acceptait que la première de ces deux solutions, précisant que la seconde était très dangereuse :

« C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Eglise conciliaire, tant qu’elle ne retrouvera pas la tradition du Magistère de l’Eglise et de la foi catholique. » (Itinéraire spirituel, 1990, p. 29)

« Nous disons, nous, que l’on ne peut pas être soumis à l’autorité ecclésiastique et garder la Tradition. Eux affirment le contraire. C’est tromper les fidèles. » (Conférence donnée à Flavigny, décembre 1988, Fideliter, n° 68, mars-avril 1989)

« Nous devons être indemnes de compromission tant à l’égard des "sédévacantistes" qu’à l’égard de ceux qui veulent absolument être soumis à l’autorité ecclésiastique. » (idem)

« Le jour où ils reconnaîtront de nouveau Notre Seigneur roi des peuples et des nations, ce n’est pas nous qu’ils auront rejoints, mais l’Eglise catholique dans laquelle nous demeurons. » (idem)

« Alors il y en a qui seraient prêts à sacrifier, je dirais, le combat de la foi en disant : - Rentrons d’abord dans l’Eglise ! Faisons tout pour rentrer dans le cadre officiel, public, de l’Eglise. Taisons notre problème dogmatique. Taisons notre combat. [...] Nous allons rentrer comme cela à l’intérieur de l’Eglise et, une fois que nous serons à l’intérieur de l’Eglise, vous allez voir, on va pouvoir combattre, on va pouvoir faire ceci, on va pouvoir faire cela... C’est absolument faux ! On ne rentre pas dans un cadre, et sous des supérieurs, en disant que l’on va tout bousculer lorsqu’on sera dedans, alors qu’ils ont tout en mains pour nous juguler ! Ils ont toute l’autorité. Ce qui nous intéresse d’abord, c’est de maintenir la foi catholique. C’est cela notre combat. Alors la question canonique, purement extérieure, publique dans l’Eglise, est secondaire. » (Conférence aux séminaristes d'Ecône, 21 décembre 1984)

Ce lecteur nous apprend ensuite que pour Mgr de Galarreta, le second cas envisagé de réconciliation avec Rome à condition que les autorités nous laissent la liberté de critique, bien qu'il soit énoncé par principe, ne doit pas nous inquiéter car  il est irréalisable. Mgr de Galarreta pense que Rome ne réintégrera jamais la Fraternité avec un droit de critique. Mais cependant il considère qu'il convient de faire cette proposition afin de montrer notre bonne volonté.
Le lecteur termine en regrettant la clarté de Mgr Lefebvre qui n'entretenait aucune équivoque, tant pour ses amis que pour ses ennemis.

Avec l'Immaculée le remercie pour son courrier.

Que répondre à cet argument de Mgr de Galarreta ?

Monseigneur, la seconde solution de l'accord doctrinal avec "liberté de critique" peut exister sans la conversion de Rome. C'est la solution qui a été proposée à l'Institut du Bon Pasteur à qui l'on a permis une discussion sur le Concile. Bien évidemment, il s'agit d'une pseudo-liberté de critique, mais cela, on ne vous le dira pas à la signature.

Monsieur l'abbé Aulagnier, soutien de l'IBP, applaudit à votre déclaration doctrinale du 27 juin 2013. Cela veut dire qu'il pourrait la prononcer lui-même. C'est la preuve que la  Fraternité saint Pie X est devenue comme un second IBP.


La seule différence entre l'IBP et la Fraternité, c'est qu'ils n'ont pas d'évêques et que nous en avons. Mais nos évêques écrivant des déclarations pouvant être signées par l'IBP, il ne leur reste plus ce qui faisait la particularité doctrinale de la Fraternité Saint Pie X. Ils ne nous protègent pas plus que ne le ferait l'abbé Aulagnier.

L'accordiste Côme de Prévigny se réjouit de cette déclaration. C'est également une preuve que celle-ci est mauvaise car tout ce qui plaît à Côme nous mène à Rome.

La déclaration est mauvaise parce qu'elle ne dénonce pas l'erreur comme il faut. Elle critique le concile et la nouvelle Messe, mais elle ne les rejette pas définitivement. Elle laisse la porte ouverte pour les accepter un jour "à la lumière de la tradition." La nouvelle Messe n'est pas déclarée illégitime. Tous ces signes montrent que l'erreur n'est pas condamnée correctement. Les "fauteurs d'erreurs" "quels qu'ils soient" ne sont pas nommés. Nulle mention de François. 

Nous n'avons pas besoin de montrer "notre bonne volonté" à François l'hérétique mais à Dieu. Dieu se réjouit-il que la Fraternité ne déclare plus que la nouvelle messe est illégitime et ne rejette pas le Concile ?  C'est plutôt François qui devrait montrer sa bonne volonté en consacrant la Russie avec tous les évêques du monde entier et en rejetant Vatican II. Nous n'avons que faire de l'appréciation du favori des francs-maçons.

La seconde solution (critiquer Rome sous un accord canonique) ne conduit pas à la conversion de Rome. Sinon les multiples instituts Ecclesia Dei l'auraient déjà convertie.

Enfin, pourquoi penser qu'on les convertira mieux en les critiquant "de l'intérieur" (en position de se faire expulser, en situation d'infériorité) que "de l'extérieur", sans subir aucune pression ? Une critique reste une critique. Les cardinaux et le pape ont des yeux pour lire et des oreilles pour entendre. Internet existe. "Rentrer à l'intérieur" pour qu'ils nous entendent mieux est inutile et suicidaire.
« Nous disons, nous, que l’on ne peut pas être soumis à l’autorité ecclésiastique et garder la Tradition. Eux affirment le contraire. C’est tromper les fidèles. » Mgr Lefebvre, Flavigny, décembre 1988.