dimanche 30 juin 2013

Buffet gastronomique pour les 25 ans des sacres

Buffet gastronomique pour les 25 ans des sacres

Reportage par Michael

champignons à la G.R.E.C

Merci à Michael qui sait toujours nous faire sourire.

Voici le carton d’invitation que les heureux convives ont reçu :

À l’occasion de l’anniversaire des 25 ans des consécrations épiscopales, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X est heureuse de vous convier à un buffet gastronomique le dimanche 30 juin dans les locaux de la Chapelle Notre-Dame de Consolation à Paris.

Le buffet, supervisé par Madame Huguette Pérol et M. l’abbé Célier, est ouvert aux cuisines du monde : il y en a pour tous les goûts.

Puis est venu le temps des discours. Mgr Fellay a évidemment beaucoup parlé sous le regard bienveillant de Mgr Tissier et Mgr de Galaretta.

Mgr Fellay a rappelé la position inchangée de la Fraternité :
« A l’occasion du 25eanniversaire des sacres, les évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X tiennent à exprimer solennellement leur gratitude à Mgr Marcel Lefebvre et à Mgr Antonio de Castro Mayer pour l’acte héroïque qu’ils n’ont pas craint de poser, le 30 juin 1988. »1
Mais comme on n’est plus en 1988, rentrer dans le lard n’est plus souhaitable et dorénavant la condition est « la garantie d’un seul évêque », choisi par Rome dans la FSSPX. Et cela, ce n’est pas seulement moi, Mgr Fellay qui le dit mais le chapitre général de la FSSPX ! Ça vous en bouche un coin ! Ça s’appelle de la fidélité !

Comme la mayonnaise prend, Mgr Fellay poursuit :
« La nouvelle messe est pénétrée d’un esprit œcuménique et protestant, démocratique et humaniste qui évacue le sacrifice de la Croix. Elle illustre la nouvelle conception du « sacerdoce commun des baptisés » qui escamote le sacerdoce sacramentel du prêtre» et elle est  « légitiment promulguée» c’est-à-dire bonne car ne peut être légitimement promulgué selon le droit canon qu’une chose bonne !

Mgr Fellay apprécie fort les champignons à la G.R.E.C. de ce magnifique buffet et affirme :

« À la suite de Mgr Lefebvre, nous affirmons que la cause des erreurs graves qui sont en train de démolir l’Église ne réside pas dans une mauvaise interprétation des textes conciliaires – une « herméneutique de la rupture » qui s’opposerait à une « herméneutique de la réforme dans la continuité » –, mais bien dans les textes mêmes, en raison du choix inouï opéré par le concile Vatican II »1 et par ailleurs, « le Concile Vatican II éclaire – c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement – certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Église, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement »2 et « c’est pourquoi il est légitime de promouvoir par une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions et de formulations du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi, dans le cas où elles ne paraissent pas conciliables avec le Magistère antérieur de l’Eglise. »2

Après une pause et un yaourt à la G.R.E.C., Mgr Fellay poursuit :

« Nous sommes bien obligés de constater que ce Concile atypique, qui a voulu n’être que pastoral et non pas dogmatique, a inauguré un nouveau type de magistère, inconnu jusqu’alors dans l’Église, sans racines dans la tradition ; un magistère résolu à concilier la doctrine catholique avec les idées libérales ; un magistère imbu des principes modernistes du subjectivisme, de l’immanentisme et en perpétuelle évolution selon le faux concept de tradition vivante, viciant la nature, le contenu, le rôle et l’exercice du magistère ecclésiastique »1 et « La Tradition est la transmission vivante de la Révélation "usque ad nos" et l’Église dans sa doctrine, dans sa vie et dans son culte, perpétue et transmet à toutes les générations ce qu’elle est et tout ce qu’elle croit. La Tradition progresse dans l’Eglise »2 et « nous déclarons accepter les enseignements du Magistère de l’Église en matière de foi et de morale, en donnant à chaque affirmation doctrinale le degré d’adhésion requis, selon la doctrine contenue dans le nº 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II. »2

Dans l’assistance, un impertinent interrompt Mgr Fellay et lui dit que son discours est de la bouillie pour les chats. Ce fidèle se met à paraphraser Mgr Fellay. Ce que le Supérieur Général dit du Pape et de l’Église s’applique si bien à la FSSPX et à lui-même : « Au lieu d’une conduite inspirée par une foi solide dans le pouvoir réel de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous voyons l’Eglise la FSSPX honteusement guidée par la prudence humaine et doutant tellement d’elle-même qu’elle ne demande plus rien d’autre aux Etats à l’Eglise conciliaire que ce que les loges maçonniques veulent bien lui concéder : le droit commun, au milieu et au même rang que les autres religions modernistes. »1

Puis les trois évêques présents autour du buffet, considérant que les carottes sont cuites, reprennent le principe d’un accord pratique :
Nous promettons obéissance au pape avec liberté de lui désobéir, car il est possible d’avoir le beurre et l’argent du beurre, nous rejoindrons l’Église quand « elle nous donnera explicitement le droit de professer intégralement la foi et de rejeter les erreurs qui lui sont contraires, avec le droit et le devoir de nous opposer publiquement aux erreurs et aux fauteurs de ces erreurs, quels qu’ils soient – ce qui permettra un début de rétablissement de l’ordre. »1

Ce qui compte, c’est la fidélité au fondateur. Mgr Fellay poursuit, « Dans la lettre qu’il nous adressa avant les sacres, il écrivait : Je vous conjure de demeurer attachés au Siège de Pierre, à l’Église romaine, Mère et Maîtresse de toutes les Églises »

Un paroissien qui sent la moutarde lui monter au nez explose :
Le problème est que Mgr Lefebvre a aussi écrit dans cette même lettre : "Je vous conférerai cette grâce, confiant que sans tarder le Siège de Pierre sera occupé par un successeur de Pierre parfaitement catholique en les mains duquel vous pourrez déposer la grâce de votre épiscopat pour qu'il la confirme." (Lettre aux évêques). Est-ce qu’on n’est pas chocolat ?

Mgr de Galarreta vient au secours de Mgr Fellay avec cette remarque pleine de bon sens : Avec Mgr Lefebvre, on n’est pas sorti de l’auberge.

Mgr Tissier, retourné comme une crêpe, est comme pain et beurre avec l’abbé Aulagnier qui déclare à son tour :
« Je me réjouis profondément de cette Déclaration du 27 juin 2013 que "ces" évêques de la FSSPX publient à l’occasion du 25ème anniversaire de leur sacre épiscopal. Elle est vraiment dans la ligne de la pensée de Mgr Lefebvre et de son action. Elle est vraie et sans ambiguïté. Elle est de nature à faire l’unité des membres de la FSSPX […] J’ai été particulièrement intéressé par le § 11. Ce paragraphe précise la pensée de la FSSPX dans ses relations futures avec Rome. Elle corrige la faiblesse de la déclaration du Chapitre Général de 2012. Là aussi les choses sont de nouveau claires »

Côme de Prévigny-Jacques-Régis du Cray-Ennemond est heureux que les choses soient claires et répond à un grincheux :
« Il n'est pas forcément inquiétant de voir que Mgr Fellay est en accord avec un prêtre qui, bien que non membre de la FSSPX, y a toutefois son cœur et ne ménage pas sa peine pour défendre le bon combat. Je vous renvoie à son dernier texte sur la nouvelle messe qui ne souffre guère de concession. » 

Seuls quelques paroissiens ne sont pas dans leur assiette et pensent que c’est la fin des haricots.

Cerise sur le gâteau, Mme Pérol remercie la Fondation Pierre Lafue d’avoir sponsorisé l’événement. Les casseroles que traîne l’abbé Lorans tintent.

Les pourparlers avec Rome vont pouvoir reprendre maintenant que l’unité autour de nos trois évêques est retrouvée. Deo gratias.

Notes :

1 Déclaration à l’occasion du 25e anniversaire des sacres épiscopaux (30 juin 1988 – 27 juin 2013) : à usage interne de la FSSPX.


2 Déclaration doctrinale envoyée à Rome par Mgr Fellay le 15 avril 2012.