lundi 27 mai 2013

ROME ET MENZINGEN SONT D'ACCORD - 2ème partie

ROME ET MENZINGEN SONT D'ACCORD
2EME PARTIE 
Les déclarations du pape Benoît XVI du 13 juin 2012 
et de Mgr Fellay du 15 avril 2012 sont identiques.



Lire : ROME ET MENZINGEN SONT D'ACCORD - 1ère partie


VII - PASSONS AUX SEPTIEMES PARAGRAPHES DES DEUX DECLARATIONS (III-5): 

Nous demandons à notre lecteur de redoubler d’attention à partir de maintenant car c’est à partir de ce paragraphe que Mgr Fellay parle de changements inacceptables. Il faut donc étudier si c’est vrai. 

Lisons les commentaires de Mgr Fellay sur la déclaration romaine, dans le cor unum 104 :

"On pourra ainsi noter parmi ce qui a été déplacé et modifié : au N° III – 6, là où nous reconnaissions la validité du NOM en soi et la légitimité  ou légalité de la promulgation (comme Mgr Lefebvre en 1988), on trouve dans le texte du 13 juin la reconnaissance de la validité et de la licéité du NOM et des sacrements depuis Paul VI et Jean-Paul II.
     Parmi ce qui a été ajouté on notera les multiples références tant au nouveau catéchisme qu’à l’herméneutique de la continuité; ainsi au N° III – 5 ce que nous avions écrit de la liberté religieuse: « dont la formulation est difficilement conciliable avec les affirmations doctrinales précédentes du Magistère » devient: « dont la formulation pourrait sembler à certains difficilement conciliable… ». Au même N° III – 5, l’explication théologique des expressions du Concile qui ne paraissent pas conciliables avec le Magistère antérieur de l’Eglise devient une explication « notamment pour aider à comprendre leur continuité avec le Magistère antérieur de l’Eglise’ », excluant ainsi toute critique." 

Étudions cela point par point :
Notons cependant préalablement qu'ici Mgr Fellay fait un mensonge énorme : Mgr Lefebvre, en 1988, n'a jamais reconnu la légitimité de la nouvelle messe. On peut vérifier sur le lien suivant :  protocole d'accord du 5 mai 1988, § 4.

DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 : 

"5. Les affirmations du concile Vatican II et du Magistère pontifical postérieur relatives à la relation entre l'Église catholique et les communautés chrétiennes non catholiques, ainsi qu'au devoir social de religion et au droit à la liberté religieuse, dont la formulation pourrait sembler à certains difficilement conciliable avec les affirmations doctrinales précédentes du Magistère, doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue, de manière cohérente avec les vérités précédemment enseignées par le Magistère de l'Église (8), sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère(9). Dans ce contexte, il est légitime de discuter, d'étudier et d'expliquer théologiquement des expressions ou des formulations du concile Vatican II et du Magistère postérieur, notamment pour aider à comprendre leur continuité avec le Magistère antérieur de l'Église." 

[Notes :]

8. Cf., par exemple, Catéchisme de. l'Eglise catholique, 813-822 et 2104-2109. 

9. Cf. PAUL VI, Lettre Cum iam (21 septembre 1966), A AS 58 (1966) 879-880 : « In primis unitas necessaria est in doctrina universa a Concilio tradita religiose servanda. Quae, cum OEcumenicae Synodi auctoritate sit comprobata, ad magisterium ecclesiasticum iam pertinet ac propterea, ad fidem et mores quod attinet, norma proxima et universalis veritatis existit, a qua theologis viris in suis peragendis studiis numquam discedere fas est. [...] At vero, quaecumque a Concilio Vaticano II docentur, arcto nexu cohaerent cum magisterio ecclesiastico superioris aetatis, cujus continuatio, explicatio atque incrementum sunt dicenda » 

DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 : 

"5. Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère pontifical postérieur relatives à la relation entre l’Eglise catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques, ainsi qu’au devoir social de religion et au droit à la liberté religieuse, dont la formulation est difficilement conciliable avec les affirmations doctrinales précédentes du Magistère, doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue, de manière cohérente avec les vérités précédemment enseignées par le Magistère de l’Eglise, sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère." 

(Pas de notes dans la déclaration du 15 avril, pour ce paragraphe.)
Nous ajoutons ici le :
HUITIEME PARAGRAPHE DE LA DECLARATION DE MGR FELLAY (III-6) ( qui correspond à la dernière phrase du 7ème paragraphe de la déclaration du pape du 13 juin.)
"6. C’est pourquoi il est légitime de promouvoir par une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions et de formulations du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi, dans le cas où elles ne paraissent pas conciliables avec le Magistère antérieur de l’Eglise (9)."
[Note :]
(9) On trouve un parallèle dans l’histoire avec le Décret des Arméniens du Concile de Florence, où la porrection des instruments était indiquée comme matière du sacrement de l’Ordre. Néanmoins les théologiens discutèrent légitimement, même après ce décret, sur l’exactitude d’une telle assertion ; finalement la question fut résolue d’une autre façon par le pape Pie XII.

Commentaire : 

Il y a trois différences apparentes : 

1) Rome dit : « dont la formulation pourrait sembler à certains difficilement conciliable avec les affirmations doctrinales » et Mgr Fellay dit : « dont la formulation est difficilement conciliable » avec les affirmations doctrinales ». 



Mgr Fellay dit donc, en d’autres termes : le concile est rédigé d’une façon ambiguë. 

Rome dit au contraire : le concile est clair mais semble ambigu à certains. 

Cette différence peut apparaître à certains comme une différence de taille. Mgr Fellay dit qu’elle est importante… Mais en fait, elle n’est qu’apparente… Pourquoi ? Parce que les deux déclarations arrivent à la même conclusion pratique, au sein du même paragraphe : ces formulations « doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue (…) » 

Donc Mgr Fellay pense  qu'il est possible de donner à tous les textes du concile Vatican II et du magistère postérieur à celui-ci une interprétation traditionnelle. La différence n’est que sur l’appréciation de la rédaction des documents : Rome dit que les textes sont clairement rédigés et Mgr Fellay dit qu’ils sont mal rédigés. Mais qu’importe, puisque selon Mgr Fellay, dans tous les cas, ces textes sont bien interprétables dans le bon sens de la « Tradition entière et ininterrompue ». La différence d’appréciation sur la rédaction des textes n’a donc aucune implication pratique : DANS LES DEUX CAS, ON ACCEPTE TOUT, A LA LUMIÈRE MAGIQUE DE LA TRADITION, QUI TRANSFORME LES HÉRÉSIES EN VÉRITÉ… 

Comme dirait l’abbé Chazal, cette « lumière de la Tradition » est vraiment une expression commode. Elle n’est que le déguisement de l’herméneutique de la continuité. Elle est parfaitement synonyme d' « herméneutique de la continuité ». Car l’herméneutique de la continuité dit ceci : les textes de Vatican II et du Magistère postérieur ne doivent pas être interprétés autrement que dans la ligne de la Tradition.
Bien sûr, cette affirmation est une hypocrisie car les hérésies de Benoît XVI et des autres papes à partir de Jean XXIII ainsi que les hérésies du Concile Vatican II restent des hérésies,  quel que soit l’éclairage avec lequel on les regarde. Une hérésie est mauvaise en soi et ne devient pas bonne parce qu’on met les lunettes roses de la lumière de la Tradition.

Le cardinal Ratzinger, dans les principes de la théologie catholique  a dit à propos de Gaudium et spes (l’un des textes les pires du concile Vatican II) :

« contentons-nous ici de constater que le texte joue le rôle d’un contre-Syllabus dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Eglise avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789 » 

Il est donc évident qu’on ne peut concilier le Syllabus, qui fait partie de la Tradition et le « contre-syllabus ». C’est impossible. Une idée ne peut en même temps signifier une chose et son contraire ! 

Comprenons la ruse contenue dans la déclaration de Mgr Fellay : dans une phrase apparemment assez ferme (certaines affirmations sont "difficilement conciliables" avec la Tradition), le supérieur général affirme qu’il est néanmoins possible de considérer ces textes, si on les interprète d’une certaine façon, et bien que ce soit « difficile », comme étant en accord avec la Tradition.

Il trahit donc entièrement tout le combat de la Fraternité depuis 40 ans, tout en donnant une apparence de fermeté. Comment pourrait-on accepter la liberté religieuse et les hérésies du Cardinal Ratzinger, dénoncées et citées par Mgr Tissier de Mallerais dans l’étrange théologie de Benoît XVI, à la lumière de la tradition ? Puis-je être protestant à la lumière de la Tradition ? Bien sûr que non !

La première différence n’est donc qu’apparente puisque Mgr Fellay aboutit clairement, de même que la déclaration du pape du 13 juin, à l’herméneutique de la continuité. 

2) 2ème différence apparente : Rome dit (en rouge): 

« Dans ce contexte, il est légitime de discuter, d'étudier et d'expliquer théologiquement des expressions ou des formulations du concile Vatican II et du Magistère postérieur, notamment pour aider à comprendre leur continuité avec le Magistère antérieur de l'Église. » 

Cette phrase utilise volontairement le mot continuité pour permettre à Mgr Fellay de pousser des cris d’orfraie et de déclarer avec énergie qu’il refuse l’herméneutique de la continuité. Mais en fait cette phrase est redondante avec la phrase précédente que nous venons de commenter et qui est commune aux deux déclarations. Nous mettons au défi quiconque de nous montrer une différence entre : 
«(...) expliquer théologiquement des expressions ou des formulations du concile Vatican II et du Magistère postérieur, notamment pour aider à comprendre leur continuité avec le Magistère antérieur de l'Église. »
(Phrase présente dans la déclaration du 13 juin) 
et 
« doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue, de manière cohérente avec les vérités précédemment enseignées par le Magistère de l’Eglise, sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère. »
(Phrase présente dans les 2 déclarations du 15 avril et du 13 juin 2012) 

Comparons les deux façons qu'ont les deux déclarations d'envisager les études théologiques :
Nous mettons en vert les passages équivalents dès le premier abord, au plan du sens :

Mgr Fellay, le 15 avril :
6. C’est pourquoi il est légitime de promouvoir par une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions et de formulations du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi, dans le cas où elles ne paraissent pas conciliables avec le Magistère antérieur de l’Eglise (9)

Rome, le 13 juin :
Dans ce contexte, il est légitime de discuter, d'étudier et d'expliquer théologiquement des expressions ou des formulations du concile Vatican II et du Magistère postérieur, notamment pour aider à comprendre leur continuité avec le Magistère antérieur de l'Église. »

Dans les deux déclarations la discussion est explicitement permise ; cependant elle est hypocritement permise puisqu'il n'est  autorisé par aucune des deux déclarations, de dénoncer la rupture avec la tradition réalisée par Vatican II et le Magistère postérieur. Les deux déclarations disent en effet précédemment : sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère. Donc nous sommes de nouveau dans le cas de figure vu au 1) : Mgr Fellay affirme que les textes sont mal rédigés : certaines affirmations "ne paraissent pas conciliables". Notons bien le mot "paraissent". En fait il affirme ici que les affirmations sont conciliables avec la foi en réalité et que les problèmes ne sont qu'apparents. Rome dit de son côté qu'on peut discuter pour montrer la continuité de ces textes avec la tradition ; les deux sont d'accord pour en faire une interprétation "à la lumière de la tradition".

Conclusion : cette phrase de Rome n'empire rien. Elle est redondante avec la volonté de Mgr Fellay de tout considérer à la lumière de la tradition... mais le mot "continuité" est volontairement utilisé par Rome à la place de "lumière de la tradition" afin de donner une apparence de changement. Nous avons déjà vu ci-dessus que l'expression "herméneutique de la continuité" est synonyme de l'expression "lumière de la tradition".

3) 3ème différence apparente : les notes.

Rome met deux notes et Mgr Fellay en met une. Voici les notes de Rome :

8. Cf., par exemple, Catéchisme de. l'Eglise catholique, 813-822 et 2104-2109. 

9. Cf. PAUL VI, Lettre Cum iam (21 septembre 1966), A AS 58 (1966) 879-880 : « In primis unitas necessaria est in doctrina universa a Concilio tradita religiose servanda. Quae, cum OEcumenicae Synodi auctoritate sit comprobata, ad magisterium ecclesiasticum iam pertinet ac propterea, ad fidem et mores quod attinet, norma proxima et universalis veritatis existit, a qua theologis viris in suis peragendis studiis numquam discedere fas est. [...] At vero, quaecumque a Concilio Vaticano II docentur, arcto nexu cohaerent cum magisterio ecclesiastico superioris aetatis, cujus continuatio, explicatio atque incrementum sunt dicenda » 

Sur la note 8 :
On peut consulter les numéros de ce mauvais catéchisme ici. http://v.i.v.free.fr/pvkto/cecr.pdf

Il s’agit de la réaffirmation des principes erronés de Vatican II, notamment le substitit in et Dignitatis humanae. Mais puisque Rome et Mgr Fellay sont d'accord tous les deux pour dire que ces mauvais textes doivent être interprétés à la lumière de la tradition et qu'une telle interprétation est possible, rien n'est changé au fond.

Note 9 de Rome :
Paul VI affirme déjà dans cette lettre en latin (dont nous n'avons pas trouvé la traduction en français, un traducteur serait le bienvenu), bien avant Benoît XVI, le principe suivant : tous les enseignements du concile Vatican II doivent être compris en cohérence avec le magistère des années antérieures. Donc contrairement à ce que nous croyions, ce n'est pas Benoît XVI qui a inventé le principe de l'herméneutique de la continuité, mais Paul VI. Benoît XVI n'a inventé que l'expression "herméneutique de la continuité" et il a rendu la notion populaire.
Cette note 9 de Rome est redondante avec la phrase de Mgr Fellay :
« doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue, de manière cohérente avec les vérités précédemment enseignées par le Magistère de l’Eglise, sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère. »

La note 9 de Mgr Fellay :

Voici le texte :
"(9) On trouve un parallèle dans l’histoire avec le Décret des Arméniens du Concile de Florence, où la porrection des instruments était indiquée comme matière du sacrement de l’Ordre. Néanmoins les théologiens discutèrent légitimement, même après ce décret, sur l’exactitude d’une telle assertion ; finalement la question fut résolue d’une autre façon par le pape Pie XII."

Commentaire :
Cette note 9 sur le concile de Florence ne change pas le sens de la déclaration. Mgr Fellay tente de justifier sa demande de discussion sur Vatican II en présentant un exemple du passé. Rome accepte de discuter ce concile à la lumière de la Tradition, c'est écrit en toutes lettres au § III,5 de la déclaration du 13 juin, donc Mgr Fellay est exaucé.

La note de Mgr Fellay ne rend pas son texte plus traditionnel. Au contraire. Il a l'air de dire qu'on peut discuter tous les conciles. On va au nom de ce principe de Mgr Fellay, se mettre à discuter le concile de Trente, par exemple ? On pourrait étudier davantage la chose. Mais cela nous éloignerait trop de notre sujet.

Si l'on doit discuter et même rejeter entièrement Vatican II, c'est tout simplement parce que c'est un concile hérétique et qu'il a été explicitement déclaré "pastoral" par le pape (c'est-à-dire non dogmatique). Il n'a donc pas les critères d'infaillibilité. C'est cela la vraie raison. Nul besoin d'aller chercher auprès du concile de Florence des justifications aux conséquences dangereuses.

Conclusion : 
Les notes du pape ne changent pas le sens de la déclaration de Rome par rapport à celle de Mgr Fellay. Elles sont redondantes. La note 9 de Mgr Fellay ne rend pas son texte plus traditionnel, au contraire.

VIII - PASSONS AUX HUITIEME PARAGRAPHE DE LA DECLARATION DU PAPE (III-6) ET AU NEUVIEME PARAGRAPHE DE LA DECLARATION DE MGR FELLAY (le 8ème paragraphe de Mgr Fellay ayant déjà été étudié ci-dessus): 
DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 : 


6. Nous déclarons reconnaître la validité et la licéité de la célébration du sacrifice de la Messe et des Sacrements administrés avec l'intention de faire ce que fait l'Église selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel romain et des Rituels des Sacrements promulgués par les Papes Paul VI et Jean Paul II, qui constituent l'expression ordinaire de la lex orandi de l'Église catholique de rite latin (10).
[Note :]
10. Cf. BENOÎT XVI, Motu Proprio Summorum Pontificum (7 juillet 2007) R Art. 1, AAS 99 (2007) 779 ; COMM . PONT. ECCLESIA DEI , Instruction Universae


DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 : 
7. Nous déclarons reconnaître la validité du sacrifice de la Messe et des Sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel romain et des Rituels des Sacrements légitimement promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II.
(Pas de note.)
Commentaire :

1) première différence apparente :

Le pape le 13 juin veut que nous reconnaissions la licéité de la nouvelle messe et des sacrements tandis que Mgr Fellay dit qu'ils sont légitimement promulgués... Mgr Fellay dit que la différence entre les deux textes est importante et inacceptable.

Nous ne pouvons faire mieux ici que de reprendre cet excellent article d'un fidèle, publié sur le site de la sapinière :

"Depuis juin [2012] l’on nous dit que Mgr Fellay n’a pas pu signer le 13 juin un accord basé sur ce Préambule doctrinal car Rome lui demandait de reconnaître le concile Vatican II et la licéité de la nouvelle messe. Ce terme de licéité n’était pas employé avant dans nos milieux. Intrigué, j’ai vérifié les définitions dans différents dictionnaires et j’ai pu constater que légitimité et licéité veulent dire à une nuance très subtile la même chose.

Licéité :

En théologie : qualité de ce qui est objectivement bon.

Droit canon : caractère d’un acte permis par la loi. « Toutes les conditions sont observées pour que le sacrement soit administré conformément aux exigences de la morale et du droit canonique. (…) la licéité et la validité posent des conditions à la fois dans le ministre, le sujet et le sacrement (Théol. cath.t. 14, 11939, p. 635). »

Légitimité :

Qualité, état de ce qui est légitime, conforme au droit, à la loi.

Conformité de quelque chose, d’un état, d’un acte, avec l’équité, le droit naturel, la raison, la morale.

Légitime :

Qui est conforme au droit positif.

Qui est conforme à l’équité; qui est fondé sur le droit naturel, la morale, la loi divine.

Qui est dicté, justifié, explicable par le bon droit, le bon sens, la raison.

J’en conclus que maintenant à la Fraternité certains sont passés :

- de la seule reconnaissance de la validité des nouveaux sacrements « célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise » (ce qui était l’opinion de Mgr Lefebvre)

- à également la reconnaissance de leur légitimité donc de leur conformité à la loi divine selon la définition ci-dessus (légitimité que Mgr Lefebvre a toujours contestée).

- mais qu’ils nient encore à ces nouveaux sacrements leur licéité c’est-à-dire qu’ils soient objectivement bons.

Or si quelque chose est légitime car conforme à la loi divine, cette loi divine ne pouvant être que bonne puisque issue de Dieu, cette chose a donc obligatoirement la qualité de ce qui est objectivement bon. Par voie de conséquence, si les nouveaux sacrements sont légitimes ils sont alors conformes à la loi divine objectivement bonne, et ils acquièrent donc ce caractère objectivement bon qui fait leur licéité. En conclusion, plus rien de formel ne s’oppose à ce que nous assistions ou recevions ces nouveaux sacrements, seule notre sensibilité pourrait nous en détourner.

Pour conclure, si certains dans la Fraternité admettent la légitimité de la nouvelle messe ils admettent alors implicitement sa licéité. Ou alors nous concluons qu’ils n’ont pas la même définition des termes. Ou alors qu’ils ne sont pas à une contradiction près. Ce que nous avions d’ailleurs remarqué." (Fin de citation de l'article)

Conclusion : Dire que la nouvelle messe et le nouveau rituel des sacrements sont légitimement promulgués ou dire qu'ils sont licites revient strictement au même car dans les deux cas ces deux mots signifient qu'ils sont conformes à la loi divine...

2) Deuxième différence apparente :
La déclaration de Rome dit en plus : "qui constituent l'expression ordinaire de la lex orandi de l'Église catholique de rite latin (10)." 
Commentaire :
Il s'agit d'une expression du Motu proprio, lequel avait fait l'effet d'un triomphe dans la Fraternité. Mgr Fellay reconnaissant la légitimité de la nouvelle messe et des nouveaux sacrements, il n'a sûrement aucun problème pour les considérer comme l'expression ordinaire de la lex orandi.

3) Troisième différence - les notes : 
- Rome cite le motu proprio de 2007 en note et Mgr Fellay ne le cite pas. Mais étant donné qu'il a présenté ce motu proprio comme un miracle de la sainte Vierge et comme une grâce insigne, nous ne pensons pas qu'il y voie un inconvénient...
- Rome cite également l'instruction Universae qui explique l'application du motu proprio mais qui n'est pas relevée comme présentant un inconvénient par Mgr Fellay. On peut la consulter ici .


IX - PASSONS AUX DERNIERS PARAGRAPHES DES DEUX DÉCLARATIONS :

DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 : 
7. Nous promettons de respecter la discipline commune de l'Eglise et les lois ecclésiastiques, spécialement celles qui sont contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le Pape Jean Paul II (1983) et dans le Code des canons des Églises orientales promulgué par le même Pontife (1990), restant sauve la discipline à concéder à la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X par une loi particulière.

DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 : 

8. En suivant les critères énoncés ci-dessus (III, 5), ainsi que le canon 21 du Code, nous promettons de respecter la discipline commune de l’Eglise et les lois ecclésiastiques, spécialement celles qui sont contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le pape Jean-Paul II (1983) et dans le code de droit canon des Eglises orientales promulgué par le même Pontife (1990), restant sauve la discipline à concéder à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X par une loi particulière.
Commentaire :
Mgr Fellay et Rome écrivent ici la même chose (cf. parties en noir identiques) sauf que Mgr Fellay ajoute qu'il promet de respecter le code de droit canon à la lumière de la tradition (cf. III,5). Il donnera donc par exemple la communion aux protestants à la lumière de la Tradition (!). 
Mgr Fellay dit également qu'il respectera le nouveau code de droit canon en suivant le canon 21 du code. Voici ce que dit le canon 21 :
http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P2.HTM
Can. 21 - En cas de doute, la révocation d'une loi en vigueur  [ndlr : c'est-à-dire la loi de 1917] n'est pas présumée, mais les lois nouvelles doivent être rapprochées des lois antérieures et, autant que possible, conciliées avec elles.

Ce canon se comprend mieux en lisant le canon 20 :

Can. 20 - Une loi nouvelle abroge la précédente ou y déroge, si elle le déclare expressément, si elle lui est directement contraire ou si elle réorganise entièrement la matière; mais une loi universelle ne déroge en aucune manière au droit particulier ou spécial, sauf autre disposition expresse du droit.
Prenons donc par exemple la communion aux protestants. Cette loi est "directement contraire" à ce qui était pratiqué d'après le code de droit canon de 1917 :

Code de 1917 :
"Can. 731 §1 Comme tous les sacrements de la Nouvelle Loi, institués par Notre-Seigneur, sont les principaux moyens de sanctification et de salut, il faut mettre la plus grande diligence et révérence à les conférer et à les recevoir d'une façon opportune et digne.

     §2 Il est interdit d'administrer les sacrements de l'Eglise aux hérétiques et aux schismatiques, même s'ils sont de bonne foi et les demandent, avant que, ayant rejeté leurs erreurs, ils soient réconciliés avec l'Eglise."
Code de 1983 :
"Can. 844 § 3. Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements de pénitence, d'Eucharistie et d'onction des malades aux membres des Églises orientales qui n'ont pas la pleine communion avec l'Église catholique, s'ils le demandent de leur plein gré et s'ils sont dûment disposés; ceci vaut aussi bien pour les membres d'autres Églises qui, au jugement du Siège Apostolique, se trouvent pour ce qui concerne les sacrements dans la même condition que les Églises orientales susdites.      
                            § 4. En cas de danger de mort ou si, au jugement de l'Évêque diocésain ou de la conférence des Évêques, une autre grave nécessité se fait pressante, les ministres catholiques peuvent administrer licitement ces mêmes sacrements aussi aux autres chrétiens qui n'ont pas la pleine communion avec l'Église catholique, lorsqu'ils ne peuvent pas avoir recours à un ministre de leur communauté et qu'ils le demandent de leur plein gré, pourvu qu'ils manifestent la foi catholique sur ces sacrements et qu'ils soient dûment disposés."

Donc cette loi de 1983 sur les sacrements donnés aux hérétiques et aux schismatiques étant directement contraire au code de 1917, c'est la disposition du canon 20 qui s'appliquera : la loi de 1917 est ici abrogée... Mettre en avant le canon 21 sans parler du canon 20 est une hypocrisie. Mgr Fellay n'a pas dit qu'il refusait le canon 20, donc il l'accepte... à la lumière magique de la Tradition, bien entendu !

D'ailleurs le nouveau code de 1983 dit seulement au canon 21 qu'il faut concilier les lois antérieures et les lois nouvelles "autant que possible"... Donc gageons que "malheureusement", ce ne sera souvent pas possible... Et que Rome et Mgr Fellay en seront vraiment "désolés"...


Mgr Fellay dans le cor unum 104 se plaint que le texte romain du 13 juin exclut toute critique. Nous lui répondons que son texte à lui exclut également toute critique, puisqu'on n'a pas le droit d'affirmer la rupture avec la tradition. La seule critique supplémentaire qu'il fait est de dire que les textes sont mal rédigés et peu clairs. Mais quant au fond, il affirme qu'on peut et qu'on doit interpréter tous les textes à la lumière de la tradition, il n'en répudie aucunIl les accepte tous avec ses lunettes roses. Il n'attaque donc pas les idées du concile et du magistère postérieur, mais la façon dont elles sont rédigées. Nous luttons donc depuis 40 ans pour des fautes de rédactions et non pour une atteinte à la foi, d'après Mgr Fellay... puisque ces textes sont selon lui tous compatibles avec la foi. Mgr Fellay a l'audace de faire semblant de réclamer plus de critique alors que dans cette déclaration il accepte tous les textes de Vatican II et du nouveau code de droit canon, le nouveau rituel des sacrements et la nouvelle messe comme légitime ! Ouvrons les yeux sur son hypocrisie... Je veux critiquer, je veux critiquer crie-t-il à qui veut l'entendre... Mais que fait-il en réalité ? Il accepte tout et il nous endort avec ses belles paroles.

CONCLUSION

I - Mgr Fellay est un traître qui sait qu'il trahit . 
Voici pourquoi :

1) Les deux déclarations, celle envoyée à Rome le 15 avril 2012 par Mgr Fellay et celle proposée par le pape le 13 juin suivant sont les mêmes. Il n'y a que des artifices de rédaction qui les font apparaître différentes. 

2) Mgr Fellay affirme que la déclaration du pape du 13 juin est "inacceptable". Voici ce qu’il dit dans le Cor unum 104 :

"Les autorités romaines (…) ont déplacé et modifié le sens des ajouts que nous avions apportés et que nous jugions indispensables, puis elles ont ajouté des passages que nous avions supprimés et que nous jugions inacceptables. C’est le texte qui nous a été remis le 13 juin 2012."

3) Or, la déclaration du 15 avril 2012 disant exactement la même chose que la déclaration du 13 juin que Mgr Fellay qualifie d’inacceptable, car elle "exclut toute critique", cela peut signifier deux choses :


- soit Mgr Fellay est simple d’esprit et ne comprend pas que ces textes sont les mêmes. Mais cela n’est pas possible  car Mgr Fellay est intelligent et même brillant...

- soit Mgr Fellay a conscience que le texte du 15 avril est aussi inacceptable que celui du 13 juin. Pourtant, encore actuellement dans le Cor unum 104, il dit qu’il ne voit pas le mal qu’il y a dans ce texte...

4) Donc Mgr Fellay est un traître au sens fort du terme, car il continue à défendre le texte du 15 avril dont il sait qu'il est très mauvais, puisqu'il affirme que le texte du 13 juin est mauvais et qu'il sait que ces deux  textes sont identiques...

Mgr Fellay sait donc qu’il trahit Dieu, l’Eglise et la FSSPX en écrivant sa déclaration du 15 avril et il veut continuer à trahir. 
La preuve : il écrit au pape le 17 juin : « Malheureusement, dans le contexte actuel de la Fraternité, la nouvelle déclaration ne passera pas. » Il manifeste ici qu'il déplore que la déclaration du 13 juin ne passe pas et qu'il aimerait bien qu'elle passe. Cette citation montre qu'il ne rejette absolument pas le texte du 13 juin pour problèmes doctrinaux. Il déplore au contraire le contexte réactionnaire de la Fraternité qui empêche la signature sur la base du texte du 13 juin.


II - Benoît XVI sait que les deux déclarations sont identiques. Voici pourquoi :

1) Mgr Fellay annonce à tous qu'il va signer à Rome le 13 juin et que sa déclaration est acceptée. C'est donc que Benoît XVI l'hérétique trouve que le texte du 15 avril 2012 lui convient très bien... [C'est d'ailleurs grave que la déclaration du 15 avril convienne à un hérétique. Cela prouve bien que cette déclaration accepte l'hérésie.]
2) Rome change le texte à la dernière minute le 13 juin 2012, tout en lui donnant exactement le même sens. Seulement, les choses sont dites à présent clairement par Rome, tandis que Mgr Fellay continue de les dire de façon plus maquillée.
3) Donc soit Benoît XVI est simple d'esprit, soit il sait que ce texte est le même. 
Un point est sûr : il n'y a pas d'inconvénient pour Rome que ce texte soit le même puisque Rome voulait signer la déclaration de Mgr Fellay du 15 avril 2012. De plus, Benoît XVI n'est pas ni imbécile, ni un cancre. Il comprend ce qu'il lit et écrit et maîtrise par coeur les discussions avec la Tradition.

4) Donc le pape fait exprès de sortir un nouveau texte identique à la dernière minute. 

NB : On pourrait se demander  pourquoi Benoît XVI n'a pas pris la précaution de présenter un texte vraiment différent, c'est à dire un texte qui sorte de l'herméneutique de la continuité. A notre avis, parce qu'il aurait risqué de perdre toutes les communautés Ecclesia Dei scandalisées et parce qu'il aurait fermé la porte pour un prochain accord avec la Fraternité. Il a donc pris un risque calculé : celui de faire le même texte.

III - Nous sommes donc en présence de deux personnages très intelligents (le pape et Mgr Fellay) qui savent que le texte du 13 juin est le même que celui du 15 avril et qui font semblant de s'offusquer : 

Mgr Fellay dit que le texte est inacceptable et Rome déplore sa conduite. Ils jouent donc une comédie. Comme ils se connaissent et connaissent leur niveau intellectuel respectif, ils savent que l'autre sait que le texte est le même et que l'autre joue cette comédie de la tristesse et de la déception. Le plus probable est même qu'ils ont fait un plan concerté. S'ils éprouvent le besoin de faire semblant, c'est donc, non pas pour eux, mais pour leurs spectateurs, c'est à dire nous. Nous sommes censés gober les lettres déchirantes et les explications de l'un et de l'autre.



Si Mgr Fellay éprouve le besoin de calquer sa conduite sur celle de Rome qui fait de son côté le même jeu que lui, cela signifie que Mgr Fellay et Rome sont complices. On en avait déjà eu une première preuve lors du communiqué de la Fraternité, niant que Mgr Müller et Mgr Di Noia aient posé un ultimatum à la Fraternité, pour le 22 février 2013.


IV - Quel jeu Mgr Fellay et Rome jouent-ils vis-à-vis de nous ? Pourquoi nous jouent-ils cette comédie ?



Parce que le 13 juin, la Fraternité est au bord de la rupture ; si la signature intervient, Mgr Tissier sacre et Mgr de Galarreta et Mgr Williamson le suivent. Une nouvelle Fraternité beaucoup plus traditionnelle que la précédente est sur le point d'apparaître... Une Fraternité avec de nouveaux évêques... Horreur ! Il y en a encore au minimum pour vingt ans pour essayer de la détruire... Et  Rome est loin d'être certaine d'y arriver. Il faut donc d'urgence empêcher cette rupture qui serait catastrophique pour leurs plans.

Donc vite, il faut fournir à Mgr Fellay l'occasion de redorer son blason. Il faut lui redonner d'urgence le statut de persécuté-ferme-dans-la-foi-contre-vents-et-marées. Rome fait un texte avec des termes clairs : licéité, continuité... pour donner à Mgr Fellay l'occasion de se présenter en saint défenseur de la foi, rempli de prudence : il refuse de signer. Quel homme sage ! 

Mgr Fellay a sa côte de popularité qui remonte en flèche dans les rangs de la Tradition. Mgr Tissier de Mallerais se laisse prendre au Chapitre. Il va se taire. Mgr de Galarreta aussi. Mgr Fellay a donc le champ libre pour continuer son travail de sape et de pourrissement des esprits : un coup à gauche, un coup à droite pendant encore quelque temps, et le fruit sera mûr.

Notons bien que si nous nommons uniquement Mgr Fellay dans l'article, il n'est pas le seul responsable de ce travail de sape : tous ceux qui sont assez observateurs pour voir que ces textes sont les mêmes, tous ceux qui ont aidé à préparer la déclaration du 15 avril sont aussi ses complices. C'est un groupe, qui est en train de détruire la Fraternité, ce n'est pas une seule personne. Font partie de ce groupe : l'abbé du Chalard et l'abbé Lorans (organisateurs du GREC), l'abbé Pfluger, l'abbé Nelly, l'abbé Schmidberger et de nombreux supérieurs de district ou prêtres ayant des responsabilités. Mgr Fellay a placé ses hommes aux postes clés.


V- Question : Pourquoi Mgr Fellay, s'il est si malin et machiavélique, publie-t-il dans le cor unum 104 cette lettre du 17 juin au pape, dans laquelle il écrit :

"Malheureusement, dans le contexte actuel de la Fraternité, ne passera pas." Ce n'est pas très fin... Et on ne lui demandait pas la publication de cette lettre... Alors pourquoi se coule-t-il lui-même 

Une chose est sûre, Mgr Fellay a voulu la publication de cette lettre et des autres documents. On ne lui demandait que la déclaration... et il met tout. Avec l'Immaculée pense qu'il considère que depuis un an sa Fraternité s'est pourrie et que ses prêtres sont "à point" pour recevoir tous les documents sans broncher. Il sait que même les bons ne bougeront probablement pas ou très peu (pour l'instant les faits lui donnent raison). Et donc il passe à la vitesse supérieure : il révèle "tout" (c'est-à-dire tout ce qui est officiel et qui risque de fuiter de toute façon par la suite), tout en contrebalançant l'effet par une lettre aux amis et bienfaiteurs n°80 au ton très traditionnel. En effet, s'il veut continuer le processus de l'accord avec Rome il faut bien qu'il change le contexte de la Fraternité et donc pour cela, il faut bien qu'il fasse un peu de propagande pour l'accord. 


Il a fait un coup de poker : il a pris le risque de diffuser cette lettre scandaleuse du 17 juin que chacun pourra lire avec ses lunettes personnelles. Il a fait le pari que les accordistes iraient regarder la proposition romaine avec envie et comprendraient qu'il n'y est pas hostile, grâce à la phrase  : "Malheureusement, dans le contexte actuel de la Fraternité, ne passera pas." Il sait que grâce au silence assourdissant des prêtres, même des bons prêtres et  de Mgr Tissier peu de personnes s'intéressent encore au combat de l'été dernier. Et il est en train de gagner.


Comment faire pour retourner la situation ? C'est très simple : que ceux qui y voient clair parlent, fassent comme les abbés Pfeiffer et Chazal, et reconstruisent cet été quelque chose à côté  de la Fraternité, même si les généraux continuent à tergiverser et à leur conseiller de rester encore dans la Fraternité. Ne retombons pas dans le piège éculé de l'obéissance, le "coup de maître de Satan" à l'intérieur même de la Résistance !