lundi 27 mai 2013

ROME ET MENZINGEN SONT D'ACCORD - 1ère PARTIE


ROME ET MENZINGEN SONT D'ACCORD - 1ère PARTIE

Les déclarations doctrinales du pape (13 juin 2012) et de Mgr Fellay (15 avril 2012) sont identiques. 






Rappel des faits :

Suite à un ultimatum du Vatican, daté du 16 mars 2012, menaçant d'excommunication tous les membres et fidèles de la Fraternité, s'ils ne tombaient pas d'accord avec Rome d'ici un mois, Mgr Fellay a rédigé une déclaration doctrinale qu'il a envoyée à Rome le 15 avril 2012. Les autorités romaines ont fait savoir à Mgr Fellay qu'elles acceptaient ce texte et qu'il pouvait venir signer un accord. Le 13 juin 2012, Mgr Fellay s'est rendu à Rome afin de signer avec les autorités du Vatican cette déclaration doctrinale. Le jour de la signature, coup de théâtre : finalement Rome a modifié à la dernière minute la déclaration. Le cardinal Levada présente à Mgr Fellay un texte différent de celui envoyé le 15 avril. Mgr Fellay refuse de signer ce texte qu'il juge, selon ses dires, inacceptable. Mgr Fellay, écrit ensuite une lettre le 17 juin au pape, pour lui dire son "étonnement" de ce revirement subit. Benoît XVI lui-même répond par lettre le 30 juin en confirmant qu'il a voulu personnellement les modifications apportées le 13 juin à la déclaration.

Dans le cor unum 104 de mars 2013, revue interne des prêtres de la Fraternité, les deux textes ont été publiés par Mgr Fellay : la déclaration de Mgr Fellay du 15 avril 2012 et la déclaration du pape du 13 juin 2012. 


Le blog Avec l'Immaculée s'est aperçu que les deux textes étaient parfaitement identiques. Il est extrêmement important de vérifier si oui ou non, ces deux textes sont les mêmes. Si ce sont les mêmes textes, les conséquences sont importantes : cela prouvera définitivement que Mgr Fellay  et Rome jouent un double jeu et sont complices. Nous expliquerons pourquoi.


Examinons tout d'abord ces deux textes :


I - COMPARONS LES DEUX PREMIERS PARAGRAPHES :

DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 :
"I. Nous promettons d'être toujours fidèles à l'Église catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christ, successeur de Pierre et chef du Corps des évêques."

DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 :

"I. Nous promettons d’être toujours fidèles à l’Eglise catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christ, successeur de Pierre et chef du Corps des évêques."

Conclusion :
Les points - I - sont donc identiques dans les deux déclarations.

II - COMPARONS LES DEUX SECONDS PARAGRAPHES :

DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 :
"II. Nous déclarons accepter les enseignements du Magistère de l'Église en matière de foi et de morale, y compris ceux du concile Vatican II, en donnant à chaque affirmation doctrinale le degré d'adhésion requis, selon la doctrine contenue dans le n. 25 de la Constitution dogmatique Lumen gentium ."

DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 :
"II. Nous déclarons accepter les enseignements du Magistère de l’Eglise en matière de foi et de morale, en donnant à chaque affirmation doctrinale le degré d’adhésion requis, selon la doctrine contenue dans le nº 25 de la Constitution dogmatique Lumen gentium du Concile Vatican II (1)."

[Note :] 
« (1) Cf. aussi la nouvelle formule de la Profession de foi et du Serment de fidélité pour assumer une charge exercée au nom de l’Eglise, 1989 ; cf. CIC cann 749 ; 750, 1et 2 ; 752 ; CCEO cann. 597 ; 598, 1 et 2 ; 599. »

Commentaire d'Avec l'Immaculée :
L’acceptation partielle explicite du concile Vatican II par Mgr Fellay est affirmée ouvertement dans ce 2ème paragraphe de la déclaration d’avril 2012, puisqu’il y accepte explicitement le n° 25 de Lumen Gentium. Mais surtout, l’acceptation complète et entière du concile est ici réelle mais maquillée dans la note 1. Cette note est en effet une référence à la profession de foi de 1989. 

Or, la profession de foi de 1989 « contient explicitement l’acceptation du Concile et de ses conséquences. » dit Mgr Lefebvre, le 19 novembre 1989, au Bourget. Voici ce que Monseigneur dit, dans le contexte : 

Mgr Lefebvre : « Alors devant cette situation, il est bien certain qu’il est impossible pour nous de pouvoir avoir des contacts suivis avec Rome, parce que jusqu’à présent Rome demande que si nous recevions quoique ce soit, quelque indult que ce soit pour la Sainte Messe, pour la liturgie, pour les séminaires, nous devrions signer la nouvelle profession de foi qui a été rédigée par le cardinal Ratzinger, au mois de février dernier. Et cette profession de foi contient explicitement l’acceptation du Concile et de ses conséquences. Alors, il faut savoir ce que nous voulons. » 

Pour en savoir davantage sur cette profession de foi inique de 1989, on peut lire l’article d’Arsenius : Jusqu’où Mgr Fellay peut aller.

Conclusion :
Donc les points - II - des deux déclarations sont identiques, sauf que la déclaration du pape du 13 juin accepte le concile ouvertement tandis que celle du 15 avril  de Mgr Fellay l’accepte par le biais de la note 1.


III - EXAMINONS LES TROISIEMES PARAGRAPHES (C'EST-A-DIRE LES POINTS III-1) :

DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 :
"III. En particulier :
1. Nous déclarons accepter la doctrine sur le Pontife romain et sur le Collège des évêques avec son chef, le Pape, enseignée par la Constitution dogmatique Pastor aeternus du concile Vatican I et par la Constitution dogmatique Lumen gentium du concile Vatican II, chapitre III (De constitutione hierarchica Ecclesiæ et in specie de episcopatu), expliquée et interprétée par la Nota explicativa prævia relative à ce même chapitre."

DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 :
"III En particulier :
1 Nous déclarons accepter la doctrine sur le Pontife romain et sur le Collège des évêques, avec son chef, le Pape, enseignée par la Constitution dogmatique Pastor æternus du Concile Vatican I et par la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II, chapitre 3 (De constitutione hierarchica Ecclesiæ et in specie de episcopatu), expliquée et interprétée par la Nota explicativa prævia [relative] à ce même chapitre."

Conclusion :
Les points III-1 des deux déclarations sont identiques.

IV - EXAMINONS LES QUATRIEMES PARAGRAPHES (POINTS III-2) :

DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 :

2. Nous reconnaissons l'autorité du Magistère à qui seul est confiée la tâche d'interpréter authentiquement la Parole de Dieu écrite ou transmise (2). « Neque enim Petri successoribus Spiritus Sanctus promissus est, ut eo revelante novam doctrinam patefacerent, sed ut, eo assistente, traditam per Apostolos revelationem seu fidei depositum sancte custodirent et fideliter exponerent. Quorum quidem apostolicam doctrinam omnes venerabiles Patres amplexi et sancti Doctores orthodoxi venerati atque secuti sunt ; plenissime scientes, hanc sancti Petri Sedem ab omni semper errore illibatam permanere, secundum Do mini Salvatoris nostri divinam pollicitationem discipulorum suorum principi factam : "Ego rogavi pro te, ut non deficiat fides tua : et tu aliquando conversus confirma fratres tuos" [Lc 22,32](3) ».

[Notes :]

"(2) Cf. PIE XII, Lettre encyclique Humani generis, Denz 3886 ; CONC. VAT. II, Const. dogm. Dei Verbum, 10.

(3) CONC. VAT. I, Const. dogm. Pastor aeternus, Denz 3070."

DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 :

"2. Nous reconnaissons l’autorité du Magistère auquel seul est confié la tâche d’interpréter authentiquement la Parole de Dieu écrite ou transmise (2) dans la fidélité à la Tradition, se souvenant que « le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et expriment fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi » (3)."

[Notes :]

(2) Cf. Pie XII, encyclique Humani Generis.

(3) Vatican I, Constitution dogmatique, Pastor aeternus, Dz. 3070.

Commentaire : 
Ici, il y a deux différences apparentes entre les deux déclarations. 

Première différence : 
Le Denzinger n° 3070 en latin est cité entièrement dans la déclaration du 13 juin, tandis qu’il n’est pas cité entièrement par Mgr Fellay le 15 avril et que ce qui est cité le 15 avril par Mgr Fellay l’est en français, tandis que Rome parle en latin et ne traduit pas. Voici le texte du Denzinger 3070 en latin. Il correspond entièrement à la citation faite par Rome le 13 juin. Il s’agit d’un extrait de Vatican I, Pastor aeternus, datant du 18 juillet 1870 à propos de l’infaillibilité pontificale, ch. 4. Le texte traduit en français suit le texte latin :


3070 Neque enim Petri successoribus Spiritus Sanctus promissus est, ut eo revelante novam doctrinam patefacerent, sed ut, eo assistente, traditam per Apostolos revelationem seu fidei depositum sancte custodirent et fideliter exponerent. Quorum quidem apostolicam doctrinam omnes venerabiles Patres amplexi et sancti Doctores orthodoxi venerati atque secuti sunt; plenissime scientes, hanc sancti Petri Sedem ab omni semper errore illibatam permanere, secundum Domini Salvatoris nostri divinam pollicitationem discipulorum suorum principi factam: "Ego rogavi pro te, ut non deficiat fides tua: et tu aliquando conversus confirma fratres tuos" (Lc 22,32).

Denzinger 3070 en français : (la partie en rouge est celle ajoutée par le pape)


Car le Saint-Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître sous sa révélation une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi. Leur doctrine apostolique a été reçue par tous les vénérables pères, vénérée et suivie par les saints docteurs orthodoxes ; ils savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurerait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : "J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères" Lc 22,32.

La partie rouge n’a pas été citée le 15 avril par Mgr Fellay et est cité par Rome le 13 juin. Nous n’avons rien contre Vatican I et donc même si, ici, l’ajout par Rome est ambigu, il n’est pas rédhibitoire, étant donné que le sens qu’il faut donner au passage en rouge est précisé par la phrase précédente et  figure bien également dans la déclaration du 13 juin 2012. [1]

Donc pour résumer, la première différence du point III-2 est une citation plus longue de Vatican I dans la déclaration du 13 juin.

La deuxième différence : 

C’est l’ajout en note d’une référence à Vatican II : CONC. VAT. II, Const. dogm. Dei Verbum, 10. On peut consulter le texte sur ce lien :

Il faut bien noter que dans sa déclaration du 15 avril 2012, Mgr Fellay accepte tout Vatican II et le magistère postérieur à celui-ci, à la lumière de la Tradition (dans la note 1 et dans les paragraphes suivants : III, 4 et III,5). Donc qu’il y ait une référence de plus à Vatican II ici ne change pas l’esprit de la Déclaration du 13 juin par rapport à celle du 15 avril.

L’expression magistère « vivant » figure dans cette référence de Dei verbum et est ambiguë… Mais Mgr Fellay lui-même dans sa déclaration du 15 avril emploie l’expression : La Tradition est la transmission vivante de la Révélation (paragraphe III,3). Donc entre les deux expressions : « Magistère vivant » ou « tradition, transmission vivante », il n’y a pas de différence. L’ambiguïté est équivalente.

Conclusion :
Les 4èmes paragraphes des deux révélations, bien que comportant des différences de forme, ne différencient donc aucunement le sens des déclarations, sur le fond.

V - PASSONS AUX CINQUIEMES PARAGRAPHES DES DEUX DECLARATIONS (III-3) :

DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 :

3. La Tradition est la transmission vivante de la Révélation «ad nos usque (4) », et l'Eglise, dans sa doctrine, sa vie et son culte, perpétue et transmet à toutes les générations tout ce qu'elle est et tout ce qu'elle croit. La Tradition progresse dans l'Église avec l'assistance du Saint-Esprit, non par une nouveauté contraire, mais par une meilleure compréhension du depositum fidei (5), sous la conduite du Magistère, «dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ (6) ».

[Notes de la déclaration du pape du 13 juin  :]

4. CONC. DE TRENTE, Décret sur la réception des livres sacrés et des traditions, DS 1501.

5. Cf. CONC. VAT. I , Const. dogm. Dei Filius, DS 3020 : «Hinc sacrorum quoque dogmatum is sensus perpetuo est retinendus, quern semel declaravit sancta mater Fxclesia, nec umquam ab eo sensu altioris intelligentia; specie et nomine recedendum. "Crescat igitur et multum vehementerque proficiat, tam singulorum quam omnium, tam unius hominis quam totius Ecclesiae, setatum ac saeculorum gradibus, intelligentia, scientia, sapientia : sed in suo dumtaxat genere, in eodeni scilicet dogmate, eodem sensu, eademque senterttia"(S. VINCENT DE LÉRINS, Commonitorium primum, 23) ». Cf. aussi PIE XII, Lettre encyclique Humani generis, DS 3886 ; CONC. VAT. II, Const. dogm. Dei Verbum, 10.

6. CONC. VAT. II, Const. dogm. Dei Verbum, 10.

DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 :

3 La Tradition est la transmission vivante de la Révélation « usque ad nos » (4) et l’Eglise dans sa doctrine, dans sa vie et dans son culte, perpétue et transmet à toutes les générations ce qu’elle est et tout ce qu’elle croit. La Tradition progresse dans l’Eglise avec l’assistance du Saint Esprit (5), non comme une nouveauté contraire (6) mais par une meilleure compréhension du depositum fidei (7).

[Notes de la déclaration de Mgr Fellay du 15 avril :]

(4) Concile de Trente, Dz. 1501 : « Toute vérité salutaire et toute règle morale (Mt. XVI, 15) sont contenues dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues par les Apôtres de la bouche du Christ lui-même ou transmises comme de la main à la main par les Apôtres sous la dictée de l’Esprit Saint, sont parvenues jusqu’à nous. »

(5) Cf. Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 8 et 9, Denz.4209-4210.

(6) Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, Dz. 3020 : « Aussi doit-on toujours retenir le sens des dogmes sacrés que la sainte Mère l’Eglise a déterminé une fois pour toutes, et ne jamais s’en écarter sous le prétexte et au nom d’une intelligence supérieure de ces dogmes. Croissent donc et se multiplient abondamment, dans chacun comme dans tous, chez tous les hommes aussi bien que dans toute l’Eglise, durant le cours des âges et des siècles, l’intelligence, la science et la sagesse ; mais seulement dans le rang qui leur convient, c’est-à-dire dans l’unité du dogme, de sens et de manière de voir (St. Vincent de Lérins, Commonitorium, 28). »
(7) Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, Dz. 3011 ; Serment antimoderniste, nº 4 ; Pie XII, Lettre encyclique Humani Generis, Dz 3886 ; Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 10, Dz. 4213.

Commentaire :

Deux différences apparentes :

1) Au niveau des notes

Si l’on compare les notes des deux paragraphes, Mgr Fellay cite même davantage Vatican II que la déclaration de Rome du 13 juin : il ajoute Dei verbum 8 et 9 en plus de Dei verbum 10 qui est commun aux deux déclarations. 

On peut consulter les textes de Dei verbum 8 et 9 en cliquant sur ce lien :
 http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19651118_dei-verbum_fr.html

Certaines expressions de Dei verbum 8 ont été reprises dans les 5èmes paragraphes de la déclaration doctrinale que nous commentons. Il y a une ambiguïté, dans Dei verbum 8 (mais cette ambiguïté n'est pas citée entre toutes lettres dans les déclarations) : l’Eglise est présentée comme étant dans un processus de quête vers la plénitude de la vérité : « Ainsi l’Église, tandis que les siècles s’écoulent, tend constamment vers la plénitude de la divine vérité, jusqu’à ce que soient accomplies en elle les paroles de Dieu. »

Les autres notes des deux déclarations afférentes à ces 5èmes paragraphes sont traditionnelles. St Vincent de Lérins est cité par les deux déclarations : en latin par Rome et en français par Mgr Fellay. Notons que Mgr Fellay cite le serment antimoderniste (ce que Rome ne fait pas) Mais étant donné qu’il a cité auparavant en note 1 le serment moderniste de 1989, condamné par Mgr Lefebvre au Bourget, c’est contradictoire et peu crédible.

2) Une différence au niveau du texte :
Rome ajoute les mots suivants, à la fin du paragraphe : « sous la conduite du Magistère, « dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ. »

Voici le texte :
La Tradition progresse dans l'Église avec l'assistance du Saint-Esprit, non par une nouveauté contraire, mais par une meilleure compréhension du depositum fidei (5), sous la conduite du Magistère, «dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus-Christ (6) ».
Ces mots en rouge n’empirent pas la déclaration. Il est vrai que la tradition s'exprime dans le Magistère et normalement, si nous n'étions pas en crise et si le magistère actuel n'enseignait pas de nouveauté contraire au magistère précédent Vatican II, nous devrions dire que ce Magistère exerce son autorité au nom de Jésus-Christ. D’ailleurs Mgr Fellay, dans le Cor unum 104, n’a rien relevé d’inacceptable dans ces premiers paragraphes de la déclaration du 13 juin. C’est donc qu’il considère (à juste titre) que ces premiers paragraphes sont équivalents avec les siens.

VI - PASSONS AUX SIXIEMES PARAGRAPHES DES DEUX DECLARATIONS (III-4):

DECLARATION DOCTRINALE du pape du 13 juin 2012 :

"4. L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de la compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire – c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement – certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement (7)."

[Notes :]

"(7) Comme par exemple l’enseignement de la sacramentalité de l’épiscopat in Lumen Gentium, nº 21"

DECLARATION DOCTRINALE de Mgr Fellay du 15 avril 2012 :

"4 L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de la compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire – c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement – certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement (8)."

[Notes :]

(8) Comme par exemple l’enseignement de la sacramentalité de l’épiscopat in Lumen Gentium, nº 21.

Les paragraphes III,4 et les notes sont les mêmes. L’abbé Rioult dans sa conférence a relevé que c’était symptomatique et très grave. Si Rome n’a pas changé ce paragraphe terrible que nous critiquons tant, c’est signe que Rome le trouve très bien.

Conclusion :
Il n'y a donc pour l'instant aucune différence entre les deux textes des deux déclarations. Mgr Fellay a relevé dans les paragraphes suivants de la déclaration romaine du 13 juin des changements inacceptables, selon lui. nous verrons dans Rome et Menzingen sont d'accord 2ème partie qu'il n'en est rien et que les textes veulent strictement dire la même chose.

Note :



[1] NB : Sur l’infaillibilité pontificale, Pastor aeternus précise ensuite, au numéro 3074 les conditions de l’infaillibilité : 

3074
lorsque le pontife romain parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l'Eglise, il jouit, en vertu de l'assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Eglise lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles- mêmes et non en vertu du consentement de l'Eglise.