lundi 22 avril 2013

Que s'est-il passé en un an de crise ? (partie 2)


Que s'est-il passé en un an de crise ? 

(partie 2)





Voici la suite de Que s'est-il passé en un an de crise ? (partie 1) Vous trouverez également l'article ci-dessous dans notre Bulletin n° 2 Avec l'Immaculée, qui vient de paraître au format pdf.




Chers amis,

Revenons à la chronologie des évènements qui ont secoué notre Fraternité, afin de bien comprendre ce qui s’est passé :

Mois de juin 2012 : l’abbé Pfluger, sachant que Mgr Fellay allait signer le 13 juin décide de préparer en catastrophe les esprits des fidèles et il commence une tournée mémorable de conférences à travers la France. Mardi 5 juin 2012,  à Saint Joseph des Carmes, il révèle une partie du texte du préambule doctrinal envoyé par Mgr Fellay à Rome, suite à l’ultimatum du 16 mars 2012. Voici l’extrait qu’il lit :

« L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Église, implicitement présents en elle, non encore formulés. Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère Pontifical postérieur relatifs à la relation entre l’Église catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière ».  

Dans le monde de la Tradition, c’est un coup de tonnerre : Mgr Fellay affirme que Vatican II éclaire certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, alors que Mgr Lefebvre n’a cessé d’affirmer qu’il s’agissait d’une action des francs-maçons : dans sa conférence du 21.12.1984 par exemple, Mgr Lefebvre dit aux séminaristes qu’au Concile Vatican II, c’est le « programme libéral maçonnique » du Cardinal Béa qui a gagné. 

Deux grands maîtres de la franc-maçonnerie (33ème degré) affirment la même chose : Jaime Ayala Ponce dans  Introduction à la Franc-Maçonnerie (1983) écrit :« Il y a quelques années, le célèbre franc-maçon professeur A. Sierra Partida voulut publier dans les journaux nationaux une copie de l’acte d’intronisation dans une loge de Paris, où on laissait entendre que les profanes Angelo Roncalli [Jean XXIII] et Giovani Montini [Paul VI] avaient été emmenés ce même jour pour être initiés aux augustes mystères de la confrérie. Bien entendu la presse nationale refusa de publier ceci, aussi le professeur fit lui-même faire les copies qui circulèrent dans les cercles maçonniques du pays.»
« S’il reste encore quelque doute, nous invitons tous ceux qui le désirent à lire et étudier le Concile Vatican II de Jean XXIII et nous verrons que beaucoup de fondements se basent sur les principes et postulats de la Franc-MaçonnerieSi quelque fanatique doutait encore de ce que j’avance, je lui demanderais la raison pour laquelle Jean XXIII a décidé de l’abolition de la bulle d’excommunication qui existait encore avant qu’il ne fût le successeur de saint Pierre. » Jaime Ayala Ponce est considéré comme le premier écrivain maçonnique mexicain, dit le livre.

Carlos Vazquez Rangel, Grand Commandeur du Conseil suprême de la maçonnerie mexicaine, 33èmedegré, écrit également en 1992, dans une interview donnée au journal Proceso qu’une « une grande partie de ce qui a été accompli au Concile reposait sur les principes maçonniques». Il soutient également que Jean XXIII et Paul VI furent initiés à la maçonnerie : « Le même jour, à Paris, le profane Angelo Roncalli (Jean XXIII) et le profane Giovanni Montini (Paul VI) ont été initiés aux augustes mystères de la Fraternité. »

Au congrès de Si si no no, en 1996, le professeur Carlo Alberto Agnoli affirme l’appartenance de Jean XXIII à la franc-maçonnerie avec preuves à l’appui. (cf. p.432 à 437 des actes du congrès de si si no no) Voilà pourquoi nous avons tous été bouleversés d’apprendre que Mgr Fellay reconnaissait que ce Concile, fait par des francs-maçons, avait éclairé certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise !

Le 8 juin 2012, sur DICI, paraît une interview de Mgr Fellay dans laquelle il affirme clairement vouloir faire un accord pratique avec Rome sans conversion de celle-ci. Il prévient qu’il envisage que nous ayons des visites d’évêques modernistes dans nos chapelles, s’il les juge conservateurs.
Extraits de l’interview :

 Mgr Fellay parle :
 « (…) il y a encore de graves difficultés dans l’Eglise : l’œcuménisme, Assise, la liberté religieuse…, mais le contexte est en train de changer, pas seulement le contexte, la situation elle-même… Je distinguerai entre les relations extérieures et la situation intérieure. Les relations avec l’extérieur n’ont pas encore changé, mais pour ce qui se passe dans l’Eglise les autorités romaines essayent de le changer petit à petit.(…)
Il reste vrai – comme c’est le droit de l’Eglise – que pour ouvrir une nouvelle chapelle ou fonder une œuvre, il serait nécessaire d’avoir la permission de l’ordinaire local [ndlr : c'est-à-dire l’évêque]. Nous avons bien évidemment présenté à Rome combien notre situation actuelle était difficile dans les diocèses, et Rome est encore en train d’y travailler. Ici ou là, cette difficulté sera réelle, mais depuis quand la vie est-elle sans difficulté ?

Abbé Lorans : Toujours s’il y a reconnaissance canonique, donnerez-vous la possibilité à des cardinaux de la curie, ou à des évêques de visiter nos chapelles, de célébrer la messe, d’administrer les confirmations, peut-être même de conférer les ordinations dans vos séminaires ?

Mgr Fellay : « Les évêques favorables à la Tradition, les cardinaux conservateurs vont se rapprocher. Il y a tout un développement à prévoir, sans en connaître les détails particuliers. Et il y aura aussi certainement des difficultés, ce qui est tout à fait normal. Il ne fait pas de doute qu’on viendra nous visiter, mais pour une collaboration plus précise, comme la célébration de la messe ou des ordinations, cela dépendra des circonstances»

Inutile de vous dire, chers lecteurs, que cette interview a fait des remous. Les fidèles et les prêtres ont lu avec effarement qu’il faudrait que nos chapelles s’ouvrent pour recevoir des évêques modernistes qui y prêcheraient et qui, quand Mgr Fellay le jugerait bon, distribueraient les sacrements. Il est évident qu’un évêque moderniste qui dit régulièrement la Messe de Paul VI (fabriquée par le franc-maçon notoire Annibale Bugnini, aidé de six protestants), accepte la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité de Vatican II, n’est pas fiable. Or, les évêques de l’Eglise conciliaire acceptent tous cela. Alors pourquoi Mgr Fellay accepterait-il de faire venir dans nos chapelles ces personnages douteux dont beaucoup sont francs-maçons ?

Le dimanche 10 juin suivant, M.l’abbé Koller prononça un sermon mémorable qui fut enregistré sur internet et fut écouté par des milliers de fidèles : il disait magnifiquement qu’il était impossible de signer avec cette Rome conciliaire. Que pour sa part, il voulait rester fidèle à son serment anti-moderniste et qu’il ne suivrait pas Mgr Fellay dans son opération de ralliement. 

Mgr Tissier de Mallerais de son côté ne resta pas inactif. Il fit une interview très médiatisée dans Rivarol, interview qui fut publiée le 13 juin. En voici quelques extraits :

Mgr Tissier : « Nous refusons un accord purement pratique parce que la question doctrinale est primordiale. La foi passe avant la légalité. Nous ne pouvons pas accepter une légalisation sans que le problème de la foi soit résolu. Nous soumettre maintenant sans condition à l’autorité supérieure imbue de modernisme serait nous exposer à devoir désobéir. Alors à quoi bon ? Mgr Lefebvre disait dès 1984 : « on ne se place pas sous une autorité quand cette autorité a tous les pouvoirs pour nous démolir ». Et je crois que c’est sagesse. Je voudrais que nous produisions un texte qui, renonçant aux finasseries diplomatiques, affirme clairement notre foi et par conséquent notre refus des erreurs conciliaires. Cette proclamation aurait l’avantage premièrement de dire la vérité ouvertement au pape Benoît XVI qui est le premier à avoir droit à la vérité et deuxièmement de restaurer l’unité des catholiques de tradition autour d’une profession de foi combative et inéquivoque. » 

Rivarol : D’aucuns croient que le statut de prélature personnelle qu’on vous propose vous garantira suffisamment de tout péril d’abandonner le combat de la foi. Que répondez-vous ?

Mgr Tissier : « C’est inexact. Selon le projet de prélature, nous ne serions pas libres d’implanter de nouveaux prieurés sans la permission des évêques locaux et en outre toutes nos récentes fondations devraient être confirmées par ces mêmes évêques. Ce serait donc nous asservir tout à fait inutilement à un épiscopat globalement moderniste. »

Rivarol : Pouvez-vous nous préciser ce problème de foi que vous souhaitez voir résolu en premier lieu ?
Mgr Tissier : « Volontiers. Il s’agit, comme Mgr Lefebvre le disait, de la tentative du concile Vatican II de réconcilier l’Église avec la révolution, de concilier la doctrine de la foi avec les erreurs libérales. C’est Benoît XVI lui-même qui l’a dit dans son entretien avec Vittorio Messori en novembre 1984 en disant : « le problème des années 1960 (donc celui du concile) était l’acquisition des valeurs les mieux mûries des deux siècles de culture libérale. Ce sont des valeurs qui, bien que nées hors de l’Église, peuvent trouver leur place, une fois purifiées et corrigées, dans sa vision du monde. Et c’est ce qui a été fait. » Voilà l’œuvre du concile : une conciliation impossible. « Quelle conciliation peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres ? », dit l’Apôtre, « quel accord entre le Christ et Bélial ? » (2 Cor 6, 15). »

Ce même jour, 13 juin 2012, comme nous l’avons vu dans notre bulletin n°1, Mgr Fellay se rendait à Rome pour signer, mais contrairement à toutes les promesses de Rome, à la dernière minute, le pape Benoît XVI lui fit présenter un texte encore pire que le préambule doctrinal du 15 avril (écrit par Mgr Fellay) et qui normalement devait être le texte de base de l’accord. Pourquoi ce revirement subit du pape ? – Ce sont les juifs et les francs-maçons qui ont fait pression sur lui, a dit Mgr Fellay le 28 décembre 2012 à Toronto. Nous croyons pour notre part que les juifs et les francs-maçons veulent cet accord délétère et que c’est plutôt l’opposition des trois évêques et surtout la menace qu’a faite Mgr Tissier de Mallerais de sacrer des évêques en cas d’accord, qui ont retenu le pape d’aller plus avant. La hantise de Rome et de la franc-maçonnerie, ce sont de nouveaux sacres traditionnels, car les évêques assurent la survie de la Tradition. Autant d'évêques traditionnels, autant de risques pour eux de ne pouvoir éteindre la vraie foi. 

(à suivre)