mercredi 17 avril 2013

Que penser de la lettre aux amis et bienfaiteurs N° 80 de Mgr Fellay ? - Il faut l'étudier à la lumière du sermon du 9 mars de Cotignac

Que penser de la lettre aux amis et bienfaiteurs N° 80 de Mgr Fellay ?

- Il faut l'étudier à la lumière du sermon du 9 mars 2013 à Cotignac...





Selon Avec l'Immaculée, cette lettre n° 80 de Mgr Fellay est mensongère car elle fait croire aux fidèles que la position de la Fraternité n'a pas changé. Elle cite longuement des écrits traditionnels de Mgr Lefebvre, comme par exemple la fameuse déclaration du 21 novembre 1974, et affirme ensuite : 

"Aujourd’hui, dans la même ligne, nous ne pouvons que répéter ce que Mgr Lefebvre et M. l’abbé Schmidberger à sa suite ont affirmé. Toutes les erreurs qu’ils ont dénoncées, nous les dénonçons. Nous supplions le Ciel et les autorités de l’Eglise, en particulier le nouveau souverain pontife, le pape François, Vicaire du Christ, successeur de Pierre, de ne pas laisser les âmes se perdre parce qu’elles ne reçoivent plus la saine doctrine, le dépôt révélé, la foi, sans laquelle nul ne peut être sauvé, nul ne peut plaire à Dieu."

Commentaire :
Le mensonge le plus évident est là : Mgr Fellay affirme être dans la même ligne que Mgr Lefebvre, bien qu'il n'ait renié en rien le texte de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012. Il a seulement dit le 7 septembre à Ecône qu'il retirait le texte parce qu'il n'avait pas été compris : « Ce texte, évidemment, quand je l’ai écrit, je pensais qu’il était suffisamment clair, que j’avais réussi suffisamment à éviter les… – comment est-ce qu’on dit ? – les ambiguïtés. Mais force…, disons les faits sont-là, je suis bien obligé de voir que ce texte était devenu un texte qui nous divisait, nous dans la Fraternité. Ce texte bien évidemment je le retire. » Donc Mgr Fellay n'a pas retiré ce texte pour des raisons doctrinales mais parce qu'il divisait, c'est-à-dire pour des raisons diplomatiques. Si donc Mgr Fellay pense que son texte du 15 avril est doctrinalement bon, il ne peut affirmer en même temps qu'il est dans la ligne de Mgr Lefebvre. C'est faux.

La déclaration de 1974 dit en effet : "Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues."


Dans la déclaration du 15 avril au contraire, Mgr Fellay accepte le Concile Vatican II, les réformes qui en sont issues, tout le magistère postérieur au Concile, à la lumière de la Tradition, c'est-à-dire selon la doctrine de l'herméneutique de la continuité de Benoît XVI. Il s'oppose donc diamétralement à Mgr Lefebvre. Mgr Fellay dit qu'il aime Mgr Lefebvre et la Tradition tout en faisant tout ce qu'il faut pour détruire la Fraternité et il écrit un texte, la Déclaration du 15 avril, qui l'aurait fait chasser de la Fraternité par Mgr Lefebvre. La déclaration du 15 avril est plus grave et va plus loin que le texte signé par la Fraternité saint Pierre en 1988.

Mgr Fellay fait ensuite sa première critique, très modérée, du pape François:

"A quoi sert-il de se dévouer pour les hommes si on leur cache l’essentiel, le but et le sens de leur vie, et la gravité du péché qui les en détourne ? La charité pour les pauvres, les plus démunis, les infirmes, les malades, a toujours été un vrai souci pour l’Eglise, et il ne faut pas s’en dispenser, mais si cela se réduit à de la pure philanthropie et à de l’anthropocentrisme, alors l’Eglise ne remplit plus sa mission, elle ne conduit plus les âmes à Dieu, ce qui ne peut se faire réellement que par les moyens surnaturels, la foi, l’espérance, la charité, la grâce. Et donc par la dénonciation de tout ce qui s’y oppose : les erreurs contre la foi et contre la morale. Car si, faute de cette dénonciation, les hommes pèchent, ils se damnent pour l’éternité. La raison d’être de l’Eglise est de les sauver et de leur faire éviter le malheur de leur perte éternelle.

Bien évidemment, cela ne saurait plaire au monde, qui se retourne alors contre l’Eglise, souvent avec violence, comme nous le montre l’histoire."

Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Nous trouvons cette critique très insuffisante. Pas un mot sur la lettre de François au grand rabbin de Rome le soir même de son élection, sur le fait qu'il se soit présenté comme évêque de Rome, sur l'affirmation de vouloir intensifier le discours avec l'Islam, l'affirmation que Kasper est un grand théologien, l'affirmation par ce même François lors du pré-conclave que l'Eglise est mondaine si elle dit qu'elle possède la vérité, sur le lavage des pieds d'une femme musulmane le soir du Jeudi Saint etc... Cette critique est beaucoup trop timide, vague ; elle pèche par omission en occultant tous ces faits et bien d'autres. Elle ne nomme pas assez clairement François comme "fauteur d'erreur", [Nous reprenons les termes de la condition n°1 énoncée au Chapitre qui est bien mal appliquée dès maintenant.]

Reprenons notre lecture :
"Nous voici donc à Pâques 2013, et la situation de l’Eglise reste quasi inchangée. Les paroles de Mgr Lefebvre prennent un accent prophétique. Tout s’est réalisé, et tout continue pour le plus grand malheur des âmes qui n’entendent plus de leurs pasteurs le message du salut.

Sans nous laisser troubler, soit par la durée de cette crise terrible, soit par le nombre de prélats, d’évêques qui poursuivent l’auto-destruction de l’Eglise, comme le reconnaissait Paul VI, nous continuons, dans la mesure de nos moyens, à proclamer que l’Eglise ne peut changer ni ses dogmes, ni sa morale. Car l’on ne touche pas à ses vénérables institutions sans provoquer un véritable désastre."

Commentaire :
Mgr Fellay ici a décidé de changer de registre : il ne dit plus que la situation s'améliore dans l'Eglise. Nous le comprenons : ce ne serait pas très fin, en effet. Mais il ne reconnaît pas qu'il s'est trompé en avril, mai, juin 2012 et même le 28 décembre 2012 à Toronto, en affirmant que la situation de l'Eglise s'améliorait.

Mgr Fellay continue par une phrase qui n'est pas fausse, mais qui, étant donné le contexte actuel de publication de la déclaration doctrinale du 15 avril 2012, prend un accent ambigu et inquiétant :

"Si certaines modifications accidentelles portant sur la forme extérieure doivent être faites – comme cela se produit dans toutes les institutions humaines –, elles ne peuvent en aucun cas être faites en opposition aux principes qui ont guidé l’Eglise dans tous les siècles précédents.

Commentaire :
Dans la déclaration doctrinale du 15 avril 2012, Mgr Fellay :

1) accepte le rituel douteux des sacrements de Paul VI (cf. en particulier les problèmes de validité posés par les sacrements de confirmation et d'ordre),
2) accepte le nouveau code de Droit Canon de 1983,
3) accepte de reconnaître la messe de Paul VI comme légitimement promulguée,
4) accepte de dire que le concile Vatican II et le Magistère postérieur à Vatican II peuvent être interprétés à la lumière de la tradition de l'Eglise. 

Cela signifie donc, puisque Mgr Fellay n'a reconnu aucune erreur doctrinale dans sa déclaration du 15 avril 2012, que le supérieur de la Fraternité considère que les modifications ci-dessus (nouvel ordo, droit canon de 1983, Vatican II etc.) ne sont pas faites en opposition aux principes qui ont guidé l'Eglise dans tous les siècles précédents.

Il y a donc une contradiction sous-jacente dans l'article car Mgr Fellay fait semblant d'être d'accord avec Mgr Lefebvre qui dit que ces modifications sont en opposition aux principes qui ont guidé l'Eglise. Rappelons la réflexion intéressante de l'abbé Thouvenot, dans son fax du 7 mars 2013 : "Comme d'habitude ces prêtres révoltés entendent présenter ce document comme une preuve de la trahison et du "ralliement de Menzingen" au modernisme, à la messe de Paul VI et aux erreurs conciliaires... Chacun saura faire la différence entre l'information et l'intoxication organisée de façon anonyme. Le dernier Cor Unum a commencé la publication des réponses données par notre Supérieur général durant l'hiver 2011-2012; celui de Pâques continuera ce travail d'information claire et sereine."


Il est donc clair que Menzingen défend encore actuellement cette déclaration et donc Mgr Fellay ment en disant être dans la lignée de la Déclaration de 1974.

Mais la preuve de la duplicité de Mgr Fellay et la raison pour laquelle nous avons choisi une image de Judas, trahissant Notre-Seigneur, nous la trouvons dans ce passage incroyable du sermon du 9 mars 2013 à Cotignac :




Transcription de la première partie du texte de la vidéo :



"Vous savez bien dans quelques jours, les cardinaux vont élire un nouveau pape. Qu’est-ce que ça va donner, qu’est-ce qui va se passer dans l’Eglise et donc aussi qu’est-ce que qui va se passer avec nous ? Bah nous n’en savons rien ! ça sert à rien de vouloir faire toutes sorte de plans. Laissons faire le Bon Dieu, nous verrons bien, à chaque instant. Bien sûr nous espérons tous. Ce serait quand même une bonne occasion, n’est-ce pas, qu’une élection d’avoir un bon pape… Nous le demandons, nous supplions, pour que cette épreuve de l’Eglise cesse… Mais là aussi, nous n’en savons rien. Ne soyez pas déçus, mes bien chers frères, ne soyez pas déçus si nous n’avons pas le pape que nous attendons. Nous verrons bien... Mais précisément, quoi qu’il arrive, nous voulons nous mettre sous la protection du Bon Dieu. Là, nous sommes en sûreté. Il faut garder cette fidélité à tout ce que l’Eglise a fait. Nous sommes vraiment dans ce moment qu’imaginait ou que prévoyait Saint Vincent de Lérins. Une époque où toute l’Eglise est gangrenée.  Et saint Vincent de Lérins dit alors : Que faire ? Vers qui se tourner à ce moment- là ?
Et saint Vincent de dire : on se tourne vers le passé, parce que le passé, lui, ne peut pas être souillé. Donc on regarde ce que l’Eglise a fait, ce que l’Eglise a enseigné. Ça c’est certainement bon et nous conduit au salut et c’est ce que nous faisons, c’est pour cela qu’on nous appelle traditionalistes. Nous voulons rester accrochés et ne pas la lâcher, cette tradition. Tradition de l’Eglise. L’Eglise ne peut pas changer, elle ne peut pas changer ses dogmes, elle ne peut pas changer sa foi, elle ne peut pas changer sa morale…
Et donc nous continuons, c’est tout. Nous verrons bien. 

Commentaire d'Avec l'Immaculée :
Rien n'est mauvais quant au fond, dans cette partie du sermon. Mgr Fellay manie des concepts traditionnels. Quant à la forme, c'est différent. Depuis un an particulièrement, mais déjà parfois auparavant, les discours de Mgr Fellay, quand il parle de Rome, sont toujours sur le même canevas, déstabilisant pour les gens :

1ère étape du canevas : Qu'en est-il avec Rome ?

2ème étape obligatoire, immédiatement après : c'est une réponse automatique : "Nous n'en savons rien." Mgr Fellay ne sait JAMAIS rien... Les fidèles et les prêtres sont perpétuellement dans l'interrogation. Ils sont perpétuellement tenus en suspens,  dans l'incertitude, ce qui est déstructurant. Difficile de construire quelque chose quand on est continuellement comme l'oiseau sur la branche...

Nous répondons à Mgr Fellay : "Monseigneur, nous n'en croyons rien.
Deux faits saillants nous permettent de dire cela. Le 27 mai 2012, au pèlerinage de Pentecôte, Mgr Fellay a tenu le même discours d'ignorance totale et le 13 juin suivant, il était à Rome pour essayer de signer... Nous trouvons qu'en 15 jours, il s'est soudain retrouvé très vite informé, avec les idées claires, prêt pour l'accord... De même le 9 novembre 2012, à la réunion des prieurs de France, il affirmé qu'il n'avait plus eu de relations avec Rome depuis la déclaration du Chapitre envoyée le 14 juillet... alors qu'il y a eu en fait sa lettre du 6 septembre, révélée par la Commission Ecclesia Dei dans sa déclaration du 27 octobre 2012, lettre dans laquelle, aux dires de la Commission, Mgr Fellay demandait davantage de temps à Rome pour réfléchir : 
La Commission pontificale Ecclesia Dei annonce aujourd'hui que, "dans sa dernière correspondance (6 septembre 2012), la Fraternité sacerdotale St Pie X a fait savoir qu’elle avait besoin d’un temps supplémentaire de réflexion et d’étude pour préparer sa réponse aux dernières propositions du Saint-Siège."(...)

Donc en fait, Mgr Fellay continue sans cesse de discuter avec Rome, tout en disant qu'il ne sait rien.

3ème étape obligatoire, mais comportant des variantes, suivant les discours : émailler le discours sur les relations avec Rome de pensées d'abandon, de protestations de fidélité à la tradition. Avant, pendant et après. Faire des digressions spirituelles 1) qui empêchent de bien suivre le fil du discours et les faits et 2) qui rassurent les fidèles sur la "droiture" et la "sainteté" de Mgr Fellay.

4ème étape : Toutes les discussions sont bloquées, la situation est bloquée.
C'est bon, au plan diplomatique, de dire cela pour les non-accordistes , car cela sous-entend que Mgr Fellay n'est prêt à céder sur rien et qu'il est ferme. Tout est toujours bloqué : ce n'est qu'au moment où il s'apprêtera à signer, que Mgr Fellay nous dira, très peu de temps auparavant, que la situation se débloque.
Ces situations bloquées créent aussi l'angoisse, chez certains, plutôt accordistes ou indécis.  Nous serons peut-être excommuniés, ajoute-t-il parfois (horreur suprême ! Nous sommes "morts de frayeur" à l'idée d'être excommuniés par la Rome maçonnique). Si cette perspective n'impressionne guère les résistants, il n'en va pas de même pour les pauvres fidèles formatés par DICI et Mgr Fellay. Il n'en va pas de même non plus pour tous les accordistes qui sont transis de peur à cette perspective... Donc tout en donnant des conseils d'abandon, Mgr Fellay déstabilise ses troupes. Il sait très bien que les franc-maçons ne nous excommunieront plus, car ils ont vu les fruits de l'excommunication des évêques, lors des sacres. Mais non, il faut continuer à agiter cet épouvantail devant les fidèles... Pourquoi ? Parce que Mgr Fellay compte bien se servir un jour de cette menace d'excommunication pour signer l'accord, en redisant, comme il l'a dit le 14 avril 2012 aux trois évêques: Rome ne le tolère plus. Lors de sa tournée de conférences, l'abbé Pfluger à saint Joseph des carmes, le 5 juin 2012, a insisté sur cette menace de la "GRANDE excommunication", qui toucherait même les fidèles.

5ème étape, introduire le poison : soit une notion ambiguë soit un espoir d'accord quand même. Cela dépend si Mgr Fellay considère qu'il est dans une phase "tradi" (pour rassurer ses troupes non accordistes) ou dans une phase "ralliériste". Il y a ici une vraie technique après avoir brouillé l'esprit des gens par les digressions spirituelles, après avoir déstabilisé par l'incertitude et ou l'angoisse, après donc avoir fragilisé et diminué la vigilance des fidèles et des prêtres, Mgr Fellay introduit le poison.

Appliquons à présent ce schéma à cet extrait du sermon :

Voici la 4ème étape de création de l'angoisse, entremêlée  avec l'incertitude de la deuxième étape et un peu de troisième étape. Nous mettons des chiffres correspondant aux étapes entre parenthèses, pour faciliter l'analyse :
Est-ce que le prochain pape va être quelqu’un qui voudra nous excommunier (4), reconnaître le bien que nous faisons, nous n’en savons rien (2), nous verrons bien (3). Comment ces choses-là vont se dérouler ?(2) Certains ont peur, et il y a de quoi avoir peur.(4) Mais nous n’allons pas nous lancer la tête baissée, les yeux fermés dans une quelconque entreprise.(3) 

5ème étape : une première injection de poison, réaffirmation de la bonté du Chapitre et des six conditions :
"Et notre dernier Chapitre a bien, on peut dire, bien exposé ces choses-là, essayé d’imaginer comment le futur pourra se passer, en établissant un certain nombre de conditions, en disant : si ces conditions sont remplies, alors nous pourrons voir, mais tant que ces conditions ne sont pas remplies, on ne peut pas aller de l’avant." 
Commentaire :
Ici le poison inoculé est la réaffirmation de la bonté des six conditions qui valident le principe de l'accord pratique sans accord doctrinal.

Retour ensuite à l'étape 4 : Digression obligatoire, pour pouvoir faire passer l'ambiguïté et le mensonge final :
"Vous savez, actuellement, c’est très simple, tout est bloqué, tout ! Même les discussions doctrinales". 

Commentaire :
Les discussions doctrinales sont dites bloquées, au moins depuis le 2 février à Winona, mais déjà, cela était dit en 2011. Elles ont cessé depuis longtemps. Pourquoi Mgr Fellay fait-il ici cet anachronisme hors sujet, laissant croire qu'elles ont encore lieu ? Nous sommes pourtant dans une perspective d'accord pratique depuis le Cor unum du 18 mars 2012...  Soit cette réflexion n'a aucune raison, c'est Mgr Fellay qui serait confus. Soit c'est pour rassurer les gens, leur faire croire qu'il se préoccupe encore de doctrine et préparer l’ambiguïté qui va suivre. Etant donné les paroles  suivantes du sermon, nous penchons malheureusement pour cette dernière explication.

"Que va faire le prochain pape, nous ne savons pas.(2) Nous verrons bien.(3) Nous sommes catholiques, nous le restons, c’est tout…(3) jusqu’au moment où le Bon Dieu permettra que… eh bien qu’il y ait une conversion à Rome." (étapes 5 et 3 en même temps)

Commentaire :
Grammaticalement, cette dernière phrase signifie que  nous resterons catholiques jusqu'à ce que Rome se convertisse et qu'après, nous ne serons plus catholiques. Donc Mgr Fellay parle en mauvais français. En tout cas, il n'a certainement pas voulu dire cela. Qu'a-t-il donc voulu dire ? 

Lisons la suite :
"Nous supplions le Bon Dieu que cela se passe le plus vite possible,(3) nous n’en savons rien.(2) Nous sommes un petit peu… Pas seulement un petit peu, oui, nous sommes comme l’Enfant Jésus et la sainte Vierge en Egypte, sous la protection de saint Joseph.(3) Combien de temps faudra-t-il encore rester en Egypte ?(5) Eh bien on verra bien, on laisse faire St Joseph (3) qui nous montrera quand,  quand on pourra rentrer…(5) C’est tout."

Commentaire : 
1) Mgr Fellay considère que nous sommes exilés tant que nous sommes hors de la reconnaissance canonique de Rome. Pour lui, être dans l'Eglise comme nous le sommes, mais sans être reconnus par les modernistes romains, c'est être exilé, en Egypte. Donc la Fraternité et la sainte Eglise catholique auxquelles nous appartenons, c'est l'Egypte. 

Il y a dans cette comparaison une inversion totale des valeurs... 
Si, pour Mgr Fellay, c'est notre reconnaissance canonique par la Rome éternelle, par des hommes d'Eglise convertis, qui est la terre promise, pourquoi se lamente-il ? Nous y sommes déjà, dans cette Rome éternelle. Si pour Mgr Fellay, c'est la reconnaissance canonique par la Rome d'Assise qui l'intéresse, si c'est cela qu'il considère sortir d'exil, qu'il aille retrouver ses amis sans nous.

Considérer que notre situation actuelle est être en Egypte est donc une profonde erreur théologique. C'est une erreur très grave. Au contraire, ce sont François, Mgr Di Noia et Mgr Müller et tous les cardinaux qui sont en Egypte. L'Egypte a toujours symbolisé dans la Bible le royaume du mal, le pouvoir du démon, le péché. Dire que nous sommes en Egypte est choquant.

Mgr Fellay dira bien entendu qu'il n'a pas voulu signifier cela. Qu'il a juste voulu signifier qu'il était douloureux d'être rejeté... Eh bien qu'il souffre sans nous. Nous ne trouvons pas le moins du monde douloureux d'être rejetés par ceux qui se comportent chaque jour comme les ennemis de Jésus et des âmes. Au contraire, c'est réconfortant. C'est plutôt être amis avec ces sacrilèges (cf. Assise par exemple) et reconnus par eux qui nous troublerait fort. Ce qui nous importe, c'est de ne pas être exilé du Coeur de Jésus, notre seule demeure...

2) Mais le pire n'est pas là. Le pire est que cette comparaison de Mgr Fellay sur l'Egypte, ainsi placée dans le contexte,  après l'expression "jusqu’au moment où le Bon Dieu permettra que… eh bien qu’il y ait une conversion à Rome" laisse sous-entendre clairement, mais sans le dire explicitement, que la Fraternité saint Pie-X ne veut de reconnaissance canonique que lorsque Rome se convertira. Donc Mgr Fellay ment, mais sans le faire formellement, puisqu'il ne le formule pas clairement en bon français... Mais tout est fait pour que la majorité comprenne de travers et croie que la Fraternité exige la conversion de Rome. La majorité, qui n'a pas spécialement étudié les actes et les dires de Mgr Fellay depuis un an, comprend que nous ne reviendrons de notre exil, "d'Egypte" (!), que lorsque Rome sera convertie. 
Les propos de Mgr Fellay sous-entendent également habilement que les six conditions, dites bonnes, réclament cette conversion de Rome. En effet, il dit que les six conditions sont bonnes et en même tant il affirme que nous serons en exil jusqu'à la conversion de Rome... Donc cela sous-entend que les six conditions exigent cette conversion, pour le commun des fidèles. Alors que c'est tout le contraire : les six conditions établissent clairement le principe d'un accord pratique sans accord doctrinal (cf. explication des 6 conditions au début de la lettre aux prêtres). Nous sommes donc devant une volonté de tromperie.

Une autre difficulté est que l'abbé Pfluger et Mgr Fellay veulent changer le sens du mot conversion. Ils pourront donc objecter que pour eux, "conversion de Rome" signifie que Rome  accepte les six conditions. La conversion de Rome, c’est que Rome accepte la Tradition au côté du charismatisme, du modernisme. 

Notre réponse : Que Rome accepte les six conditions ne sera pas une preuve de sa conversion, puisque, mise à part la condition qui réclame un évêque, ces conditions ont déjà été octroyées aux autres communautés Ecclesia Dei ou bien sont inefficaces (ex : tribunaux de première instance uniquement). Et quand on sait que cet évêque serait soit Mgr Fellay, soit éventuellement Mgr de Galarreta et que le successeur de cet évêque sera désigné par le pape... On voit bien que ces six conditions sont un attrape-nigaud. 
Mais là encore, il y a une tromperie sur le sens du mot conversion car les fidèles et les prêtres, eux, comprennent et emploient le mot conversion dans le sens où l'employait Mgr Lefebvre et non dans ce nouveau sens faux et trompeur, inventé de toutes pièces. 

Reprenons le sermon :
Il ne faut pas vous effrayer.(3) Il y a bien sûr certains qui essayent de troubler.(5) Faut pas se laisser troubler, c’est tout.(3) Nous n’avons absolument, mais absolument aucune intention de soi-disant vendre la Fraternité ou je ne sais quoi.(5) Mais non, voyons !  Et donc nous confions tout cela, toutes nos œuvres à Saint Joseph, la France…(...)"(3)

Commentaire : les sites de résistance sont donc des gens animés d'intentions maléfiques, qui essayent de troubler, d'après Mgr Fellay...  C'est ce que nous verrons au moment du jugement dernier. Nous espérons avoir pu prouver clairement que le trouble et le mensonge viennent plutôt de Mgr Fellay. Comme preuve irréfutable du trouble qu'il cause, voici ce que l'abbé Michel Rebourgeon retient de ce sermon :

NB : Nous ne savons pas si l'abbé Rebourgeon est sincère ou non quand il écrit la phrase que nous allons citer. Peut-être est-il de bonne volonté... Dans le doute, nous ne l'attaquons pas. Le premier coupable est Mgr Fellay. Le second, le responsable des publications sur la porte latine. Le troisième, l'abbé de Cacqueray qui sait très bien que c'est faux et qui ne fait rien et se tait honteusement en laissant croire à la France un mensonge grave.


Voici la phrase de l'article de l'abbé Rebourgeon sur la porte latine :

"Comme l'a dit Mgr Fellay à Cotignac, le 9 marsnous ne pourrons aller plus loin dans les relations que si se réalise la « conversion de Rome »."

Commentaire d'Avec l'Immaculée :

Cette phrase est publiée depuis le 5 avril 2013 sur la porte latine. Elle a été lu par des milliers de personnes en France. Monsieur l'abbé de Cacqueray l'a lue, Mgr Fellay l'a très probablement lue, Ennemond l'a lue, l'abbé Lorans, étant donné sa fonction l'a sûrement lue. Et tout le monde se tait, personne ne rectifie cette information... C'est un mensonge caractérisé, une hypocrisie incroyable vérifiable par tous. C'est une véritable trahison vis-vis des fidèles de la Fraternité, à qui l'on ment effrontément. 

Ce mensonge, plus éhonté encore que les autres est pour nous la preuve définitive de la mauvaise foi des autorités de la Fraternité Saint Pie X. C'est une preuve que Mgr Fellay ment en le sachant, en le voulant et en matière grave. 

Ce sermon ambigu, tellement ambigu qu'il peut être interprété à contresens par l'abbé Rebourgeon, et le fait que cette interprétation soit non rectifiée depuis 12 jours sur le site officiel de la FSSPX en France, voilà deux faits objectivement extrêmement graves.


Conclusion 

Il n'est plus possible de tolérer qu'on mente ainsi aux fidèles. Les prêtres conscients du problème doivent parler. Ils doivent parler efficacement (vidéos) et ils doivent parler souvent. Pour ce faire, ils doivent sortir de la Fraternité qui prêche à présent des mensonges et lie leur parole. Ils doivent faire confiance à la Providence. Ils seront aidés par les fidèles qu'ils auront convaincus. Mais pour convaincre ces fidèles, il faut parler, il faut que tous les fidèles puissent entendre la voix des bons prêtres, et non seulement quelques initiés qui vont sur internet. 
Nous sommes dans un cercle vicieux qu'il faut briser : les prêtres n'osent pas sortir parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils deviendront au plan financier. Du coup ils ne parlent pas. Par conséquent la résistance est petite, du fait du silence des prêtres. Par conséquent les prêtres craignent de se retrouver en situation précaire  car il savent que la Résistance est petite et donc ils ne sortent pas. C'est tout le contraire qu'il faut faire : prêcher beaucoup, sans cesse, en diffusant les vidéos des sermons. Du coup, tout le monde se fait chasser. Les fidèles par conséquent s'intéressent à la situation, un nombre suffisant d'entre eux proposent des chambres chez l'habitant, dans un premier temps. Les autres écoutent les vidéos. Un bon nombre est alors convaincu. Du coup les subsides  arrivent, suffisamment pour vivre décemment, même si certains prêtres n'auront plus les beaux bâtiments dont ils ont la jouissance pour le moment. Il faut reconstruire d'urgence à côté de la FSSPX ce que Mgr Fellay est en train de détruire allègrement dans la FSSPX, avec la complicité de l'abbé de Cacqueray. 
Souvenons-nous de Mgr Lefebvre sur le trottoir, seul avec sa valise, après avoir démissionné des Pères du Saint-Esprit. Il a eu le courage de partir, c'était déjà énorme... Mais après, il y a eu un flottement, il était un peu isolé dans son petit appartement romain... Et ce sont les abbés Aulagnier, Cottard et Tissier de Mallerais qui sont allés le chercher et lui ont dit d'agir. Ecône a été créé. Souvenons-nous de l'effet médiatique qu'il y a eu ensuite en 1976, avec la Messe de Lille. A partir de cette Messe, la Tradition a grandi très vite. Tirons les leçons de l'histoire. Recommençons les actes héroïques (partir), agissons (c'est à dire, groupons les fidèles et créons les chapelles), et que les prêtres parlent sur internet (cela aura le même effet que la messe de Lille et le sermon des ordinations d'Ecône de 1976, s'ils sont nombreux à le faire et s'ils le font de façon régulière.)

Note :
Texte intégral de la déclaration de la commission Ecclesia Dei du 27 octobre 2012. Ce texte est toujours d'actualité :


Cité du Vatican, 27 octobre 2012 (VIS). La Commission pontificale Ecclesia Dei annonce aujourd'hui que, "dans sa dernière correspondance (6 septembre 2012), la Fraternité sacerdotale St.Pie X a fait savoir qu’elle avait besoin d’un temps supplémentaire de réflexion et d’étude pour préparer sa réponse aux dernières propositions du Saint-Siège. Les discussions en cours font suite à trois années de colloques doctrinaux et théologiques, qui ont vu une commission mixte se réunir à huit reprises pour étudier et débattre de questions controversées quant à l’interprétation de certains documents du concile Vatican II. Ces colloques conclus, il a été possible de passer à une phase de discussion plus directement orientée vers une réconciliation fortement souhaitée de la Fraternité avec le Siège apostolique. D’autres étapes déterminantes du processus de réintégration progressive ont été franchies par le Saint-Siège, en 2007, avec l’extension à toute l’Eglise de la forme extraordinaire du rite romain par le Motu Proprio Summorum Pontificum et, en 2009, avec la levée des excommunications. Sur ce chemin ardu, un point important a été atteint le 13 juin 2012, quand la Commission pontificale a présenté à la Fraternité une déclaration doctrinale accompagnée d’une proposition de régularisation canonique de son statut dans l’Eglise catholique. Aujourd’hui, le Saint-Siège attend la réponse officielle des supérieurs de la Fraternité à ces deux documents. Après trente ans de séparation, il est compréhensible qu’il faille du temps pour assimiler la substance des développements récents. Puisque le Saint-Père cherche à favoriser et préserver l’unité de l’Eglise en réalisant une réconciliation depuis longtemps espérée de la Fraternité sacerdotale St.Pie X avec le Successeur de Pierre...il faut faire preuve de patience, de sérénité, de persévérance et de confiance".