vendredi 26 avril 2013

Le Préambule doctrinal de Mgr Fellay commenté


Le Préambule doctrinal de Mgr Fellay commenté
 par un de nos lecteurs


Une de nos lecteurs a fait un beau travail de synthèse en recherchant, en mettant en forme et en étoffant de nombreux commentaires qui ont été faits sur le préambule doctrinal du 15 avril 2012. Ce préambule doctrinal a été retiré le 7 septembre 2012 par Mgr Fellay uniquement pour raisons diplomatiques, mais pas pour raisons doctrinales. 

Il paraît nécessaire de dire un mot du Préambule doctrinal présenté le 15 avril 2012 par Son Excellence Mgr Fellay, Supérieur Général de la FSSPX, au cardinal Levada. Il a été gardé secret près d’un an et a finalement été rendu public ces dernières semaines. Cette version du Préambule doctrinal a rencontré une forte opposition au Chapitre Général et Mgr Fellay a décidé de le retirer, sans toutefois le désavouer. Ce texte donne donc une idée des concessions que Mgr Fellay n’a pas reniées et qu’il serait donc peut-être bien prêt à renouveler s’il n’en était pas empêché.

En somme, Mgr Fellay semble accepter dans une large mesure :
1.- Vatican II
2.- la Nouvelle Messe
3.- le Nouveau Droit Canon.

Le Concile

« II.- Nous déclarons accepter les enseignements du Magistère de l’Eglise en matière de foi et de morale, en donnant à chaque affirmation doctrinale le degré d’adhésion requis, selon la doctrine contenue dans le nº 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II (1). »

« (1) Cf. aussi la nouvelle formule de la Profession de foi et du Serment de fidélité pour assumer une charge exercée au nom de l’Eglise, 1989 ; cf. CIC cann 749 ; 750, 1 et 2 ; 752 ; CCEO cann 597 ; 598, 1 et 2 ; 599. »

Voici un passage de cette profession de foi : « J’adhère aussi avec une obéissance religieuse de la volonté et de la foi aux doctrines que, soit le pontife Romain, soit le collège des évêques, prononcent quand ils exercent le magistère authentique, même s’ils n’ont pas l’intention de les proclamer dans un acte définitif. » Notons que cette profession de foi est précédée d'un texte d'introduction qui explique le sens à donner à ladite profession : « Il est apparu donc indispensable de préparer des textes adaptés pour les mettre à jour en ce qui concerne leur style et leur contenu et les mettre plus en phase avec les enseignements de Vatican II et des documents qui en étaient issus. »

Et maintenant, écoutons Mgr Lefebvre qui, avec son regard perspicace, nous donne l’appréciation correcte de ce document du cardinal Ratzinger :
« Les erreurs du Concile et ses réformes demeurent la norme officielle consacrée par la profession de foi du Cardinal Ratzinger de mars 1989. » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, p. 10-11)

« La nouvelle profession de foi qui a été rédigée par le cardinal Ratzinger contient explicitement l’acceptation du Concile et de ses conséquences. C’est le Concile et ses conséquences qui ont détruit la Sainte Messe, qui ont détruit notre Foi, qui ont détruit les catéchismes et le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ dans les Sociétés civiles. Comment pouvons-nous l’accepter ! [...] Il nous faut garder la Foi catholique, la protéger par tous les moyens. » (Mgr Lefebvre, Le Bourget, 19 novembre 1989)

« C'est là nous mettre dans une contradiction parce que, en même temps que Rome donne à la Fraternité Saint-Pierre, par exemple, ou à l'abbaye du Barroux et à d'autres groupements l'autorisation de dire la messe de toujours, en même temps on demande aux jeunes prêtres de signer une profession de foi dans laquelle il faut admettre l'esprit du concile. C'est une contradiction : l'esprit du concile s'exprime dans la nouvelle messe. Comment vouloir maintenir la messe de toujours en acceptant l'esprit qui détruit cette messe de toujours ? C'est se mettre dans une contradiction complète. Un jour, tout doucement, on exigera de ceux auxquels on a accordé la messe de saint Pie V, la messe de toujours, on exigera d'eux qu'ils acceptent aussi la messe nouvelle. Et on leur dira qu'il s'agit simplement pour eux de se conformer à ce qu'ils ont signé, puisqu'ils ont signé qu'ils acceptaient l'esprit du concile et les réformes du concile. On ne peut pas se mettre ainsi dans une contradiction, dans un illogisme invraisemblable. C'est une situation tout à fait inconfortable. C'est ce qui fait la difficulté de ces groupements qui ont signé cela et qui actuellement se trouvent dans une sorte d'impasse. » (Mgr Lefebvre, homélie à Friedrichshafen, 29 avril 1990)

« III, 1 : Nous déclarons accepter la doctrine sur le Pontife romain et sur le Collège des évêques, avec son chef, le Pape, enseignée par la Constitution dogmatique Pastor æternus du Concile Vatican I et par la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II, chapitre 3 (De constitutione hierarchica Ecclesiæ et in specie de Episcopatu), expliquée et interprétée par la Nota explicativa prævia à ce même chapitre. »

« III, 3 : La Tradition est la transmission vivante de la Révélation ‘usque ad nos’ et l’Eglise dans sa doctrine, dans sa vie et dans son culte, perpétue et transmet à toutes les générations ce qu’elle est et tout ce qu’elle croit. La Tradition progresse dans l’Eglise avec l’assistance du Saint Esprit, non comme une nouveauté contraire, mais par une meilleure compréhension du depositum fidei.

Contradiction entre ces deux phrases, dans la mesure où l’expression « vivante » a été justement constamment utilisée par les Modernistes pour faire passer leur évolutionnisme doctrinal et leurs « nouveautés contraires ».

« III, 4 : L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de la compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire – c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement – certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement (8). »

(8) Comme par exemple l’enseignement de la sacramentalité de l’épiscopat in Lumen Gentium, nº 21.

Comprenons bien : c’est non seulement le Concile à la lumière de la Tradition, mais aussi la Tradition à la lumière du Concile. Dire que le Concile Vatican II « à son tour éclaire – c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement – certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement » est une aberration, puisqu’il les contredit catégoriquement sur certains points.

« III, 5 : Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère pontifical postérieur relatives à la relation entre l’Eglise catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques, ainsi qu’au devoir social de religion et au droit à la liberté religieuse, dont la formulation est difficilement conciliable avec les affirmations doctrinales précédentes du Magistère, (1) ‘doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue, de manière cohérente avec les vérités précédemment enseignées par le Magistère de l’Eglise, (2) sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère’. »

Mgr Williamson, qui a été le professeur de Mgr Fellay, explique :
La première partie ici (1) est parfaitement vraie tant qu’elle signifie que toute nouveauté Conciliaire « difficile à concilier » sera immédiatement rejetée si elle contredit objectivement l’enseignement antérieur de l’Église. Mais entendue ainsi, (1) est directement contredite par (2) lorsque (2) dit qu’aucune nouveauté Conciliaire ne saurait être « interprétée » comme étant en rupture avec la Tradition. C’est comme si quelqu’un disait que toutes les équipes de football doivent porter des maillots bleus, mais que les maillots de toute autre couleur doivent être interprétés comme étant rien d’autre que bleus! Quelle bêtise! Mais voilà exactement l’ « herméneutique de la continuité ». (Eleison n° 300 et Lettre ouverte aux prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X du Jeudi Saint 2013 par Mgr Williamson)

La Messe

« III, 7 : Nous déclarons reconnaître la validité du sacrifice de la Messe et des Sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel romain et des Rituels des Sacrements légitimement promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II. »

Mgr Lefebvre a dit qu’elle pouvait être valide, mais qu’elle était dangereuse parce que favorisant l’hérésie (favens haeresim). Comme l’explique M. l’abbé de La Rocque dans ses conférences des 12 et 18 mai 2012 sur les discussions doctrinales romaines, reconnaître la possible « validité » de la Nouvelle Messe sans faire mention de ses dangers serait une hypocrisie et une restriction mentale inacceptable.

De plus, le « légitimement promulgué » a toujours été mis en doute et pas seulement dans la Tradition. Dans son dernier éditorial aux Amis et bienfaiteurs le Supérieur du District de France, M. l’abbé de Cacqueray n’écrit-il pas : « La nouvelle messe ne saurait donc plaire à Dieu parce qu’elle est trompeuse, nocive et équivoque :
Elle ne saurait faire l’objet d’une loi obligeant comme telle toute l’Église. En effet, la loi liturgique a pour objet de proposer avec autorité le bien commun de l’Église et tout ce qui est requis. La nouvelle messe de Paul VI représentant la privation de ce bien ne saurait faire l’objet d’une loi : elle est non seulement mauvaise mais illégitime, en dépit de toutes les apparences de légalité dont on a pu l’entourer et dont on l’entoure encore. » (Abbé Jean-Michel Gleize, Vatican II en débat, p. 63.)

Le Novus Ordo Missae, particulièrement, est bien trop dangereux pour le bien commun de l'Église pour qu'il soit une vraie loi.

Le Droit Canon

« III, 8 : En suivant les critères énoncés ci-dessus (III, 5), ainsi que le canon 21 du Code, nous promettons de respecter la discipline commune de l’Eglise et les lois ecclésiastiques, spécialement celles qui sont contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le pape Jean-Paul II (1983) et dans le code de droit canon des Eglises orientales promulgué par le même Pontife (1990), restant sauve la discipline à concéder à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X par une loi particulière. »

Mgr Fellay accepte le nouveau Code de Droit Canon, « à la lumière de la Tradition » (III, 5), alors que Mgr Lefebvre a déclaré « ce droit canon est inacceptable ». (COSPEC 99B, 14 mars 1983) Pour lui, il plus dangereux encore que le Concile lui-même, puisqu’il est la mise en lois de la lettre et de l’esprit de Vatican II, allant même jusqu’à omettre des passages rectificatifs comme la Nota explicativa.

« En 1983, Mgr Lefebvre, déjà progressivement déçu par les textes à saveur moderniste du pape Jean-Paul II, est profondément choqué par le nouveau code de droit canon qui réduit en lois les déviations du concile. » (La Porte Latine, citée par :

« Notre cri d’alarme était rendu plus véhément encore par les errances du nouveau droit canon, pour ne pas dire ses hérésies. » (Lettre ouverte aux Catholiques perplexes, ch. 21)

« On y découvre une conception entièrement nouvelle de l’Église. » (Conférence, Turin, 24 mars 1984)

« On y retrouve la doctrine déjà suggérée par le document Lumen gentium du Concile, selon laquelle le collège des évêques joint au pape jouit comme lui du pouvoir suprême dans l’Eglise, et cela d’une manière habituelle et constante. » (Lettre ouverte aux Catholiques perplexes, ch. 12)

« L’ouvrage, qu’est le Code, concorde parfaitement avec la nature de l’Eglise, surtout telle qu’elle s’est proposée par le Concile Vatican II. Bien plus, ce nouveau Droit peut être conçu comme un effort pour exposer en langage canonique cette doctrine, c’est-à-dire l’Ecclésiologie conciliaire... Les éléments de cette Ecclésiologie sont les suivants : Eglise = peuple de Dieu ; autorité hiérarchique = service collégial ; Eglise = communion ; enfin l’Eglise et son devoir d’œcuménisme. Voilà bien autant de notions ambiguës, qui vont permettre aux erreurs protestantes et modernes d’inspirer désormais la législation de l’Eglise. C’est l’autorité du Pape et des Evêques qui va en souffrir, c’est aussi la distinction du clergé et du laïcat qui s’amenuise, c’est le caractère absolu et nécessaire de la foi catholique qui s’atténue au profit de l’hérésie et du schisme, et les réalités fondamentales du péché et de la grâce qui s’estompent. » (Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n° 24 de mars 1983)

« Et bien dans le nouveau droit canon, il y a deux pouvoirs suprêmes de l’Église : il y a le pouvoir du pape qui a le pouvoir suprême et ensuite le pape avec les évêques. Il y a donc deux sujets ordinaires du pouvoir suprême et total dans l’Église. C’est ce qu’avait justement rectifié au Concile la note explicative. La note explicative avait rectifié cela pour empêcher les erreurs. Car si les évêques ont avec le pape et non pas sans le pape le pouvoir suprême dans l’Église, ils ont le droit de demander d’exercer le pouvoir suprême qui est le leur avec le pape, d’exiger du pape qu’ils puissent participer aussi donc à l’exercice du pouvoir sur l’Église universelle. Ça ne s’est jamais vu dans l’Église. Ils l’exerçaient lorsque le pape les réunissait en concile et leur communiquait son pouvoir dans le concile. C’est parce que justement ils étaient réunis avec le pape, qu’à ce moment-là, pour un acte extraordinaire, ils [...] avaient ce pouvoir sur l’Église universelle et non pas d’une manière ordinaire ! C’est donc limiter le pouvoir du pape. Alors, la note explicative du Concile, pratiquement, on n’en tient pas compte dans le nouveau droit canon. Or, ça avait fait l’objet vraiment d’une petite révolution dans le Concile. Et le pape s’était cru en conscience obligé d’intervenir, de rectifier ce qui était dans le décret de l’Église pour mettre les choses au point selon la foi de l’Église. Voilà des exemples que je vous donne, qui touchent à notre foi. » (COSPEC 100A, 20 mai 1983)

« Et la définition de l’Église est celle-ci (canon 204) : « Les fidèles sont ceux qui, en tant qu’incorporés au Christ par le baptême, sont constitués en peuple de Dieu, et qui, pour cette raison, faits participants à leur manière de la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ, sont appelés à exercer la mission que Dieu a confiée à l’Église pour l’accomplir dans le monde. [...] Il n’y a plus de clergé. Que devient donc le clergé ? [...] Il est donc facile de comprendre que cela est la ruine du sacerdoce et la laïcisation de l’Église. [...] C’est ce qu’a fait Luther et les protestants, qui ont laïcisé le sacer­doce. C’est donc quelque chose de très grave. » (Conférence, Turin, 24 mars 1984)

« Vous savez que dans le Code de droit canonique il est permis à un prêtre de donner la communion à un protestant. (Canon 844) C’est ce qu’ils appellent l’hospitalité eucharistique. Il s’agit de protestants qui demeurent tels, non pas de ceux qui se convertissent. Cela est directement opposé à la foi. Or le sacrement de l’eucharistie est précisément le sacrement de l’unité de la foi, et alors donner la communion à un protestant c’est rompre la foi et l’unité. » Les protestants doivent « faire une abjuration pour enlever cet obex [obstacle], pour que leur baptême devienne fructueux. A ce moment-là la grâce restera dans leurs âmes et ils seront dignes du salut. Mais, tant qu’ils restent attachés à leurs erreurs, qu’ils nient des vérités qui sont de foi, ils ne peuvent pas recevoir la grâce. » (Conférence, Turin, 24 mars 1984)

« Quel est par exemple le but même du droit canon, les lois fondamentales du droit canon ? Vous avez deux livres que vous pouvez consulter à ce sujet-là : De norme generales juris canonici. Deux volumes du professeur Michiels, un franciscain, qui donne les éléments, les normes générales du droit et donc les fondements mêmes du droit ecclésiastique et du droit canon. Et bien il le met ouvertement : Ut patet fondamentum vitae supernaturalis ecclesiae curae et potestati concreditae, est fides. C’est la foi. [...] Prenez par exemple le fait que le nouveau droit ne demande plus à un ménage mixte protestant catholique de signer un engagement comme quoi les enfants seront baptisés catholiques, c’est une atteinte grave à la foi, une atteinte grave à la foi. » (COSPEC 100A, 20 mai 1983)

« Alors, qu’est-ce que nous devons penser de cela ? Eh bien, c’est que ce droit canon est inacceptable. » (COSPEC 99B, 14 mars 1983)

En voilà donc assez pour montrer que cette Déclaration ou Préambule doctrinal du 15 avril 2012 de Mgr Fellay est en contradiction flagrante avec la ligne de Mgr Lefebvre sur le Concile, la Messe et le Droit Canon. Or Mgr Fellay était prêt à signer un accord sur cette base, si le cardinal Levada ne l’avait pas rejetée comme insuffisante le 13 juin 2012, refus confirmé le 30 juin par la lettre du Pape à Mgr Fellay.

Aussi, bien que Mgr Fellay ait parcouru le monde ces huit derniers mois, afin d’assurer à tous et chacun qu’il n’allait pas « vendre » la Fraternité, nous avons toutes les raisons de rester dubitatifs. Ce document est en effet gênant : il est la preuve matérielle que tout ce que les « mauvaises langues » avançaient depuis longtemps n’était finalement pas très éloigné de la réalité.

La Priorité

La priorité « pour surmonter la crise » n’est pas de régler « notre état canonique anormal », dont Mgr Lefebvre dit que c’est une question « secondaire », mais de conserver le Foi catholique de toujours sans ces concessions libérales qui nous la feraient perdre. Rappelons-nous toujours ces paroles prononcées par Mgr Lefebvre lors d'une conférence spirituelle à ses séminaristes le 21 décembre 1984 et que, après avoir vainement tenté l’impossible en mai 1988, il confirmera jusqu’à sa mort :

« Alors il y en a qui seraient prêts à sacrifier, je dirais, le combat de la foi en disant : ‘Rentrons d’abord dans l’Eglise ! Faisons tout pour rentrer dans le cadre officiel, public, de l’Eglise. Taisons notre problème dogmatique. Taisons notre combat. Ne parlons plus de la malice de la [nouvelle] messe. Fermons la bouche, ne disons plus rien. Ne soyons pas opposés à cela. Ne disons plus rien sur les questions de la liberté religieuse, des Droits de l’Homme, de l’œcuménisme. Taisons-nous, taisons-nous, et puis comme cela nous pourrons rentrer dans le cadre de l’Eglise. Nous allons faire plaisir à ceux qui sont dans l’Eglise. Nous allons rentrer comme cela à l’intérieur de l’Eglise et, une fois que nous serons à l’intérieur de l’Eglise, vous allez voir, on va pouvoir combattre, on va pouvoir faire ceci, on va pouvoir faire cela...’ C’est absolument faux ! On ne rentre pas dans un cadre, et sous des supérieurs, en disant que l’on va tout bousculer lorsqu’on sera dedans, alors qu’ils ont tout en mains pour nous juguler ! Ils ont toute l’autorité.

« Ce qui nous intéresse d’abord, c’est de maintenir la foi catholique. C’est cela notre combat. Alors la question canonique, purement extérieure, publique dans l’Eglise, est secondaire. Ce qui est important, c’est de rester dans l’Eglise... dans l’Eglise, c’est-à-dire dans la foi catholique de toujours et dans le vrai sacerdoce, et dans la véritable messe, et dans les véritables sacrements, dans le catéchisme de toujours, avec la Bible de toujours. C’est cela qui nous intéresse. C’est cela qui est l’Eglise. D’être reconnus publiquement, ça c’est secondaire. Alors il ne faut pas rechercher le secondaire en perdant ce qui est primaire, ce qui est le premier objet de notre combat !

« On ne peut pas se mettre sous une autorité qui a des idées libérales, qui nous conduira nécessairement, petit à petit, par la force des choses, à accepter les idées libérales et toutes les conséquences de ces idées libérales qui sont la nouvelle messe, les changements de liturgie, les changements de la Bible, les changements du catéchisme, tous les changements... »