lundi 11 mars 2013

Le double langage de Mgr Fellay vis-à-vis du sédévacantisme

Le double langage de Mgr Fellay vis-à-vis du sédévacantisme



Dans la lettre des 37 prêtres à Mgr Fellay, de très nombreuses révélations sont faites. L'une d'elle a retenu particulièrement notre attention car l'abbé Grossin a également écrit le 8 mars 2013 un témoignage dans ce sens.

Voici tout d'abord ce qu'écrivent les trente-sept à Mgr Fellay, le 28 février 2013 : "De plus, invoquer les « thèses sédévancantistes » pour justifier ce document « minimaliste » qui « convenait à Rome » semble fort déplacé quand dans le même temps, et depuis plus de treize années, vous autorisez un confrère à ne plus citer le nom du pape au canon après lui avoir confié que vous compreniez son choix devant la scandaleuse signature d’un document commun entre Catholiques et Protestants."

Et le 8 mars, voici ce qu'a écrit l'abbé Grossin (ancien prêtre de la FSSPX devenu abbé sédévacantiste), racontant son procès canonique du 12 mars 2000 : 
Après trois heures de discussion vaine, de guerre lasse, Mgr Fellay m’a proposé un « marché » qu’il vous proposera sans doute aussi. « Restez dans la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X tel que vous êtes en disant la messe « non una cum » mais ne le dites jamais à personne ! 

Les abbés Rioult, Pinaud et Salenave ne sont pas sanctionnés par Mgr Fellay pour des raisons de sédévacantisme, donc Mgr Fellay n'aura pas à leur proposer ce marché. Mais ce qui est très intéressant, c'est le témoignage de l'abbé Grossin qui affirme que Mgr Fellay lui a proposé de rester dans la Fraternité en disant en secret la messe "non una cum". 

Donc d'une part Mgr Fellay exige des sous-diacres qu'ils prononcent une Déclaration de fidélité aux positions de la Fraternité St Pie X, affirmant qu'ils reconnaissent que le pape est le pape. Cette déclaration  n'est pas nommée serment, mais a cependant valeur de passage obligé pour accéder aux ordinations au sein de la Fraternité Saint Pie X. Elle commence ainsi : Je soussigné, reconnaît (nommer le pape)  comme pape légitime de la sainte Eglise catholique. C'est pourquoi je suis prêt à prier publiquement pour lui en tant que Souverain Pontife. Je refuse de le suivre quand il s'écarte de la Tradition catholique, particulièrement en matière de liberté religieuse et d'œcuménisme, ainsi que dans les réformes qui sont nocives pour l'Eglise, etc. 

Et d'autre part il autorise par dérogation certains prêtres à ne pas célébrer la messe una cum. Et il dit même à l'un d'entre eux qu'il comprend sa position. 

C'est incroyable, quand on sait comment depuis le début de cette crise Mgr Fellay agite le spectre du sédévacantisme qu'il présente comme une position schismatique, afin de conclure un accord avec Rome. Dans la lettre aux trois évêques du 14 avril 2012 , il écrit en effet : "A vous lire, on se demande sérieusement si vous croyez encore que cette Eglise visible dont le siège est à Rome est bien l’Eglise de Notre Seigneur Jésus Christ, une Eglise certes défigurée horriblement a planta pedis usque ad verticem capitis, mais une Eglise qui a quand même et encore pour chef Notre Seigneur Jésus Christ. On a l’impression que vous êtes tellement scandalisés que vous n’acceptez plus que cela pourrait encore être vrai. Pour vous Benoît XVI est-il encore pape légitime ?(...)

"dans la Fraternité, on est en train de faire des erreurs du Concile des super hérésies, cela devient comme le mal absolu, pire que tout de la même manière que les libéraux ont dogmatisé ce concile pastoral. (...) Ce manque de distinction conduit l’un ou l’autre d’entre vous à un durcissement « absolu ». Cela est grave parce que cette caricature n’est plus dans la réalité et elle aboutira logiquement dans le futur à un vrai schisme."

Donc Mgr Fellay agite devant les trois évêques et les fidèles le spectre du sédévacantisme conduisant à un vrai schisme, afin de les intimider et de les conduire à accepter l'accord avec Rome et en aparté, il avoue à l'un ou l'autre prêtre "non una cum" qu'il le comprend et il l'autorise à ne pas mentionner le pape au canon de la Messe. 

Si Monseigneur Fellay pensait réellement que le sédévacantisme était une position peccamineuse, il n'autoriserait pas certains prêtres de la Fraternité à adopter cette position.  Cela prouve que, dans le fond, il est d'accord avec la position de Mgr Tissier de Mallerais dans sa lettre du 28 février 2009 à l'abbé Schoonbroodt. Pour mémoire, rappelons la position de Mgr Tissier de Mallerais qui est la nôtre : 



A Ecône, le 28 février 2009


Monsieur le curé,

Votre lettre du 25 février m'est bien parvenue, j'en ai pris connaissance lors de mon retour des Etats-Unis. (...)
Cher Monsieur le Curé, j'admets très bien qu'un prêtre, que des fidèles, aient des doutes sur la validité d'’un pape tel que Jean-Paul II ou Benoît XVI ; Mgr Lefebvre n'en a-t-il pas eu parfois ? Mais pas plus que notre vénéré fondateur, je ne veux faire de ce doute légitime un cheval de bataille ou une justification de mon action. Mon action se fonde toute entière sur le devoir du combat de la foi, selon saint Paul. Quant à celui qui siège à Rome, puisqu'’il y a doute, puisque la présomption est en faveur du possidens, puisque les arguments sédévacantistes ne sont pas admis par la grande majorité des catholiques de tradition, il faut appliquer le canon 209 “"in dubio positivo... juridictionem supplet Ecclesia pro fors tum externo tum interno"”. C'est pourquoi la FSSPX entretient des relations avec Benoît XVI, certes pas pour embrasser ses erreurs, mais pour le convertir.
Veuillez agréer, Monsieur le curé, l'assurance, malgré tout de mon religieux dévouement pour Notre Seigneur Jésus-Christ,

Conclusion


Une fois de plus, Mgr Fellay est convaincu de fausseté. Nous avons la preuve une fois de plus qu'il ne pense pas ce qu'il dit. Nous ne pouvons plus avoir confiance en lui.

Concernant la déclaration que l'on oblige les sous-diacres à signer, nous nous demandons également si la phrase concernant le pape est vraiment justifiée. Selon des sources diverses, c'est depuis 1981, 1983 ou 1984  que l'on réclame cela aux futurs ordinands. Etant donné que Mgr Fellay comprend les doutes de ce confrère cité par la Sapinière et que Mgr Tissier de Mallerais dit qu'il y a des "doutes légitimes"... Etant donné également que Mgr Lefebvre, a exprimé à plusieurs reprises des doutes au sujet du pape, notamment en 1976 et au moment d'Assise en 1986, nous pensons qu'il faudrait laisser les prêtres en paix sur ce sujet et ne pas exiger des ordinands des déclarations auxquelles on accorde par la suite des dérogations.

Ce qui est important, c'est d'être convaincu que l'on ne peut obéir et se mettre sous l'autorité de quelqu'un qui affirme des hérésies telles que celles qu'affirme Benoît XVI. Et que nous devons être convaincus que nous devons lui résister en face, comme St Paul l'a fait vis-à-vis de St Pierre qui pourtant faisait des choses moins graves que nos papes actuels...

Cependant, indépendamment des citations des divers papes et des théologiens sur la question, à divers signes, Avec l'Immaculée pense que le pape est le pape, même s'il est mauvais et qu'il faut le fuir tant qu'il n'est pas converti. Nous prendrons deux de ces signes : le songe des deux colonnes de Don Bosco et les apparitions de Rianjo à Sr Lucie de Fatima en 1931 précisées par les paroles que Jésus lui a adressées en 1936, cf. l'article de l'abbé Delestre. Voici tout d'abord ce que dit Don Bosco :

"Tout à coup, le pape est frappé gravement et tombe avec honneur. Secouru avec sollicitude, il est frappé une seconde fois, tombe de nouveau et meurt. Un cri de victoire rompt alors les poitrines des adversaires, mais, tandis qu'ils exultent sur leurs navires, succède un autre pape qui prend la place du précédent à la barre du navire amiral. Les pilotes réunis en conseil, l'ont élu avec tant de diligence, que la nouvelle de la mort du pape défunt arrive en même temps que celle de l'élection de son successeur. Alors, les adversaires se découragent.

Le nouveau pape surmonte chaque obstacle et guide le navire jusqu'aux deux colonnes. Là, il l'attache par la proue à une ancre de la colonne sur laquelle brille l'Hostie, puis par la poupe à une ancre qui pend de la colonne de l'Immaculée.
" 


Certains ont dit que Don Bosco parlait de Pie IX en racontant ce songe.  Il est possible qu'il en ait parlé au début du songe (cf. lien ci-dessus), quand il parle d'une réunion interrompue qui pourrait être le Concile Vatican I, qui a été interrompu par Garibaldi, mais il est impossible que dans ce passage cité ci-dessus il parle de Pie IX car celui-ci n'a pas été blessé et n'est pas mort sous les coups des ennemis. Il s'agit donc d'évènements à venir, qui s'articulent parfaitement avec ce que nous avons pu lire récemment dans l'article de l'abbé Delestre. 

Relisons dans cet article, les paroles de Soeur Lucie citant les paroles de Notre Seigneur prononcées en 1936 : 
« - "Mais mon Dieu [dit Sœur Lucie en parlant de la consécration de la Russie], le Saint-Père ne me croira pas si vous ne le mouvez vous-même par une inspiration spéciale."
- "Le Saint-Père ! Priez beaucoup pour le Saint-Père. Il la fera, mais ce sera tard ! Cependant le Cœur Immaculé de Marie sauvera la Russie, elle lui est confiée." 

Commentaire :

Sachant que Jésus est le Verbe de Dieu et ne parle donc jamais pour ne rien dire, chacun de ses mots  est prononcé avec une raison bien précise. Pourquoi Notre Seigneur s'exclame donc une première fois en disant "le Saint-Père !" ? Qu'a-t-il voulu signifier par là ? A notre avis, il a voulu signifier ceci : Tu me parles du pape en le nommant le Saint-Père et tu as raison car c'est son titre honorifique... Mais si tu savais comme il mérite peu cette appellation de Saint-Père ! Et après, Notre Seigneur  enchaîne  : Priez beaucoup pour le Saint-Père. C'est à dire qu'Il affirme ainsi : Oui, cet homme est vraiment le pape bien qu'il ne soit pas du tout saint et qu'il mène le monde à sa perte. Vous devez prier pour sa conversion. Dans ce texte, Jésus nous affirme ensuite que le pape se convertira, puisqu'il dit qu'il consacrera la Russie.

Revenons à l'article de l'abbé Delestre :

Lorsque le Père Alonso la questionna sur la parole de Notre-Seigneur, elle répondit : « Le Pape consacrera la Russie, mais ce sera tard ». 
Commentaire :
Cet homme qui fera tard la consécration sera donc le pape.

Déjà en 1931, à Rianjo Notre Seigneur avait dit à Sr Lucie :

Lettre du 29 août 1931 à Mgr Correia da Silva, évêque de Leiria: « … il me sembla que sa divine Majesté me dit : (…) "Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et Marie".  
Commentaire :
Il ne peut s'agir des "ministres" de l'époque de 1931 car même s'il y a eu par la suite la 2nde guerre mondiale, on ne peut dire que le pape a eu à cette époque des malheurs analogues à ceux du Roi de France. D'ailleurs la consécration de la Russie n'a pas été faite par Pie XII comme Jésus le demandait. Or, nous savons par Rianjo que la véritable consécration de la Russie suivra ces malheurs analogues à ceux du Roi de France. Et nous savons par Fatima que le triomphe du Coeur de Marie s'ensuivra et qu'un certain temps de paix sera donné au monde. Il s'agit donc de malheurs à venir qui arriveront à ceux qui seront alors les ministres de Dieu. Cela signifie donc que Notre-Seigneur reconnaît que les désobéissants de cette époque seront quand même ses ministres.


▪ Lettre de 1936 de Sœur Lucie au Père Gonçalves : 

« Plus tard, par le moyen d’une communication intime, Notre-Seigneur me dit, en se plaignant : " Ils n’ont pas voulu écouter ma demande !… Comme le roi de France, ils s’en repentiront, et ils le feront, mais ce sera tard. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Eglise. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. » 

Quel Saint-Père aura beaucoup à souffrir ? D'après les textes précédents, on peut facilement déduire que ce sera celui qui sera puni de sa désobéissance en ayant un sort semblable à celui de Louis XVI. Ce sera donc un mauvais pape moderniste qui se convertira, comme Louis XVI s'est converti dans sa prison. Et ce pape moderniste, Jésus l'appelle le Saint-Père.