La circulaire Thouvenot du 7 mars 2013

            Le 7 mars 2013 une lettre circulaire de l’abbé Thouvenot1 fut envoyée aux Supérieurs de Districts, de séminaires et des Maisons autonomes. Elle fait suite à la découverte de 3 des prêtres qui ont participé à la  Lettre ouverte à Mgr Fellay par 37 prêtres du District de France2. Cette lettre était anonyme, ce qui lui a valu maintes critiques dont celle de l’abbé Thouvenot qui dénonce ce procédé. Mais nous pouvons objecter que vu le sort réservé aux contestataires/réfractaires/résistants l’anonymat est nécessaire. C’est la seule façon de se protéger contre les poursuites, les menaces et autres sanctions injustes. De plus, puisque le débat se place, du côté des prêtres résistants, sur le plan de la doctrine et des idées, en quoi l’anonymat pose-t-il un problème ? Personne n’aurait l’outrecuidance de reprocher aux dissidents russes, sauf quelques imbéciles et tenants du régime communiste, d’avoir publié en URSS leurs ouvrages sous couvert d’anonymat ! Il est toujours facile de donner des leçons de courage lorsqu’on est du côté du pouvoir.

Des doutes légitimes quant au bien-fondé de la nouvelle politique de ralliement du Supérieur général de la F.S.S.P.X. et de ses assistants

Commençons, avant de nous lancer dans des accusations péremptoires et absurdes, par rappeler quelques faits : après avoir, en vain, pendant des mois, fait part en interne de leurs craintes à leurs supérieurs quant à un rapprochement avec la Rome conciliaire, des prêtres ont fini par envoyer, anonymement, une lettre au supérieur général de la FSSPX, Mgr Fellay. Dans ce courrier, ils dénoncent la responsabilité de la Maison générale dans la crise qui secoue depuis quelque temps déjà la Fraternité, insistant tout particulièrement sur le double-langage de Mgr Fellay et son manque de sincérité à l’égard des prêtres et des fidèles. Ces prêtres marquent ainsi leur refus de suivre « la nouvelle politique » de ralliement de Menzingen et mettent Mgr Fellay devant ses propres contradictions. 
Les inquiétudes contenues dans cette Lettre des 37 ne sont pas le fruit d’élucubrations, de délires sédévacantistes émanant d’esprits mal tournés et rebelles comme certains voudraient nous le faire croire. Plusieurs textes, sermons et interviews (le Cor Unum de mars 2012, la Déclaration doctrinale du 15 avril 2012, le sermon de Mgr Fellay à la Pentecôte, etc.) par leur contenu surprenant, soulèvent en effet un doute légitime sur les principes qui animent l’action du Supérieur général et de ses assistants. Les exclusions, ces derniers mois, de ceux qui, comme Mgr Williamson combattent ouvertement ce souhait de s’accorder avec Rome soulèvent pareillement des inquiétudes. N’avons-nous pas là des faits objectifs ?  
Au regard de ce qui précède, on ne peut qu’être surpris par certaines réactions brutales lors de la publication, le 28 février 2013, de la fameuse Lettre des 37 prêtres sur le site La Sapinière. Et lorsque trois auteurs de celle-ci, laquelle a été considérée dans un communiqué du Supérieur du District de France comme « une affabulation», ont finalement été découverts (ce sont les abbés Rioult, Salenave et Pinaud), ces derniers furent immédiatement condamnés, jugés, mis au pilori. Le 7 mars, la Maison général par une circulaire de son secrétaire, l’abbé Thouvenot, réagissait dans le même sens. C’est sur cette lettre circulaire que nous souhaitons revenir car elle est instructive dans bien des domaines.

            Une circulaire indigne et honteuse

            Dans la forme, cette circulaire est indigne et honteuse. A sa lecture nous sommes frappés par le ton acide et méprisant employé. L’abbé Thouvenot, et derrière lui les autorités de la Fraternité, parlent de ces prêtres, leurs confrères dans le sacerdoce, sans le moindre respect comme s’il s’agissait d’une vermine de la pire espèce. Comprendre leur désarroi, connaître les motifs qui les ont poussés à agir ainsi, saisir leurs inquiétudes, rien de cela ne semble intéresser Menzingen, qui préfère imposer par la peur et le chantage de l’expulsion sa nouvelle ligne. Aucune compassion ni miséricorde envers eux. Ces prêtres seraient-ils des criminels ? A lire l’abbé Thouvenot, on pourrait le penser. Pourtant, Mgr Fellay et ses assistants savent faire preuve d’une étonnante et bienveillante indulgence à l’égard des autorités ecclésiastiques de l’église conciliaire (concernant Assise III, la béatification de Paul VI, certains discours de Benoit XVI frisant l’hérésie et encensant Vatican II…) Sans doute le Supérieur général se sent-il plus proche de ses « nouveaux amis à Rome » que de Mgr Williamson et de tous les autres prêtres qui refusent de se compromettre avec cette Rome « de tendance néo-moderniste et néo-protestante » selon les propres termes de Mgr Lefebvre ?

            La circulaire porte en outre de graves accusations mensongères et calomnieuses (accusations fondées sur aucun acte précis) sur les intentions de ces prêtres lesquels seraient « décidés à faire éclater la Fraternité », « perdent de vue les obligations de leur vocation sacerdotale ». N’est-ce pas juger là de leur for intérieur ? Sont-ce vraiment, réellement, les motivations profondes qui animent ces prêtres ? Encore une fois, le Supérieur général et ses assistants, par leur nouvelle politique de ralliement ont créé une division doctrinale au sein de la Fraternité. Leurs sophismes ne sont-ils pas la cause première de la confusion qui règne aujourd’hui dans le monde de la Tradition ? A qui veulent-ils plaire par leurs déclarations ambiguës, par le renvoi des récalcitrants, si ce n’est aux autorités romaines… Le secret autour des discussions avec Rome a nui à la confiance des prêtres et des fidèles envers la Maison générale, il a permis et permet encore de critiquer et de punir les opposants à sa politique, de les accuser de fonder leurs arguments sur des rumeurs, des suspicions, des mensonges. C’est ce qui est d’ailleurs reproché aux abbés Rioult, Salenave et Pinaud dans la circulaire de l’abbé Thouvenot.
            La circulaire Thouvenot : un chef d’œuvre de dialectique communiste ?3

            Dans le fond, l’objet de ce courrier interne est avant tout de justifier le traitement que subissent ces 3 prêtres à qui il a été signifié « qu’ils étaient relevés de tout ministère et qu’ils avaient à se rendre dans des prieurés distincts. Un procès ecclésiastiques sera instruit contre eux. » Il va sans dire que cette circulaire a comme second objectif, non avoué, de mettre en garde d’autres prêtres s’ils étaient tentés d’agir comme ces 3 prêtres. A cet égard, la circulaire est un chef d’œuvre de méthode toute soviétique. De fait Mezingen, pour faire triompher sa politique de ralliement à la Rome moderniste, se sert de procédés dignes d’un régime stalinien. Loin de nous, cependant, l’idée d’assimiler Mgr Fellay à Staline mais il n’est pas inutile de montrer que la politique actuelle de Menzingen a quelques similitudes surprenantes avec le régime soviétique, toutes proportions gardées.

            a) une obéissance viciée :
            Comme Staline, Mgr Fellay refuse toute contestation à sa ligne, ce qui a pour conséquence logique une dérive autoritariste à la tête de la Fraternité. Aussi le Supérieur général n’est-il plus dans ses fonctions lorsqu’il exige une confiance aveugle et une obéissance sans réserve à sa personne et à sa pensée. Une telle obéissance devient un vice. Elle n’est plus une soumission reposant sur l’intelligence et la faculté de discernement de la personne qui se soumet. Elle n’est plus cette vertu possible uniquement chez des hommes libres, c’est-à-dire des hommes qui ne subissent pas de contraintes extérieures. Les prêtres et les fidèles ne sont pas des robots qui doivent faire aveuglément confiance au Supérieur général sous prétexte qu’il a toutes les cartes en main et qu’il a les grâces d’états. C’est du surnaturalisme de penser ainsi. Il n’est nulle part écrit que le Supérieur général de la Fraternité est infaillible, ni que la dite Fraternité serait toujours exempte d’erreur. Le sujet est suffisamment grave pour que chacun examine en conscience ce qu’il doit faire. Il s’agit, en effet, du combat pour la Tradition, du combat de la Foi, de la sauvegarde de la saine doctrine non seulement pour chacun d’entre nous la conserve intacte mais aussi pour que nous la transmettions, intacte, à ceux qui suivront. Il s’agit ici du bien commun de l’Eglise.
           
            b) un vocabulaire excessif et accusateur :   
            Poussons un peu plus loin la comparaison avec le régime soviétique. Lorsqu’un groupe au sein du Parti communiste osait émettre des réserves quant à sa politique, Staline accusait ses adversaires de « subversion » (sans jamais d’ailleurs répondre à leurs arguments de fond), de « menées révolutionnaires », de semer la division, de vouloir détruire le Parti, etc. Par exemple, Trotski fut accusé d’être un conspirateur à la solde des impérialistes ! Le discours de l’ennemi intérieur soutenu  par l’extérieur (par exemple les trotskistes internationalistes qui ont été chassés du Parti sous Staline) était fréquemment repris par les dirigeants communistes et les chefs du KGB ; l’abbé Thouvenot fait de même lorsqu’il affirme que l’abbé Rioult et ses comparses mènent une subversion interne soutenu par d’anciens membres de la FSSPX (cf. Mgr Williamson) : nous sommes en présence d’abbés à la solde de Mgr Williamson : « en étroite collaboration avec Mgr Williamson, M. l’abbé Rioult est le maître d’œuvre de cette entreprise d’insubordination, de concert avec M. l’abbé Nicolas Pinaud et M. l’abbé Matthieu Salenave ». On retrouve donc le même procédé qui consiste à déstabiliser et discréditer l’adversaire par des accusations diffamatoires et un vocabulaire excessif (cf. les accusations dans différents sermons de sédévacantisme, d’esprit schismatique,…) et à pratiquer une forme de lavage de cerveau.

            c) une diabolisation de l’adversaire : une vieille tactique communiste :
            C’est un classique de discréditer son ennemi en le diabolisant. Or Menzingen emploie cette stratégie de manipulation ; Staline, lui-aussi était très fort dans ce type d’exercice : l’argument consistait à faire de l’opposant un ennemi masqué, perfide, menaçant la stabilité du régime et voulant la ruine de la société en l’accusant de toutes sortes de malversations (mais sans jamais donner d’exemples concrets et précis : on maintenait un flou volontaire). Les moyens employés consistaient à ostraciser l’adversaire, à l’empêcher de formuler une critique qui puisse paraître légitime aux tiers, à l’interdire d’avoir une opinion respectable. Et ainsi, il devenait possible de maintenir un climat de terreur qui permet de garder le pouvoir et le contrôle sur les populations.
            La circulaire Thouvenot est un bon exemple de la manière dont Menzingen emploie ces mêmes moyens pour à atteindre les mêmes buts : installer un climat de peur et de suspicion généralisée (surveillance et recherche des prêtres réfractaires) et de soumission aveugle à l’autorité au sein de la Fraternité. On peut faire, là-encore, un parallèle avec les purges de Staline : tous ceux qui doutaient de sa politique devaient être éliminés. Mgr Fellay ne fait-il pas la même chose lorsqu’il se débarrasse de façon arbitraire et scandaleuse des opposants à sa politique. Nous pouvons également mentionner les délations et l’espionnage qui existent aujourd’hui au sein de la FSSPX : comment les 3 prêtres ont-ils été retrouvés ? Qui les a dénoncés ? Pareillement, sous le régime soviétique, tout écart à la ligne officielle devait être poursuivi avec des simulacres de procès, des exclusions et sanctions arbitraires, des censures, etc. Les 3 abbés ne sont-ils pas informés qu’ « un procès ecclésiastique » où Mgr Fellay sera obligatoirement juge et partie va être « instruit contre eux » ! Et que s’ils ne s’y soumettent pas ils seront automatiquement « exclus  de la société»! Ne s’agit-il pas là d’un simulacre de procès puisque à la lecture de cette circulaire, ces trois abbés apparaissent déjà jugés et condamnés ? Cette façon de rendre la justice rappelle étrangement les Procès de Moscou, durant les Grandes Purges des années 1930 !
            Egalement, nous pourrions comparer  le système de propagande mis en place en URSS du temps de Staline à la propagande de la Maison générale via ses sites pour imposer la propagande accordiste de Menzingen (cf. abbé Rostand et alii) ainsi qu’une forme de culte de la personnalité : Mgr Fellay ici, Mgr Fellay là, Mgr Fellay partout!

            Tableau synthétique de la comparaison
            Faisons la comparaison sous forme de tableau synthétique : les ressemblances  sont flagrantes…

URSSFSSPX
Pensée unique : ligne de Lénine et de Staline.Idéologie prônée : le marxisme-léninisme.Pensée unique : ligne de Mgr Fellay (cf. DICI…).Ligne issue de la pensée novatrice de Menzingen favorable à une reconnaissance canonique même si Rome ne se convertit pas.
Système dictatorial et totalitaire : toute opposition à la ligne du Parti est sévèrement réprimée (exécutions, goulag, exil, etc.).Aucun débat de fond n’est possible.Très fort contrôle sur la population. Censure très pesante.Les sanctions sont injustes.Système dictatorial et totalitaire : tout écart avec la ligne de Mgr Fellay est jugé comme une désobéissance grave envers l’autorité.Aucun débat de fond n’est possible car Menzingen refuse ce débat ce qui explique la façon dont les dires des prêtes sont soigneusement contrôlés. Sanctions contre tout prêtre ou même laïc (on pense entre autres aux administrateurs et modérateurs des forums sur Internet) qui critique le discours de Mgr Fellay.
Les accusations de déviances par rapport à la ligne officielle sont floues et extrêmement imprécises… En réalité, il n’y a pas de raisons pertinentes et tangibles, d’où des réquisitoires surréalistes où l’accusé se voit accusé de toutes sortes de crimes, conséquences évidentes de sa déviance idéologique. Il y a un décalage évident entre les accusations et la réalité.*La circulaire Thouvenot se contente d’accuser : elle n’aborde aucun des problèmes ni objections soulevés par la lettre des 37 prêtres. Tout est flou et extrêmement imprécis dans cette circulaire : quels amalgames, quelles calomnies ? En quoi y-a-t-il subversion de dire la vérité ? Le réquisitoire de l’abbé Thouvenot peut-il dans ce cas être vraiment objectif ?
Utilisation d’une rhétorique particulière : « cet épouvantable réseau de trahisons, tous ces complots, (…) toute cette tourbe acharnée contre le pays qui avait donné un exemple subversif » (Henri Barbarusse, Staline, 1935)*Les dirigeants soviétiques avaient l’habitude de dénoncer toutes sortes de comploteurs subversifs qui travaille dans l’ombre en vue de détruire l’URSSUtilisation d’un vocabulaire approprié qu’on retrouve très souvent dans la rhétorique soviétique : « une entreprise de subversion (…) menées subversives, agitateurs, égarés, révoltés… ». Menzingen accuse les 3 abbés d’être des comploteurs révolutionnaires davantage préoccupés par leur soi-disant volonté de destruction de la FSSPX que par leur vocation sacerdotale.
Utilisation de la propagande dans le but de faire adhérer les populations au système. Les rendre perméable à la doctrine du Parti.Rééducation des déviants mis en œuvre ainsi que falsification de l’histoire. Lavage de cerveau.Les sites officiels de la Fraternité versent dans la propagande : les avis contraires sont systématiquement bannis. En revanche, tout discours en faveur d’un accord y trouve sa place. Ce n’est pas honnête.Propagande qui vise à rééduquer prêtres et fidèles. But : montrer que Rome change, qu’un accord est possible, qu’il ne faut pas dénoncer trop fermement les erreurs conciliaires.

            En conclusion de ce comparatif, il est facile de se rendre compte que Menzingen, en employant volontiers un vocabulaire excessif et accusateur ainsi qu’une dialectique et une rhétorique mises en place par les communistes, cherche à faire peur : la circulaire de l’abbé Thouvenot fait de ces 3 prêtres de dangereux révolutionnaires aux visées mauvaises, perfides et méchantes. Ainsi ne faut-il surtout pas les écouter et suivre leur mauvais exemple.
            Pourquoi de tels procédés ?  A cause du refus par l’autorité d’un véritable débat sur le fond 
            On peut cependant légitimement se demander pourquoi la Maison générale utilise de tels procédés. Il nous semble qu’un élément de réponse peut-être dans ce refus par Mgr Fellay d’un véritable débat doctrinal sur le fond.
            D’une part, la Maison générale doit certainement être gênée par cette Lettre des 37 à laquelle elle ne peut répondre par des preuves permettant de démentir les faits et les paroles rapportées. L’embarras de Menzingen est particulièrement visible dans l’avant-dernier paragraphe qui traite de la fameuse déclaration doctrinale du 15 avril 2012 : « Comme d’habitude, ces prêtres révoltés entendent présenter ce document comme une preuve de la trahison et du « ralliement de Menzingen » au modernisme, à la messe de Paul VI et aux erreurs conciliaires…Chacun saura faire la différence entre l’information et l’intoxication organisée de façon anonyme. » Pourtant qu’elle paraisse sur Internet ou sur Cor Unum c’est bien de la même déclaration doctrinale qu’il s’agit. En quoi les explications données par la Maison générale vont-elles changer la teneur, le fond doctrinal de la déclaration ? Et pour quelles raisons faut-il l’expliquer à des prêtres ? Mgr Fellay et ses assistants auraient-ils peur de la, saine, réaction des prêtres ?
            D’autre part, Mgr Fellay détient le pouvoir : voir sa politique de ralliement critiquée par des arguments doctrinaux solides et imparables qui pourraient le contraindre, à terme, à la démission semble lui déplaire souverainement (comme Staline l’était).
            Mais surtout, ce courrier caricature l’adversaire pour lui donner tort sans pour autant répondre à un seul des arguments contenus dans la lettre visée ! Les autorités de la Fraternité en refusant le débat sur le fond sont obligées de museler toute forme de résistance à leur politique. Toute opposition est donc traquée, condamnée, durement critiquée.
            Menzingen serait-il à court d’arguments doctrinaux pour défendre sa position ? Il est certain que si ces autorités se sentaient fortes et sûres de leur position doctrinale elles n’hésiteraient pas à se confronter à leurs opposants à l’exemple d’un Cajetan face à Luther ou d’un Saint-Thomas organisant et animant des controverses et des débats.
           
            Un climat malsain et tendu au sein de la Fraternité

            Cette absence de débat doctrinal a engendré ce climat malsain et tendu qui pèse dans la Fraternité actuellement. L’autorité, en imposant «  un nouveau positionnement par rapport à l’Église officielle… » et en travaillant à la recherche d’« une reconnaissance canonique » de la Fraternité par l’Église officielle, tout en empêchant parallèlement un débat serein et raisonnable est responsable de cette atmosphère.
            Avec de tels supérieurs aveuglés par leur désir d’une reconnaissance canonique, nous ne pouvons que soutenir les trois prêtres accusés injustement de subversion pour avoir dénoncé (en révélant des faits réels et concrets) les manœuvres  et les agissements de Menzingen. La Maison générale ne peut se prévaloir d’aucun droit lorsqu’elle agit de façon arbitraire et lorsqu’elle prétend obliger ses prêtres à renier, en partie, le combat de la Foi et de la Tradition, à renier d’une certaine façon leur serment antimoderniste.

            Maintenant posons-nous la question : qui est vraiment révolutionnaire et subversif ?

            Aussi nous pouvons nous poser ces questions : qui informe, qui intoxique, qui combat la révolution libérale qui s’infiltre dans les rangs de la Fraternité et qui subvertit une société religieuse anti-libérale pour l’accorder à une église conciliaire libérale ? En un mot : qui est vraiment révolutionnaire ? Qui est contre-révolutionnaire par amour de la Vérité ?

            Notre-Dame à Fatima : « la Russie répandra ses erreurs dans le monde entier, suscitant guerres et persécutions contre l’Eglise. Les bons seront martyrisés…»

            Face à cette crise, la plus importante, que traverse la Fraternité, une question revient souvent à nos esprits : pourquoi une telle crise qui ressemble à un châtiment et risque de faire disparaître la Fraternité ?
            A Fatima, Notre Dame a prévenu que si la Consécration de la Russie à son Cœur Immaculé ne se faisait pas comme Elle l’a demandé, alors « la Russie répandra ses erreurs dans le monde entier, suscitant guerres et persécutions contre l’Eglise. Les bons seront martyrisés…»
            Ne voyons-nous pas, malheureusement, la Russie répandre ses erreurs dans la Fraternité ? Touchés et infiltrés par le libéralisme ambiant, par l’esprit « politiquement correct », nous pourrions dire pour être plus précis « religieusement correct », certains supérieurs de la F.S.S.P.X. n’hésitent plus, ainsi que nous venons de le voir, à adopter pour imposer leur nouvelle ligne de pensée (ralliement à la Rome moderniste sans conversion de Rome) une dialectique et une rhétorique forgées par les communistes en URSS.
            Serait-ce trop oser de voir, dans cette dérive totalitaire et libérale à la tête de la Fraternité qui s’éloigne ainsi de façon étonnante et impressionnante de la charité et de la miséricorde évangéliques, un châtiment divin ? Un juste châtiment dû à l’abandon, par nos pasteurs, par trop de nos prêtres et de fidèles, du combat doctrinal de Mgr Lefebvre et par l’abandon, pour un hypothétique confort canonique, de ce principe absolu, seule garantie pour ne pas compromettre la Foi : « PAS D’ACCORD CANONIQUE AVANT UN ACCORD DOCTRINAL».

            Et « Les bons seront martyrisés… »
                                 
Par un anonyme de 21 ans
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Pièces en annexe :
1) La circulaire de monsieur l’abbé Thouvenot du 7 mars 2013 : http://tradinews.blogspot.fr/2012/07/abbe-thouvenot-fsspx-lettre-circulaire.html
2) Lettre à Mgr Fellay par 37 prêtres du District de France : http://www.lasapiniere.info/2013/02/
3) et * Exemples de rhétorique communiste à mettre en parallèle avec cette circulaire Thouvenot:
« Si l’oeuvre de la révolution subsiste, et embellit déjà des temps futurs, c’est qu’elle a combattu sans faiblesse et sans quartier tout cet épouvantable réseau de trahisons, tous ces complots (…) ourdis par les Gardes Blancs, les espions impérialistes, les diplomates et les policiers, les saboteurs, les socialistes-révolutionnaires et les anarchistes (…), toute cette tourbe acharnée contre le pays qui avait donné un exemple subversif (…) » (Henri Barbarusse, Staline, 1935).
« L’Oguépéou a liquidé une organisation contre-révolutionnaire terroriste-monarchiste, qui s’était fixé pour tâche de renverser en URSS le pouvoir soviétique et l’établissement d’une structure monarchiste » (extrait d’un acte d’accusation, Affaire 2373 contre Abrikossova A. I.).
« A la direction centrale du département des Affaires politiques sont parvenues des informations selon lesquelles existe à Moscou une organisation contre-révolutionnaire russo-catholique de gens d’Eglise, fondée sur les directives de la Commission russe auprès du Vatican par l’entremise du représentant secret de ce dernier, l’évêque catholique Eugène Neveu. » (Affaire n° 976, archives du NKVD)
« Le 19 avril 1945 ont été arrêtés par le NKVD de la région d’Odessa Leoni Pierre Angelevitch, prêtre de l’église catholique polonaise, et Nicolas Jean Mavritievitch, prêtre de l’église catholique française d’Odessa, pour menées antisoviétiques.
L’instruction de l’affaire a établi que les accusés Leoni et Nicolas ont pénétré sur le territoire de l’URSS sur l’ordre du Vatican, dans le but de faire de l’espionnage et del’agitation antisoviétique et de répandre parmi les croyants de l’Eglise orthodoxe russe l’influence du catholicisme. » (Affaire n°7884)

« Le 6 décembre 1947, par le ministère de la Sécurité d’Etat de l’URSS, a été arrêtée la collaboratrice de l’ambassade de France à Moscou, Ott Alice Benediktovna.
L’instruction de l’affaire a établi que Ott A. B. entretenait jusqu’en 1925 une correspondance avec tout un groupe de Français vivant en URSS et leur venait matériellement en aide. (…)
En 1926, aussitôt après l’établissement des relations diplomatiques entre l’URSS et la France (…), elle établit un lien criminel avec l’ambassadeur de France en URSS, Herbette ; elle l’informait de la réalité soviétique et jusqu’en 1932 inclusivement elle lui fournissait diverses informations sur l’URSS, ainsi que sur les Français qui nourrissaient des dispositions pro-soviétiques. 
(…) Animée de dispositions hostiles  envers le pouvoir soviétique, Ott A. B. faisait dans son entourage de l’agitation antisoviétique et disait qu’elle était prête à faire payer au pouvoir soviétique l’arrestation de son mari.
(…) En 1939, Ott A. B. a rédigé un appel calomnieux sur la situation de la religion en Union soviétique, le signa avec un groupe de catholiques et (…) l’envoya au Vatican. » (Affaire n° 865)