mercredi 20 mars 2013

Jusqu’où Mgr Fellay peut aller, par Arsenius


Jusqu’où Mgr Fellay peut aller

par Arsenius



Avec la publication récente de la Déclaration doctrinale de Mgr Fellay, adressée au cardinal Levada le 15 Avril 2012, plusieurs observations ont été faites, mais il y a quelque chose qui est passé inaperçu : la référence que Mgr Fellay fait à la profession de foi de 1989. En effet, il cite, dans une note au paragraphe II de sa déclaration, un document qui serait le moyen d'accepter les enseignements du Magistère de l'Eglise. 
[ndlr : il s'agit de la première partie de la note (1) de la déclaration doctrinale(1) Cf. aussi la nouvelle formule de la Profession de foi et du Serment de fidélité pour assumer une charge exercée au nom de l’Eglise, 1989 ; ]

Voici un passage de cette profession de foi : « J’adhère aussi avec une obéissance religieuse de la volonté et de la foi aux doctrines que, soit le pontife Romain, soit le collège des évêques, prononcent quand ils exercent le magistère authentique, même s’ils n’ont pas l’intention de les proclamer dans un acte définitif. » Notons que cette profession de foi est précédée d'un texte d'introduction qui explique le sens à donner à ladite profession. Cependant, cette introduction se lit ainsi: « Il est apparu donc indispensable de préparer des textes adaptés pour les mettre à jour en ce qui concerne leur style et leur contenu et les mettre plus en phase avec les enseignements de Vatican II et des documents qui en étaient issus. »

Et maintenant, écoutons Mgr Lefebvre qui, avec son regard perspicace, nous donne l’appréciation correcte de ce document du Cardinal Ratzinger :

« Les erreurs du Concile et ses réformes demeurent la norme officielle consacrée par la profession de foi du Cardinal Ratzinger de mars 1989. » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, p. 10-11)

« La nouvelle profession de foi qui a été rédigée par le cardinal Ratzinger contient explicitement l’acceptation du Concile et de ses conséquences. C’est le Concile et ses conséquences qui ont détruit la Sainte Messe, qui ont détruit notre Foi, qui ont détruit les catéchismes et le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ dans les Sociétés civiles. Comment pouvons-nous l’accepter ! […] Il nous faut garder la Foi catholique, la protéger par tous les moyens. » (Mgr Lefebvre, le Bourget, 19 novembre 1989)

«C'est là nous mettre dans une contradiction parce que, en même temps que Rome donne à la Fraternité Saint-Pierre, par exemple, ou à l'abbaye du Barroux et à d'autres groupements l'autorisation de dire la messe de toujours, en même temps on demande aux jeunes prêtres de signer une profession de foi dans laquelle il faut admettre l'esprit du concile. C'est une contradiction : l'esprit du concile s'exprime dans la nouvelle messe. Comment vouloir maintenir la messe de toujours en acceptant l'esprit qui détruit cette messe de toujours ? C'est se mettre dans une contradiction complète. Un jour, tout doucement, on exigera de ceux auxquels on a accordé la messe de saint Pie V, la messe de toujours, on exigera d'eux qu'ils acceptent aussi la messe nouvelle. Et on leur dira qu'il s'agit simplement pour eux de se conformer à ce qu'ils ont signé, puisqu'ils ont signé qu'ils acceptaient l'esprit du concile et les réformes du concile. On ne peut pas se mettre ainsi dans une contradiction, dans un illogisme invraisemblable. C'est une situation tout à fait inconfortable. C'est ce qui fait la difficulté de ces groupements qui ont signé cela et qui actuellement se trouvent dans une sorte d'impasse. » Mgr Lefebvre, homélie à Friedrichshafen, 29 avril 1990.

Ce que j’aimerais surtout, c’est souligner jusqu’où Mgr Fellay peut aller, ce qu’il est prêt à céder pour atteindre son objectif : la légalisation de la Fraternité Saint-Pie X.

Avec ou sans accord avec Rome, le mal est déjà dans la tête de Mgr Fellay. Et son but est de plus en plus de contaminer les esprits de ceux qui lui font confiance.

Nos vœux : que tout le monde ouvre les yeux, ne soyez pas dupe et joignez-vous à ceux qui lui résistent en face (cf. Ga 2, 11-14.) : Fideles ut inveniantur.