samedi 16 mars 2013

III - Autres paroles de Mgr Lefebvre contre le nouveau code de droit canon

III - Autres paroles de Mgr Lefebvre contre le nouveau code de droit canon


Merci aux amis d'Avec l'Immaculée qui ont beaucoup travaillé pour retrouver ces textes. 

Conférence de Mgr Lefebvre, COSPEC 99B 

La réforme du droit canon n’est que le quatrième acte des effets de l’œcuménisme dans Vatican II. C’est en quelque sorte le dernier livre qui était encore à changer pour mettre au diapason du concile le droit canon, et cela je pourrais demain vous citer les discours du pape lui-même qui se trouvent dans la documentation catholique. Le droit canon nouveau n’est autre chose, dit le pape, qu’un effort pour mettre en langue canonique l’ecclésiologie de Vatican II.

Qu’est ce que veut dire l’Ecclésiologie de Vatican II ? Il cite cinq caractéristiques de cette nouvelle ecclésiologie :
L’Église est peuple de Dieu,
L’Église est Communion
L’Église est Service
L’Église est Collégialité
L’Église est Œcuméniste

Voilà les cinq caractéristiques de cette ecclésiologie nouvelle qui est dans Vatican II. Et c’est marqué dans le discours du pape, dans la constitution qui présente le nouveau code de droit canonique, C’est lui-même qui dit ces choses-là. Peuple de Dieu, Communion, Service, Collégialité, Œcuménisme. Voilà les caracté­ris­tiques de la nouvelle ecclésiologie de Vatican II. C’est clair. C’est clair que c’est la continuation du travail qui a été fait par Vatican II dans la liturgie, dans les catéchismes et dans la Bible, bible œcuménique, la fameuse TOB, traduction œcuménique de la bible.
Alors, qu’est ce que nous devons penser de cela ? Eh bien, c’est que ce droit canon est inacceptable. Il n’y a pas de nouvelle Ecclésiologie dans l’Eglise. On ne va pas donner une nouvelle définition à l’Eglise, si … Alors on s’est trompé pendant 2000 ans. L’Eglise ne savait pas ce qu’elle était pendant 2000 ans. Tout à coup, la voilà devenue œcuménisme, collégiale, communion. Communion de quoi, de qui, avec qui, avec quoi ?
Alors il nous faudra garder l’ancien droit canon en prenant les principes fondamentaux et comparer avec le nouveau droit canon pour juger le nouveau droit canon, de même que nous gardons la Tradition pour juger aussi les nouveaux livres liturgiques.


Mgr Lefebvre, COSPEC 100 A

Et à ce propos, je voulais dire à l’occasion de notre appréciation sur le droit. Dès lors qu’une réforme comme celle du pape Jean XXIII ne touche pas à notre foi, ne diminue pas notre foi, sincèrement je ne crois pas, eh bien si çà ne touche pas à la foi, nous devons quand même reconnaître l’autorité du Souverain Pontife qui dicte ce livre, ce nouveau bréviaire et nous y soumettre, même si nous avons une affection plus grande pour le bréviaire ou pour le missel de saint Pie X. Il y a quand même une obéissance à avoir dès lors que çà ne touche pas, que ça ne diminue pas notre foi.

Pourquoi précisément, je reviens main­te­nant aux conférences, pourquoi, à mon sens, il nous est impossible d’accepter en bloc le droit canon tel qu’il a été édité, parce qu’il est précisément dans la ligne de Vatican II et dans la ligne des réformes de Vatican II. Le pape lui-même le dit. Dans cette nouvelle ecclésiologie qui ne correspond pas à l’ecclésiologie tradi­tionnelle et donc qui indirectement touche notre foi et risque de nous entraîner dans au moins dans un certain nombre de points essentiels du droit, dans les hérésies, favorise l’hérésie, comme la réforme liturgique qui favorise l’hérésie aussi. C’est pourquoi nous refusons la réforme liturgique. Nous voyons bien les gens perdre la foi, nous voyons bien autour de nous même dans nos familles les gens penser protestant, ils pensent protestant, ils ne pensent plus catholique. Et donc tout doucement, toutes ces réformes et particulièrement la réforme liturgique fait perdre la foi. Et c’est ce qui nous empêche et nous interdit d’utiliser cette réforme. La même chose pour les catéchismes, les nouveaux catéchismes, nous refusons les nouveaux catéchismes parce qu’ils diminuent notre foi et XXX
Alors, c’est vraiment ce point-là que nous devons nous attacher et prendre garde de nous attacher tout simplement à des désirs particuliers personnels. Quand même il y a des livres qui sont donnés par l’autorité du saint-père, il y a quand même une certaine obligation, une obligation dès lors que çà ne nous fait pas tort, ne fait pas tort à nos convictions catholiques. Ce qui ne veut pas dire que si certains désirs - lire les leçons historiques pour avoir un complément plus grand sur la vie du saint qu’on fête dans nos jours, ils peuvent très bien faire ça comme dévotion particulière.


Quel est par exemple le but même du droit canon, les lois fondamentales du droit canon ? Vous avez deux livres que vous pouvez consulter à ce sujet-là
De norme generales juris canonici. deux volumes du professeur Michiels, un franciscain qui donne les éléments, les normes générales du droit et donc les fondements mêmes du droit ecclésiastique et du droit canon. Et bien il le met ouvertement :
« Ut patet fondamentum vitae supernaturalis ecclesiae curae et potestati concreditae, est fides ». C’est la foi.
Le fondement de la vie surnaturelle qui est donnée en charge à l’Église, qui est donnée à l’Église, confiée à l’Église, son fondement, c’est la foi.
Et alors on s’aperçoit que le devoir du droit, ce sera de déterminer tout ce qui regarde la foi. Donc, pour le droit, le droit déterminera :
« Qui respiciant fidei predicationem explicationem susceptionem excercitium professionem externam defensionem et vindicationem. » Il faudra donc que la foi soit prêchée, expliquée, voir comment elle doit être reçue par les catéchumènes en particulier, l’exercice de la foi, la profession extérieure de la foi, la défense de la foi, et sa vengeance en quelque sorte, enfin sa défense par rapport à ceux qui attaqueraient la foi. Tout cela, le droit doit le faire, doit le faire et également doit l’exprimer. 

Or, prenez par exemple le fait que le nouveau droit ne demande plus à un ménage mixte protestant catholique de signer un engagement comme quoi les enfants seront baptisés catholiques, c’est une atteinte grave à la foi, une atteinte grave à la foi. Parce que, donc, les parents vont être libres de choisir pour leurs enfants, les uns seront protestants, les autres seront catholiques. Ils ne s’engagent plus à baptiser leurs enfants catholiques. Avant, le droit exigeait qu’il y ait un engagement écrit des deux conjoints, aussi de la partie protestante que de la partie catholique, de faire baptiser les enfants dans la religion catholique. Sinon, le mariage ne pouvait pas avoir lieu à l’Église. Voilà les enfants nés d’une mère ou d’un père catholique qui ne seront plus catholiques ! Il n’y a pas d’obligation exprimée par le droit.

 Autre chose qui touche la foi dans le nouveau droit canon, c’est de pouvoir donner cette hospitalité eucharistique comme ils l’ont appelée d’une manière invraisemblable, on peut appeler çà un sacrilège en définitive, hospitalité eucharistique: un protestant pourvu qu’il croie à la présence réelle selon la foi catholique peut recevoir la sainte communion. D’abord, est-ce que vraiment il croit, si on lui demande : « croyez-vous à la présence réelle ? », il va dire « oui je crois à la présence réelle comme le disent les protestants ». Ils ne refusent pas ce terme de présence réelle. Demandez-lui s’il croit à la transsubstantiation, alors s’il dit oui, il aura la foi catholique dans la vérité. Et même, s’il a cette foi catholique, il va professer cette foi catholique momentanément, mais s’il est protestant, il n’y croit pas à la transsubstantiation. Et même s’il disait qu’il croyait à la transsubstantiation, mais il n’a quand même pas la foi dans toutes les vérités de l’Église catholique. Comment peut-on donner le sacrement de l’Eucharistie à quelqu’un qui n’a pas la foi catholique ? C’est gravement offenser l’Église.

Ensuite, le nouveau droit canon professe surtout la collégialité, n’est-ce pas, dans les rapports, collégialité dans les rapports entre les différentes, entre les églises, les églises locales et universelles et entre les autorités, entre les évêques et le pape. Et bien dans le nouveau droit canon, il y a deux pouvoirs suprêmes de l’Église : il y a le pouvoir du pape qui a le pouvoir suprême et ensuite le pape avec les évêques. Il y a donc deux sujets ordinaires du pouvoir suprême et total dans l’Église. C’est ce qu’avait justement rectifié au Concile la note explicative. La note explicative avait rectifié cela pour empêcher les erreurs. Car si les évêques ont avec le pape et non pas sans le pape le pouvoir suprême dans l’Église, ils ont le droit de demander d’exercer le pouvoir suprême qui est le leur avec le pape, d’exiger du pape qu’ils puissent participer aussi donc à l’exercice du pouvoir sur l’Église universelle. Ça ne s’est jamais vu dans l’Église. Ils l’exerçaient lorsque le pape les réunissait en concile et leur communiquait son pouvoir dans le concile. C’est parce que justement ils étaient réunis avec le pape, qu’à ce moment là, pour un acte extraordinaire, ils étaient XXX au pape et  avaient ce pouvoir sur l’Église universelle et non pas d’une manière ordinaire! C’est donc limiter le pouvoir du pape. Alors, la note explicative du Concile, pratiquement, on n’en tient pas compte dans le nouveau droit canon. Or, ça avait fait l’objet vraiment d’une petite révolution dans le Concile. Et le pape s’était cru en conscience obligé d’intervenir, de rectifier ce qui était dans le décret de l’Église pour mettre les choses au point selon la foi de l’Église. Voilà des exemples que je vous donne, qui touchent à notre foi. 

Et donc je vais vous donner cet exemple du droit canon aussi du point de vue de l’œcuménisme, parce que certainement l’idée générale du concile et le leitmotiv du concile a été cette idée d’enlever tout ce qu’il y avait déplaisant, oui de déplaisant dans l’Église pour les soit disant les frères séparés. Et bien on en fait autant dans la loi. Tout ce qui peut déplaire ou faciliter les contacts avec les frères séparés, et bien tout ça, n’est-ce pas, également est mis sous le boisseau.

Voici ce que dit d’ailleurs le pape dans son discours, pour le droit, pour le droit canon, il a fait un discours le 3 février. Il a présenté le nouveau code de droit canonique au Vatican dans la salle des bénédictions devant 57 cardinaux, les membres de la Curie, le corps diplomatique, etc… 
« Naturellement, comment le nier, il reste vrai aussi que depuis cette année tout un monde est changé soit par l’apport du Concile, soit par les études, soit aussi psychologiquement tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Eglise. Il y a eu, on se plaît à le souligner, surtout le concile Vatican II qui a introduit des accentuations, des problématiques parfois nouvelles et innovatrices dans un bon nombre de secteurs, pas seulement comme je l’ai dit jusqu’à présent, dans le domaine de l’Ecclésiologie, donc des choses innovatrices nouvelles, mais aussi dans celui de la pastorale, de l’œcuménisme et de la réaffirmation de l’engagement missionnaire. Qui ne sait par exemple que l’action pastorale est aujourd’hui justement conçue selon une vision plus vaste et dynamique, qu’elle est ouverte à la contribution des laïcs, vivement sollicitée sur la base rigoureuse motivation théologique, qu’elle utilise des instruments spécifiques tels que la psychologie et la sociologie et qu’elle est plus solidement reliée à la liturgie et à la Catéchèse. Par manque de temps, je dois malheureusement me limiter à de brèves indications, mais il est certain que les affirmations du concile comme les directives pratiques tracées pour le ministère de l’Eglise trouve dans le nouveau code des correspondances exactes et ponctuelles. Je voudrais simplement vous inviter à essayer de mettre en parallèle le chapitre 3 de Lumen Gentium et le livre 2 du code. Ils ont le même titre : De populo Dei. Ce sera une confrontation très utile.
Ceci est le véritable sens de la réforme canonique, mes frères, et ainsi doit être jugé le nouveau texte qui l’a réalisée. Le cheminement d’une génération littéralement s’est conclu ces jours-ci puisque 24 ans exactement sont passés depuis la première annonce de la réforme du code donnée par l’inoubliable Jean XXIII en même temps qu’il annonçait la convocation du concile.
En concluant, je voudrais dessiner devant vous comme une indication et un souvenir, un triangle idéal : en haut il y a la Sainte Ecriture, d’un côté les actes de Vatican II, et de l’autre le nouveau code de droit canonique."

(Je ne sais si vous voyez à quoi ça correspond, si vous cherchez, je ne sais pas l’expliquer)

Et pour remonter de façon ordonnée et cohérente de ces deux livres élaborés par l’Eglise du XXe siècle jusqu’au sommet suprême et sans déclin, (l’Écriture je suppose), il faudrait passer le long des côtés d’un tel triangle sans négligence ni omission, respectant les raccords nécessaires, je veux dire tout le magistère des précédents conciles œcuméniques,

(Il semble qu’il ait eu un peur de trop innover, et puis qu’il s’est dit : "il faut quand même que je dise quelque chose de la Tradition" – je ne sais pas – il semblerait que ce soit l’Écriture qui est à la base et puis qui nous mène vers le concile œcuménique et puis, - là je ne vois vraiment pas – mais vous sentez cet esprit de nouveauté, cette conformité au concile Vatican II, concile si Dieu sait, qui a été, qui a été loué et louangé par les, par les francs-maçons. Vous connaissez ce livre-là : L’œcuménisme vu par un franc-maçon, n’est-ce pas, de Yves Marsaudon, qui est tout entier l’éloge, l’éloge du concile. Aujourd’hui, on parle non seulement de rapprochement, mais c’est cela la révolution voulu par Jean XXIII, de liberté de conscience.)