dimanche 17 février 2013

REFLEXION SUR UN COMMUNIQUE DE MENZINGEN


REFLEXION SUR UN COMMUNIQUE DE MENZINGEN

 

Quand on voit la crise en roses

La Maison générale de la Fraternité Saint-Pie X a publié le 11 février un communiqué au sujet de la démission de Benoit XVI, annoncée le même jour. Ce texte est intéressant dans la mesure où il montre bien le nouvel état d’esprit des supérieurs de la Fraternité.

- « Malgré les divergences doctrinales » : l’expression est faible, il n’est même pas question de graves ou de profondes divergences. Mgr Lefebvre était plus clair, il parlait « d’opposition » (« on ne peut pas s’entendre… nous nous heurtons »).

- « Le Saint-Père a eu le courage de rappeler que la messe traditionnelle n’avait jamais été abrogée, et de supprimer les effets des sanctions canoniques portées contre nos évêques » : encore cette équivoque entretenue depuis 2007 et 2009 à propos des deux « préalables ». On ne veut pas reconnaître franchement que Benoit XVI n’a pas répondu à nos demandes lorsqu’il a présenté la messe catholique et la « messe bâtarde » (dixit Mgr Lefebvre) comme deux formes du même rite, puis lorsqu’il a accordé la levée des « excommunications » alors qu’on réclamait le retrait du décret. Mgr Lefebvre avait mis en garde : « Ce qui peut apparaître comme une concession n’est en réalité qu’un manœuvre. » (13 décembre 1984).

- « Elle (la Fraternité) lui exprime sa gratitude pour la force et la constance dont il a fait preuve à son égard » : le cardinal Ratzinger, puis Benoit XVI, a surtout fait preuve de constance, depuis longtemps (Mgr Lefebvre en savait quelque chose), pour tenter de ramener la Fraternité dans le giron de l’Eglise conciliaire.
Est-il opportun, est-il décent d’ « exprimer sa gratitude » à un pape qui a visité tant de synagogues, de mosquées et de temples ? à un pape qui a « béatifié » son prédécesseur de triste mémoire, et renouvelé l’abomination d’Assise (mais on sait que le supérieur général a relativisé la gravité de ces deux faits devant les prieurs réunis à Flavigny en février 2012) ? à un pape qui a manœuvré si habilement ces dernières années que notre Fraternité traverse aujourd’hui la crise la plus grave qu’elle ait connue depuis son origine, et dont on se demande comment elle pourra s’en remettre ? Benoit XVI peut être considéré objectivement, quelles que soient ses intentions, comme notre ennemi numéro 1 : nous connaissant de longue date, il a su exploiter la naïveté et l’imprudence des supérieurs « avec force et constance ».

- « Et l’assure de ses prières pour le temps qu’il souhaite consacrer au recueillement » : espérons qu’il le consacrera également à faire pénitence et à réfléchir à la terrible responsabilité qu’il porte dans la situation actuelle de la sainte Eglise.

- « A la suite de son fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, la Fraternité Saint-Pie X réaffirme son attachement à la Rome éternelle… » : la Maison générale reprend en substance le début de la Déclaration du 21 novembre 1974, mais (sans doute pour faire bref ?) omet la phrase suivante : « Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante. » L’abbé Ortiz remarquait très justement que la nouvelle attitude des supérieurs se trahissaient « plus par ce qu’ils ne disent pas sur les autorités conciliaires, par omission, que par ce qu’ils disent d’elles ». Cette attitude ne consiste pas (encore) à nier la crise, mais à voir la crise en rose… et à produire des communiqués à l’eau de rose.

- « Elle (la Fraternité) redit son désir d’apporter sa contribution, selon ses moyens, à la grave crise qui secoue l’Eglise » : dans sa hâte de remercier Benoit XVI, la Maison générale a bien écrit : « apporter sa contribution à la crise ». Le texte a ensuite été corrigé, dans le sens d’aider à résoudre la crise, mais le lapsus initial est révélateur : le dangereux affaiblissement de la Fraternité, dû principalement au changement de cap de Menzingen, contribue en effet à la crise de l’Eglise, et n’en est pas le moindre aspect.

- Revenons au début du communiqué : « La Fraternité Saint-Pie X a appris l’annonce soudaine de la démission du pape Benoit XVI. » Beaucoup de prêtres et de fidèles espèrent que cet exemple venu de très haut inspirera nos supérieurs : quand « on ne sait plus trop où est la pédale de frein » (Mgr Fellay à Brignoles, 4 mai 2012), il est sage… et il est urgent de céder le volant à un autre.
 
Des lunettes roses, délivrez-nous Seigneur !

Du libéralisme et des libéraux, délivrez-nous Seigneur !

Un prêtre