jeudi 7 février 2013

Mgr Fellay prêt à tout pour une bagatelle


Mgr Fellay prêt à tout pour une bagatelle

Michael



Voici un extrait du sermon de Mgr Fellay lors de l’ordination de l’abbé Lundi le 27 janvier à Saint Nicolas du Chardonnet : « Je dirais même que, devant cette réalité sublime, parler d’accords ou pas avec Rome, est une bagatelle. Défendre la foi, garder la foi, mourir dans la foi, voilà l'essentiel ! On a l'impression que les autorités romaines ne nous comprennent pas, parce qu'elles n'ont pas compris que, pour garder cette foi catholique, nous sommes prêts à tout perdre. »

Qu’est-ce que garder la foi catholique pour Mgr Fellay ?

Dans ce sermon, Mgr Fellay fait des rappels de la doctrine traditionnelle et fustige le modernisme. Ces rappels sont-ils crédibles ? Il faut noter un double langage, car au cours de la même cérémonie se déroulait une prédication muette par le truchement de la chasuble de l’abbé Lundi sur laquelle étaient brodées les armoiries du pape conciliaire Benoît XVI. Cette broderie n’est pas une bagatelle car elle nous révèle le véritable nouvel esprit de la Fraternité. En effet, garder la foi, c’est aussi, pour Mgr Fellay, le dialogue sans fin avec les hérésiarques de Rome. Le plus important pour Mgr Fellay est de rester catholique c’est-à-dire, dans son esprit, de conserver un lien indéfectible avec les conciliaires assis aux postes de commande à Rome. Ce que disait Mgr Lefebvre serait à réinterpréter, vu les nouvelles circonstances1. C’est pourquoi l’abbé Lundi arborait une belle chasuble aux armoiries du « serpent » ; c’est ce terme peu amène que Mgr Lefebvre utilisait pour qualifier le cardinal Ratzinger. Le serpent, une fois élu pape, n’est pas devenu, comme par enchantement, un agneau.

Qu’est-ce que Mgr Fellay est prêt à perdre ?

Voyons ce que Mgr Fellay et son Chapitre Général sont prêts à perdre pour cette bagatelle des accords avec Rome. Relisons les six conditions posées à Rome pour un accord. La FSSPX est prête à perdre son exigence de conversion de Rome pour être en communion avec les modernistes et devenir une sensibilité dans l’Eglise (condition n°1). La FSSPX est prête à perdre 3 évêques pour n’en conserver qu’un seul (condition n°3). Elle est prête à perdre son indépendance pour être sous la tutelle d’une commission obéissant au pape (condition n°6). Elle est prête à se mettre sous la juridiction des évêques diocésains (la condition n°5 d’exemption de la tutelle des évêques n’est que « souhaitable »).

Mgr Fellay est prêt à tout perdre. Il le dit. Il le fait. Il a déjà perdu un évêque2 contre l’avis de Mgr Lefebvre qui commandait l’unité, il a perdu quelques prêtres et des milliers de fidèles. Une bagatelle. C’est le prix à payer pour répondre à sa Sainteté Benoît XVI, « qui exprime une volonté légitime à notre sujet, qui est bonne », car « on peut constater un changement d’attitude dans l’Eglise, aidé par les gestes et actes de Benoit XVI envers la Tradition. » Ce sont les mots de Mgr Fellay dans sa lettre aux 3 évêques du 14 avril 2012, écrite il y a 9 mois à peine !


Notes

Mgr Lefebvre disait aux autorités vaticanes : « Si vous n’acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n’aurez pas accepté de réformer le Concile en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédés, il n’y a pas de dialogue possible. C’est inutile. » (Mgr Lefebvre, Fideliter, n°66, novembre-décembre 1988, p. 12-13) C’est inutile pour Mgr Lefebvre, qui ne voit aucune obligation à continuer indéfiniment les contacts. Mgr Fellay a changé cette ligne de conduite, ce qui a été bien utile pour Rome car cela a fait entrer un vent libéral dans le dernier Chapitre général de de la FSSPX.


2 Dans le sermon du 11 novembre 2012 à St-Nicolas, Mgr Fellay avait évoqué l’expulsion inique de Mgr Williamson en utilisant le substantif grotesque de perte : « je parle bien sûr de nos relations avec Rome, des réactions qui ont eu lieu chez nous, et de cette conséquence douloureuse qui a été la perte d’un de nos évêques… » Afin d’être constructifs, nous tenons à rassurer son Excellence Mgr Fellay qui avait perdu un évêque : nous l’avons retrouvé, intact, il est à l’abri, que nul ne s’inquiète.