vendredi 22 février 2013

Lettre d'un fidèle de la FSSPX à Mgr Fellay


Lettre d'un fidèle de la FSSPX à Mgr Fellay


Menzingen
Un fidèle courageux vient d'écrire à Menzingen, suite au communiqué scandaleux de Mgr Fellay, le 11 février. Nous publions des extraits de sa lettre. Avec l'Immaculée préfère préserver l'anonymat de ce fidèle.

                                                         Le 15 février 2013 


Objet : votre communiqué du 11 février 2013



Monseigneur,
Messieurs les abbés,


          Je vous prie de bien vouloir me pardonner mon audace, mais trop c'est trop, même pour un humble laïc, moindre fidèle d'une chapelle de France.

          La Maison Générale ne communique pas quand change le grand rabbin de France, le représentant des imams ou ceux des églises protestantes.
            Parce que ce sont de fausses religions.
          Donc, logiquement, quand le grand patron d'Assise III démissionne, on s'attendait au silence. Au moins aussi tonitruant qu'au sujet d'Assise III, justement.

          Sauf si… la Maison Générale désire "apporter sa contribution (…) à la grave crise qui secoue l'Eglise". Cela fait au moins un an que c'est fait, Monseigneur, car il y a maintenant une grave crise dans la Fraternité. Qui est de VOTRE fait, et de celui de vos assistants (entre autres), comme le concile Vatican II, cause de division, fut le fait du pape et des évêques. (…)       De plus, le comble de l'insulte, le summum de l'insolence, est de vous estimer "à la suite de Monseigneur Marcel Lefebvre". Il ne suffisait plus qu'en conférences, interviews et autres sermons, vous détourniez ses propos pour galvauder sa pensée, il fallait encore que vous vous réfugiiez derrière sa droiture pour cautionner ce texte scandaleux que vous avez commis le 11 Février. (…) Oui, ce texte destiné, non à rassurer vos ouailles, mais à mendier votre reconnaissance à celui que vous voulez pour chef, ce texte m'a scandalisé. Et le mot est à prendre au sens religieux, à l'exclusion de tout autre.
          (…)
          Il est scandaleux, car rappeler que Benoît XVI a dit "que la messe traditionnelle n'avait jamais été abrogée", c'est aussi ne pas rappeler, publiquement non plus, que la messe bâtarde ne l'a jamais été non plus!
    Et ça, c'est une épine dans le Cœur de Jésus!
          Il est scandaleux, car tu te réjouis, Menzingen, de voir "supprimer les effets des sanctions canoniques portées contre [tes] évêques". Qu'importe la punition, tant qu'elle ne fait plus mal ? Mais Monseigneur Lefebvre s'en réjouissait, lui ! Ces sanctions n'étaient-elles pas à la fois injustes et nulles et non avenues? Mais alors, de quoi se réjouir avec tant d'emphase? (…)
Et voilà une autre épine dans le Cœur de Jésus.

          Il est scandaleux, d' [exprimer] sa gratitude pour la force et la constance dont il a fait preuve à son égard" pour te tromper, Menzingen, et amener la Fraternité à être divisée et affaiblie ; et, enfin, pour détruire ton autorité déjà chancelante via monseigneur Di Noia qui t'impose la collégialité dans ta propre famille. Et que vous acceptez sans sourciller, alors qu'en d'autres moments, vous faites preuve de l'autorité la plus absolue, la plus radicale, la plus définitive, la moins clémente. Pourquoi ces autres moments nous sont-ils réservés à nous, qui sommes catholiques, et non aux hommes d'église, qui sont anti-catholiques? Pourquoi refusez-vous d'admettre qu'ils ne sont pas seulement sortis du droit chemin, comme nous le faisons chaque fois que nous péchons, mais qu'ils ont volontairement pris le chemin opposé à celui de Dieu? Et que c'est volontairement qu'ils le gardent ? Et vous y amènent ?
          Encore une épine dans le Cœur de Jésus.

          Il est scandaleux, car en "réaffirmant" à Benoît XVI votre "attachement à la Rome éternelle, Mère et Maîtresse de Vérité", c'est à la Rome franc-maçonne et hérétique que vous vous adressez. Et c'est à elle que vous reconnaissez publiquement les qualités de l'œuvre de Notre-Seigneur Jésus-Christ ?!!! C'est elle, qui est maîtresse de Vérité ?!!! Mais ma parole, je rêve ! Vous lui reconnaissez donc, à cette anti-église qui prospère dans le Vatican, les caractéristiques de bonté et de sainteté de l'Eglise du Christ, fondée sur la Croix, dont Benoît XVI dit qu'Elle (cette Croix) "n'est pas l'œuvre de réconciliation que l'humanité offre au Dieu courroucé" (La foi chrétienne hier et aujourd'hui) ? Cette église-là, avec ce chef-là, c'est à elle que vous êtes attaché ? Vous venez de le dire ! Devant tout le monde !
          Ca, c'est une épine dans le Cœur de Jésus !

          Il est scandaleux, car comment peut-on prier le Saint Esprit qu'Il inspire un conclave de francs-maçons, d'hérétiques, de schismatiques, d'outrages ambulants à la Foi ? Saint Paul n'a pas d'abord été rempli du Saint Esprit. Il a d'abord été jeté à terre par la voix de Dieu ; ensuite, il s'est converti. Et ensuite seulement le Saint Esprit est venu en lui. Pourquoi ne pas plutôt leur dire, aux cardinaux, que vous priez pour leur conversion, afin que le Saint Esprit puisse les éclairer ? En l'état, Il ne peut rien, le Paraclet. Car Dieu ne peut rien contre notre mauvaise volonté.
          Ca, c'est aussi une épine dans le Cœur de Jésus !

          Il est scandaleux, car ce communiqué est un coup de brosse à reluire sur les mules papales et cardinalices. (…)
          Et ça, c'est une épine dans le Cœur de Jésus !

          Voilà. J'ai été fort bref, car je ne suis pas grand clerc. Mais je sais que je suis assez formé pour distinguer le Bien du Mal, le mensonge de la Vérité, la cautèle du courage. Et du courage, nous en avons besoin. Nous en avons besoin chez nos chefs religieux. A l'heure où le monde connaît un regain de persécutions physiques et morales contre les chrétiens, nous aimerions que vous nous insuffliez le courage, Monseigneur, et non la colère. Que vous nous inspiriez le désir de vous suivre au combat, et non le scandale. Oui, vous m'avez scandalisé, Monseigneur. Et j'en suis désolé, car par vous, je ne devrais pas être scandalisé ; mais comme un petit enfant plein d'amour et de confiance en sa mère et son père, ainsi je devrais vous regarder.

          "Là où il y a de la prudence partout, il n'y a de courage nulle part" (Abbé François Casta, aumônier parachutiste, 1919-2011).
          Si l'envie de vivre prend le pas sur l'idéal du combat, vous ferez fuir la peur de la mort en transformant votre ennemi en ami.
          A l'heure où les gouvernements marient les homosexuels, détruisent la famille, euthanasient les mourants, leur ôtant toute possibilité de propitiation ; à l'heure où des femmes torse nu blasphèment à l'intérieur de Notre-Dame de Paris ; (…) à l'heure où, plus que jamais, nous, qui sommes plus faibles que nos parents qui l'étaient plus que les leurs, nous qui devons lutter contre nous-mêmes et contre le monde, tout en armant nos enfants pour le faire après nous ; A CETTE HEURE, OU ETES-VOUS, MONSEIGNEUR ?
          Vous êtes à Rome, à chercher un ami qui veuille bien vous prêter son stylo !...
          Alors je ne dirai pas que Benoît XVI n'est pas pape. Et que son successeur ne le sera pas. Je n'en ai pas le droit. Et je ne le prendrai pas.
         
          (…) comme tout le monde dans ma famille, Deo gratias, j'ai appris mon catéchisme et je participe à la Messe.

          Je dis "la Messe", car il n'y en a qu'une. Elle n'est pas d'une forme ou d'une autre. Elle n'est pas prévue par Notre-Seigneur Jésus-Christ d'avoir une forme ordinaire. Au contraire, Elle est toujours extraordinaire, essentiellement, tant dans son fond que dans sa forme.
         
Et donc, c'est à cause d'Elle…

…que je n'oublie pas que mes grands-parents et mes parents ont eu le courage, les uns de se battre pour Elle, les autres de continuer ce combat et de m'y emmener.
          Je n'ignore pas les oppositions que leurs décisions ont suscitées, obligeant mes grands-parents et mes parents à se justifier devant nombre de leurs frères, cousins, amis. Je leur exprime ma gratitude pour la force et la constance dont ils ont fait preuve à l'égard de Dieu en des circonstances aussi difficiles, et les assure de mes prières pour le temps qu'il leur reste pour rejoindre Dieu.
          (…) Je redis mon désir d'apporter ma contribution, selon mes moyens, à la résolution de la grave crise qui secoue l'Eglise. Je prie pour que, par la Volonté de Dieu, le pape, les cardinaux, les évêques, les prêtres, les religieux et les laïcs du monde entier se convertissent, afin qu'ils œuvrent à la restauration de toute chose dans le Christ (Eph. 1, 10)
       Aubigné, en la fête de saint Faustin, prêtre martyr, et saint Jovite, diacre martyr.

          J'en ai fini, Monseigneur. J'aurais pu me contenter de mon communiqué à moi, mais il me paraissait indispensable de vous faire savoir que vous menez la Fraternité dans l'enfer du modernisme. Des prêtres, des religieux, des évêques, et même des laïcs, tous bien plus avertis que moi des choses de Dieu, vous ont déjà mille fois prié et mis en garde. Vous n'en tenez pas compte. Vous les bannissez, vous les exilez, pour ne plus les entendre, et mieux pouvoir écouter les ennemis de Dieu et de celui qui vous a ordonné et consacré. Demain, au plus tard après-demain, il me faudra en prendre mon parti, pour mon salut, celui de mon épouse et de mes enfants. Pendant que vous goûterez les fastes séculiers des prélatures canoniques, je continuerai d'aller à la Messe dans un garage, loin de chez moi. (…)

          Daignez, votre Excellence, recevoir l'assurance de mes prières pour vous. (…)