mardi 26 février 2013

L’abbé Aulagnier est plus traditionnel que Mgr Fellay !




L’abbé Aulagnier est plus traditionnel que Mgr Fellay !




Mgr Tissier de Mallerais nous a rappelé ou appris, lors du Symposium sur Pascendi des 9, 10 et 11 novembre 2007, que le Pape a réédité en 2005 son ouvrage hérétique, Foi chrétienne hier et aujourd'hui, paru originellement en 1968, sans y apporter de corrections. Cette œuvre avait été en son temps censurée par Rome. [Principi apostolorum nous a d’ailleurs fourni des citations de Cadoudal, du Forum un évêque s’est levé, dévoilant plusieurs hérésies que contiennent cet ouvrage.]

Cela était donc bien connu, lorsque Mgr Fellay a déclaré, le 23 décembre 2010, en Nouvelle-Calédonie, à une journaliste des « Nouvelles Calédoniennes » : « D’ailleurs, le pape revient aux idées traditionnelles. Il voit très bien qu’il y a une déviation et qu’il faut la corriger. On est peut-être beaucoup plus proche du pape qu’il n’y paraît ». Mgr Fellay ajoute : « On a toujours soutenu qu’on ne veut pas faire bande à part. On maintient qu’on est catholiques et qu’on le reste. Nous souhaitons que Rome nous reconnaisse comme de vrais évêques. D’ailleurs, on n’ose plus le mot schismatique à notre encontre. Alors si on n’est pas schismatiques, ni hérétiques, c’est qu’on est sacrément catholiques. D’ailleurs le pape dit qu’il y a seulement un problème d’ordre canonique. Il suffit d’un acte de Rome pour dire que c’est fini et nous rentrons dans l’Eglise. Ça viendra. Je suis très optimiste ».
L’abbé Aulagnier, sur son blog La revue item, commentait le 4 janvier 2011 : « Cette dernière déclaration est fort importante et, avouez le, un peu étonnante.
A lire ce dernier passage, au dire même de Mgr Fellay et du Souverain Pontife, il n’y aurait plus de problèmes doctrinaux entre Rome et la FSSPX, mais seulement un problème canonique : « il y a seulement un problème canonique. Il suffit d’un acte de Rome pour dire que c’est fini et nous rentrons dans l’Eglise. Ça viendra. Je suis très optimiste ».
On a l’impression que les discutions théologiques engagées à la demande la FSSPX avec Rome n’ont plus aujourd’hui, la moindre importance. Du moins, Mgr Fellay n’y fait manifestement aucune allusion.
La FSSPX affirmait pourtant hier que ces discussions étaient capitales, premières, et qu’elles déterminaient la suite des événements. Elles constituaient une démarche logique c’est-à-dire qu’il était impossible d’envisager une entente avec Rome avant tout règlement doctrinal et chronologique c’est-à-dire qu’une fois réglé ce difficile problème doctrinal viendrait alors et alors seulement le problème canonique, facile lui à régler. C’était dire l’importance qu’ils mettaient dans ces conversations doctrinales. Aujourd’hui, rien de tout cela, rien de tel, plus de « conversations doctrinales » (?). Elles semblent être jetées « au grenier des vielles lunes ». Il n’y porte pas la moindre attention, le moindre intérêt. Il ne voit plus que le problème canonique. C’est l’attitude du Pape lui-même : « D’ailleurs le pape dit qu’il y a seulement un problème d’ordre canonique ».
Ah Bon ! Nous sommes heureux de l’apprendre.
Mais pourquoi avoir annoncé « urbi et orbi », si l’on peut dire, qu’avant tout accord canonique, il fallait régler les points doctrinaux contestés au sujet de Vatican II, comme par exemple le problème de la liberté religieuse, comme le problème du dialogue interreligieux… Ces problèmes sont-ils donc réglés ? Les ont-ils donc réglés dans leurs conversations théologiques ?
Et si oui, comment se fait-il que l’on puisse lire encore des textes comme la dernière déclaration du Vatican, sous la plume de Benoît XVI, intitulé « la liberté religieuse, chemin de paix » ? Mais ce texte est un « copié collé » du document conciliaire « Dignitatis humanae ». Sur ce sujet, le Pontife reviendrait-il aux idées traditionnelles, celles défendues par ces prédécesseurs comme un Léon XIII, Pie X, Benoît XV, Pie XI et Pie XII ? Reprendrait-il « la magistère de toujours » ? J’ai du mal, quant à moi, à le croire. Lisez : « La liberté religieuse est aussi un acquis de civilisation politique et juridique. C’est un bien essentiel : toute personne doit pouvoir exercer librement le droit de professer et de manifester individuellement ou de manière communautaire, sa religion ou sa foi, aussi bien en public qu’en privé, dans l’enseignement et dans la pratique, dans les publications, dans le culte et dans l’observance des rites. Elle ne devrait pas rencontrer d’obstacles si elle désire, éventuellement, adhérer à une autre religion ou n’en professer aucune. En ce domaine, la règlementation internationale se révèle emblématique et est un exemple essentiel pour les États, en ce qu’elle ne permet aucune dérogation à la liberté religieuse, sauf l’exigence légitime de l’ordre public pénétré par la justice. La règlementation internationale reconnaît ainsi aux droits de nature religieuse le même statut que le droit à la vie et à la liberté personnelle, car ils appartiennent au noyau essentiel des droits de l’homme, à ces droits universels et naturels que la loi humaine ne peut jamais nier ». (On voit aujourd’hui comment on fait droit au droit de la vie avec le droit de l’avortement et droit de l’euthanasie déjà adoptée dans plusieurs Etats d’Europe...)
Mgr Fellay serait-il d’accord avec cette déclaration vaticane tellement équivoque [NB : pour Avec l’Immaculée, la déclaration n’est pas équivoque, elle est franchement mauvaise] et partant fausse ? J’ai du mal à le croire. A moins qu’il s’éloigne de la pensée des papes du XIXe et XXe siècles,  sur ce sujet,  jusqu’à Pie XII. Est-il donc proche, sur ce sujet, de la pensée exprimée par Benoît XVI ? Dit-il vrai lorsqu’il répond à la journaliste : « On est peut-être beaucoup plus proche du pape qu’il n’y paraît ». A la place des siens, je veillerais… Mais peut-être a-t-il parlé dans un moment d’euphorie… »


Nous ne partageons pas la suite de l’analyse de l’abbé Aulagnier qui s’est rallié à la Rome conciliaire et qui est partisan d’un accord pratique sans accord doctrinal (1), mais l’analyse ci-dessus méritait d’être relevée. Ce prêtre de l’Institut du Bon Pasteur est ici plus traditionnel que Mgr Fellay, même s’il est dans l’illusion dans la suite de cet article, en demandant à Rome qu’elle nous accepte tels que nous sommes. Nous voyons que la déviance de Mgr Fellay n’est pas d’hier.
  
 Note :
(1) Du fait de l’accord pratique qu’il a signé, l’institut du Bon Pasteur est perdu. On voit ce qui se passe depuis cet été, suite à la note pernicieuse de la commission Ecclesia Dei annexée à la lettre de Mgr Pozzo à l’abbé Laguérie, dans laquelle la commission demande une réforme des statuts et de l’enseignement de l’IBP. Les membres de l’IBP s’entredéchirent et l’abbé Laguérie est prêt à changer les statuts de l'IBP pour faire plaisir à l’Eglise conciliaire. La messe de Saint Pie V va devenir le « rite propre » du Bon Pasteur au lieu du « rite exclusif ». Quand ces mots seront écrits dans les statuts, nous allons évidemment voir arriver à l’IBP l’évêque du coin qui dira : vous devez concélébrer avec moi à la messe chrismale du Jeudi Saint. Votre rite est propre mais non exclusif, vous ne pouvez refuser. Si vous refusez, c’est que vous n’êtes pas en communion avec... etc. etc. Nous commençons à connaître la musique ! Pauvre IBP… Et pauvre Fraternité Saint Pie X, qui suit le même chemin, avec un Supérieur Général encore plus dangereux que l’abbé Aulagnier !