vendredi 8 février 2013

Interview de Dom Cyprien par John Vennari (extraits)

Interview de Dom Cyprien par John Vennari (extraits)

Traduction par Vias tuas, Domine
Dom Cyprien, prieur du monastère Notre-Dame de Guadalupe, 
Silver City, Etats-Unis

Dom Cyprien est un moine bénédictin qui a quitté le Barroux lors du ralliement de Dom Gérard à Rome. Sur les conseils de Mgr Lefebvre, il a fondé un monastère bénédictin aux Etats-Unis. Un de nos fidèles lecteurs, ayant lu notre invitation à communiquer les informations sur les bons bulletins anti-accordistes, nous informe de cette interview de Dom Cyprien par John Vennari, dans le journal Catholic Family News de février 2013. Nous ne publions que des extraits de l'interview. Les soulignements et les caractères en gras sont ajoutés par nous.

Dom Cyprien :
 « Un des plus grands fruits de la mission de Mgr Lefebvre a été de nous montrer la vraie nature de l'Église. Un des plus grands maux de Vatican II a été d'obscurcir la définition de l'Église. Il n'est pas étonnant que peu de catholiques  (clergé et fidèles) soient en mesure de définir assez correctement la crise actuelle.

Il n'y a qu'un seul Dieu, donc essentiellement il n'y a qu'une seule façon de le connaître et de l'adorer. Le « lex orandi, lex credendi » est au cœur de la vie bénédictine : prier selon la doctrine. La prière liturgique qui est la plus haute expression de la foi ne peut pas être basée sur des opinions théologiques divergentes et contradictoires.

Dans le modernisme il y a pluralisme : on peut donc concevoir Dieu et le culte à lui rendre de multiples façons . Dans le modernisme, l'Église n'est plus unique parce que Dieu n'est plus unique; il ne peut plus y avoir d'unicité en Dieu et Son Eglise. Cette seule façon de manifester Dieu qui se révèle lui-même au monde s'appelle l'enseignement de l'Église. Le modernisme est en révolte contre cela et c'est vraiment une rupture, l'abandon du magistère ininterrompu de l'Église. C'est à cause de cela que l'état de nécessité actuel est sans précédent.

Il n'y a qu'une qu'une façon d'être catholique, une seule façon d'être obéissant, une seule façon d'être fidèle, c'est comme Mgr Lefebvre nous l'a enseignée : garder l'enseignement inchangé du magistère de l'Église, c'est à dire l'enseignement de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous parle par les saints papes, les martyrs, les docteurs, les confesseurs et tous les saints que nous invoquons dans les Litanies des Saints. L'état de nécessité général c'est de demeurer catholiques, comme nous sommes, sans excuses. »

Au sujet du pape Benoît XVI.

 « Personne n'a vu ni expérimenté cette insaisissable authentique interprétation du Concile et pourtant le pape insiste sur son existence en dépit de la crise qui augmente chaque jour. Le pape JeanXXIII a demandé d'arrêter le Concile tandis que Paul VI a parlé de « la fumée de satan qui est entrée dans l'Église ». Le message de Fatima a demandé de prier beaucoup pour le Saint Père. Nous prions pour lui à chaque messe. C'est toujours mieux et plus dans l'esprit de notre Foi Catholique de respecter la papauté et de suspendre notre jugement, comme le rappelle l'adage romain : le pape n'est jugé par personne et ne se juge pas lui-même. Les saints et les théologiens dominicains et jésuites diffèrent d'opinions sur la conduite à tenir quand on constate de graves erreurs chez le pape. Nous, bénédictins, nous continuons à prier !

Prier! En effet, car on dit que le pape est un moderniste sincère et fervent ! On le dit avec raison et sans ironie. Il est certainement en faveur de tout ce qui, dans l'Église, vient du Concile; il est en faveur des changements apportés dans les sacrements révisés, en faveur des nouveautés de la nouvelle liturgie. La liste peut continuer. Il a travaillé à redéfinir et réinterpréter les termes comme indéfectibilité, communion, infaillibilité, continuité, tradition, magistère et sainteté. Le pontificat de Benoît XVI est une herméneutique moderniste interminable du dogme catholique.

On nous demande si nous sommes avec le pape. Comme catholiques, OUI, nous sommes tous « avec le pape ». Mais avec son modernisme, ses erreurs, avec la cause de la crise et la confusion qui en résulte, NON ! Nous ne sommes pas avec ces aspects du présent pontificat. Il est de peu d'importance de savoir qui est bon ou mauvais dans la curie romaine, s'il y a un bon cardinal ou un bon évêque ici ou là. DANS CETTE CRISE, CE QUI IMPORTE C'EST LE PAPE SEULEMENT. POUVONS-NOUS ÊTRE  « AVEC LE PAPE » SANS ÊTRE AVEC SES ERREURS ?  Cela paraît impossible. C'est là que l'on touche à la grande malice de la crise. Nous devons résister au modernisme précisément à la fine pointe de la baïonnette qui est le pontificat de Benoît XVI. » 



Monastère Notre-Dame de Guadalupe