lundi 25 février 2013

Ils nous prennent pour des zozos ! Partie 2


Ils nous prennent pour des zozos !

Michael

Partie 2




Jeudi 14 février dernier, le pape Benoît XVI recevait le clergé romain. Un lecteur de Riposte Catholique a traduit les deux derniers paragraphes des propos du pape. Benoît XVI a inventé la notion de "Concile des médias" qu’il oppose au "Concile des Pères" : le pape propose ainsi une autre interprétation de la crise de l’Eglise, suite à Vatican II. Tout serait de la faute des médias qui auraient déformé les propos du Concile :
« Je voudrais maintenant ajouter encore un troisième point : il y avait le Concile des Pères – le vrai Concile –, mais il y avait aussi le Concile des médias. C’était presque un Concile en soi, et le monde a perçu le Concile à travers eux, à travers les médias. Si bien que le Concile qui est efficacement arrivé jusqu’au peuple a été celui des médias, non pas celui des Pères »

Notre commentaire

Est-il nécessaire de commenter cette déclaration ? La ficelle est grosse ! Ainsi, selon le Pape, les formulations du concile qui, d’après lui sont bonnes, ont été mal interprétées par les médias.
Nous ne savions pas que c’étaient les journalistes qui célébraient la nouvelle messe-banquet désacralisée, 


Nous ne savions pas que Jean-Paul II qui a fait un congrès des religions à Assise et qui a affirmé que l’idée de la Trinité n’a pu venir que très tard, parce qu’il fallait que la psychologie de l’homme intérieur puisse être capable d’arriver à la concevoir [cf. conférence 6 sept. 1990 de Mgr Lefebvre], était un journaliste.

Jean-Paul II se faisant bénir selon un rite païen par un indien, en 1987. 
(source : site sédévacantiste Most Holy Family monastery.)


Jean Paul II à Mexico en 1979. Source : 

Nous ne savions pas que celui qui a nié le dogme de la descente de Jésus aux enfers, le dogme de l’Ascension, la croix en tant que sacrifice propitiatoire pour nos péchés était un journaliste. De qui se moque-t-on ?

Benoît XVI se faisant "bénir" par un sorcier aborigène.


Au-delà de la réception du concile et de son herméneutique, on veut nous faire croire que le Concile s’est déroulé dans une atmosphère suave, enveloppé par le souffle du Saint-Esprit. Mgr Lefebvre l’a vécu et il a témoigné. Plusieurs livres ont décrit les ambiances révolutionnaires qui ont dominé dans le concile. Notamment Le Rhin se jette dans le Tibre, le concile inconnu de Ralph Wiltgen. Ce livre ne met pas seulement en lumière le rôle considérable qu'a joué cette alliance rhénane, mais aussi l'action souvent efficace des groupes traditionnels qui se constituèrent afin de la contrebalancer, et l'importance déterminante des interventions personnelles du pape Paul VI. Plus d'un quart de siècle après la clôture du Concile, ce livre qui a été publié en quatre langues, demeure l'une des rares fenêtres ouvertes sur le "concile inconnu".  On peut évoquer à titre d’illustration de l’ambiance conciliaire une intervention fameuse du cardinal Ottaviani à qui on a coupé le micro, déclenchant l'hilarité générale, ce qui est inadmissible dans une aula conciliaire.
abbé Ratzinger et Père Congar

Le Père Congar, qu’on ne peut soupçonner de traditionalisme, évoque le rôle des experts. Congar lui-même témoigne en ces termes du poids de Rhaner : au concile, « le climat devint : « Rahner dixit, ergo verum est » (Rhaner l’a dit donc c’est vrai). Je vous en donne un exemple. La Commission doctrinale était formée par les évêques, chacun ayant à ses côtés son propre expert, mais aussi par certains supérieurs généraux (comme celui des dominicains ou celui des carmes). Or, sur la table de la commission il y avait deux micros, mais Rhaner, pratiquement, en avait pris un pour lui seul. Rahner était un peu envahissant, et très souvent, en outre, le cardinal de Vienne, Franz König, dont Rahner était l’expert, se tournait vers lui et disait, pour le faire intervenir : Rahner quid ? Naturellement Rahner intervenait (…) » ( Yves Congar, Trente jours)

Karl Rahner et Abbé Ratzinger


Quant à l’influence de Congar voici comment Mgr Lefebvre la présenta « au début du concile Vatican II, j’allais aux réunions (des évêques français) à Saint-Louis-des Français. Mais j’ai été stupéfié de voir comment cela se passait. Les évêques se comportaient littéralement comme des petits garçons devant les Congar et autres experts qui gravitaient. Le père Congar montait à la table de la présidence et sans la moindre gêne disait : « Monseigneur Untel, vous ferez telle intervention sur tel sujet. N’ayez aucun souci, nous vous préparons le texte et vous n’aurez qu’à le lire. » Je n’en croyais pas mes yeux, ni mes oreilles ! Et j’ai cessé d’aller à ces réunions (…) » (Fideliter n°59)

A la fin de son pontificat, Benoît XVI défend toujours, à 85 ans, le concile Vatican II et fait porter aux médias la responsabilité des excès liturgiques... qu'il fait semblant de regretter et dont il est ravi au fond, puisqu'il en a fait autant à Assise, avec les musulmans, avec les Aborigènes etc. Quant à Mgr Fellay, il exprime sa "gratitude" au saint Père. Ils nous prennent tous pour des zozos !