samedi 9 février 2013

Extraits du bulletin du prieuré St Jean de sept-oct 2012

Extraits du bulletin du prieuré St Jean de sept-oct 2012
En continuant de feuilleter les bulletins des prieurés, nous avons trouvé deux articles qui nous ont paru utiles et qui peuvent nous aider dans notre combat. L'abbé Vincent Callier (Mantes-la-Jolie, 78), bien qu'étant respectueux de tout ce que dit et fait Mgr Fellay et de la dernière Déclaration du chapitre général, qu'il semble malheureusement trouver bonne, a publié deux choses intéressantes pour nous dans son bulletin : une citation hérétique du pape et un excellent article citant Dom Guéranger et Léon XIII, sur le rôle des laïcs. Etant donné que certains, depuis quelques temps, ont dit ou sous-entendu que ce combat n'était pas de notre ressort et qu'il fallait laisser ce travail aux autorités compétentes, nous leur répondrons avec Dom Guéranger.
I - La citation hérétique du pape :
Avant-propos du livre « Jésus de Nazareth » de Benoît XVI
"(…)  Ce fut pour moi un motif supplémentaire de joie de voir que ce livre ait en quelque sorte gagné un frère œcuménique avec l’œuvre volumineuse Jésus (2008) du théologien protestant Joachim Ringleben, parue entre-temps. Celui qui lit les deux livres remarquera, d’une part, la grande différence dans la manière de penser et dans les formulations théologiques déterminantes par lesquelles s’exprime concrètement la provenance confessionnelle diverse des deux auteurs. Mais,  d’autre part, la profonde unité au niveau de la compréhension essentielle de la personne de Jésus et de son message s’y trouve en même temps manifestée. C’est la même foi qui agit, même à partir d’approches théologiques différentes ; une rencontre se produit avec le même Seigneur Jésus. J’espère que ces deux livres, dans leur diversité et dans leurs accords essentiels, pourront constituer un témoignage œcuménique qui, à l’heure actuelle et à sa manière, sera utile à la mission commune fondamentale des chrétiens.(…)"

Rome, 25 avril 2010, en la fête de saint Marc.
Joseph Ratzinger - Benoît XVI
Petit commentaire d'Avec l'Immaculée :
Rappelons-nous que Mgr Fellay a dit à l'interview de CNS du 11 mai 2012 : "Mais nous ne sommes pas seuls à oeuvrer pour défendre la foi. C'est le pape lui-même qui le fait ; c'est cela sa tâche ; et si on nous appelle à aider le pape à cette fin, qu'il en soit ainsi."
Mgr Lefebvre lui, a accusé le cardinal Ratzinger de travailler à la déchristianisation de la société... Selon vous, lequel des deux a raison? Une citation telle que celle-là aide à y voir clair sans hésitation.
II - Les laïcs sont-ils incompétents pour juger de certaines choses religieuses : NON

Dom Guéranger a écrit avec force qu’en certaines circonstances les laïcs pouvaient et devaient juger et choisir et non pas prendre leur bien là où ils le peuvent.
« Le Jour de Noël 428, l’archevêque de Constantinople Nestorius profitant du concours immense des fidèles assemblés pour fêter l’enfantement de la Vierge-mère, laissait tomber du haut de la chaire épiscopale cette parole de blasphème : “Marie n’a point enfanté Dieu ; son fils n’était qu’un homme, instrument de la divinité”. Un frémissement d’horreur parcourut à ces mots la multitude ; interprète de l’indignation générale, le scolastique Eusèbe, simple laïc, se leva du milieu de la foule et protesta contre l’impiété. Bientôt, une protestation plus explicite fut rédigée au nom des membres de cette Eglise désolée, et répandue en de nombreux exemplaires, déclarant anathème à quiconque oserait dire : “Autre est le Fils unique du Père, autre celui de la Vierge Marie”. Attitude généreuse, qui fut alors la sauvegarde de Byzance, et lui valut l’éloge des conciles et des papes !

Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau à se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs. Mais il est dans le trésor de la Révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée. Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme. Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Eglise ; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour une autre, en certaines circonstances où la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite ; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer à ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. »
(Année liturgique, Dom Guéranger, à la fête de Saint Cyrille d’Alexandrie, 9 février)
On peut aussi citer le pape Léon XIII :

 « Mais quand les circonstances en font une nécessité, ce ne sont pas seulement les chefs qui doivent défendre l’intégrité de la foi, mais chacun est tenu de manifester à autrui sa foi, soit pour instruire et encourager les autres fidèles, soit pour repousser les attaques des incroyants. »  (Léon XIII, Sapientiae christianae, PIN n°262-268)
Petit commentaire d'Avec l'Immaculée :
Bien sûr, certains objecteront que la foi n'est pas en danger avec Mgr Fellay et que savoir s'il faut faire ou non un accord pratique avec Rome relève du domaine prudentiel uniquement et non du domaine de la foi... Nous répondrons que Mgr Fellay projette de mettre la Fraternité sous l'obéissance à un hérétique qui dit que nous avons la même foi que les protestants (cf. citation ci-dessus), qui nie le dogme de l'Ascension et le dogme de la descente de Jésus aux enfers etc. Vouloir se soumettre à un tel homme équivaut à mettre sa foi en danger. Nous avons donc raison de réagir et de juger dans ce domaine.