vendredi 4 janvier 2013

Conférence n°3 de Mgr Williamson, St Saviour's house, Bristol


Conférence n°3 de Mgr Williamson,

 22-24 juin 2012, Bristol

traduction de Fidelis



Dans cette conférence, Mgr Williamson cite une conférence importante de Mgr Lefebvre, donnée à Ecône le 6 septembre 1990, conférence que l'on peut lire presque entièrement sur le lien suivant, à la rubrique conférences et paroles de Mgr Lefebvre de ce blog. Les parties en italique du texte ci-dessous sont les paroles de Mgr Lefebvre ; les parties qui ne sont pas en italique sont de Mgr Williamson. La traduction anglaise de Mgr Lefebvre s'éloignait un peu du texte français de la conférence. Nous sommes revenus autant que possible au texte français afin de respecter au plus près les paroles de Mgr Lefebvre. La première partie de la conférence étant introuvable en français, nous en sommes restés au texte anglais. Nous nous sommes exceptionnellement éloignés du texte français quand Mgr Lefebvre parle de l'abbé Tam car le fond n'est pas changé et des précisions intéressantes sont données du côté anglais. Nous l'avons signalé dans le texte. 


Permettez-moi de vous lire une conférence donnée par Mgr Lefebvre aux prêtres, à Ecône, à l’automne 1990, quelques mois avant sa mort, au printemps 1991 Je pense que c’est en quelque sorte son testament, l’expression de ses dernières volontés. Il montre le chemin aux prêtres : « deux ans après les consécrations, nous ne devons pas hésiter, nous ne devons pas faire de compromis »

Discours de Mgr Lefebvre à ses prêtres, à Ecône, le 6 Septembre 1990 :

« Concernant le futur, je voudrais vous dire quelques mots au sujet des questions que les laïcs peuvent vous poser, questions qui me sont souvent posées par des personnes, qui ne sont pas trop au  courant de ce qui se passe dans notre Fraternité,  comme, par exemple : « Les relations avec Rome sont-elles rompues ? » « Est-ce que tout est fini ? J’ai reçu, il y a environ trois semaines un appel téléphonique du Cardinal Oddi. »

Le cardinal Oddi était alors relativement bien disposé :

« Alors, Excellence, n’y a-t-il vraiment pas  moyen d’arranger les choses ? » J’ai répondu : « Vous devez changer. Vous devez revenir à la Tradition. Il ne s’agit pas seulement de liturgie, c’est une matière de Foi ». Le cardinal a protesté : « Non, non,  ce n’est pas un problème de Foi, non, non »

Ces romains prétendent que ce n’est pas une question de Foi, mais quelque chose d’autre.

« Le pape est prêt à vous recevoir, il le souhaite. Seulement un petit geste de votre part, une petite demande de pardon, et tout sera réglé. »

Pour le cardinal, c’est donc un petit problème, un problème personnel. Ils ne saisissent pas. Ils ne comprennent pas qu'il y a une guerre à mort entre la religion de Dieu et la religion de l’homme. L’une est théocentrique et l’autre anthropocentrique. Ils ne veulent pas l’admettre. Ils ne veulent pas admettre qu’ils ont un problème de Foi. Ils ne veulent pas reconnaître  qu’il y a eu un changement dans la Foi.

« C’est comme le cardinal Oddi, dit Mgr Lefebvre, il n’aboutit à rien, il ne comprend rien ou ne veut rien comprendre. »

Ces gens-là ne sont pas aussi  stupides qu’ils le paraissent. Ils ne veulent pas comprendre.

« Malheureusement, il en va de même pour les cardinaux plus ou moins « traditionnels »  Ce sont Palazzini, Stickler, Gagnon et Oddi.  [Ils n’ont pas de poids ni d’influence à Rome. Ils ont perdu toute influence. Tout ce qu’ils peuvent faire maintenant c’est faire des ordinations pour la fraternité Saint-Pierre. Cela n’aboutit à rien.] » [en raison d'une erreur typographique, nous ne savons si la partie entre crochets ci-dessus est de Mgr Lefebvre ou de Mgr Williamson]

Ceci est du réalisme : les bons à Rome sont impuissants et n’ont aucun poids. Et c’est la même chose aujourd'hui. Je me souviens de l’abbé Schmidberger, tout réjoui au sujet d’un certain évêque Ranjith. Mgr Ranjith était de Ceylan. Celui-ci avait réellement compris pas mal de choses et quand il a un peu voyagé, on l’a fait cardinal et renvoyé à Ceylan.  Ainsi, il y avait « quelqu’un de bien », en qui l’abbé Schmidberger plaçait ses espoirs, à juste titre, car c’était vraiment quelqu’un de bien, qui comprenait tout ce qui était en question : Rome est aux mains des francs-maçons. Ceux-ci ont mis deux cents ans pour infiltrer le Vatican et en prendre le contrôle et ils ne vont pas revirer et rester les bras croisés. Ils ont pris le contrôle. Oui, je suis un théoricien de la conspiration. Je suis convaincu qu'il y a des mauvais  qui se sont  organisés afin de détrôner Notre Seigneur Jésus-Christ. Ils existent, c’est une réalité, ce n’est pas un fantasme. « Oh, mais vous êtes un dingue de  la conspiration » Oui, je suis conspirationniste. Absolument. C’est ainsi que le monde fonctionne. Qui pense  que les attentats du 7 juillet [2005] qui ont eu lieu à Londres, il y a quelques années étaient un travail fait par des gens dans la place ? Sur internet, il y a des choses très intéressantes. Quelqu'un m’a informé de la possibilité d’un autre attentat, à l’occasion des Jeux Olympiques,  une explosion atomique, par exemple. Ils installent des batteries anti-aériennes. Quelqu'un sait quelque chose. Ou bien ce pourrait être dans le métro. Ils pourraient provoquer une grosse explosion dans le métro. Vous rappelez-vous « V pour Vendetta » ? Ces personnages qui prennent plaisir à émettre des signaux d’alarme, que personne ne prend au sérieux. Pratiquement personne n’y prête attention. Avant le 11 septembre, il y a eu plusieurs films au sujet  d’un crash dans les Twin towers et ainsi de suite. Il y a des signaux du même ordre laissant craindre une explosion, lors des Jeux, donc soyez prêts.

Ne pensez-vous pas que le 7 juillet et les émeutes à Londres, l’été dernier, pourraient être des répétitions pour voir ce qui arriverait et comment ils pourraient le contrôler ? Je ne sais pas. Il est très possible que les émeutes aient été organisées. L’étincelle est prête mais le tas de bois qui doit être enflammé ne l’est pas. Ceci pour dire que ces personnages jouent sur un point faible, dans une situation donnée. Ils ne créent pas la faiblesse. Celle-ci est là. Ils travaillent seulement  pour savoir comment en tirer parti, avant de frotter l’allumette. Tous ceux qui vivent dans les banlieues sont frustrés, spécialement les noirs. C’est comme cela. Pas seulement les noirs, bien sûr. Mais ils prendront probablement part à quelque chose de ce genre. La conspiration ne crée pas ces foules de mécontents, mais elle les utilise. Donc si l’on a une société est saine, dans laquelle il n’y a rien à exploiter, les mauvais ne peuvent pas faire grand-chose, ou beaucoup moins.

« En attendant », dit Mgr Lefebvre, « le problème demeure très grave, et il ne faut surtout pas le minimiser. C’est ce qu'il faut répondre à tous les laïcs qui vous demandent si la crise va finir, s’il n’y aurait pas moyen d’avoir une autorisation pour notre liturgie, pour nos sacrements… Certainement la question de la liturgie et des sacrements est très importante, mais plus importante encore est celle de la foi. »

Et Rome n’a pas résolu cette question. Mgr Lefebvre ne cessait de répéter : « A chaque fois que je parle aux Romains, je continue à soulever la question de la Foi, la question du Concile. Ils ne veulent jamais en discuter ». Il le disait et le redisait, encore et encore. Les mauvais, à Rome ne veulent jamais parler du problème de base, la Foi, problème créé par le Concile. Ils refusent d’en parler.

« Pour nous cette question est résolue, car nous avons la foi de toujours, celle du concile de Trente, du catéchisme de saint Pie X, de tous les conciles et de tous les papes d’avant Vatican II, en un mot la foi de l’Eglise. Mais à Rome ? La persévérance et la pertinacité des idées fausses et des graves erreurs de Vatican II continuent. C’est clair. »
[ NB : dans le paragraphe suivant, la version en anglais de cette conférence de Mgr Lefebvre s’éloigne un peu, dans la forme uniquement, de la version officielle française]

« Monsieur l’abbé Tam (qui était un prêtre de la fraternité, un italien),  nous envoie depuis le Mexique un certain nombre d’exemplaires  de travaux  qu’il poursuit. Travaux très intéressants parce qu’il compile des coupures de L’Osservatore Romano [journal officiel du Vatican] : des discours du Saint-Père, du cardinal Casaroli, du cardinal Ratzinger, les textes officiels de l’Eglise. C’est très intéressant, parce que de tels documents publics sont irréfutables. Ce n’est pas « une conversation que j’ai entendue » ou une rumeur. C’est dans un texte absolument officiel. C’est publié par l’Osservatore Romano, donc on ne peut mettre en doute leur authenticité. Ces textes du cardinal Ratzinger etc. sont stupéfiants, vraiment stupéfiants. Je vais vous en donner de courts extraits. C’est incroyable.

« Ces temps-ci (puisque je suis un peu en chômage) j’ai relu le livre que vous connaissez bien, de Barbier, sur le catholicisme libéral. »

L’abbé Barbier était un prêtre français des années 1900, du temps de Saint Pie X et il y avait quelques volumes.

 « Il est frappant de voir que notre combat est exactement celui des grands catholiques du XIXe siècle depuis la Révolution, … »

Ces grands catholiques, suivaient la ligne des papes du XIXème siècle et les aidaient à combattre le libéralisme. Louis Veuillot, le cardinal Pie, dom Guéranger, c’étaient des héros de la vraie Foi au XIXème siècle contre le libéralisme. Emmanuel Barbier écrit son livre sur le combat entre les catholiques libéraux qui essayent d’adapter le catholicisme à la Révolution française et les vrais catholiques, qui disent que ce n’est pas possible. Mgr Lefebvre dit que son combat, à l’époque de la FSSPX, est exactement le même combat qu’il y a 100, 150 ans auparavant.

« … et le combat des papes Pie VI, Pie VII, Pie VIII, Grégoire XVI, Pie IX, Léon XII, Pie X, jusqu’à Pie XII. Ce combat est résumé dans l’encyclique Quanta Cura et le Syllabus de Pie IX et Pascendi Domini Gregis de saint Pie X. Ce sont des documents sensationnels, qui d’ailleurs ont fait choc en leur temps, et qui ont opposé la doctrine du Saint-Siège devant les erreurs modernes. C’est la doctrine que l’Eglise a opposée aux erreurs qui se sont manifestées au cours de la Révolution, particulièrement dans la Déclaration de droits de l’homme (de 1789 et en 1790, 1791.) Or c’est le même combat que nous livrons aujourd’hui, exactement le même combat. »

Ce qui se passe aujourd’hui au sein de la FSSPX est exactement le même combat.

« … il y a les pro- Syllabus, les pro-Quanta Cura, les pro-Pascendi et il y a ceux qui sont contre. C’est simple, c’est clair. Ceux qui sont contre adoptent les principes de la Révolution française, les erreurs modernes. Ceux qui sont pour le Syllabus et Pascendi demeurent dans la vraie Foi, dans la doctrine catholique, de Pie IX et Pie X. Or, vous savez très bien que le cardinal Ratzinger a dit officiellement que pour lui Vatican II était l’anti-Syllabus. »

En d’autres termes, Vatican II est contre le grand Syllabus de Pie IX. De ce fait, le cardinal se positionne clairement contre ceux qui sont  pour le Syllabus. Le Syllabus est anti-libéral. Ceux qui sont contre le Syllabus sont des libéraux. Ceux qui sont contre ceux qui sont contre sont des anti-libéraux. Le cardinal est du côté des libéraux.

S’il s’est clairement placé contre le Syllabus, c’est donc qu'il a adopté le principe de la Révolution. D’ailleurs il l’a dit très clairement : « L’Eglise s’est ouverte aux doctrines qui ne sont pas nôtres mais qui viennent de la société, etc… » Tout le monde a compris : les principes de 89 [liberté, égalité, fraternité], les Droits de l’homme.

Ainsi  « Nous, (ceux de Vatican II), nous avons adopté les principes de la Révolution française. Nous les avons incorporé à l’Eglise » C’est comme amener un vendeur de glace à sortir ses marchandises au soleil. Il ne vendra pas beaucoup de glace, s’il met tout au soleil. Tout fondra avant qu'il puisse vendre. La glace et le soleil ne vont pas ensemble. La Révolution française  et l’Eglise catholique ne vont pas ensemble.

Mgr Lefebvre  dit : « Nous sommes exactement dans la situation du cardinal Pie, de Mgr Freppel, de Louis Veuillot, du député Keller en Alsace, de Ketler en Allemagne, du cardinal Mermillod en Suisse…  »
(Ce sont tous des héros du combat anti-libéral.)
« Ils ont combattu le bon combat, avec la grande majorité des évêques, car à cette époque là ils avaient la chance d’avoir la grande majorité des évêques avec eux… »

Ce qui est unique dans Vatican II, c’est que la majorité des évêques est du mauvais côté. C’est un renversement total. A cette époque, ils ont eu la chance d’avoir la grande majorité des évêques du bon côté.

« Certes, Mgr Dupanloup (un célèbre libéral) et quelques évêques français à sa suite ont fait exception. De même quelques-uns, en Allemagne et en Italie, ont été ouvertement opposés au Syllabus et à Pie IX, mais ce furent plutôt des cas extraordinaires. »

« Il y avait cette force révolutionnaire des héritiers de la Révolution et, pour leur tendre la main, les Dupanloup, Montalembert, Lamennais…,(des célèbres catholiques libéraux de ce temps) qui ne voulaient jamais invoquer les droits de Dieu contre les droits de l’homme. « Nous demandons le droit commun » c’est-à-dire ce qui convient à tous les hommes, à toutes les religions, à tout le monde. Le droit commun, pas les droits de Dieu…» disaient ces libéraux…

Nous ne prenons pas parti pour les droits de Dieu. Nous voulons seulement les droits de l’homme, comme chacun en est partisan. C’est mignon, mais ce n’est pas assez bien. Les catholiques doivent être du parti des droits de Dieu.

« Nous n’avons pas à hésiter... » Mgr Lefebvre dit en 1990 : « Nous nous retrouvons à présent dans la même situation, il faut ne pas se faire d’illusions : nous menons un combat très fort. »

De 1990 à 2012, voici 22 autres années d’un combat de plus en plus rude. Il ne devient pas plus facile.

« Mais comme il [le combat] est assuré par toute une lignée de papes, nous n’avons pas à hésiter ou à avoir peur. »

En d’autres termes,  pourquoi suivre notre propre route ? Après tout, pourquoi ne pas rejoindre Rome, pourquoi ne pas rejoindre le pape, particulièrement s’il dit qu'il a besoin de nous pour travailler pour lui ? Le pape est aimable, nous le sommes aussi, tout le monde est gentil, nous allons  avoir une gentille fête, tous ensemble dans le jardin. Pourquoi pas ? »
Le petit chaperon rouge : - Oh, Monsieur le loup, quelles belles, grandes dents vous avez ! - C’est pour mieux te croquer, mon enfant. Rome est infestée de francs-maçons. Ce sont des loups. Les romains d'aujourd'hui sont des loups, plus que jamais. Ils haïssent l’Eglise.  Ils haïssent Notre Seigneur Jésus-Christ.

« Certains voudraient changer ceci ou cela, se rallier quand même à Rome, au pape… Nous le ferions, bien sur, s’ils étaient dans la Tradition, et continuaient le travail de tous les papes du XIXe siècle et de la première moitié du XXe. Mais eux-mêmes reconnaissent qu'ils ont pris une voie nouvelle, que le concile Vatican II a ouvert une nouvelle ère, et que l’Eglise parcourt une nouvelle étape. »

Vous devez le croire. La plus grande partie de l’Eglise a quitté les rails. Ils reconnaissent qu'une nouvelle époque s’est  ouverte pour l’Eglise, fondée sur  de nouveaux principes. Il est inutile de les attaquer sur ce point, ils en conviennent eux-mêmes. C’est clair.

 « Je pense qu'il faut inculquer cela à nos fidèles, de telle manière qu'ils se sentent solidaires de toute l’histoire de l’Eglise. Parce qu'enfin cela remonte même avant la Révolution : c’est le combat de Satan contre la Cité de Dieu. Comment cela va-t-il se résoudre ? C’est le secret de Dieu, un mystère. Mais il n’y a pas à se faire de souci, il faut avoir confiance dans la grâce du Bon Dieu.

Les laïcs posent une autre question : Comment tout cela va-t-il finir ? Mgr Lefebvre répond : En fait, je ne sais pas… Même lui n’avait pas la réponse à cette question. C’est  l’affaire de Dieu. Ce n’est  pas notre problème. C’est son Eglise. Je ne sais pas ce qu’il  a l’intention de faire de l’Eglise. Je ne suis pas Dieu. Mais, ce que je sais, c’est qu’ici et maintenant, c’est la ligne que nous devons suivre. Nous ne pouvons  pas marcher sur la pointe des pieds, à travers les tulipes.  Que va-t-il arriver ? Comment tout çà va-t-il se terminer ? « C’est le secret de Dieu », répond Mgr Lefebvre. « C’est un mystère », mais nous devons…

«… combattre contre les idées actuellement en vogue à Rome, celles que le Pape exprime, ainsi que Ratzinger, Casaroli, Willebrands, et tant d’autres, c’est clair. Nous les combattons parce qu’ils ne font que répéter le contraire de ce que les papes ont dit et affirmé solennellement pendant un siècle et demi. Alors il faut choisir. C’est ce que je disais au pape Paul VI. On est bien obligé de choisir entre vous, le Concile, et vos prédécesseurs. »

Il y a une ligne droite et une autre qui est courbe, sans forme :

« A qui faut-il aller ? Aux prédécesseurs qui ont affirmé la doctrine de l’Eglise, ou bien suivre les nouveautés du concile Vatican II que vous avez affirmées. » Réponse de Paul VI : « Oh, il ne faut pas faire de théologie ici. »

Ces libéraux ne pensent pas. Ils ne veulent pas étudier la doctrine, les vraies questions. Ils ont seulement des impressions.

«  Nous n’avons pas à hésiter une minute, (et vient une partie intéressante) si nous voulons ne pas nous retrouver avec ceux qui sont en train de nous trahir. Il y en a qui ont toujours envie de regarder de l’autre côté de la barrière. Ils ne regardent pas du côté des amis, de ceux qui se défendent sur le terrain même du combat, ils regardent toujours un peu du côté de l’ennemi. Ils disent qu'il faut être charitable, avoir de bons sentiments, qu'il faut éviter les divisions. Après tout, ces gens là (les Saint Pierre, l’institut du Christ-Roi et l’institut du Bon Pasteur) disent quand même la bonne messe, ils ne sont pas si mauvais qu'on le dit…» puisqu'ils ont la Messe tridentine !

« Mais ils nous trahissent. » dit  Mgr Lefebvre. Oui, l’institut du Christ Roi, l’institut du Bon Pasteur, les Saint Pierre, ils nous trahissent. Par pitié, ne frayez pas avec des gens qui ont abandonné le combat. Ils ne sont pas de nos amis. Ils serrent la main des destructeurs de l’Eglise. Et qu'en est-il de tous ceux de la FSSPX, allant actuellement à Rome ?  Je vous parie qu'à chaque fois qu'ils rencontrent le pape ou le cardinal et peu importe qui, ils leur serrent la main. Ils serrent la main des destructeurs de l’Eglise. Arrêtons-nous et réfléchissons : ce que dit Mgr Lefebvre  est sensé :

« Ils donnent la main à ceux qui démolissent l’Église, à ceux qui ont des idées modernistes et libérales, pourtant condamnées par l’Eglise. »

Les Saint-Pierre, les Christ-Roi, Dieu seul connait leurs intentions. Je n’ai pas à juger, mais objectivement « ils font le travail du diable » [dit Mgr Lefebvre] parce qu’ils sont compromis. Ils sont les agents de la compromission, et on ne peut faire ami-ami avec ces agents de la compromission. Vous pouvez les apprécier individuellement, mais c’est la Foi qui est en jeu.

Ainsi, « eux qui travaillaient avec nous pour le règne de Notre Seigneur et pour le salut des âmes. » disent maintenant : « Oh, pourvu qu'on nous accorde la bonne messe, on peut donner la main à Rome, il n’y a pas de problèmes ». Voilà comment ça marche ! Ils sont dans une impasse »

C’est vrai aujourd’hui pour l’IBP et la Fraternité Saint Pierre. Ils essaient de défendre la Tradition, alors que leurs patrons leur disent : « vous ne pouvez pas défendre la Tradition ». Ils sont entre le marteau et l’enclume. Mgr Lefebvre n’a jamais voulu se retrouver  dans une telle situation, il refusa toujours d’être dans cette situation, mais maintenant les chefs de la FSSPX veulent se retrouver dans cette situation. Cela n’a aucun sens. Ils ont perdu la boussole. [Si vous voulez comparer,] Ecoutez l’autre son de cloche [de Mgr Fellay]. [Puis] Faites-vous votre propre opinion.

« Qu'on ait des contacts pour les ramener à la Tradition, les convertir, à la rigueur. C’est le bon œcuménisme. Mais donner l’impression qu'on regrette presque, et qu'après tout on irait bien parler avec eux, ce n’est pas possible. Comment parler avec ceux qui maintenant nous disent que nous sommes figés comme des cadavres ? »

Ils vivent avec Rome, ils sont de leur temps, ils sont acceptables, ils sont « buvables », ils sont OK ! Mais nous, oh là là ! Nous sommes rétrogrades, nous sommes retardataires... Ils condescendent à nous serrer la main, mais ne ils ne le méritent pas, disait Mgr Lefebvre.

« Selon eux, nous ne sommes plus la Tradition vivante, nous sommes des gens tristes, sans vie et sans joie. »

C’est incroyable, inimaginable. Quelles relations peut-on avoir avec des gens comme çà, avec ces mauviettes qui se compromettent, qui sont fiers de s’être soumis à Rome, mais qui, depuis qu'ils sont soumis à Rome, ne sont plus capables de défendre la Tradition ou d’attaquer Vatican II, par exemple ? C’est le point clé. » Oh, c’est parfait que vous prêchiez la spiritualité, si vous dites  que Dieu est bon et que Dieu est aimable et que nous devons nous bien conduire nous-mêmes » pas de problème… Mais si  vous dites que Vatican II était n’importe quoi, alors les Romains vont venir. Si vous vous conduisez en homme et que vous attaquez les erreurs, alors ils arrivent, tout feu tout flamme.

« C’est ce qui nous pose parfois des problèmes avec certains très bons laïcs, qui sont pour nous et qui ont accepté les sacres, mais qui ont comme une espèce de regret intime de ne plus être avec ceux avec lesquels ils étaient auparavant, ceux qui n’ont pas accepté les sacres et qui maintenant sont contre nous. « C’est dommage, je voudrais bien aller les retrouver, boire un verre avec eux, leur tendre la main ». Le commentaire de Mgr Lefebvre était : « Cela c’est de la trahison, parce qu'à la moindre occasion ils partiront avec eux. »
Mgr Lefebvre disait : « Il faut savoir ce que l’on veut.  Car c’est cela qui a tué la chrétienté de l’Europe, pas seulement l’Église de France, mais aussi celle d’Allemagne, de Suisse… »

C’est ce qui a permis à la Révolution de s’affermir. Des catholiques tout doux avec les révolutionnaires, des catholiques quittant leur chemin pour  plaire aux révolutionnaires, c’est cela que les révolutionnaires ont utilisé pour faire avancer la Révolution.

 « Ce sont les libéraux qui ont permis à la Révolution de s’installer, précisément parce qu'ils ont tendu les mains à ceux qui n’avaient pas leurs principes. Il faut savoir si nous voulons collaborer aussi à la destruction de l’Église, à la ruine du règne social de Notre Seigneur, ou bien si nous sommes décidés à œuvrer au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ.Tous ceux qui veulent venir avec nous, pour travailler avec nous, Deo gratias, nous les accueillons, peu importe d’où ils viennent, mais qu'ils ne nous disent pas de quitter notre chemin pour aller avec eux collaborer avec les autres. Ce n’est pas possible. »

C’est tout à fait logique. Mais cela ne signifie pas que nous devions traiter comme des chiens ceux qui se sont compromis... Non, évidemment non, mais cela veut dire que vous ne devez pas vous comporter avec eux comme s’ils étaient encore les amis qu'ils furent dans le passé, comme s’il n’y avait pas de danger à se mêler à eux, comme s’ils étaient aussi bien qu'ils étaient avant. Non.

« Tout au long du XIXe siècle, les catholiques se sont littéralement déchirés à propos de ce document du Syllabus, pour, contre, pour, contre…»

"Vous vous souvenez en particulier du comte de Chambord que l’on a critiqué d’avoir refusé la royauté [après la révolution de 1870, en France], pour une question de drapeau." 
En 1871, les français ont perdu la guerre contre la Prusse. Cette défaite fut une expérience très salutaire pour les français, et il se produisit un retour à des idées plus saines, loin du libéralisme, tournées vers la monarchie et vers l’Eglise. C’est à ce moment que fut érigée la basilique du Sacré Cœur de Montmartre, comme un acte de réparation, après l’épreuve sanglante subie lors de la guerre franco-prussienne de 1870-71. Alors les français offrirent la couronne à l’héritier légitime du trône de France, mais les francs-maçons firent en sorte qu'il y eut des conditions  à ce retour, à savoir l’acceptation du drapeau maçonnique. Sa réponse fut non.

« Mais ce n’était pas tellement une question de drapeau, le comte de Chambord a refusé d’être soumis aux principes de la Révolution. »
… car les mauvais avaient réussi à présenter l’offre de retour du trône au monarque légitime, de façon à ce qu'il eut dû faire un compromis, pour recouvrer le trône. Il a dit : «  pas de compromis, je préfère n’être pas roi  qu'un roi du compromis. » Et Mgr Lefebvre dit qu'il avait tout à fait raison. Vous ne pouvez pas jouer avec les principes. Le prince a dit : 

 « Je ne consentirai jamais à être le roi légitime de la Révolution ». Et il avait raison, car il aurait été plébiscité par le pays et l’Assemblée, mais à condition d’accepter le parlementarisme, c’est-à-dire les principes de la Révolution. Alors il a dit : « Non, si je dois être roi, je le serai selon mes ancêtres d’avant la Révolution. Il avait raison, c’est à choisir. Avec le Pape il choisissait les principes d’avant la Révolution, principes catholiques et contre-révolutionnaires. »
« Et nous aussi, dit Mgr Lefebvre, nous avons choisi d’être contre-révolutionnaires, avec le Syllabus, contre les erreurs modernes, d’être dans la vérité catholique et de la défendre. »

Nous avons raison, et pas parce que nous sommes la Fraternité Saint Pie X. Regardez ce que fait aujourd'hui la Fraternité Saint Pie X. La Fraternité Saint Pie X est parfaitement capable de devenir folle. Ce n’est pas parce que nous sommes la Fraternité Saint Pie X que nous avons raison, C’est parce que nous suivons  la ligne de vingt siècles d’Eglise. C’est pourquoi nous avons raison et nous ne voulons pas dévier.