jeudi 17 janvier 2013

Comment éviter la mentalité schismatique et sectaire ?(Partie 2) Autrement dit : faut-il s’en remettre aux autorités de la FSSPX en rupture avec Rome en toutes circonstances ?


Comment éviter la mentalité schismatique et sectaire ?
Autrement dit : faut-il s’en remettre aux autorités de la FSSPX en rupture avec Rome en toutes circonstances ?

par InDominoSperavi

Partie 2

Dom Thomas d'Aquin, 
prieur du monastère Santa Cruz, Brésil


Savoir tirer les leçons de l’histoire suppose de connaître cette histoire, donc de lire et de se former, même sur Internet.

L’esprit de schisme qui consiste à faire confiance aveuglément à Mgr Felllay comme à un nouveau pape, à ne pas réfléchir, conduit à fausser le discernement : on devient incapable de prendre la bonne décision. Le discernement suppose un mûrissement de la pensée lié à la formation, à la prière et à l’action du Saint-Esprit. Cela suppose du temps et du recul. L’histoire des évènements, l’étude des faits permet à la raison humaine tâtonnante de trouver plus facilement des lumières et à la volonté faible d’incliner progressivement dans le bon sens. Ceux qui ont étudié les ralliements (IBP, Campos,…) pourront plus facilement comprendre le danger du ralliement (accepté par principe) du chapitre de la FSSPX en 2012. Ce n’est pas pour rien si Dom Thomas du Brésil, très actif dans le combat actuel, a écrit récemment un article historique sur Mgr Rifan. Dom Thomas a déjà vécu personnellement plusieurs ralliements (Dom Gérard, Mgr Rifan) ; il sait que l’histoire est source d’enseignement. Le prêtre ou le fidèle qui s’imagine qu’il faudra étudier le problème quand Mgr Fellay signera un accord avec Rome fait preuve d’une grande légèreté intellectuelle et surtout d’une grande présomption : comment peut-il dire qu’il saura prendre la bonne décision à ce moment-là sans avoir auparavant étudié la question pendant plusieurs mois voire plusieurs années ?

C’est ainsi que, par une bonne préparation intellectuelle puisée à des sources différentes, le fidèle ou le prêtre pourra :
- éviter la mentalité schismatique d’obéissance aveugle (paresse intellectuelle),
- trouver la force pour réagir,
- poursuivre le bon combat de la Tradition de façon charitable mais ferme sur les principes,
- sera à même de juger des situations et ainsi de diriger sa famille ou sa chapelle.


Dieu donne ses grâces comme il l’entend mais il comble ceux qui se préparent à recevoir ses grâces. C’est ainsi que lors du Concile Vatican II, certains évêques, prêtres et fidèles ont vu clair et d’autres non. Il va de soi que la responsabilité, devant Dieu, de l’évêque, du prêtre ou du fidèle n’est pas la même ; par ailleurs, il est évident que, lorsque le pape encourage l’hérésie, la notion d’Eglise enseignante et d’Eglise enseignée est problématique. D’où le rôle des laïcs dans le combat de la Tradition. Salleron, Arnaud de Lassus, Madiran, Raffard de Brienne… sont des laïcs qui ont joué un rôle important pour la Tradition et qui sont intervenus sur le terrain de la théologie, de la messe, du catéchisme, etc. Mgr Lefebvre demandait des conseils à des laïcs.

Cas pratiques (réels et vécus)

Voici quelques cas concrets qui permettent de montrer l’utilité de se former :

Cas n°1 : Je suis père de famille, "tradi". J’habite en Corse. Mon enfant va se faire confirmer. Le prêtre qui dessert la chapelle de la FSSPX me propose de faire confirmer mon enfant par l’évêque diocésain.

Si je n’ai pas étudié les raisons du combat, je peux être perplexe. A qui faut-il obéir : au prêtre de la FSSPX ? A son supérieur qui le désapprouve ? A l’esprit des négociations avec Rome qui envisage, ainsi que Mgr Fellay l’a déclaré le 8 juin à DICI, que des évêques diocésains, dans certaines circonstances, puissent faire des cérémonies dans les chapelles de la FSSPX ? Et si finalement, il fallait obéir à l’évêque diocésain ? Cet exemple concret et vécu est au cœur des problématiques actuelles. Ne pas se documenter, obéir sans se poser de questions au prêtre qui dessert habituellement la chapelle locale de la FSSPX amène à faire n’importe quoi. L’attitude schismatique qui est de ne pas se poser de questions amène le plus souvent au ralliement car les raisons du combat ne sont plus présentes. On passe d’une Eglise parallèle où l’on se trouvait bien à la Rome moderniste qui se trouve bien en phase avec la modernité.

Cas n° 2 : Je suis père de famille, "tradi", au Brésil. Pour avoir une vie spirituelle plus riche, nous avons déménagé et habitons maintenant près du monastère bénédictin. Mon enfant va se faire confirmer. Le Supérieur du monastère m’annonce que Mgr Williamson viendra donner les confirmations. Je sais que Mgr Fellay n’a pas donné son accord.
Si je n’ai pas étudié les raisons du combat, je peux être perplexe. A qui faut-il obéir : au Père du monastère ? A Mgr Fellay ? A Mgr Williamson ? Ce n’est pas dans l’urgence que l’on pourra se faire une idée juste, mais dans la réflexion au long cours, dans la prière. Si l’on a compris que ces questions ne peuvent être éludées par un catholique de tradition, le Bon Dieu verra notre souci de bien faire, de faire sa volonté, il récompensera ce souci par quelques lumières. Si l’on ne s’intéresse pas à l’étude de ces questions car on s’est donné une nouvelle autorité inconditionnelle, Mgr Fellay, autorité qui a pris la place du pape dans notre esprit et autorité que l’on suit en tout, alors la mentalité schismatique s’est installée.

Cas n° 3 : Je suis un père de famille, "tradi" et je reçois une lettre d’un ami qui me demande mon avis sur la crise dans la FSSPX. Dans cette lettre se trouvent deux photocopies : l’une est une photocopie de la lettre des 3 évêques s’opposant à Mgr Fellay, l’autre est un Commentaire Eleison dans lequel de Mgr Williamson s’oppose à Mgr Fellay.

Si je n’ai pas étudié les raisons du combat, je peux être perplexe. Que faut-il conseiller ? Si je suis de tendance schismatique, je tranche sans hésiter : cela ne me regarde pas, obéissons au Supérieur Général, pas de vagues. Si je sais que le pape n’est pas à Menzingen mais à Rome je me dis : si le Pape peut se tromper, Mgr Fellay aussi, donc il faut réfléchir. Voyons, Mgr Lefebvre a sacré 4 évêques pour le combat de la Tradition. S’ils s’opposent, étudions les raisons. Un évêque peut toujours faillir. Pourquoi Mgr Fellay est-il isolé ? Pourquoi Mgr Williamson est-il isolé ? Je me documente. Comme je sais que dans la FSSPX, chaque prêtre a sa façon de voir, - l’abbé Moulin ne dira pas la même chose que l’abbé Simoulin ! - je vais sur internet pour avoir une vue d’ensemble des thèses en présence. Si je ne souhaite pas avoir Internet chez moi, je vais dans un cyber-café ! Après avoir répondu à ces interrogations, je détermine ce qu’il convient de répondre et je comprends mieux quel est le sens du combat de la Tradition. Je puis alors conseiller mon ami et former mes enfants.

Cas n° 4 (s’applique à tous) : j’ai appris qu’il y a un problème dans la FSSPX. Est-ce que cela me touche ou est-ce que ces questions, au fond, ne m’intéressent pas ? Est-ce que j’ai le sens de l’Eglise et du service de la vérité ou est-ce que je suis dans la Tradition comme un orthodoxe est dans l’orthodoxie, par culture ? Qui a raison, Mgr Williamson ou Mgr Fellay ? A qui vais-je envoyer mon denier du culte ? Est-ce que le combat de la foi me concerne ? Où suis-je le plus utile ? Quelle est la volonté de Dieu sur moi par rapport à ce problème ?

Bon courage, bonnes lectures et bonnes prières.

N. B. Si vous n’êtes pas encore convaincu par la teneur de cet article, écoutez le début du sermon de l’abbé Koller, prêtre de la FSSPX, il explique mieux que moi cette nécessité de la formation.