lundi 14 janvier 2013

Comment éviter la mentalité schismatique et sectaire ? Autrement dit : faut-il s’en remettre aux autorités de la FSSPX en rupture avec Rome en toutes circonstances ?


Comment éviter la mentalité schismatique et sectaire ?
Autrement dit : faut-il s’en remettre  en toutes circonstances aux autorités de la FSSPX 
en rupture avec Rome ?

par InDominoSperavi



Partie 1

Le problème

Dans la crise qui secoue actuellement la FSSPX, le prêtre, le religieux ou le simple fidèle de la FSSPX doit-il s’en remettre à son supérieur qui a les grâces d’état et ne pas chercher à s’informer ? Ou faut-il au contraire se documenter (sur internet ou autres supports), lire, prier et méditer afin de discerner  et de se faire un jugement propre ? Par exemple, est-ce un péché de curiosité de lire des documents confidentiels qui ont fuité et qui ne nous sont pas destinés ?

La mentalité schismatique

Sous apparence de bien, la tentation est grande de chercher à ne pas savoir et à obéir sans réfléchir. Cela paraît vertueux : mortification de la curiosité, mortification de la volonté propre, refus des commérages, des disputes, etc. Cette attitude est vertueuse dans l’Eglise en temps normal lorsqu’on obéit au pape qui enseigne la doctrine catholique. Or, deux problèmes nouveaux se posent :
- le pape n’enseigne plus la doctrine catholique.
- si le pape et un concile peuvent se tromper, a fortiori Mgr Fellay. La FSSPX n’a pas les promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ qu’elle ne périra pas.

Obéir aveuglément à Mgr Fellay, c’est-à-dire ne pas s’informer, c’est considérer qu’il constitue une référence magistérielle infaillible : le pape a tort mais jamais Mgr Fellay. Par confort, parce que c’est commode, on suit la FSSPX sans se poser de questions, comme le moderniste suit son curé de paroisse et fait des ADAP autorisées par son évêque. C’est la mentalité schismatique qui s’installe. Comme un orthodoxe qui ne se pose pas de question, le "tradi" suit la FSSPX sans se poser de questions, sans se former, sans s’informer à l’extérieur de la FSSPX. Quand bien même Mgr Fellay aurait raison d’exclure à tour de bras ses prêtres et même un évêque, ne pas se poser de questions révèle une mentalité schismatique : on suppose que le Supérieur Général est forcément fidèle à ses grâces d’état alors qu’on sait que même le Pape qui a des grâces d’état supérieures n’est pas fidèle.

Lorsqu’on est "tradi", on choisit personnellement de désobéir au pape et à l’évêque du lieu. Suivre l’autorité de la FSSPX, est donc désobéir au pape ! Dès lors, il ne faut pas suivre la FSSPX à la légère, et il faut vérifier constamment où nous mène cette autorité rebelle au souverain pontife. On ne peut donc suivre l’autorité de la FSSPX que dans la mesure où elle nous entraîne dans le bon chemin. En effet, la FSSPX n’a pas de juridiction officielle sur les fidèles. Il faut donc se tenir informé et discerner afin de motiver son propre choix : ai-je raison de désobéir au pape en suivant la FSSPX ? Ai-je raison de toujours suivre la FSSPX ? Cet acte grave est-il toujours justifié ? La FSSPX poursuit-elle toujours le bon combat ? Ne devrais-je pas suivre l’abbé  Chazal et Mgr Williamson ? Chaque fidèle ne peut analyser seul les situations mais il se documente et prie.

Ne pas vouloir discerner, étudier les tenants et les aboutissants de la crise actuelle, évoquer l’obéissance et les grâces d’état, c’est se considérer dans une Eglise parallèle qui n’a de compte à rendre qu’à elle-même. Il suffirait d’obéir au Supérieur Général. Celui-ci prend alors la place de l’évêque diocésain, voire du pape dans l’esprit de certains fidèles accordistes. Le souci est que le Supérieur général de la FSSPX n’est pas le pape. Et quand le Chapitre et le Supérieur général donnent, pour raison de leur désobéissance au Pape, six conditions ubuesques, il y a matière à réflexion.

L’attitude responsable

Assumer sa désobéissance personnelle par rapport au pape, à l’évêque du lieu est l’attitude responsable. Etre anti-accord, c’est prendre la mesure du combat pour la Tradition. C’est ne pas être naïf en pensant que la Franc-Maçonnerie et Satan s’arrêtent à la porte de la FSSPX. C’est comprendre que si l’Eglise conciliaire est infiltrée jusqu’au plus haut niveau, ce serait curieux que la FSSPX ne le soit pas. Le fait qu’un ancien abbé de la FSSPX devienne le secrétaire particulier du cardinal Vingt-Trois fait réfléchir. Dès lors, ce n’est pas la curiosité qui amène le catholique "tradi" à étudier des documents divulgués sur internet, c’est le souci de discerner.

L’organisation centralisée de la Tradition renforce cette mentalité schismatique des accordistes

Au départ, dans les années 1970-1990, la Tradition est un réseau qui va du curé de paroisse diocésain (Abbé Coache, par exemple) au prêtre de la FSSPX en passant par des abbayes ou des Fraternités. (Fraternité de la Transfiguration).

En 1988, ce sont les consécrations épiscopales de 4 évêques choisis uniquement dans la FSSPX. Dès lors, les 4 évêques tiennent en leurs mains le destin de toute la Tradition. C’est-à-dire que la FSSPX tient dans ses mains le destin de toute la Tradition.

Mgr Lefebvre avait souhaité que ce ne fût pas un évêque qui soit le Supérieur Général de la FSSPX afin de ne pas concentrer les pouvoirs. Or c’est devenu le cas. Mgr Fellay dirige les 3 autres évêques. La Tradition est entre les mains d’un seul homme : Mgr Fellay. Au-dessus de lui, il n’y a pas de juridiction d’appel. Même si l’on n’appartient pas à la FSSPX, il faut obéir à Mgr Fellay car il a la clé des ordinations, étant évêque et dirigeant les évêques. D’où les ordinations de capucins et de bénédictins retardées pour des motifs disciplinaires. Il s’agit bien d’une dérive schismatique : les légitimes différences d’appréciation et d’action dans le combat pour la Tradition sont sanctionnées. Les expulsions de prêtres et d’un évêque soulignent cette dérive qui consiste à se considérer (même si on ne se le formule pas) comme une nouvelle Eglise parallèle unifiée : l’autoritarisme est le symptôme d’une mentalité schismatique. Cela est très visible dans la conception que Mgr Fellay se faisait de sa Prélature personnelle négociée avec Rome. Son périmètre englobait toute la Tradition : Mgr Fellay incluait les ordres religieux sans même leur demander leur avis. Comme le patriarche de Moscou ramènera un jour tous les orthodoxes russes à l’unité avec Rome, Mgr Fellay ramenait toute la Tradition avec lui. Et évidemment, cette mentalité schismatique à la tête de la FSSPX et donc à la tête de la Tradition descend jusqu’au fidèle de base qui devrait obéir à Mgr Fellay pour les même raisons que l’on obéit au Pape : grâces d’état, humilité, obéissance au supérieur légitime, etc. On est frappé de voir que les arguments des modernistes contre Mgr Lefebvre sont les mêmes que ceux de Mgr Fellay contre les anti-accordistes:
- Qui êtes-vous pour vous opposer à votre Supérieur ?
- Votre désobéissance est le signe d’un manque d’esprit surnaturel et d’un grand orgueil
- Le combat vous a aigri et vous êtes devenu dur (Mgr Lefebvre avait cette réputation de dur, d’évêque rebelle comme les anti-accordistes, réputation forgée par les opposants.)
- Vous n’avez pas le sens de l’Eglise, vous êtes schismatiques, sédévacantistes.

Les anti-accordistes sont toujours accusées de sédévacantisme (pratique ou non) et de schisme. L’on accuse habituellement les gens de la tendance dont on se sait victime. Le fait que les arguments des accordistes miment ceux de l’Eglise conciliaire montrent bien que les accordistes même s’ils s’en défendent, se conduisent comme s’ils se prenaient pour l’Eglise officielle. Il ne s’agit plus de discuter sur le fond mais de reprendre à son compte les arguments des modernistes contre Mgr Lefebvre. On se substitue à Rome, on est la nouvelle Rome à qui on doit, par définition et principe, respect et obéissance.

Pour échapper à cette dérive schismatique de la part de la FSSPX, la solution est la consécration épiscopale de prêtres de différentes congrégations (monastères, fraternités, etc.) afin de reconstituer cet esprit de réseau et d’éviter une centralisation qui copie la centralisation romaine. Car il n’y a qu’une seule Eglise qui puisse être monarchique, centralisée, c’est celle de Rome autour du Pape, et non celle de Menzingen autour de Mgr Fellay.

Suite de l’article avec illustration de cas concrets, à paraître  prochainement.