mercredi 23 janvier 2013

Citations de Mgr Lefebvre (2ème partie) Extraits de la conférence du 13 décembre 1984 à St Nicolas


Citations de Mgr Lefebvre (2ème partie) 


Extraits de la conférence du 13 décembre 1984 à St Nicolas

(...) Et puis il est une autre grande épreuve dont nous souffrons tous, c’est l’épreuve de l’Église, parce qu’enfin il faut bien le reconnaître, la situation extérieure et d’une certaine manière la situation juridique (du moins juridique dans le sens du droit purement littéral), eh bien elle n’est pas normale, c’est vrai. Ainsi nous ne sommes pas en relation normale avec les évêques, avec les prêtres qui sont autour de nous et qui font aussi un apostolat - quel apostolat ? - mais enfin ce sont des prêtres qui sont dans les paroisses encore ; les relations avec eux ne sont évidemment pas des relations que nous aurions dû avoir normalement dans le Sainte Église. Donc pas de relations normales avec l’Évêque, pas de relations normales avec les prêtres qui nous environnent, pas de relation normales avec les religieux avec les religieuses, avec une bonne partie des fidèles, avec Rome même. C’est une épreuve épouvantable, affreuse, parce que c’est anormal. Mais l’anomalie ne vient pas de nous ; c’est d’eux qu’elle vient, de tous ceux qui n’ont pas suivi la tradition de l’Église, qui en définitive se sont mis eux-mêmes hors de la légalité, hors de la Foi, même, oui, hors de la Foi. Mais quoi qu’il en soit, nous en sommes persuadés, ce sont eux qui ont tort, qui ont changé de route, qui ont rompu avec la tradition de l’Église, qui se sont lancés dans des nouveautés, nous en sommes convaincus ; c’est pourquoi nous ne les rejoignons pas, nous ne pouvons pas travailler avec eux ; nous ne pouvons pas collaborer avec des gens qui s’éloignent de l’Esprit de l’Église, de la tradition de l’Église.

(...)
Qui n’a pas Jésus-Christ, dit Saint Jean, n’a pas le Père. On n’a pas le Père si on n’a pas Notre Seigneur Jésus-Christ. Cette guerre instaurée par les Juifs et qui continue par la Franc-maçonnerie, est dirigée par Satan, par tous les moyens. 


Alors nous arrivons à la trahison, à la trahison des catholiques, par le libéralisme. Les libéraux sont ceux qui se compromettent avec ces gens-là, avec ceux qui proclament la liberté et l’indépendance de Dieu, dans les droits de l’homme. En effet, la liberté religieuse n’est autre qu’un des articles de la Constitution des Droits de l’homme, de la proclamation des droits de l’homme, et même l’œcuménisme n’est qu’une conséquence de la liberté religieuse, de “l’égalité”, de l’égalité qui ruine toute la nature telle que le Bon Dieu l’a faite. 

Nous sommes nés inégaux. Sans doute sommes-nous égaux par notre nature mais le Bon Dieu a voulu que nous soyons inégaux dans nos dons, dans les dons qu’Il nous a donnés pour l’organisation de la société, entre nous, pour qu’il y ait un ordre chrétien, une hiérarchie chrétienne. Cette inégalité est foncièrement dans la nature voulue par Dieu ; de même la propriété privée, qui donne forcément des inégalités, est voulue par Dieu ; toutes ces choses-là sont voulues par Dieu. 

Or le libéralisme fait un pacte avec les idées sataniques du monde en révolte contre Dieu, et contre toutes les lois que le Bon Dieu a faites, naturelles et surnaturelles. Le libéralisme veut s’unir à ces gens-là et admet donc ces principes. Alors nous qui voulons sauver justement et reconstituer cette dépendance de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ en nous, autour de nous, par l’intercession de la Très Sainte -Vierge Marie, avec le règne de la Très Sainte Vierge Marie, eh bien, nous nous révoltons contre ceux qui ne veulent pas la dépendance de Dieu, la dépendance de Notre Seigneur Jésus-Christ, et contre ceux qui ruinent la dépendance de Notre Seigneur Jésus-Christ. 
Or c’est ce que font les hommes d’Église actuellement Nous le voyons sous nos yeux, c’est clair, partout. Depuis le Concile le libéralisme a investi les postes les plus importants de l’Eqlise depuis le Pape jusqu’aux cardinaux de Rome, jusqu’à la Curie. 

Le libéralisme s’est implanté dans l’Église, donc la compromission des hommes d’Église avec les hommes de Satan, pas un pacte ouvert. [Il n'y a] Plus de lutte, plus de lutte contre Satan, plus de guerre contre ceux qui proclament l’indépendance vis-à-vis de Dieu, ça c’est fini ; et ce pacte il a été signé à l’occasion du Concile ouvertement, publiquement avec les Francs-maçons, avec les protestants, avec les communistes. Nous assistons à ce mariage, à ce mariage adultère, abominable entre les hommes d’Église et la révolution et les idées qui vont contre Dieu et Notre Seigneur Jésus-Christ, contre son règne. C’est abominable. 

Et cela s’est prouvé encore tout récemment par l’interview du Cardinal Ratzinger, interview qui a été publiée en 14 pages. Un livre va paraître bientôt au mois de janvier sur cette interview qui a duré plusieurs jours. La personne qui a pris l’interview va donc éditer un livre. Je pense que la phrase qui est ici rapportée par la personne (c’est un colloque avec le Cardinal Ratzinger) va y être sûrement rapportée. Elle est d’une importance capitale. S’il y a de très bonnes choses dans l’interview, il y a des choses radicalement mauvaises dans les paroles du Cardinal Ratzinger qui nous montrent la gravité de la situation actuelle quand on pense que le Cardinal est tout de même celui qui est à la tête de la Congrégation dite “ pour la doctrine de la Foi (ce n’est plus malheureusement le Saint Office). 

Voici la phrase qui se trouve à la page 72 de cette revue italienne : 
“Alors un peu inquiet, je dis au Cardinal - dit la personne qui l’interroge -est-ce que la situation dans l’Église serait vraiment changée ? 
“Oui” (la réponse est grave) oui, “le problème des années 60, c’était d’acquérir les valeurs les mieux exprimées de deux siècles de culture libérale. (Voilà quel était le problème des années 60.) Et en effet, il y a des valeurs qui, bien qu’elles soient nées en dehors de l’Église (effrayantes des bêtises pareilles : qui sont nées en dehors de l’Église !) peuvent trouver leur place, (désormais) pourvu qu’elles soient “depurati et correcti” (qu’est-ce que cela veut dire ? en tout cas les valeurs elles-mêmes peuvent trouver leur place) nella sua visione del mondo, dans la vision que l’Église a du monde” (effrayant cela, effrayant ) “E questo si è fatto” - “et ça c’est fait. C’est fait, c’est fini pour lui, c’est une affaire acquise, terminée, l’Église au cours des années 60, donc pendant le concile pratiquement, a acquis des valeurs qui sont venues d’en dehors de l’Église, de la culture libérale - “due secoli” -de deux siècles de culture libérale. C’est clair ce sont les droits de l’homme, c’est la liberté religieuse, c’est l’œcuménisme. C’est satanique. 


Alors le Cardinal dit “questo si è fatto”, cela s’est fait, c’est une chose accomplie. “Mais”, ajoute-t-il, maintenant le climat est un peu divers, il a beaucoup empire è molto peggiorato rispetto a quello che giustificava un ottimismo forse ingenuo” mais maintenant le climat est moins bon, “peggiorato”, empiré par rapport au temps où l’on pouvait avoir un (véritable) optimisme assez ingénu.” Alors maintenant “Bisogna quindi cercare nuovi equilibri” “maintenant il faut chercher un nouvel équilibre”. 
Il ne dit pas qu’il faut enlever ces principes, ces valeurs qui viennent de la culture libérale, mais il faut essayer de retrouver un nouvel équilibre. Ce nouvel équilibre, c’est l’Opus Dei. L’équilibre de l’Opus Dei est un équilibre extérieur de traditionalisme, un extérieur de piété, un extérieur de discipline religieuse, avec les idées libérales. On garde les idées libérales. Pas question d’enlever les idées libérales. Pas question de lutter contre les droits de l’homme, contre l’œcuménisme et contre la liberté religieuse qui est un droit essentiel de l’homme bien sûr, quitte à lui apporter un tempérament extérieur. 

Alors je pense qu’il faut juger de tous les actes de Rome actuellement dans cette optique-là, dans l’optique du Cardinal Ratzinger car il est le porte-parole: garder les idées libérales ; pas question de changer les principes fondamentaux nouveaux que nous avons acquis à l’occasion des années 60 et qui sont maintenant, un fait acquis pour l’Église. Les idées libérales, certaines idées libérales peuvent faire partie de la vision que l’Église a du monde, mais il faut tout de même chercher un certain équilibre. Alors pour cet équilibre il faut frapper un peu la théologie de la libération, il faut frapper un peu les évêques français à l’occasion du catéchisme, il faut donner, à ceux qui ont vraiment la nostalgie de l’ancienne messe, une petite satisfaction, à l’occasion, occasionnellement, et voilà C’est la même chose pour la théologie de la libération, on n’abandonne pas le principe, car ils disent bien dans leur document il y a une théologie de la libération qui est possible, il y a une théologie de la libération pour les pauvres, qui n’est ni plus ni moins que la solution marxiste de la libération, mais il ne faut pas arriver à la solution marxiste de la libération. Ils sont en pleine contradiction forcément. Ils ne peuvent pas ne pas être une contradiction continuelle.

En définitive, ils donnent une impression de vouloir retourner à la tradition, mais ils n’en ont pas la volonté, ils ne le veulent pas et ils acceptent finalement les conclusions de tous ces faux théologiens et de tous ces évêques qui sont des révolutionnaires, qui mènent la révolution en définitive. 

On se trouve actuellement dans cette situation-là. C’est très clair dans cette interview du Cardinal Ratzinger. Je crois que c’est cette vue qui doit nous guider dans notre -situation actuelle. Ne pas nous faire illusion en croyant que par ces petits coups de frein qui sont donnés à droite et à gauche dans les excès de la situation actuelle, nous assistons à un retour complet à la tradition. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas vrai. Ils restent toujours des esprits libéraux. Ce sont toujours les libéraux qui commandent à Rome et ils demeurent libéraux
(...)
Voilà, je pense avoir dit ce que je voulais vous dire et vous donner tout de même une certaine ligne de conduite dans les événements actuels qui vont peut-être même se précipiter. Il y aura peut-être d’autres manifestations de certains coups de frein du Vatican ; et à mon avis, il est très, très dangereux pour nous de nous “rallier” maintenant. Pas de ralliement, pas de ralliement aux libéraux ; pas de ralliement aux ecclésiastiques qui commandent dans l’Église maintenant et qui sont des libéraux, il ne peut pas y avoir de ralliement. Dès lors que nous nous rallions, ce ralliement sera l’acceptation des principes libéraux. Nous ne le pouvons pas, même si on nous donne certaines satisfactions de la Messe de Saint Pie V, certaines satisfactions de certaines reconnaissances, de certaines incardinations qu’on pourrait même vous proposer éventuellement. Un évêque pourrait vous dire  “Je vous incardine dans mon diocèse, je vous donne la messe de Saint Pie V, vous la direz mais évidemment dans votre paroisse on dira aussi la messe nouvelle. Il faudra que vous acceptiez quand même de donner la communion dans la main que voulez-vous maintenant c’est l’habitude. Il faudra que vous disiez la messe face au peuple parce que les gens sont habitués à cela. Vous comprenez, on ne peut faire autrement. Et puis enfin, il faut surtout que vous acceptiez le Concile, n’est-ce pas, avec toutes les conséquences que cela représente, avec ses idées...”

Ce n’est pas possible, on ne peut pas transiger là ! Qu’ils nous rendent tout. Qu’ils quittent leur libéralisme, qu’ils reviennent à la vraie vérité de l’Église, à la foi de l’Église, aux principes fondamentaux de l’Église, de cette dépendance totale des sociétés, des familles et des individus de Notre Seigneur Jésus-Christ. À ce moment-là, qu’ils nous donnent la Messe de toujours. Très bien alors, alors nous sommes tout-à-fait d’accord. Là il y aura une entente parfaite et nous pourrons être reconnus et nous n’aurons plus de scrupules. 

Mais tant qu’on a affaire à des gens qui ont fait ce pacte avec le Diable, avec les idées libérales, nous ne pouvons avoir aucune confiance. Ils nous entraîneront petit à petit, ils essaieront de nous entraîner dans leurs pièges, tant qu’ils n’ont pas lâché ces idées fausses. Alors à mon avis il n’est pas question de faire quoi que ce soit. Ceux qui auraient tendance à vouloir accepter cela finiront par être recyclés. 

Nous l’avons constaté avec tous les séminaristes et tous ceux qui nous ont quittés et qui sont partis à Rome et auxquels on a fait de belles promesses : "nous vous garderons la messe de Saint Pie V". Petit à petit on les a alignés, on les a recyclés. C’était à prendre ou à laisser. Ils acceptaient toutes les nouveautés. Nous nous trouvons maintenant dans une nouvelle période, dans une nouvelle phase et l’on voudrait essayer aussi de nous appâter par certains aspects traditionnels, alors qu’au fond on nous marginalise, comme ils disent, par le Décret ! Nous ne sommes pas concernés puisque nous sommes de ceux qui n’acceptent pas sans restriction le Concile, qui n’acceptent pas la nouvelle messe. Donc ce n’est pas pour nous Mais cela ne fait rien, ils cherchent, et ils ont déjà réussi, à attirer certains des nôtres, comme l’Abbé Normandin du Canada qui a accepté le principe de la nouvelle messe ! Moyennant quoi, on lui a donné la messe de Saint Pie V, on lui a donné une paroisse, voilà ! Il y a encore le Père Bleau, l’abbé Le Pivain et plusieurs autres, qui sont attirés par les évêques. Les évêques sont très contents de pouvoir avoir quelques-uns des prêtres qui étaient autrefois traditionalistes et qui acceptent de faire ce petit contrat d’ailleurs très modéré apparemment mais enfin qui les met dans le milieu, dans le bain avec ceux qui ont les idées libérales et qui disent la nouvelle messe. 
Alors il faut bien avertir nos fidèles, de façon qu’ils ne se laissent pas tromper, qu’ils ne se laissent pas eux aussi prendre par un extérieur de réforme traditionnelle mais qui les conduirait fatalement à l’adoption du libéralisme et des idées libérales.