dimanche 2 décembre 2012

Il y a maintenant 3 Romes !


Il y a maintenant 3 Romes !

par Michael



Mgr Lefebvre, à la suite de Mgr Benelli, distinguait la Rome conciliaire (les modernistes installés aux manettes) et la Rome de toujours, c’est-à-dire l’Eglise catholique. Cela fait deux Romes.

Mgr Fellay, dans son sermon du 1er novembre, évoque les pourparlers de la FSSPX avec Rome et pointe les contradictions de Rome, ce qui explique, d’après lui, qu’il ait « été trompé». Dans cette perspective, Ennemond, journaliste à Fideliter, propose deux nouveaux concepts, deux nouvelles Romes. Il y aurait la Rome conciliaire traditionnelle et la Rome conciliaire moderne : « On nous dit ici : Rome est redevenue traditionnelle. On nous dit là : Rome est pourrie. Et tous à l'unisson affirment sans discernement : Rome a dit que..., Rome pense que..., Rome veut que...Mais il n'y a pas une seule Rome! C'est consternant, mais il faut reconnaître que l'autorité du pape s'est réduite comme peau de chagrin et que des oppositions très vives font rage au sein même de la Curie, parvenant à faire signer là une lettre à un pape de près de 86 ans, qui contredit ce qu'il a dit lui-même ailleurs, arrachant à un autre moment de lui une décision contestée, etc. » (Tradinews - 1er décembre 2012) On a donc plusieurs Romes et deux papes : un pape conciliaire traditionnel et un pape conciliaire conciliaire car manipulé par une curie conciliaire moderne.

Ennemond fait référence à un complot, ourdi autour du pape vieillissant. L’allusion à l’âge du Souverain Pontife nous semble déplacée et l’explication peu convaincante. Faut-il rappeler que c’est le pape qui n’a pas voulu d’un accord avec la FSSPX en ajoutant de sa propre main l’absolue nécessité de reconnaître les principes du Concile. Par ailleurs, si l’on relit le message du Pape aux évêques de France, on se rend compte que le pape n’a guère changé. Le concile Vatican II reste une boussole. Aux évêques de France en visite ad limina, le pape rappelle que : « La constitution pastorale Gaudium et spes (cf. n. 10) a posé les questions clés de l’existence humaine, sur le sens de la vie et de la mort, du mal, de la maladie et de la souffrance, si présents dans notre monde. ». Le pape évoque « la nouvelle évangélisation, dans laquelle l’Église s’est résolument engagée depuis le concile Vatican II ». (3ème groupe par New Catholic 30 novembre 2012)

Pour Mgr Lefebvre, il y a la Rome éternelle et la Rome conciliaire, laquelle ne professe pas l’intégralité de la foi catholique. Pour les accordistes, il y a la Rome éternelle et la Rome conciliaire qui peut être plus ou moins moderniste. Les accordistes subdivisent la Rome conciliaire en plusieurs Romes qui luttent entre elles. Il faudrait donc s’entendre avec la Rome conciliaire traditionnelle. Cela rappelle l’ecclésiologie des degrés de communion si chère aux modernistes. Vouloir faire un accord avec Rome, c’est appliquer à la Tradition les principes de l’œcuménisme.

Il est sûr qu’avec toutes ces subtilités, on en perd son latin et les accordistes ont des problèmes pour faire confiance à Rome. Ils ne savent jamais à quelle Rome ils parlent car pour eux elle est double. Pour Mgr Lefebvre, il n'y a qu'une seule Eglise conciliaire, celle d’Assise et de la nouvelle messe. Pour lui, modernisme et semi-modernisme ne sont que les deux visages d'une même hérésie.

Pour Mgr Fellay, tout est question de confiance, car il s’agit de négociation, d’accord pratique sans accord doctrinal. Ainsi, Ennemond n’hésite pas à écrire, « qu’en mai 1988, les pourparlers avec Mgr Lefebvre ont échoué non par sur le fond, mais sur des motifs de confiance. » Il n’y avait donc pas de problème de fond (!) entre Mgr Lefevbre et la Rome conciliaire, tout était une question de confiance !

En ce qui nous concerne, la question n’est pas de se demander s'il faut avoir confiance en des hommes d’Eglise semi-modernistes ou totalement modernistes. La question est celle de la foi intégralement catholique. La perspective n’est plus la même. La confiance en Rome suppose sa conversion. Quand le pape nommera Mgr Tissier de Mallerais à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, on y verra plus clair !