mercredi 19 décembre 2012

Benoît XVI : le spécialiste des examens de conscience


Benoît XVI : le spécialiste 
des examens de conscience

Michael

Benoît XVI applaudi à l'ONU

Benoît XVI est un habitué des examens de conscience et des remises en cause de certaines dérives du concile Vatican II. Voyons comment ont réagi Mgr Lefebvre et  Mgr Fellay à cela.

La réaction de Mgr Fellay

Voici la réaction de Mgr Fellay à la bonne volonté de Rome :

« DICI : La plupart de ceux qui sont opposés à l’acceptation par la Fraternité d’une éventuelle reconnaissance canonique mettent en avant que les entretiens doctrinaux n’auraient pu conduire à cette acceptation que s’ils avaient débouché sur une solution doctrinale, c’est-à-dire sur une "conversion" de Rome. Est-ce que votre position a changé sur ce point ?
Mgr Fellay : Il faut reconnaître que ces entretiens ont permis d’exposer clairement les divers problèmes que nous rencontrons au sujet de Vatican II. Ce qui a changé, c’est que Rome ne fait plus d’une acceptation totale de Vatican II une condition pour la solution canonique. Aujourd’hui, à Rome, certains considèrent qu’une compréhension différente du Concile n’est pas déterminante pour l’avenir de l’Eglise, car l’Eglise est plus que le Concile. De fait, l’Eglise ne se réduit pas au Concile, elle est beaucoup plus grande. Il faut donc s’appliquer à régler des problèmes plus vastes. Cette prise de conscience peut nous aider à comprendre ce qui se passe réellement : nous sommes appelés à aider à porter aux autres le trésor de la Tradition que nous avons pu conserver.
En sorte que c’est l’attitude de l’Eglise officielle qui a changé, ce n’est pas nous. [NDLR : et pourtant il y avait eu Assise III et la lettre de Mgr Pozzo à l’IBP, quel aveuglement !]
Ce n’est pas nous qui avons demandé un accord, c’est le pape qui veut nous reconnaître. On peut se poser la question du pourquoi de ce changement. Nous ne sommes toujours pas d’accord doctrinalement, et pourtant le pape veut nous reconnaître ! Pourquoi ? [NDLR : l’idée que Rome puisse vouloir anéantir la Tradition ne vient pas à l’esprit de Mgr Fellay. Sait-il que Rome est infestée de Franc-maçons et de modernistes ?]
 La réponse elle est là : il y a des problèmes terriblement importants dans l’Eglise aujourd’hui. Il faut traiter ces problèmes. »

La méthode de Mgr Fellay, face aux avances de Rome :
"lire entre les lignes"

« Mgr Fellay : Il faut laisser de côté les problèmes secondaires et s’occuper des problèmes majeurs. Voilà la réponse de l’un ou l’autre prélat romain qui ne le diront jamais ouvertement ; il faut lire entre les lignes pour comprendre.
Les autorités officielles ne veulent pas reconnaître les erreurs du Concile. Elles ne le diront jamais explicitement. Cependant si on lit entre les lignes, on peut voir qu’elles souhaitent remédier à certaines de ces erreurs. En voici un exemple intéressant au sujet du sacerdoce. Vous savez qu’à partir du Concile, il y a eu une nouvelle conception du sacerdoce et qu’elle a démoli la figure du prêtre. Aujourd’hui on voit très clairement que les autorités romaines essaient de réhabiliter la vraie conception du prêtre.»

(Extrait d’un entretien avec DICI du 8 juin 2012, il y a donc 6 mois seulement !)


Cette "bonne volonté" de Rome est-elle si nouvelle que l’affirme Mgr Fellay ?

Mgr Lefebvre a connu aussi ce "changement" de Rome, lors de ses entretiens avec Rome mais c’était il y a 24 ans ! Voici son interview dans Fideliter n° 66, nov.-déc. 1988 :

« Fideliter : A la fin du mois de juillet dernier dans une conférence faite aux évêques du Chili, le cardinal Ratzinger, sans vouloir en identifier les causes, a tenu des propos sévères quant aux effets désastreux de Vatican II
Mgr Lefebvre : Oui, il a incité à un examen de conscience pour l'après-"schisme" et a proposé trois pistes de réflexion :
1) La question de la liturgie indûment désacralisée ;
2) L'interrogation à propos de savoir si l'on n'a pas commis l'erreur de présenter Vatican II comme une réduction à zéro de la Tradition de l'Eglise et comme un super dogme ;
3) Les documents du Concile n'ont pas tous la même importance. » 

« Fideliter : Le Cardinal Ratzinger a dit : « Beaucoup voient en Mgr Lefebvre un guide et un maître utile... Il faut tenir compte des éléments positifs qui ne trouvent pas d'espace vital dans l'Eglise d'aujourd'hui » et d'émettre l'avis que si ces errements étaient redressés « le schisme de Mgr Lefebvre serait de courte durée ». Que peut-on imaginer que sont les sentiments profonds du Cardinal ?

La méthode de Mgr Lefebvre face aux avances de Rome :
"sonder profondément"

Mgr Lefebvre : Force est bien de constater que pour lui il faut toujours revenir au Concile. Certes nous avions bien un petit espoir que quelque chose avait changé au Vatican et surtout j'espérais qu'après la visite du cardinal Gagnon et de Mgr Perl et ce qu'ils avaient déclaré, les choses allaient évoluer à Rome.
Mais quand on a sondé un peu plus profondément leurs intentions, avec les colloques, la discussion du protocole et le protocole lui-même, je me suis aperçu qu'il n'y avait rien de changé au fond. Nous nous sommes trouvés devant un bloc. Ils espéraient, eux, en finir avec la Tradition. Et cela c'est bien la position de Rome, du Pape, du cardinal Ratzinger, du cardinal Mayer, du cardinal Casaroli... Tout ce monde-là tient d'une manière forcenée au Concile, à cette « Pentecôte », à cette réforme de l'Eglise dans son ensemble. De cela ils ne veulent pas démordre ! »

Conclusion

Les textes de Mgr Fellay vieillissent très vite. Six mois après, ils ne sont plus d’actualité et semblent terriblement datés. On se rend compte que Mgr Fellay n’a pas été trompé mais qu’il s’est trompé. Mgr Fellay veut subtilement "lire entre les lignes". S’agirait-il d’une erreur passagère, gravissime mais individuelle ? Malheureusement non : le Chapitre général, à la majorité, accepte le principe de se mettre sous l’autorité du Pape, en posant des conditions comme la liberté de critiquer les "fauteurs d’erreurs" (condition n°1). L’ennemi est bien vaguement désigné : qui sont ces fauteurs ? Le pluriel est bien révélateur. Au lieu de courir après des "fauteurs", ne fallait-il pas avoir le courage de nommer le Pape, premier responsable. Le gouvernement de l’Eglise n’est-il pas monarchique ? Le chapitre veut toujours lire entre les lignes. On est loin du : « Que votre oui, soit oui, que votre non soit non : tout le reste vient du démon. »

Mgr Lefebvre, lui, avait compris ! Sa parole est claire et toujours d’actualité, 24 ans après !