vendredi 9 novembre 2012

Que l’Eglise Catholique n’est pas l’église moderniste…n’en déplaise à certains….

Que l’Eglise Catholique n’est pas l’église moderniste…n’en déplaise à certains….

 
par Usquequo
 
 
 
Une mise au point indispensable et très nécessaire aujourd'hui, car les idées ne sont plus claires dans la Fraternité. Merci à Usquequo et Antimodernisme !
 

Mgr Fellay, dans son sermon au Mouvement Catholique des Familles le 2 septembre de cette année 2012, a repris la comparaison que Mgr Lefebvre avait donnée de la situation en la tirant dans le sens de son ralliement en vue.
Mgr Lefebvre avait fait une analogie entre la situation de l’Eglise et la Passion de Notre Seigneur. Nous vivons la Passion de l’Eglise: il ne faut pas l’abandonner comme les apôtres. Sous l’humanité de Notre-Seigneur se cache sa divinité. Et l’évêque se demandait, sans conclure, jusqu’où les Portes de l’Enfer pourraient atteindre la Sainte Eglise.
Cette analogie a des limites que Mgr Fellay a franchies: le pape en tant que pape est l’Eglise, mais en tant que moderniste, il est son pire ennemi. On ne peut comparer la Victime sans tâche avec les papes modernistes. Ils sont à la fois la victime et le bourreau.
 
Mgr Lefebvre se posait ainsi beaucoup de questions sur ceux qui occupent les postes à Rome, comme nous le montre le début de cette conférence donnée aux séminaristes en 1978:
« Par contre je pense qu’à la prochaine rencontre, ou avant la prochaine rencontre d’ailleurs, s’ils me demandent vraiment ce colloque, c’est moi qui leur poserai des questions. C’est moi qui les interrogerai, pour leur dire : – Quelle Église êtes-vous ? À quelle Église avons-nous affaire — moi je voudrais savoir —, si j’ai affaire à l’Église catholique, ou si j’ai affaire à une autre Église, à une Contre-Église, à une contrefaçon de l’Église ?… Or je crois sincèrement que nous avons affaire à une contrefaçon de l’Église et non pas à l’Église catholique. Pourquoi? Parce-ce qu’ils n’enseignent plus la foi catholique. Ils ne défendent plus la foi catholique. Non seulement ils n’enseignent plus la foi catholique et ne défendent plus la foi catholique, mais ils enseignent autre chose, ils entraînent l’Église dans autre chose que l’Église catholique. Ce n’est plus l’Église catholique. Ils sont assis sur le siège de leurs prédécesseurs, tous ces cardinaux qui sont dans les congrégations et tous ces secrétaires qui sont dans ces congrégations ou à la secrétairerie d’État ; ils sont bien assis là où étaient leurs prédécesseurs, mais ils ne continuent pas leurs prédécesseurs ».
 
Mgr Lefebvre aux séminaristes (8 juin 1978).
Il semble que Mgr Fellay ne se pose plus les questions. Il les a résolues, parce que lorsqu’on considère que les apparences sont les réalités, tout est plus simple (… apparemment); voici ce qu’il dit :
« La foi de l’Eglise nous oblige à professer ce que nous disons dans le Credo: « Je crois en l’Eglise, une, sainte.» Nous le disons et nous ne parlons pas d’une Eglise en l’air ! Nous parlons de l’Eglise qui est là, réelle, devant nous, avec une hiérarchie, avec un pape. Ce n’est pas le fruit de notre imagination: l’Eglise est là, elle est réelle, l’Eglise catholique romaine. Nous disons et nous devons professer cette Eglise comme étant sainte, comme étant une, car la foi nous y oblige. L’Eglise est une par la foi, les sacrements, la hiérarchie; sainte par sa doctrine de vérité et de vie. »
 
A Mgr Fellay, il manque la reconnaissance hiérarchique, son consécrateur n’ayant pas le pouvoir de lui donner une juridiction officielle autre que celle de suppléance: il en souffre. Il vend son âme, sans en avoir l’intention (l’Enfer est pavé de bonnes intentions), pour obtenir cette apparence.
 
Comment donc apprécier son sermon ?
 
1. Il compare Notre-Seigneur à la Rome conciliaire. Or elle est ce crachat moderniste qui recouvre l’Eglise au point de la faire apparaître vile. La Tradition, en défendant la Papauté (la Papauté dis-je), effectue le geste de sainte Véronique, ce geste héroïque, exemplaire, mais sans juridiction.
 
2. Plus loin dans son sermon, il range dans le même sac ( celui des incrédules en la divinité de Notre-Seigneur ou de l’Eglise), successivement: les disciples d’Emmaüs, les modernistes, et les pauvres de nous! Ces chers pèlerins que Notre-Seigneur a aimés, et qui méditaient encore les évènements qui les avaient jetés dans la consternation, parce qu’ils croyaient insuffisamment en sa divinité, et qui ont goûté avec une joie indicible les paroles du Ressuscité et la divine Eucharistie, les voilà comparés avec les perfides et les goujats modernistes, les Müller et autres !
 
3. Il méprise la passion soufferte par les catholiques. Combien de prêtres morts de souffrance ! Et nous fidèles, dans nos discussions de travail avec des collègues qui se moquent du Pape et de l’Eglise, n’avons-nous pas à souffrir de défendre la Papauté en faisant les distinctions nécessaires? N’est-ce pas essuyer le visage de l’Eglise ?
 
Usquequo
 
Note d’antimodernisme.info :
 
L’église est ravagée par le modernisme comme une maladie interne … comment dissocier le modernisme de l’Eglise ?
Prenez une pomme pourrie. La pomme, c’est l’Église. La pourriture, c’est le Conciliarisme. La pourriture est, et n’est pas, la pomme.
 
Elle l’est, en tant que ce n’est rien d’autre que la pomme qui soit pourrie. La pomme est le sujet inséparable de sa pourriture.
 
Elle ne l’est pas, parce que la pourriture est autre chose que la pomme, parce qu’on ne peut plus la manger. La pomme est toujours là, tant que la pourriture n’a pas achevé son oeuvre de pourrissement , mais la pourriture peut avancer très loin sans que la pomme soit encore complètement détruite.
 
Mgr Lefebvre a parlé vers la fin de ses jours sur cette erreur qui confond pomme pourrie et pomme saine.