mercredi 14 novembre 2012

3 - Commentaire du sermon de Mgr Fellay du 2 septembre 2012 - Troisième et dernière partie




Commentaire du sermon de Mgr Fellay
du 2 septembre 2012


Troisième et dernière partie


par Michael




Rappelons l’objet de nos deux premiers articles [première partie / deuxième partie] : nous avons évoqué un sermon de Mgr Fellay au Mouvement Catholique des Familles, le 2 septembre 2012. Mgr Fellay comparait la Passion du Christ et la Passion de l’Eglise, comparaison servant à justifier ses discussions-négociations avec Rome en vue d’une "reconnaissance canonique".

Les autorités de la FSSPX aiment aussi à employer la métaphore géographique et évoquent sans cesse "la ligne de crête".

L’autre métaphore "tendance" est celle de l’équilibriste

La deuxième métaphore dont abusent les dirigeants de la FSSPX est le fameux « Equilibre sur la ligne de crête » (Nouvelles de Chrétienté, page 17 n°137, intertitre de l’abbé Lorans). Etre catholique devient un exercice d’équilibre de funambulisme : il ne faudrait tomber ni dans le sédévacantisme, ni dans la compromission avec le modernisme. Cette métaphore donne une curieuse image du catholique traditionnel menacé sans cesse par l’abîme, catholique dont l’équilibre ne saurait être maintenu que par des hommes sages qui savent guider la cordée. Mgr Fellay explique son projet d’accord avec Rome : « Chez nous [pour les tradis] je pense qu’il faudra l’expliquer comme il faut, parce qu’il y a dans ce document des expressions ou des déclarations qui sont tellement sur la ligne de crête que si vous êtes mal tournés ou selon que vous mettez des lunettes noires ou roses, vous les voyez comme ceci ou comme cela. Alors il faudra que l’on vous explique bien que cette lettre ne change absolument rien à notre position. Mais que si on veut la lire de travers, on arrivera à la comprendre de travers » A Saint-Pré, le 4 mai 2012. (Nouvelles de Chrétienté N°135 page 10). Non seulement le texte prévu pour l’accord avec Rome est donc présenté par Mgr Fellay lui-même comme ambigu mais remarquons que ce texte est toujours secret actuellement !

On est loin des textes clairs de Mgr Lefebvre dans sa Lettre ouverte aux catholiques perplexes parue chez Albin Michel en 1985. Mgr Lefebvre répondait à Rome qui condamnait le séminaire d’Ecône « Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile, dans toutes les réformes qui en sont issues. » (Chapitre 19, intitulé Ecône et Rome). Peut-être que Mgr Fellay pourrait s’inspirer de cette déclaration dans ses rapports avec Rome. Cela éviterait aux catholiques traditionnels des achats de lunettes noires ou roses et cela éviterait qu’ils ne deviennent de nouveau perplexes.

Cette image de la ligne de crête devient ridicule tellement les palinodies de Mgr Fellay sont incessantes. Il est difficile d’affirmer qu’on reste sur une ligne de crête quand on dit tout et son contraire. Voir notre article :

Candidus sur le forum catholique écrivait justement le 21 octobre 2012 : « La Fsspx s'est souvent présentée comme cheminant sur la crête escarpée du sédévacantisme et du ralliement qu'elle dénonçait comme deux solutions de facilité, dangereuses voire fatales pour la foi. Comme toutes réalités géophysiques les crêtes ont une fin : l'abîme ou un chemin plus ou moins praticable qui conduit vers la plaine où les hommes triment dans les larmes et la sueur... »

L’abbé Lorans titrait ainsi son éditorial du n°137 de Nouvelles de chrétienté : "Ne pas succomber à la tentation." A force d’être sur une crête, on risque bien de succomber à la tentation du vide, du vide théologique. Pour notre part, nous préférons la métaphore paulinienne du stade, dans la plaine, ce qui permet, avec la cuirasse de la foi, de courir vite et droit... Et beaucoup plus aisément que sur une crête avec un balancier de funambule.

Conclusion

Le 13 juin 2012, Mgr Fellay va à Rome pour signer l’accord pratique, sur la base du texte suivant, présenté par lui à Rome, le 15 avril 2012 : « L'entière Tradition de la Foi catholique doit être le seul critère et guide de la compréhension des enseignements du Concile de Vatican II, lequel, à son tour, illumine certains aspects de la vie et de la doctrine de l'Eglise qui étaient présents en elle, sans être encore formulés. Les affirmations du Concile Vatican Il et du magistère pontifical postérieur, relatifs à la relation entre l'Eglise catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques, doivent être comprises à la lumière de l’entière Tradition. » (Extrait de la déclaration doctrinale de Menzingen, citée publiquement par M. l 'abbé Pfluger à St Joseph des Carmes le 05 juin 2012). Sommes-nous toujours sur une crête ?