mardi 13 novembre 2012

2 - Commentaire du sermon de Mgr Fellay du 2 septembre 2012 Deuxième partie



Commentaire du sermon de Mgr Fellay
du 2 septembre 2012


Deuxième partie

par Michael


Un pape d'esprit traditionnel ?

Rappelons l’objet de notre premier article : nous avions évoqué un sermon de Mgr Fellay au Mouvement Catholique des Familles, le 2 septembre 2012. Mgr Fellay comparait la Passion du Christ et la Passion de l’Eglise, comparaison servant à justifier ses discussions-négociations avec Rome en vue d’une "reconnaissance canonique". Du fait que le pape est le pape, Mgr Fellay fait de la négociation permanente et secrète avec Rome une nouvelle obligation morale de la Fsspx sans considérer le mal engendré par ces conciliabules avec des modernistes, modernistes qui ne cherchent qu’à diviser les traditionalistes pour mieux régner. Nous allons maintenant étudier que vouloir faire du dialogue avec Rome (occupée par les modernistes) une obligation surnaturelle, c’est méconnaître les techniques de base de la subversion.

La subversion est une réalité et une technique à connaître

Dans sa conférence du 2 septembre 2012, Mgr Fellay déclare : « La foi de l’Eglise nous oblige à professer ce que nous disons dans le Credo : "Je crois en l’Eglise, une, sainte." Nous le disons et nous ne parlons pas d’une Eglise en l’air ! Nous parlons de l’Eglise qui est là, réelle, devant nous, avec une hiérarchie, avec un pape. » Mgr Fellay fait passer les anti-accordistes pour des sédévacantistes et/ou des rêveurs utopistes qui voudraient une Eglise idéale. Il justifie les négociations incessantes et secrètes avec Rome depuis plus de 10 ans par le fait que le pape est le pape et l’Eglise, l’Eglise. Et alors ? Reconnaître la légitimité du pape et des évêques, au contraire, c’est comprendre que le mal est profond puisque la tête de l’Eglise est si malade. Il convient alors prudemment de ne pas se mettre sous la coupe de modernistes afin justement de permettre un jour un retour des hommes d’Eglise à la Tradition conservée. Les saints ont toujours recommandé de se mettre à l’écart des hérétiques. Voir notre article :
Mgr Lefebvre lui-même recommandait aux fidèles de ne pas coudoyer les "ralliés". Comment négocier sans cesse avec Rome des protocoles d’accord (on en est à des dizaines de moutures différentes depuis 10 ans) et interdire aux prêtres de la Fsspx de passer des accords avec les évêques diocésains comme en Corse ? Comment aspirer à une régularisation canonique avec Rome et interdire aux fidèles de la Fsspx de fréquenter les centres de messes "ralliés" à coté de chez eux ?

La technique du dialogue permanent


Il faut avoir en tête les techniques de subversion qui expliquent justement la situation actuelle : l’Eglise est occupée par des libéraux qui ont réussi à obtenir plusieurs papes à leur solde. Les travaux de l’Abbé Villa (cf. le site Chiesa viva) ou d’Epiphanius éclairent sur la nature de nos interlocuteurs.

Le Séducteur, comme dans la Genèse, cherche le dialogue. Si la personne est assez présomptueuse pour se croire assez forte pour discuter et persévérer dans ses convictions, alors le Séducteur peut gagner la partie. L’intimidation alternera avec la bonhomie, des signaux contradictoires seront envoyés, etc. A la longue, l’habitude de la fréquentation mutuelle peut modifier les points de vue. Mais c’est le plus rusé qui gagne.

Une technique de la manipulation est l’usure : ainsi l’Abbé de la Rocque nous apprend que lors des discussions entre Rome et la Fsspx, ce sont des dizaines de protocoles d’accord qui ont été soumis à signature de la Fsspx. Rome utilisait la surprise et sortait à l’improviste des propositions. Le vin et la bonne chère étaient mis à contribution. Rappelons ce que l’Abbé de la Rocque déclarait dans sa conférence du 30 mars 2012 «  Et donc effectivement, de réunion en réunion, nous avions ces textes d'adhésion reformulés sans arrêt qui réapparaissaient soit sur la table soit quelquefois carrément sous la table à l'issu d'un repas bien arrosé avec Mgr Pozzo qui, par en dessous, disait “et vous pensez quoi de ce papier ? »

Une des techniques de la subversion est de culpabiliser l’adversaire.

Ainsi, les autorités de la Fsspx ont toujours peur d’être en dehors de l’Eglise, d’être schismatiques, d’être accusées de sédévacantisme. L’Abbé Niklaus Pfluger souffre de ne pas être reconnu par le droit canon moderniste : « Quant à nous [la FSSPX], nous souffrons aussi d’un défaut, du fait de notre irrégularité canonique. Ce n’est pas seulement l’état de l’Eglise postconciliaire qui est imparfait, le nôtre l’est aussi. » (Entretien de Kirchliche Umschau octobre 2012.) L’abbé Pfluger met sur le même plan le problème de l’Eglise conciliaire (la perte de la foi est appelée "imperfection" !) et le "problème" de la Fsspx (qui est une réponse providentielle au problème de l’Eglise). Mgr Lefebvre l’a souvent dit : le problème ce n’est pas nous, c’est Rome !

Il faut arrêter de se croire en dehors de l’Eglise. La Tradition aussi est une œuvre d’Eglise, nous sommes d’Eglise. Mgr Lefebvre déclarait très clairement : « L’Église visible se reconnaît aux signes qu’elle a toujours donnés pour sa visibilité : elle est une, sainte, catholique et apostolique. Je vous demande : où sont les véritables marques de l’Église ? Sont-elles davantage dans l’Église officielle (il ne s’agit pas de l’Église visible, il s’agit de l’Église officielle) ou chez nous, en ce que nous représentons, ce que nous sommes ? Il est clair que c’est nous qui gardons l’unité de la foi, qui a disparu de l’Église officielle. Un évêque croit à ceci, l’autre n’y croit pas, la foi est diverse, leurs catéchismes abominables comportent des hérésies. Où est l’unité de la foi dans Rome ? Où est l’unité de la foi dans le monde ? C’est bien nous qui l’avons gardée. L’unité de la foi réalisée dans le monde entier c’est la catholicité. Or, cette unité de la foi dans le monde entier n’existe plus, il n’y a donc plus de catholicité pratiquement […] L’apostolicité ? Ils ont rompu avec le passé. S’ils ont fait quelque chose, c’est bien cela. Ils ne veulent plus de ce qui s’est passé avant le concile Vatican II [...] L’apostolicité : nous, nous sommes rattachés aux apôtres par l’autorité. Mon sacerdoce me vient des apôtres ; votre sacerdoce vous vient des apôtres. Nous sommes les fils de ceux qui nous ont donné l’épiscopat. Mon épiscopat descend du saint pape Pie V et par lui nous remontons aux apôtres. Quant à l’apostolicité de la foi, nous croyons la même foi que les apôtres. Nous n’avons rien changé et nous ne voulons rien changer. Et puis, la sainteté. On ne va pas se faire des compliments ou des louanges. Si nous ne voulons pas nous considérer nous-mêmes, considérons les autres et considérons les fruits de notre apostolat […] Tout cela montre que c’est nous qui avons les marques de l’Église visible. S’il y a encore une visibilité de l’Église aujourd’hui, c’est grâce à vous. Ces signes ne se trouvent plus chez les autres. Il n’y a plus chez eux d’unité de la foi, or c’est la foi qui est la base de toute visibilité de l’Église. La catholicité, c’est la foi une dans l’espace. L’apostolicité, c’est la foi une dans le temps, et la sainteté, c’est le fruit de la foi, qui se concrétise dans les âmes par la grâce du Bon Dieu, par la grâce des sacrements. » (Fideliter n° 66, novembre-décembre 1988.)


Il faut arrêter de quémander une reconnaissance canonique de la part de prélats libéraux et souvent francs-maçons. Nous sommes dans l’Eglise, il n’y a jamais eu d’excommunication, et Mgr Lefebvre a sacré des évêques dans l’obéissance à la Tradition de l’Eglise. Il faut comprendre que notre irrégularité canonique est plutôt une bonne chose puisque l’Eglise est occupée au sommet par des adversaires de NSJC. «C’est donc un devoir strict pour tout prêtre (et tout fidèle) voulant demeurer catholique de se séparer de cette Eglise conciliaire, tant qu’elle ne retrouvera pas la tradition du Magistère de l’Eglise et de la foi catholique.» (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, 1990, p. 31)

Tant qu’il n’y a pas un pape traditionnel, la communion avec Rome n’est pas la communion avec la Rome éternelle mais avec des libéraux modernistes.

                             La franc-maçonnerie au Vatican

Mgr Lefebvre était très catégorique : « Et plus les choses s’éclairent, et plus nous nous apercevons que ce programme qui a été élaboré dans les loges maçonniques – tout ce programme, toutes ces erreurs ont été élaborées dans les loges maçonniques – et bien on s’aperçoit tout doucement et avec des précisions de plus en plus grandes qu’il y a tout simplement une loge maçonnique au Vatican. Et que maintenant quand on se trouve devant un secrétaire de congrégation ou un cardinal qui se trouvent assis dans le siège ou dans le bureau où se trouvaient de saints cardinaux, des cardinaux qui avaient la foi de l’Église et qui défendaient la foi de l’Église et qui étaient des hommes d’Église, et bien on se trouve devant un franc-maçon ! Alors est-ce que c’est la même chose ? » Conférence donnée aux séminaristes d'Écône, 1978.

La subversion satanique

Voici ce que déclare au journaliste Paolo Rodari, en 2010, le Père Gabriele Amorth, exorciste officiel du Vatican, maintenant à la retraite :
« - Le journaliste : Des satanistes au Vatican?
- Le Père Amorth : Oui, même au Vatican il y a des membres des sectes sataniques.
- Le journaliste  Qui est impliqué? De simples prêtres ou des laïcs?
- Le Père Amorth : Il y a des prêtres, prélats et même des cardinaux.
- Le journaliste : Pardonnez-moi, Père Gabriel, mais comment le savez-vous ?
- Le Père Amorth : Je l’ai su par des personnes qui ont eu à en connaître directement. Et, plusieurs fois, je l’ai entendu confesser par le diable lui-même, soumis lors des exorcismes.
- Le journaliste : Le pape est au courant?
- Le Père Amorth : Bien sûr, je l’ai informé ! Mais il fait ce qu’il peut. C’est une chose effrayante. Gardez à l’esprit également que le pape Benoît XVI est allemand, un pays très hostile à ces choses. En Allemagne, il n’y a pratiquement pas d’exorcistes, mais j’ai eu l’occasion de parler trois fois au Pape quand il était encore préfet de la congrégation pour la Doctrine de la foi. Si je me décide à évoquer ces propos, c’est qu’en soi, ils sont d’une importance capitale pour comprendre la situation actuelle de l’Eglise : on ne peut pas comprendre la crise de l’Eglise sans admettre que la phrase de Paul VI sur les « fumées de Satan » qui ont envahi l’Eglise n’est pas simplement une manière poétique de s’exprimer. »

Ces affirmations sont confirmées noir sur blanc par écrit, dans le livre du Père Amorth, Confessions : Mémoires de l'exorciste officiel du Vatican, Michel Lafon, 2010.

Conclusion

Mgr Lefebvre disait : « Et que maintenant quand on se trouve devant un secrétaire de congrégation ou un cardinal qui se trouvent assis dans le siège ou dans le bureau où se trouvaient de saints cardinaux, des cardinaux qui avaient la foi de l’Église et qui défendaient la foi de l’Église et qui étaient des hommes d’Église, et bien on se trouve devant un franc-maçon ! Alors est-ce que c’est la même chose ? »

Le Premier Assistant de la Fsspx déclare : « Nous souffrons aussi d’un défaut, du fait de notre irrégularité canonique. Ce n’est pas seulement l’état de l’Eglise postconciliaire qui est imparfait, le nôtre l’est aussi »

On voit la différence !

La suite de cet article paraîtra prochainement