mercredi 17 octobre 2012

Pourquoi un catholique ne peut pas être un "rallié".


Pourquoi un catholique ne peut pas être un "rallié".
 
par Michael
 
cardinal Hoyos

 

La famille summorum pontificum (c’est-à-dire les « tradis » ralliés à la Rome moderniste qui vont aux messes de saint Pie V autorisées) sera rassemblée à Rome le 3 novembre autour d’une messe traditionnelle.

 
Comme dit l’abbé Chazal, nous nous réjouissons quand un athée ou un moderniste invétéré rejoint un Institut célébrant la messe de saint Pie V. En revanche, nous sommes attristés quand un fidèle de la FSSPX rejoint ce même institut rallié. Tout est une affaire de vecteurs, de directions.
 
Qu’avons-nous contre les ralliés ? Un bref commentaire d’un texte important le fera comprendre.
 

Extrait de l’homélie du cardinal Castrillón Hoyos le 24 mai 2003 à Sainte-Marie-Majeure, en présence d’une foule de ralliés :

 
«  Vous-mêmes, très chers fidèles, particulièrement sensibles à ce rite qui a constitué pendant des siècles la forme officielle de la Liturgie romaine, vous avez pris l’initiative de cette célébration d’aujourd’hui. »
 
Commentaire : 
Les ralliés (en tout cas le cardinal) font de la messe une question de sensibilité. Or même si la sensibilité en matière liturgique est importante (chants, fleurs, habits, …), la liturgie est avant tout l’expression de la foi (lex orandi/lex credendi). Ainsi, si le combat pour la messe de saint Pie V est fait au nom de la sensibilité, il perd toute pertinence et devient ridicule. Pourquoi importuner des évêques pour une question de sensibilité ?

 

« On ne peut pas considérer que le rite dit de Saint Pie V soit éteint, et l’autorité du Saint-Père a exprimé son accueil bienveillant envers les fidèles qui, tout en reconnaissant la légitimité du rite romain renouvelé selon les indications du Concile Vatican II, restent attachés au rite précédent et y trouvent une nourriture spirituelle solide dans leur chemin de sanctification. »
 
Commentaire :
Pour bénéficier de la messe de saint Pie V, il faut accepter la légitimité de la nouvelle messe, c’est donnant-donnant. Le Motu Proprio de Benoit XVI exprime la même idée déjà énoncée en 2003 dans ce sermon. La fameuse libération de la messe qu’aurait obtenue Mgr Fellay est donc toute relative.

 

« D’ailleurs le même Concile Vatican II déclarait que « … la sainte Mère l’Eglise tient pour égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et elle veut qu’à l’avenir ils soient conservés et favorisés de toute façon; » (Concile Œcuménique Vatican II, Const. Sacrosanctum Concilium, n. 4). L’ancien rite romain conserve donc dans l’Eglise son droit de citoyenneté au sein de la multiformité des rites catholiques tant latins qu’orientaux. Ce qui unit la diversité de ces rites, c’est la même foi dans le mystère eucharistique, dont la profession a toujours assuré l’unité de l’Eglise, sainte, catholique et apostolique. »
 
Commentaire  :
Le bi-ritualisme, qu’acceptent en fait et en droit les ralliés, n’est rien moins qu’un nouvel Assise liturgique. On fait cohabiter de façon œcuménique deux rites qui s’opposent, le rite de Paul VI étant un rite inventé dans les années 60 pour faire entrer le modernisme dans les masses. Comme à Assise, où on a fait cohabiter des religions qui s’opposent. Dans le but de la « paix ». Dans le but d’une « paix liturgique ». De quelle paix s’agit-il ? De la paix des martyrs qui refusent de sacrifier aux idoles ou de la paix de Ponce Pilate qui se lave les mains ?

 

« Jean-Paul II, en célébrant le dixième anniversaire du Motu proprio Ecclesia Dei, exhortait « tous les catholiques à accomplir des gestes d’unité et à renouveler leur adhésion à l’Eglise, pour que la diversité légitime et les sensibilités différentes, dignes de respect, ne les séparent pas les uns des autres, mais les poussent à annoncer l’évangile ensemble ; ainsi poursuivait le Saint-Père – stimulés par l’Esprit qui fait concourir tous les charismes à l’unité, tous pourront glorifier le Seigneur et le salut sera proclamé à toutes les nations » (OR, le 26-27 octobre 1998, p. 8). Nous sommes tous appelés à l’unité dans la Vérité, dans le respect réciproque de la diversité des opinions, sur la base de la même foi »
 
Commentaire :
L’attachement à la messe de saint Pie V n’est donc qu’une sensibilité, une opinion selon le cardinal. Ce dernier ayant foi dans le modernisme de Vatican II, les ralliés doivent donc avoir foi dans ce même modernisme, modernisme qui pourra s’installer et être bien toléré s’il sait se faire discret, aimable et conciliant...
 
 
Conclusion :
On ne peut donc pas être rallié car pour cela il faut accepter de considérer que le combat de la Messe n'est qu'une question de sensibilité. Il est aussi demandé d'accepter la foi de Vatican II.

 

NB : Pour ceux qui ne connaissent pas les oppositions portant sur la foi entre le rite dit de saint Pie V et le rite dit de Paul VI, voir le livre : Bref examen critique du Novus Ordo Missae des cardinaux Ottaviani et Bacci.