vendredi 5 octobre 2012

Les pierres crieront - Sermon du 29 juillet 2012 - Fr Pfeiffer


Les pierres crieront
Abbé Joseph Pfeiffer

Ce sermon, bien que datant de deux mois, vient d'être traduit en français à la demande de l'abbé Pfeiffer. Ce sermon est sur le glissement doctrinal de la Fraternité Saint Pie X, la faiblesse de la Déclaration du Chapitre de 2012, les faux arguments en faveur d'un accord. Vous y lirez des choses que vous n'avez probablement jamais lues ailleurs.

                
Dimanche 29 juillet 2012


Nous sommes le 9ème dimanche après la Pentecôte.[lectures de l'épître et de l'Evangile]

L’évangile d’aujourd’hui raconte un épisode du dimanche des Rameaux [ndlr : Jésus pleure sur Jérusalem]. Notre Seigneur Jésus-Christ expérimente beaucoup d’émotions différentes et bien des choses se passent ce jour-là. Le Vendredi Saint, les sentiments de Notre-Seigneur ne changent pas, tandis que le dimanche des Rameaux, il commence tout d’abord calmement la journée avec ses apôtres, au sommet de la montagne. Origène nous dit qu’il descend de la montagne où  devaient se tenir certains de ses disciples venus à sa rencontre. Ils constituaient une partie du peuple qui le suivait et qui l’attendait près de la ville, à l’extérieur des remparts. Il les rejoint donc en bas de la montagne puis se rapproche de la ville et pleure. Après avoir pleuré, il entre dans la ville.

Quand il entre en ville, le peuple l’acclame : Hosanna au Fils de David… Notre Roi est venu parmi nous. Une fois arrivé en ville, Jésus va au temple et se met en colère. Il rentre dans l’enceinte du temple, renverse les tables des changeurs d’argent et dit : Vous avez fait de la maison de mon père un repaire de brigands.

[Et donc en un jour, Jésus passe par toute une série d’émotions] Il est calme. Il pleure. Il est acclamé. Il se met en colère.

Aujourd’hui, quelques considérations sur les « pierres qui  crieront », tirées en partie d’Origène et de St Grégoire le Grand, s’appliquent à la présente crise de notre Fraternité. Dans le texte précédant l’Evangile d’aujourd’hui, Notre Seigneur descend de la montagne et les gens le louent déjà. Saint Matthieu nous dit qu’ils le louaient dans la ville, mais saint Luc affirme qu’ils le louaient déjà à l’extérieur de la ville. Les pharisiens  ont très probablement réprimandé Jésus tout le long de cette procession. Tandis que les enfants et le peuple le louaient, il y avait toujours des pharisiens qui étaient là.  Ils suivaient partout Jésus pour essayer de le faire tomber dans des pièges. Ils ont dit à Jésus : Faites-les arrêter. Jésus leur a répondu, dans le verset qui précède l’Evangile d’aujourd’hui : Si ces enfants se taisent, alors les pierres crieront.

Origène dit que le Christ demande à être loué. Que Dieu demande à être loué. Et ce jour-là, les enfants le louent. C’est le jour où il a besoin d’être loué, où il doit être loué. Et ce jour-là, les pharisiens disent : Ne laissez pas les gens vous honorer… Mais le peuple continue à l’acclamer et Jésus répond : S’ils ne m’acclament pas, alors ce seront les pierres qui crieront.

Alors, Origène nous explique la chose suivante : le Vendredi Saint, le Christ n’était pas loué. Le Vendredi Saint, ses propres apôtres l’ont abandonné. Ils l’ont abandonné la nuit du Jeudi saint. Même saint Jean ne croyait plus pleinement. Il pensait alors que son Maître était mort et parti. Il n’y avait plus aucune louange de Jésus le Vendredi Saint… C’est pourquoi, ce jour-là, les pierres ont crié. Nous voyons, dit Origène, que le Vendredi Saint, le jour où Jésus est mort, le jour où il n’était pas loué, ce jour-là, les pierres ont crié. Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ est mort, il y a eu un tremblement de terre et une clameur est sortie des pierres. Il y a eu une résurrection des morts qui sont sortis de leurs tombes de pierre. Ils sont ressuscités des morts et sont apparus à beaucoup. Et qu’ont fait ces morts qui sont apparus à beaucoup ? Ils ont loué le Christ. Les pierres ont crié.

Notre Seigneur Jésus-Christ est un Dieu jaloux et il demande à être loué. Quand il descend de la montagne, il dit que si les enfants ne le louent pas, les pierres crieront. Origène nous a expliqué pourquoi. Si nous continuons à descendre de la montagne, nous trouvons les enfants qui le louent. Ils continuent à le louer lorsqu’il entre en ville. Peut-être que hors de la ville, se trouvaient ceux qui le louaient parce qu’ils lui étaient fidèles. Peut-être qu’à l’intérieur de la ville, se trouvaient ceux qui le louaient seulement parce qu’il était populaire ce jour-là. Notre Seigneur Jésus-Christ fut très populaire. Il est devenu populaire le dimanche des Rameaux : c’est pourquoi ce jour-là, la foule lui a fait un triomphe.

Et que fait Notre Seigneur Jésus-Christ ? Il pleure. Il pleure. Alors que tout le monde Le loue, Il pleure… Il dit : Jérusalem, tu n’as pas connu le temps où tu étais visitée. Pourquoi pleure-t-il ? Parce que ces gens n’ont pas reconnu le temps où ils étaient visités. Le jour du dimanche des Rameaux, le Christ visite son peuple. Il visite la ville de Jérusalem, Il visite le peuple juif. Ils savent qu’Il le visite et ils viennent à  sa rencontre, à la porte, ils viennent à sa rencontre à l’intérieur de la ville et ils le louent ; mais il n’est pas heureux de leurs louanges. Il n’en est pas heureux. Il pleure parce que ces gens n’ont pas reconnu le temps où ils étaient visités. Le Christ les avait déjà visités par Jérémie le Prophète. Il les avait déjà visité par Isaïe. Il les a visités à travers les prophètes de l’Ancien Testament. Il les visitera le Vendredi Saint. C’est le jour où Il fera sa visite solennelle, à Jérusalem, et ce jour-là, il apportera aux âmes le salut. Mais ce jour-là, ils ne Le loueront pas.

Ils ne reconnaissent pas le moment où ils sont visités. Aujourd’hui, ce n’est pas le jour de la visite. C’est Vendredi Saint qui est le jour de la visite. Le jour de sa visite, on ne le louera pas. On se moquera de lui, on le méprisera, on le crucifiera.

Le jour de la visite, vous ne louerez pas… En vérité , Je vous le dis : il ne restera pas de cette ville pierre sur pierre.

Saint Grégoire le Grand parle de ces pierres. Il dit qu’il ne restera pas pierre sur pierre. D’abord, il faut que ces pierres soient les unes sur les autres. Quand on entend parler de pierres, on peut se reporter aux Corinthiens. St Paul dit, en se référant aux Juifs : ils ont tous été conduits par la nuée, tous ont mangé la même nourriture spirituelle et tous ont bu la même boisson spirituelle quand Moïse a frappé le rocher dans le désert et que l’eau en a coulé. Ils ont bu de cette eau qui a coulé du rocher, c'est-à-dire la vraie doctrine qui vient du rocher qui est Jésus-Christ. Mais Dieu n’a pas été content de la plupart d’entre eux.

 Quand on l’a crucifié, sa croix a été placée sur le rocher du Golgotha ; et le rocher souvent signifie la doctrine, l’enseignement. Notre Seigneur Jésus-Christ a dit : S’ils ne me louent pas, les pierres crieront. Il doit y avoir une louange du Christ, conforme à la Foi. Quand les protestants modernes, les modernistes, les Hindous et les ennemis de Dieu louent Jésus-Christ aujourd’hui, ils disent qu’ils aiment Jésus-Christ, ils prêchent son nom, mais ils ne croient pas qu’il est Dieu. Ils ne croient pas dans son Eglise. Ils ne croient pas que les ennemis de Dieu seront damnés. Ils ne croient pas qu’il y a une bonne doctrine. Ils pensent qu’il y a des hérésies, mais ils ne croient pas que les hérésies sont mauvaises. Ils prononcent le nom de Jésus-Christ, qui est Notre Seigneur, en un autre sens… « Ce n’est pas celui qui me dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père. » La doctrine est changée. Saint Grégoire nous dit qu’ils ont empilé des pierres pour construire la cité de Jérusalem, mais que ce sont les pierres des pensées corrompues.

Si vous regardez ce qui s’est passé 500 ans avant la venue de Jésus-Christ, les Juifs ont corrompu leurs pensées au sujet du Messie. Auparavant, 1000 ans après Moïse, ils avaient adoré Baal et les faux dieux… Mais pendant les 500 dernières années qui ont précédé la venue du Messie, après les 70 ans de captivité sous Nabuchodonosor, quand les Juifs sont revenus en Israël, ils n’ont plus adoré de faux dieux ; en revanche, ils ont changé d’idée sur le Messie. Cela est très semblable à ce qui s’est passé dans l’Eglise il y a 500 ans.

Les Protestants et les Anglicans ont commencé à changer d’idée sur Dieu. Puis les hérétiques dans notre Eglise en ont fait autant. Ce changement et ces idées corrompues sont entrées dans notre Eglise d’une façon visible et publique dans les années soixante. Ces idées sont entrées dans notre Eglise de telle sorte que nous disions toujours que nous croyons en Jésus-Christ, mais que nous n’y croyions pas vraiment. Les pensées corrompues sont arrivées…

St Grégoire le Grand dit que les pierres sont empilées les unes sur les autres : une pensée corrompue est placée au-dessus d’une autre idée corrompue jusqu’à ce qu’éventuellement la maison soit construite. Hérode a reconstruit le temple qu’avait construit Esdras… Ce qui se passe à présent dans notre Eglise, c’est la reconstruction du temple. Vatican II essaye de reconstruire le temple de l’Eglise mais ce temple reconstruit n’a pas la même taille. Ce n’est pas le même temple que le précédent, tombé en décadence à cause de la corruption. Donc il y a des pensées corrompues… Et St Grégoire dit que ces pierres seront rejetées au loin. Il ne restera pas pierre sur pierre. Ces pierres seront rejetées. Il a écrit : Allez voir Jérusalem  (c’était à son époque, en 600 après Jésus-Christ). Allez à Jérusalem et vous verrez que Jérusalem est encore déserte, parce que lorsqu’elle a été détruite, sa destruction fut si cruelle et si méchante que les Juifs n’ont pas voulu retourner dans leur ville. Ils ont donc pris des pierres de la cité qui était initialement Jérusalem et ils ont construit une nouvelle cité en dehors des murs, à l’emplacement du Golgotha et du tombeau du Christ. Le Golgotha était en effet en dehors des murs.  C’est là  que fut construite la nouvelle Jérusalem, après l’an 70. Ils sont partis et ils ont construit une nouvelle cité en dehors des murs en prenant des pierres de l’ancienne cité, parce qu’ils ne voulaient pas retourner au même endroit.

 Il s’est passé la même chose à Goa, en Inde, lorsque Goa a été décimée par une grande peste à cause de la malédiction de St François Xavier, au XVIème siècle. En tout, les trois quarts de la ville moururent. L’année suivante, les gens refusèrent de retourner dans la ville. Ils avaient peur de cette ville. Ils ont donc construit une autre ville à côté, la ville de Panjim, et c’est là où vivent les gens, jusqu’à ce jour. Il n’y a plus que les touristes qui vont dans Goa, où l’on peut encore y voir de vieilles églises, mais plus personne n’y habite à ce jour.

Et donc Dieu détruisit la cité de Jérusalem et ils reconstruisirent une nouvelle ville, en dehors de l’ancienne.

 [Spirituellement,] on ne s’aperçoit pas du changement au moment où il se réalise. Les pierres sont les pensées corrompues empilées les unes sur les autres. Il y a un très lent changement des pensées. Quand ils ont reconstruit le temple, ils ont pensé  que le nouveau temple était identique au premier, mais en fait, ils l’ont fait différemment. Origène nous fait aussi remarquer que le dimanche des Rameaux, tandis que le Christ pleurait, la ville ne pleurait pas. Les gens ne savaient pas que c’était le moment de pleurer. S’ils avaient su ce qui allait arriver, ils auraient pleuré, mais ils ne savaient pas ce qui allait arriver ; c’est pourquoi ils n’ont pas pleuré. Ils ne voyaient aucun nuage à l’horizon.

L’abbé Urban Snyder avait coutume de nous expliquer ainsi la huitième station du chemin de Croix : Pourquoi Jésus a-t-il dit aux femmes de Jérusalem qui pleuraient : Ne pleurez pas sur moi, mais pleurez sur vous et sur vos enfants ? Parce qu’Il pensait : Si vous saviez ce qui va arriver à vos enfants, à vos enfants qui ne vont pas se convertir, à vos enfants qui n’embrasseront pas la vraie religion, lorsqu’ils auront 35 à 40 ans, quand les Romains viendront dans cette ville de l'an 68 à l’an 70… Ils mourront de la mort la plus horrible et la plus vile… Si vous saviez cela, vous ne pleureriez pas sur Moi. C’est pourquoi, pleurez plutôt sur vous et sur vos enfants.  Origène nous dit que les gens ne savaient pas qu’il était temps de pleurer. Ils pensaient que c’était le temps de la paix.

C’est la grave tentation qui est entrée dans la Fraternité Saint Pie X, ces derniers mois. Certains disent que c’est un temps de paix. D’autres disent qu’il est temps de pleurer.

Avant la destruction de Jérusalem, en 68 après Jésus-Christ, il y eut beaucoup de signes dans le ciel. Flavius Josèphe les décrit. Il raconte qu’une fois, on vit dans le ciel un chariot conduit par un ange tenant une épée. Ce chariot tournait autour de la ville de Jérusalem, dans le ciel. Les gens virent le signe. Certains dirent : cela signifie que Dieu est en colère contre Jérusalem et qu’il va la détruire. Mais d’autres répondirent : Non, cela signifie que Dieu est content de Jérusalem et qu’Il va la protéger des Romains.

Et il y eut une discussion parmi les juifs, pour savoir ce que ce signe signifiait. Il y eut d’autres signes de ce genre dans le ciel : on voyait des guerriers mêlés à des anges… Tout le monde voyait cela et  débattait pour savoir ce que ces signes signifiaient.

Considérons la Fraternité Saint Pie X et le combat de la Tradition. Nous avons subi un changement. Les modernistes l’appelleraient un changement radical, qui change toute notre orientation. Au début, ce changement radical n’est pas apparu de façon évidente, parce qu’il n’y avait pas de signes extérieurs. Quand on conduit sur l’autoroute et qu’on prend une sortie, on est au début tout près de la route initiale… Mais après un court moment, on est loin, très loin dans une autre direction. Quand ce changement nous emmène dans une autre direction, quand il emmène toute notre organisation, toute la Fraternité, toute la Tradition dans une autre direction, ce peut être appelé un changement radical. Certains disent que c’est une bonne chose, d’autres disent que c’en est une mauvaise. Par contre, il y a une chose que nous ne pouvons pas faire, c’est mentir. Ce serait un mensonge que de dire qu’il n’y a pas eu de changement : c’est un troisième groupe médiocre  qui dit cela et ce ne peut être toléré. Il y a donc un groupe qui affirme qu’il y a eu un changement et que c’est bien, un autre groupe qui affirme qu’il y a eu un changement et que c’est mal, et enfin un groupe intermédiaire qui dit qu’il n’y a pas eu de changement. Ce groupe intermédiaire se trompe complètement. Il y a eu un changement. Le temple de la Tradition a été reconstruit, mais il n’est pas de la même facture que celui qui a été construit par Esdras, en l’occurrence ici, Mgr Lefebvre. Lors de la reconstruction du temple de la Tradition, quand Hérode le grand a reconstruit le temple, le temple était plus grand. Il était plus beau et il était prêt pour la venue du Christ. Mais ce n’était pas le même temple que celui construit par Esdras.

De même, la Fraternité Saint Pie X est en quelque sorte en train d’être reconstruite, mais ce n’est pas la même. Regardons seulement deux choses : dans la déclaration de 1974, Mgr Lefebvre expose la doctrine, la charte, l’essence du combat de la Tradition, pourquoi les catholiques traditionalistes résistent, quelle est notre essence... Non seulement, nous savons en quoi elle consiste, mais nos ennemis aussi le savent : c’est dit dans les deux premiers paragraphes de la déclaration de 1974. «  Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. » C’est le côté positif. Nous adhérons à la Rome éternelle, c'est-à-dire la Rome de nos pères, la Rome qui a deux mille ans. Puis vient le second paragraphe : « Nous refusons… » Il y a le côté positif de la Tradition qui accepte et le côté négatif, qui refuse. Saint Thomas d’Aquin nous dit que personne ne peut dire qu’il aime, s’il ne hait aussi, car la haine est l’une des passions qui vient de l’amour. Si vous aimez l’argent, vous haïssez la pauvreté. Si vous aimez la santé, vous haïssez la maladie. Si vous aimez Dieu, vous détestez le péché. Si vous aimez la vérité, vous haïssez l’erreur.

Mais si vous n’aimez ni la vérité, ni l’erreur, alors, cela vous est égal. Par contre, si nous aimons, l’amour appelle la haine.

 «  Nous adhérons de tout coeur, de toute notre âme aux traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. » Voici le côté positif.

Et à présent, voyons le côté négatif : « Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »

Ceci a été cité par le Chapitre général de 2006, mais le mot « toutes » a été enlevé de la citation. On ne disait pas « toutes les réformes », mais « les réformes ». En avril 2012, cette phrase a été de nouveau citée par M . l’abbé Schmidberger, mais cette fois, il a dit : « certaines des réformes ». Mgr Lefebvre a dit « toutes les réformes ».

Nous les rejetons toutes parce que « toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise. »  C’est très clair [dans ce texte] que nous sommes contre.

Plus loin, pour qu’il n’y ait pas de confusion, Mgr Lefebvre répète encore : « Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. »

Si nous suivons le nouveau changement de la Fraternité St Pie X, nous ne souhaitons pas épouser la réforme, mais nous sommes sur le point de nous y soumettre d’une certain façon. C’est pourquoi c’est une orientation différente. A présent, cette déclaration [de 1974] n’est plus vraie pour la Fraternité Saint Pie X et c’est officiel que le 14 juillet 2012, à la fin du Chapitre général, on inaugure une nouvelle Déclaration, une nouvelle Charte.

Pour qu’il n’y ait pas de confusion, Mgr Lefebvre a dit : nous devons maintenir cette position d’adhérer à la Rome éternelle et de ne pas nous soumettre à l’Eglise moderniste en quelque façon que ce soit. Nous devons faire ceci « en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle. » [Déclaration de 1974]

Maintenant, la néo-FSSPX pourrait légitimement prétendre qu’elle suit Mgr Lefebvre, si elle peut démontrer qu’en Juillet 2012, l'obscurité n’obscurcit plus le ciel de la Rome éternelle…

Mais il est plus sombre qu'il ne l'était en 1974. Il n'est pas moins sombre. Il y a plus d'âmes qu'en 1974 qui vont en enfer tous les ans. C’est plus facile de se perdre et il y a davantage de pièges. Il y a davantage d’embûches. Il y a plus de mensonges, plus de dangers sur un seul sujet de Foi en 2012 qu'il n'y en avait en 1974. C'est bien pire que cela ne l'était alors. Il y a beaucoup plus de confusion.

En 2012, il y a un changement :  « Nous avons déterminé et approuvé les conditions nécessaires à une normalisation canonique éventuelle. » Nous sommes prêts à passer sous l'obéissance à Rome, à condition que nous obtenons les trois conditions suivantes : pouvoir enseigner la foi et condamner les personnes qui ont promu les erreurs de Vatican II, [pouvoir utiliser exclusivement la liturgie de 1962] et que nous obtenions un évêque. Selon Mgr Lefebvre, ce ne sont pas des conditions.

Et quel est le but de la nouvelle orientation ? Tout à la fin de la nouvelle déclaration, [il est indiqué] :« Enfin nous nous tournons vers la Vierge Marie […] Qu’elle daigne garder dans l’intégrité de la foi, dans l’amour de l’Eglise, dans la dévotion au successeur de Pierre, tous les membres de la Fraternité Saint-Pie X et tous les prêtres et fidèles qui œuvrent dans les mêmes sentiments, afin qu’elle nous garde et nous préserve tant du schisme que de l’hérésie.»

Actuellement, c'est notre désir en 2012 d’avoir une grande dévotion envers le successeur de saint Pierre, un grand amour de l'Eglise… C’est notre désir que nous maintenons l'intégrité de la foi, dans quel but ? Afin que nous, membres de la Tradition, ne puissions tomber ni dans le schisme ni dans  l'hérésie. Donc, pour notre conservation personnelle.

Que dit Mgr Lefebvre ? Dans la déclaration 1974, quelle est sa conclusion ? La conclusion de Mgr Lefebvre en 1974 est la suivante : « En faisant cela, (c'est-à-dire en enseignant la vérité et en rejetant les erreurs du Concile) « nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l'Eglise Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d'être les fidèles dispensateurs des mystères de Notre Seigneur Jésus- Christ dans le Saint-Esprit. Amen. »

Notez la différence d’orientation. Les deux sont bonnes. L'une vise à soi-même. L'autre vise à l'Église. Mgr Lefebvre vise le bien de l'Église. Ce qu'il fait est pour le bien de l'Eglise. Il a dit de nombreuses fois : je ne peux pas prêter la main à la destruction de l'Eglise. Nous devons dire aussi que nous ne pouvons pas prêter la main à la destruction de l'Eglise ou de la Fraternité à laquelle nous appartenons [en souscrivant] à un changement de doctrine.

Nous avons dit clairement depuis 42 ans que nous ne pouvions accepter d'être sous la tutelle de Rome en aucune manière que ce soit jusqu'à ce que la lumière soit de retour à Rome, jusqu'à ce qu'il y ait une profession de foi.

On ne fait pas des conditions aux supérieurs. Si un supérieur donne un ordre immoral, je dois lui désobéir. S'il donne un bon ordre, je dois lui obéir. Mais il n'existe pas de troisième option intermédiaire, qui serait : je vais obéir si vous me donnez ceci, si vous me donnez cela. Si c'est un ordre légitime, je dois obéir sans conditions. Si c'est un ordre illégitime, je dois désobéir sans conditions. De toute façon, il ne peut y avoir aucune condition.

Ainsi, l’établissement de conditions constitue en soi un problème. C'est comme si nous nous faisions nous-mêmes égaux au pape, ce que nous ne sommes pas. Nous ne le sommes pas. Nous ne sommes pas égaux au Pape. On ne pose pas de conditions au pape. Les seules conditions que nous posons, ce sont celles que le Christ a posées aux papes, que la Foi a imposées aux papes.

Le Pape est le principal protecteur et défenseur de notre sainte foi catholique romaine. Quand il fait cela, c’est un bon Pape. Quand il va à l'encontre de cela, c’est un mauvais pape. Quand il fait le bien, il doit être obéi. Quand il fait le mal, on doit lui désobéir. Et s'il évolue dans une direction opposée à Dieu, on doit lui désobéir. Et sur ce point, Mgr Lefebvre a été très clair en 1987 [ndlr : le 01.09.1987, Conférence aux prêtres à Ecône pour la retraite sacerdotale]. Il a répété la doctrine essentielle de la déclaration de 1974. Il a parlé au cardinal Ratzinger, qui est aujourd'hui le pape Benoît XVI, le même homme, et il lui a dit : "Même si vous nous accordez un évêque, même si vous nous accordez une certaine autonomie par rapport aux évêques, même si vous nous accordez toute la liturgie de 1962, si vous nous accordez de continuer les  séminaires et la Fraternité comme nous le faisons actuellement, nous ne pourrons pas collaborer, c’est impossible ; parce que nous travaillons dans des directions diamétralement opposées : vous, vous travaillez à la déchristianisation de la société, de la personne humaine, de l’Église, nous, nous travaillons à la christianisation.” C’est pourquoi, non.


Pourquoi ne voulons-nous pas travailler avec Rome ? Parce que Rome est dans l'apostasie. Rome a réalisé la prophétie que la Vierge Marie a fait à La Salette : Rome perdra la foi et deviendra le siège de l'Antéchrist. Et Rome a perdu la foi, et agit comme si elle était le siège de l'anti-Christ. Elle emmène les âmes loin de Dieu. Il y a une grande confusion.

En ces temps de confusion, nous devons rester fermes sur ce qui est certain. Et ce qui est certain, c'est la foi, et ce qui est certain, c'est la direction dans laquelle marchent nos pères depuis 2000 ans. Essayer de trouver un moyen terme ne marchera pas.

Il y a des personnes dans la Fraternité qui soutiennent qu'il est maintenant temps de retourner à Rome, parce qu'une fois que nous y serons, nous pourrons prêcher la foi et les convertir de l'intérieur. Mgr Lefebvre n'était pas d'accord avec cette opinion. Mais c'est l'opinion de certains, aujourd'hui dans la Fraternité et dans la Tradition, que nous devons aller à l'intérieur de Rome et aller à l'intérieur des paroisses et essayer de les convertir de l'intérieur. Mais Mgr Lefebvre a dit : « Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets » [Fideliter n°70, p. 6] Donc, si nous allons vers les supérieurs modernistes en tant que sujets, ils nous rendrons modernistes, nous ne les rendrons pas catholiques.

Et rappelez-vous, aussi, que les méchants causent des dégâts moins grands que les hommes qui semblent bons. Si vous avez un enfant qui  rencontre quelqu'un qui l’embarque dans l’impureté, la drogue et le rock  pendant quelques années, il finit par se rendre compte qu’il ne peut pas vivre avec des criminels, qu’il ne peut pas rester toujours dans l’impureté, la drogue, et le rock, qu’il doit se convertir. Mais s’il rencontre un ami protestant vraiment gentil qui est une personne honnête, merveilleuse, l’étape suivante, c’est un mariage avec le gentil ami protestant et ils vont ensuite à l'église protestante où les gens sont gentils, contrairement à ceux de nos églises, où ils peuvent comprendre ce que le prédicateur dit, contrairement à ceux de nos églises, et où tout est tellement mieux. Ils vivent une belle vie paisible jusqu'au jour où ils mourront et iront en enfer. Et ils ne se repentiront jamais.

Quand un homme, bon dans son cœur, répand l’erreur, il fait beaucoup plus de dégâts qu'un homme mauvais qui répand erreur parce que l’on peut toujours sentir le mal dans le cœur de ceux qui sont malhonnêtes. Mais quand un homme bon est aveuglé, il provoque plus de dommages. C'est pourquoi, même Lénine a déclaré que les idiots utiles sont si importants pour le communisme, c'est-à-dire qu’il pense qu’il est bon d’utiliser ceux qui ne sont pas communistes, même ceux qui sont contre le communisme, tant qu'ils font la volonté des communistes et qu’ils jettent les bases du communisme. Les idiots utiles sont parfois plus utiles que les hommes mauvais, qui font avancer les choses dans notre sens. Et en ce moment, nous sommes en train de nous faire tromper.

Nous devons dire clairement qu’il y a eu un changement. Il y a eu un changement. La raison de ce changement doit être justifiée. S'il est vrai que la Fraternité Saint Pie X a besoin de retourner à Rome, que Rome est vraiment en train de se convertir, que Rome est vraiment améliorée et que si nous retournons « à l'intérieur » nous les convertirons, cela doit être démontré. La preuve est à la charge de ceux qui veulent faire le changement. Nous n'avons pas à suivre aveuglément le supérieur en vertu de la sainte obéissance.

 Nous ne devons pas oublier que chaque prêtre de la Fraternité Saint-Pie X et chaque prêtre [indépendant] traditionnel dans le monde, vit dans une désobéissance quotidienne. À l'heure actuelle, nos églises, où qu'elles se trouvent - à Menzingen en Suisse, à Denver, dans le Colorado où j’étais avant, ou aux Philippines, partout, nous avons des églises qui ne sont pas approuvées par l'évêque local. Elles ne figurent pas dans le livre et le registre. Elles ne sont pas répertoriées, elles ne sont pas approuvées. Si vous demandez à l'évêque… Je me souviens à Denver :

 - Il n'y a pas d'Eglise Saint Isidore à Denver,  a-t-on répondu.

 - Mais si, il y en a une, justement là-bas.

- Ce n'est pas une église du diocèse, pas approuvée.

- Nous aimerions envoyer nos documents de mariage dans le diocèse, disaient-ils :

- l’Eglise saint Isidore ? Il n'y a pas d'Eglise Saint Isidore [geste de déchirer des papiers].

A la date de juillet 2012, dans chaque paroisse de la Fraternité Saint Pie X, nous vivons quotidiennement dans la désobéissance légitime et convenable vis-à-vis de l'évêque local. Alors, dire aux gens de la Tradition, vous devez obéir, obéir, obéir… Il y a un dicton : Ceux qui vivent dans des maisons de verre ne devraient pas jeter des pierres. [ndlr : c'est à dire : Il faut être sans défaut pour critiquer autrui.] Avons-nous oublié ?

Un fidèle m'a dit hier : « nous sommes obligés d'obéir à Mgr Fellay. Mgr Fellay est le Supérieur général de la Fraternité Saint Pie X. Comme  Supérieur général de la Fraternité Saint Pie X, il a autorité sur les membres de la Fraternité. »

Aucun d'entre vous n’est membre de cette Fraternité et, par conséquent, il n'a aucune autorité sur vous. Il a autorité sur moi. Il a autorité sur les membres de la Fraternité. Et ce pouvoir est limité. Le supérieur général a autorité sur les membres de la Fraternité dans le but de satisfaire les besoins, les orientations et les statuts de cette Fraternité. Tout comme le pape doit correspondre au rôle des papes, les supérieurs généraux doivent correspondre aux buts des supérieurs généraux.

Le supérieur général n’a autorité sur aucun fidèle du monde, c’est l’évêque du lieu. Ici, c’est Mgr Kurtz. Le pape Benoît XVI a autorité. Tous les évêques du monde entier qui sont les Ordinaires des diocèses, ont un droit divin qui leur vient de Dieu, sur nos âmes. Lorsque nous sommes dans le diocèse de Louisville, l'autorité est l'évêque de Louisville. Mais nous lui désobéissons. Et pourquoi lui désobéissons-nous ? Parce qu'il veut que nous acceptions le Concile Vatican II, le modernisme, ces choses qui vont contre la foi. Et c'est pourquoi nous disons à juste titre à l'évêque de Louisville, «  Nous adhérons de tout cœur à la Rome éternelle et nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »

La sagesse se trouve dans cette simple ligne de conduite. Comment décidons-nous des réformes qui sont bonnes et de celles qui sont mauvaises ? Sommes-nous vraiment assez intelligents ? Qu'est-ce qui se passera quand nous aurons changé toutes nos prières ? L’abbé Celier, un des prêtres approuvés de la Fraternité, a recommandé il y a plusieurs années que nous faisions une sorte de messe hybride, que nous prenions les bons éléments de la nouvelle et que nous prenions les bons éléments de l'ancienne et que nous les mélangions ensemble dans une sorte du nouveau rite hybride. D'autres ont déjà essayé ces dernières années. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons faire. Nous ne pouvons pas faire cela. Et s’il est juste de le faire, alors ceux qui en font la promotion doivent offrir de meilleurs arguments que de dire que les prêtres seraient en paix, les gens heureux, et que nous devons faire confiance au Supérieur général qui nous a menés si merveilleusement depuis 18 ans. Peut-être, mais ce n’est pas une raison pour modifier notre foi. Peut-être qu'il a été capable de nous conduire merveilleusement ces 18 dernières années parce que nous sommes restés dans la même doctrine, nous sommes demeurés fermes dans la même condamnation des erreurs, comme nous avions déjà fait les années précédentes.

Et il y a un autre argument auquel on ne peut pas échapper si l’on est honnête. Un bon nombre de prêtres qui parlent entre eux disent : même si la Fraternité conclut un accord avec Rome, même si elle baisse, je continuerai à prêcher en chaire contre les erreurs, mais j’irai à l'intérieur de cette structure qui n'est pas contre les erreurs. Vous ne pouvez pas faire cela. Vous ne pouvez pas avoir les deux. Il y a beaucoup de prêtres dans le Novus Ordo, des prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, qui sont de très bons prêtres, des hommes très bons, et beaucoup d'entre eux sont très contrariés par ces divers problèmes. Un prêtre me dit qu'il prêche en ce moment d'une manière indirecte contre les erreurs qui sont dans la Fraternité, en affichant la déclaration de 1974. Beaucoup de prêtres actuellement affichent la déclaration 1974 à l'arrière de l'église. Beaucoup de prêtres le font, mais ils ne disent pas qu'il y a quelque chose de mal dans la déclaration de 2012. Vous êtes censés le deviner.

Le devoir du pasteur est de ne pas laisser les gens comprendre les choses par eux-mêmes. Le devoir du pasteur est d'expliquer clairement les erreurs et les problèmes, parce que la question est la suivante : Est-ce que la déclaration de 2012 du Chapitre général nuit gravement aux âmes ? Est-ce que cette déclaration signifie un changement de direction de la Fraternité en s’écartant de l’orientation de Mgr Lefebvre ? Est-ce que cela signifie que la Fraternité travaille actuellement pour un but différent de celui pour lequel elle a été créée ? Ce sont des questions très graves, et je crois que la réponse est oui. Et quels sont les effets ? Les effets sont une modification de l'enseignement… Premier temps : Nous voulons aller à Rome mais sans transiger avec Rome ; c'est notre souhait à cause d'un grand désir de convertir Rome. Et c'est un désir très bon, un désir que nous devrions tous avoir. Mais nous devons nous rappeler que c'est la Vierge Marie qui  convertira Rome et pas nous. Mais néanmoins, c'est un très bon désir.

Puis ensuite, quand nous avançons dans le désir, nous commençons à faire des compromis afin de réaliser ce désir. C'est ce qui arrive. Nous n'avons pas l'intention que cela se produise, mais cela arrive. Le Supérieur Général nous a dit il y a quelques mois aux Philippines, qu’il ne parlait pas directement contre Assise III parce qu'il était en pourparlers avec les fonctionnaires romains et qu’il devait leur être agréable. Mais dans le même temps, le supérieur de France et d'autres parlent publiquement contre Assise III. Donc vous pouvez parler publiquement contre Assise III en chaire, mais le Supérieur général ne s'exprimera pas publiquement contre Assise III parce qu'il travaille avec Rome. A quoi cela équivaut-il ? Cela équivaut à un compromis.

Ce n'est pas intentionnel, ce n'est pas désiré, l'intention est bonne. Mais quand on arrête d'enseigner la vérité et de condamner les erreurs avec clarté, la confusion mène toujours à l'erreur. Aussi nous devons continuer à rester fermement attachés à la déclaration de 1974, à tenir fermement le cap de la Fraternité et nous ne devons pas construire un nouveau temple différent de l'ancien.

A la fin du Dimanche des Rameaux, Notre Seigneur a commencé dans le calme. Puis il est descendu de la montagne, et a pleuré. Et il est descendu plus avant, et il y a eu de la joie. Et enfin il y a eu une punition quand il est entré dans le temple et a renversé les tables.

Il est possible que si nous, qui sommes les bastions de la tradition - ou qui sommes censés être les bastions de la tradition – nous, qui nous sommes publiquement prononcés contre les erreurs et contre ceux qui favorisaient les erreurs, il est possible que si nous cessons de faire cela, une punition vienne du ciel ; ce serait une possibilité et nous devons être prêts à ce que tombe cette punition.

«Tu n'as pas connu le temps où je t’ai visité. »

Et saint Grégoire le Grand dit : "Et il a construit une nouvelle Jérusalem et elle fut construite au sommet du Golgotha." Le Golgotha ​​était hors des murs de l’ancienne Jérusalem. Mais les Juifs eux-mêmes, bouleversés par l'horreur de la tragédie de 70, ont déplacé les pierres, toutes les pierres, hors de cette ville et ils ont construit une nouvelle ville à l'extérieur de celle-ci. Et il est possible que si nous : fidèles, prêtres et évêques, si nous ne résistons pas ouvertement, clairement et courageusement, ancrés sur les fondements posés par Mgr Marcel Lefebvre en 1970, Notre Seigneur Jésus-Christ et la Sainte Vierge décident de construire une nouvelle maison. Ils peuvent s’en aller construire une autre maison. La foi va continuer, les erreurs seront condamnées, il y aura toujours des voix pour communiquer la vérité.

Origène dit que même si les gens ne suivaient pas le Christ, il continuait à prêcher. A la fin de l'Evangile d'aujourd'hui, il est dit : « Et Il s’asseyait tous les jours dans le temple et prêchait. » Même s’ils ne l’écoutaient pas, il  continuait d’enseigner tous les jours dans le temple. Et saint Grégoire le Grand dit : Pourquoi a-t-il fait cela ? Jusqu'au moment de sa mort, le Christ continuera à communiquer la vérité à ceux qui la rejettent, afin qu'ils puissent se repentir et revenir à lui.

La vérité sera toujours enseignée. Les erreurs seront toujours condamnées par quelqu'un au sein de notre sainte Église. Et si nous arrêtons de le faire, si nous cessons de le faire, alors les pierres de la Tradition catholique seront déplacées hors de la vieille ville de Jérusalem ou de l’ancienne FSSPX et un nouvel édifice sera reconstruit ailleurs. Peut-être qu’un évêque moderniste se convertira, quelqu'un comme le cardinal Mahony par exemple, l'un des pires, peut être que quelqu'un comme lui va se convertir, va recevoir la grâce de la Sainte Vierge et fondera [une nouvelle congrégation] qui luttera contre les erreurs, tel un nouveau saint Paul, qui a commencé comme ennemi de Dieu et a fini comme le plus grand des apôtres. La Sainte Vierge peut  tout faire.

Nous ne devons pas faire la grave erreur de croire que la FSSPX est indéfectible, qu'elle ne peut pas se tromper. C’est une offense à Dieu. Il y a quelques semaines, un prêtre a dit à l’abbé Chazal, qui prêchait en même temps que moi, le 27 mai, que Mgr Fellay avait la grâce d'état. L’abbé Chazal a répondu : le Pape Paul VI a eu également la grâce d'état, et c’était une plus grande grâce et un plus grand état. La réponse fut : « Je sais, mais c’était le Pape… Nous parlons du Supérieur général. »

C’est un prêtre qui parle… comme si le Supérieur général était supérieur au pape. Il n'en est rien. Nous aimons le Supérieur général. Nous l’honorons, nous le respectons et lui obéissons autant que nous le pouvons, mais il n'est pas plus grand que le pape. Il n'est pas indéfectible, la Fraternité Saint Pie X n'est pas indéfectible. Elle peut s'effondrer.

C’est la Sainte Eglise qui est indéfectible. La foi ne peut jamais s'effondrer, et nous devons rester fidèles à cette foi, fidèles à la Rome éternelle et fidèles à la Fraternité de saint Pie X traditionnelle et correcte, qui n'était bonne que dans la mesure où elle restait fidèle à la Rome éternelle. Et si elle n'est pas fidèle à Rome, elle est inutile et pire qu'inutile. Nous devons prier pour que notre Fraternité reste fidèle à [la vraie] Rome et n’ait pas une fausse paix.

Reconnaissez qu'il y a eu un changement et étudiez-le. Soit vous y croyez et vous le suivez. Soit, après étude, vous le rejetez et vous vous en tenez à Mgr Lefebvre, mais ne restez pas au milieu. Ne soyez pas un de ceux qui disent : Tout est pareil, rien n'est changé, tout est merveilleux. La dernière émission de radio de l'Empereur du Japon en 1945 a été : « Tout est merveilleux… » Puis elle a été suivie par : « Nous nous sommes rendus. » Et beaucoup de Japonais ont été choqués parce que de 1941 à 1945, ils avaient uniquement entendu : « Tout est merveilleux, nous battons les Américains, tout va bien, ne vous inquiétez pas des bombes », etc., et puis tout d'un coup : « Nous nous sommes rendus aujourd'hui. »  Cela ne doit pas arriver à notre Fraternité.

Je vais m’arrêter à cela, et que Dieu vous bénisse tous. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.