jeudi 25 octobre 2012

Commentaire de la conférence de Mgr de Galarreta à Villepreux.

Commentaire de la conférence de Mgr de Galarreta à Villepreux.
par InDominoSperavi

Cette conférence doit être étudiée en détail car elle marque un tournant important dans l'orientation de Mgr de Galarreta. Nous avons également découvert que deux passages ont été censurés par DICI. Nous analyserons ces censures.


Le 13 octobre 2012, à Villepreux, Mgr de Galarreta fait une conférence dans laquelle il annonce qu’il est pour le principe d’un accord pratique avec Rome, sans accord doctrinal préalable.


« Ce que je peux vous dire, c’est que la Divine Providence nous a assistés pendant le chapitre d’une façon claire et évidente. Ça s’est très bien passé. Je vous le dis comme ça tout simplement. Nous avons pu parler tranquillement, librement, ouvertement. »

Commentaire :

Monseigneur Williamson a été exclu du Chapitre, mais cela s’est très bien passé… Mgr Tissier de Mallerais, aux dires même de l’abbé Pfluger lors de sa tournée aux Etats-Unis, s’est vigoureusement élevé contre Mgr Fellay, mais cela s’est très bien passé. Ce n’est pas l’avis de Mgr Tissier de Mallerais qui a considéré que : « Le Chapitre général, a été un désastre ; j'ai signé de mon nom, a-t-il dit à l’abbé Chazal, parce que c'était une action collégiale, mais certainement pas pour dire que j'étais d'accord avec le contenu. »
traduction de war aims

« Nous avons pu aborder les problèmes cruciaux, même si nous avons dû laisser les autres, les affaires qui étaient prévues. Nous avons pris tout le temps nécessaire pour discuter cela et nous avons discuté, nous avons confronté, comme il sied entre membres d’une même congrégation et d’une même armée. Il n’y a pas de problème. (…) »

Commentaire :

L’affirmation qu’il n’y a pas de problème est fausse. Elle est d’autant plus fausse que vous-même, Monseigneur, disiez qu’il fallait vite refermer la boîte de Pandore. Vous étiez convaincu, il n’y a pas si longtemps, qu’il y avait un très gros problème. Que s’est-il passé ? Qu’a-t-on pu vous dire qui vous ait fait changer d’avis ? Nous aimerions le savoir, pour pouvoir dénoncer le piège…


« Et donc le chapitre s’est passé comme cela, bien, et je pense que c’est là que nous avons vraiment déjà tiré les leçons d’utilité des épreuves que nous avons eues, même si ce n’est pas parfait. »

Commentaire :

Il est intéressant de noter que Mgr de Galarreta dit que le Chapitre n’est pas parfait. C’est un son de cloche différent de celui de DICI qui a publié un article très louangeur sur la Déclaration du Chapitre intitulé : Notre joie devant cette clarté.


 « Donc mise à part cette discussion extrêmement importante et riche, nous avons établi les conditions qui pourraient permettre d’envisager hypothétiquement une normalisation canonique. Et si vous réfléchissez bien, ce qui a été fait, c’est justement de prendre toute la question doctrinale, liturgique… et elle a été mise comme une condition pratique. »

Commentaire :

La partie en rouge de cette citation est extraordinaire : relisez attentivement. Mgr de Galarreta opère ici un véritable tour de prestidigitation auquel même certains d’entre nous pourraient se laisser prendre. Il sous-entend ici que le principe : pas d’accord pratique sans accord doctrinal a été mis dans la première des conditions pratiques et donc, que nous avons gagné.


Réfléchissons et redéfinissons les termes : qu’est-ce qu’un accord doctrinal avec Rome ? Un accord doctrinal avec Rome est-il l’autorisation donnée par Rome de prêcher la bonne doctrine ? NON.  Un « accord doctrinal » avec Rome signifie que nous devons être en accord avec Rome sur la doctrine, c'est-à-dire que pour signer un accord, nous devons avoir la même doctrine que Rome, ce qui est très différent… Et donc un accord doctrinal avec Rome est synonyme de la conversion de Rome. C’est cela que nous réclamons. Mettre l’autorisation de prêcher la doctrine en condition sine qua non ne revient pas du tout à être en accord doctrinal avec Rome. Et donc le principe : pas d’accord pratique sans accord doctrinal n’est absolument pas équivalent à la condition n°1, comme Mgr de Galarreta le suggère habilement.


« C’est sûr que, comme je vous disais, ce n’est pas parfait. Nous-mêmes, nous avons vu, assez rapidement après, que ces distinctions entre conditions sine qua non et conditions souhaitables n’étaient pas très justes, n’étaient pas souhaitables, non. Et en fait pour nous parmi les conditions que nous avons mis comme souhaitables, il y a des conditions sine qua non aussi, mais plutôt d’ordre pratique, canonique, concret. »(...) [Les conditions souhaitables, plus la plupart,] Rome était déjà prête à les concéder, même actuellement. »


Commentaire :

Mgr de Galarreta s’inscrit ici dans la lignée de ce qui a filtré de la conférence du 7 septembre 2012 de Mgr Fellay à Ecône. Les six conditions de la lettre circulaire de l’abbé Thouvenot ne devraient plus être divisées en conditions sine qua non et conditions souhaitables. Toutes, ou du moins certaines autres conditions souhaitables, devraient devenir des conditions sine qua non.

M. l’abbé Schmidberger n’est pas de cet avis : dans son interview du 18 septembre 2012, dix jours après la conférence d’Ecône, il s’est empressé de remettre les choses au point, sans avoir l’air d’y toucher :

« je pense que nous pourrions nous concentrer sur ces éléments importants qu’il nous faut absolument demander à Rome dans le cas d’une normalisation. Ces éléments peuvent être formulés en trois points : premièrement, qu’il nous soit permis de continuer à dénoncer certaines erreurs du concile Vatican II, c’est-à-dire d’en parler ouvertement ; deuxièmement, qu’il nous soit accordé de n’utiliser que les livres liturgiques de 1962, en particulier le missel ; troisièmement, qu’il y ait toujours un évêque dans les rangs de la Fraternité, choisi dans son sein. » Il y a donc des divisions au sein des accordistes : ceux qui veulent amender les six conditions et ceux qui veulent s’en tenir au texte initial.
On peut noter qu’il n’y a plus aucune unité de vue dans la Fraternité St Pie X. Depuis cette crise, chacun adopte un discours différent. Le discours de Mgr de Galarreta est légèrement plus traditionnel que celui de DICI et de l’abbé Pfluger. Cependant, il ne peut nous convenir.


[A propos des deux premières conditions sine qua non : ]« Il est évident que tout est là. » dit Mgr de Galarreta.

Commentaire :

Mgr de Galarreta pense que si nous gardons la liturgie de 1962 (condition 2) et que nous avons le droit de critiquer les erreurs de Vatican II, du magistère post-conciliaire et ceux qui les diffusent (condition1), nous sommes parfaitement en sécurité, en cas d’accord pratique.

Tout d’abord nous pouvons réécouter cette parole de Monseigneur Lefebvre (la vidéo dure 2 min.), qui répond à l’argument de la condition 2  et en partie à d’autres arguments :« Même si vous nous accordez toute la liturgie de 1962 etc.
vidéo de Mgr Lefebvre


Quand à la condition 1, il suffit de se rappeler ceci : la Fraternité Saint Pierre, Campos, Dom Gérard, tous avaient dit qu’ils combattraient l’erreur… Où en sont-ils, à présent au sujet de Vatican II et de la nouvelle Messe… L’IBP qui était un peu plus rétif à se soumettre est maintenant miné. L’Eglise conciliaire, par la bouche de Mgr Pozzo, lui a fait comprendre qu’il fallait évoluer.

Mgr Lefebvre, en parlant de Dom Gérard disait : « Quand ils disent qu’ils n’ont rien lâché, c’est faux. Ils ont lâché la possibilité de contrer Rome. Ils ne peuvent plus rien dire, ils doivent se taire étant donné les faveurs qui leurs ont été accordées. » (Fideliter n°79 p.4-5) Mgr Lefebvre avait vu juste. Depuis, Dom Basile Valuet, du Barroux, a écrit une somme pour défendre le concile Vatican II.

- Oui, mais nous, ce sera différent, vous verrez comme nous serons fermes…

- Très bien ! Alors avant de critiquer le pape, que les généraux (pour reprendre l’expression de Mgr Tissier de Mallerais) commencent donc par critiquer les citations du Supérieur général lorsqu’il dit les énormités relevées par l’abbé Chazal dans son texte J’excuse le Concile. Si vous avez peur de le faire, comment penser que vous oserez critiquer le pape ? - Ah oui, mais cela ne se fait pas de critiquer le supérieur. C’est révolutionnaire.

- Très bien. Pourrait-on alors nous expliquer en quoi ce sera moins révolutionnaire de critiquer le pape sur notre future radio romaine et dans les palais qui nous ont été probablement promis par Rome ?


Que les généraux réprimandent également sévèrement les prêtres de la FSSPX qui excusent Assise III en disant que ce n’était pas si mal que cela. Que l’abbé Celier qui minimalise l’interprétation qu’il faut faire du Règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la société soit muté vicaire au lieu de tenir des postes clés. Que DICI cesse d’occulter les scandales faits par le pape…

Les généraux se sont tous mis en vacances et ne critiquent pas les erreurs au sein de leur propre congrégation. Nous n’avons donc pas confiance qu’ils dénonceront bien les erreurs dans l’avenir.

L’abbé Girouard, dans sa conférence cite le pape Benoît XVI qui explique qu’il veut nous rallier à la Rome conciliaire pour  changer notre esprit, comme cela s'est passé pour les communautés Ecclesia Dei (min. 1 : 18 : 35)

Monseigneur de Galarreta va opérer à présent un deuxième tour de prestidigitation regardez bien. Il commente la première condition sine qua non :

« Je pense qu’on peut difficilement ajouter quelque chose. Tout y est. Il s’agit d’une liberté de confesser et d’attaquer publiquement les erreurs, une liberté d’enseigner publiquement les vérités niées ou dissoutes, mais aussi de nous opposer publiquement à ceux qui diffusent les erreurs, même des autorités ecclésiastiques.

Quelles erreurs ? Les erreurs modernistes, libérales, celles du concile Vatican II et des réformes qui en sont issues ou de ses conséquences dans l’ordre doctrinal, liturgique ou canonique. Tout y est.  Même résistance publique jusqu’à un certain point au nouveau code de droit canon dans la mesure où il est pénétré de l’esprit collégial, œcuménique, personnaliste… »

Commentaire :

C’est extrêmement habile. Encore une fois, même certains d’entre nous peuvent s’y laisser prendre. Dans cette phrase apparemment énergique, Monseigneur de Galarreta valide pour la première fois un changement révolutionnaire dans la Faternité St Pie X : le nouveau code de droit canon, condamné par Mgr Lefebvre (Monseigneur disait qu’il était pire que la nouvelle Messe) est dorénavant officiellement accepté en son sein même si certains articles seront rejetés.  S’il faut résister jusqu’à un certain point au nouveau code de droit canon, c’est qu’il faut accepter les articles qui ne posent pas de problème… Qui va décider des articles à accepter et des articles à refuser ? Qui définit les nouvelles règles qui dorénavant vont régir la Fraternité ? Où cela est-il marqué ? L’arbitraire et le flou le plus artistique règnent à présent. Diplomate, Monseigneur Fellay a choisi Mgr de Galarreta pour nous annoncer cette terrible nouvelle.


[A propos de la deuxième condition qui est de garder la liturgie et la pratique sacramentelle de 1962 :] « Et là, nous avons inclus certains aspects de la pratique sacramentelle et canonique qui nous sont nécessaires, pour vraiment, dans un cas hypothétique d’un accord ou d’une reconnaissance, avoir la liberté pratique et réelle, dans un cas qui continuerait à être plus ou moins moderniste. Nous réordonnons s’il le faut, nous reconfirmons, et puis pour le mariage, nous n’acceptons pas évidemment certaines nouvelles causes de nullité. »

Commentaire :

Rien à redire sur la dernière phrase, bien traditionnelle. Elle est malheureusement là pour contrebalancer le terrible aveu qui précède, aveu que nous avons souligné ci-dessus. Monseigneur de Galarreta nous avoue donc ici qu’il a changé d’avis et qu’il ne voit plus d’inconvénient à un accord pratique sans accord doctrinal, avec des « plus ou moins modernistes ».


« Ensuite dans les conditions sine qua non, il y a garantie d’au moins un évêque. Vous voyez, je vous disais, voilà, ça c’est pas parfait. Mais en fait, nous sommes tous d’accord, dans la Fraternité, qu’il faut demander plusieurs évêques auxiliaires, une prélature, exemption des évêques. » [ndlr : curieusement, DICI a « oublié » de transcrire l’expression que nous avons mise en rouge. Pourquoi ? Parce que DICI, c'est-à-dire l’abbé Lorans, à l’image de l’abbé Schmidberger, est très probablement contre les six conditions sine qua non. DICI s’en tient au texte écrit des six conditions qui ne comporte que trois conditions sine qua non. Mgr de Galarreta est donc censuré par DICI. Nous verrons plus tard que la censure ne s’arrête pas là…]


…Nous sommes tous d’accord. Il n’y a pas de problème là. Ça n’était pas un problème avant. Il ne l’est pas maintenant. Donc il ne faut pas pinailler avec ça. La différence, c’est que nous avons bien défini ce qui avait été un problème, parce que ce n’était pas défini et parce que il y a une ambiguïté de la part de Rome. »

Commentaire :

Ce commentaire de la 3ème condition sine qua non est incroyable de légèreté et de manque de rigueur intellectuelle : cela revient à dire : nous avons tous écrit « noir », mais en fait nous sommes tous d’accord sur le fait qu’il faut « blanc ». Nous avons du mal à ne pas y voir de mensonge. Le mensonge en effet est évident, car nous savons que les six conditions ont été votées. Donc cela veut dire que la majorité du Chapitre a voulu et voté cette mauvaise condition. Il est donc faux de dire que tout le monde est d’accord sur le contraire de cette condition.


Il est choquant que Mgr de Galarreta considère que nous « pinaillons » quand nous discutons de cela. C’est au contraire un sujet d’extrême gravité car cela implique forcément la tutelle fréquente et rapprochée des évêques conciliaires qui viendront faire chez nous les confirmations et qui, par le fait même, viendront prêcher chez nous leurs erreurs, au moins à ce moment-là. Cela implique que nos enfants seront en contact avec des personnages plus que douteux, parfois. Il faudra aussi dire à l’évêque : « Nous n’avons pas confiance en votre saint-Chrême à base d’huile d’arachide, la matière de vos sacrements est douteuse. Prenez notre Saint-Chrême, qui est à base d’huile d’olive. »  


[Mgr de Galarreta poursuit ensuite en expliquant que si on arrive à une proposition intéressante de Rome avec ces conditions, on convoque un chapitre délibératif.] « Délibératif , cela veut dire que la décision prise par la majorité absolue, c'est-à-dire la moitié + 1, ce qui nous a semblé raisonnable, cette décision sera suivie par la Fraternité.(…) Car il est presqu’impossible qu’à la majorité, le Supérieur de la Fraternité – après une discussion franche, une analyse à fond de tous les aspects, de tous les tenants et aboutissants –, il est impensable que la majorité se trompe dans une matière prudentielle. [OMIS PAR DICI :] Et si cela par hasard, par un impossible arrive, eh bien tant pis, de toute façon, on va faire ce que la majorité pense. »

Commentaire :

On comprend aisément pourquoi DICI a volontairement omis de transcrire cette phrase, pour le coup, trop progressiste. Cette phrase est terrible. Nous remercions Dieu qu’il ait permis que Mgr de Galarreta la dise, non pas parce que nous nous réjouissons du mal, mais afin de montrer à tous clairement que cet évêque que nous aimions bien n’est absolument plus fiable. Nous arrivons ici à une validation du principe de la volonté générale qui devient souveraine. On ne recherche plus la vérité. Ce qui compte, c’est ce que pense la majorité.
Heureusement que Monseigneur Lefebvre seul contre l'ensemble de l'épiscopat mondial n'a pas appliqué ce conseil de Mgr de Galarreta après le Concile Vatican II. 

« …nous nous sommes dit : Mettons qu’il n’y a pas cela, qu’il n’y a pas d’abord un retour de la part de Rome, de la part d’un prochain pape à la Tradition, dans la théologie, dans les principes, dans la Foi, dans l’enseignement. Dans ces cas là, mettons que ce pape veut permettre la Tradition, quelles sont les conditions qui nous permettraient - dans ces cas là - hypothétiques, d’accepter ou d’arriver à une normalisation canonique ? En vue des biens que nous pouvons faire, qui sont énormes ! Cela il ne faut pas le nier non plus. »


Commentaire :

M. l’abbé Girouard, en réponse à cet argument (dans la vidéo, aller à la minute 1 : 21 : 10 ) cite le catéchisme de l’abbé Gaudron qui dit que les communautés Ecclesia Dei sont persécutées par les évêques et que nous-mêmes nous le serions, puisque Mgr Fellay dans son interview du 8 juin sur DICI dit que nous aurions des restrictions de la part des évêques, qui auraient le pouvoir d’interdire l’ouverture de toutes les nouvelles chapelles. : http://www.youtube.com/watch?v=wUokMihf_nY&feature=plcp

Et donc notre champ d’apostolat serait au contraire restreint.

De plus, Monseigneur Lefebvre a dit (Fideliter n°70) : « Et d’abord de quelle Eglise parle-t-on ? Si c’est de l’Eglise conciliaire, il faudrait que nous qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Eglise catholique, nous rentrions dans cette Eglise conciliaire pour soi-disant la rendre catholique. C’est une illusion totale. Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets. »


« Nous avons bien défini quelles conditions pourraient nous protéger totalement par rapport à la foi et par rapport au combat intégral pour la foi. »


Commentaire :

Les conditions ne sont pas bien définies. Mgr de Galarreta se contredit puisqu’il répète à plusieurs reprises dans la conférence que les conditions ne sont pas parfaites. On ne sait pas ce qui est sine qua non et ce qui ne l’est pas, Mgr de Galarreta lui-même ne s’exprime pas clairement à ce sujet. DICI et l’abbé Schmidberger agissent dans le sens de l’ancienne formule (écrite, elle !) de la lettre du 18 juillet aux supérieurs de districts. La troisième condition terrible de l’évêque unique ne sera pas appliquée, aux dires de Mgr de Galarreta. Il y aura plusieurs évêques, dit-il, tout le monde est bien d’accord. Il faut donc, si tout le monde est d’accord, amender ces six conditions : il faut écrire qu’elles deviennent toutes sine qua non et changer le nombre d’évêques exigé. Monseigneur, ces conditions ne sont vraiment pas sérieuses ni bien définies, votre conférence prouve tout le contraire.
NB : Pour nous, même si les six conditions devenaient sine qua non, elles ne seraient de toute façon pas suffisantes, même avec quatre évêques au lieu d'un, car le seul bon principe d'un accord est : pas d'accord pratique sans conversion de Rome selon les critères déterminés par Monseigneur Lefebvre : Fideliter 66 p.12-14, cité dans cet article. C'est d'ailleurs sur ces bases qu'avait travaillé le Chapitre général de 2006.
  

"Supposons que demain il y ait un pape (…) mais qui lui-même n’est pas moderniste dans sa théologie, dans sa pensée, dans son cœur, et qu’il veuille vraiment revenir à la Tradition (…) Cette possibilité d’un pape qui lui-même n’aurait pas la conviction, la force ou les moyens pour redresser lui-même la situation actuelle de l’Église, la crise de l’Église, la crise de la foi, peut très bien se servir de nous comme fer de lance. Il pourrait très bien nous donner les conditions requises pour que nous puissions, nous, être le fer de lance contre cet abcès.


Commentaire :


Il est utopique d’imaginer qu’un collège de cardinaux de mentalité moderniste et maçonnique élise un jour un pape qui veuille retourner à la Tradition. Et en admettant qu’ils le fassent ou bien que le pape se convertisse après avoir été élu, celui-ci serait assassiné, comme Jean-Paul Ier. Cette hypothèse farfelue d’un pape traditionaliste face à 5000 évêques modernistes n’a guère d’intérêt à l’heure actuelle. C’est la vieille image trompeuse de Benoît XVI, pape traditionnel et mal entouré, qui survit.

Si vraiment un pape de cet esprit arrivait, il n’y aurait plus de conditions à poser. Il renverrait les mauvais éléments et mettrait toute la Fraternité aux postes clés. La Curie serait composée de membres de la Fraternité.


«  Et d’ailleurs, si vous réfléchissez bien : si un pape un jour nous concède ça, c’est lui quand même qui porte le premier coup contre l’édifice du concile Vatican II et de l’Église conciliaire car il admettrait déjà qu’il contient des erreurs et qu’on peut le refuser et qu’il faut revenir à la Tradition. »

Commentaire :

Le pape ne porterait pas plus de coup à Vatican II qu’il n’en a porté en approuvant les autres communautés Ecclesia Dei, nous semble-t-il. Les exemples passés des communautés Ecclesia Dei, qui voulaient toutes continuer à dénoncer les erreurs et qui ont toutes cédé, les extraits de la conférence de l’abbé Girouard déjà cités ci-dessus et la citation de Mgr Lefebvre tirée du Fideliter 70 ("ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs...") nous montrent que la condition 1 ne changerait rien du tout et ne protègerait en rien la FSSPX de la contagion moderniste.


« Il n’y a pas que la Foi à garder, il n’y a pas que la confession de la Foi. Il y a la vraie charité, il y a l’amour, il y a la prudence, il y a la force, il y a l’amour de la Sainte Eglise. Nous, nous sommes catholiques et nous entendons rester totalement catholiques, et pour cela il ne suffit pas de garder la Foi. »

Commentaire :

Mgr de Galarreta reprend ici à son compte l’épouvantail du risque du sédévacantisme qui nous guetterait. Nous ne sommes pas plus sédévacantistes que Monseigneur Lefebvre quand il dit par exemple, dans la Déclaration du 21 novembre 1974 : «  Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »


« Spécialement aujourd’hui qui est le samedi 13 octobre, l’anniversaire de l’apparition à Fatima où a eu lieu le miracle du soleil, demandons à la Très Sainte Vierge Marie de nous donner la grâce de persévérer dans la vraie Foi, dans le vrai combat de la Foi, mais aussi dans le vrai esprit de l’Eglise, et que chaque jour nous soyons plus fidèles à la grâce, à Dieu et aux exigences de sainteté de notre époque. »

Commentaire :

Le miracle du soleil est un avertissement clair de ce qui nous attend si nous offensons Dieu. Le fait que ce soit ce jour-là que Monseigneur de Galarreta abandonne officiellement le bon combat résonne en nos cœurs comme un avertissement du ciel. La colère de Dieu va encore monter. Cependant, nous sommes sûrs de la victoire finale du ciel, après le châtiment prédit par Notre-Seigneur à Rianjo à Sr Lucie de Fatima. Quoiqu’il arrive, malgré toutes les défections, gardons confiance en notre Dieu et notre Roi Tout-Puissant.


Nous pouvons à présent commenter certains passages du début de la conférence : certaines idées très belles de l’introduction sont démenties par la deuxième moitié de la conférence :

« Je pense qu’il faut que nous gardions cette vue de Foi surnaturelle du combat. »

Commentaire :

 Nous sommes bien d’accord, mais il nous semble que cette vue surnaturelle, Mgr de Galarreta la perd. En effet, il envisage une régularisation canonique par des gens qui sont responsables chaque jour de la perte de milliers d’âmes, par des gens qui ne font pas l’Œuvre de Dieu. Il envisage de se soumettre à ces personnes par l’obéissance. Surnaturellement, il est aberrant de se mettre sous l’autorité de ceux qui se comportent véritablement comme les ennemis de Jésus-Christ.


« Nous luttons dans cette vie sur terre pour une couronne éternelle. Mais ce n’est pas pour vous démobiliser, car un chrétien, un catholique sait que le combat se mène dans cette vie, qu’il est très réel, qu’il faut se battre. »

Commentaire :

Ces idées sont très belles, mais si elles sont bien nôtres, la nouvelle position de Mgr de Galarreta peut-elle encore s’en réclamer ? Accepter un accord avec Rome, n’est-ce pas se démobiliser ? – Non, nous répondra Mgr de Galarreta : grâce à la première condition sine qua non, nous pourrons fermement lutter contre les erreurs ! Nous avons démontré plus haut combien cet argument était illusoire.

« Et il y a les deux esprits, il y a les deux cités. Ce combat inéluctable, nous devons nous y engager et nous devons le continuer. »

Commentaire :

Comment  continuer le combat de la cité de Dieu alors qu’on accepte de se mettre sous la direction des évêques modernistes et d’un pape encore en partie moderniste qui introduisent dans l’Eglise les fumées de Satan ?


« Il faut pas dramatiser certaines choses quand même. Un drame serait d’abandonner la foi. Oui. Mais qu’il y ait des discussions d’opportunité, de prudence, de ceci, de cela. Il y a des aspects différents. Il y a des tempéraments. Il y a des situations. »

Commentaire :

L’abbé Pfeiffer, l’abbé Chazal ont au contraire démontré qu’il s’agissait d’un problème de Foi. Il faut lire, par exemple, J’excuse le concile de l’abbé Chazal ainsi que le très bon article d’Arsénius : Le problème est de foi et il est grave.



 Le thème du dernier sermon de l’abbé Pfeiffer est d’ailleurs : la nouvelle théologie de la Fraternité St Pie X.

Monseigneur de Galarreta ramène donc tout le différend qui secoue la Fraternité depuis avril dernier à une affaire de tempéraments alors qu’il a été clairement prouvé qu’il s’agit d’un problème de Foi…Relisons la lettre des trois évêques à Mgr Fellay, un des trois évêques étant Mgr de Galarreta !

« Il y a des passions aussi. Ça existe, même chez nous. Alors pour vous dire qu’il ne faut pas pinailler sur ces questions là. Il faut voir si l’essentiel est là ou non. Et à mon avis, nous avons vraiment surmonté la crise. Nous l’avons dépassée, et comme il fallait.(…) »


Commentaire :

Il ne s’agit pas de passions, mais de raison. Depuis le début, notre position est argumentée. Nous ne « pinaillons » pas lorsque nous disons que la Déclaration du Chapitre est ambigüe et que les six conditions sont catastrophiques. Nous le prouvons : 
Analyse des ambiguïtés de la déclaration du Chapitre

Qu’est-ce que pinailler ? C’est contester des points de détails sans conséquence. Est-ce un détail sans conséquence de remettre la Fraternité sous le commandement d’un pape moderniste et sous l’influence d’évêques parfois très mauvais ?


Ennemond, administrateur du forum Fecit, affirme le 21 septembre 2012 que « Mgr de Galarreta agit de concert avec la Maison générale. » Ennemond est bien informé, faisons lui confiance sur ce point.


Réfléchissons à présent sur l’avenir. Mgr de Galarreta a affirmé que l’unité avait été retrouvée et qu’il n’y avait plus de problème. A part Monseigneur Tissier de Mallerais, dont nous connaissons la position, nous pensons que cela est vrai après tout, au moins au niveau de l’immense majorité des membres du Chapitre, puisque personne n’a protesté. L’abbé Morgan, réputé anti-accordiste, trouvait la Déclaration du Chapitre très bonne également… Donc sachant cela, quelle est la perspective d’avenir de la Fraternité ? Un accord inéluctable, à plus ou moins long terme. Heureusement, certains ont anticipé ce problème et « les canots de sauvetage » se construisent, comme dirait l’abbé Chazal.