jeudi 20 septembre 2012

NOUS DEVONS METTRE LE DOIGT SUR LA PLAIE

NOUS DEVONS METTRE LE DOIGT SUR LA PLAIE

par Arsenius

 


Ce texte d'Arsénius, jamais traduit en français jusqu'à présent, a été écrit le 4 avril 2012. C'est le premier des trois textes d'Arsénius. Le 2ème texte est le fameux En considérant, paru dans la revue "le Sel de la terre" au mois d'août , le 3ème texte est Le problème est de foi et il est grave. Comme les deux autres écrits d'Arsénius, ce texte est un excellent texte de formation à lire et à méditer, pour se former pour le combat.


 
 

Comment voyez-vous la situation dans laquelle se trouve l'Eglise aujourd’hui ?
Pour étudier cette situation,  prenons [2] Mgr Marcel Lefebvre comme guide :

Premièrement, parce que c'était un membre de la hiérarchie et donc il appartenait à l'Eglise enseignante.
 
Deuxièmement, parce que sa connaissance de la philosophie et de la théologie était empreinte du plus pur catholicisme : il a été reçu docteur en théologie et en philosophie de l'Université pontificale grégorienne à l’époque du pape Pie XI.
 
Troisièmement, parce que la sainteté de sa vie est incontestable et n'a pas été remise en question, même par ses ennemis. Et cette sainteté nous donne une garantie de la perfection de sa sagesse et donc de son jugement prudentiel.
 
Quatrièmement, parce qu’il connaissait l'Eglise des jours antérieurs au Concile Vatican II, parce qu'il a été au concile et a été témoin des changements qui eu lieu après celui-ci. Il a personnellement parlé avec plusieurs papes, négocié avec divers chefs d'Etat et a été supérieur d'une congrégation religieuse avec plusieurs évêques qui lui étaient subordonnés. En outre, il était tenu en haute estime par le pape Pie XII.
 
Pour toutes ces raisons, nous croyons que Mgr Lefebvre est une référence sûre qui nous aide à voir comment procéder et comment évaluer les événements actuels.
 
N'est-il pas dangereux de choisir une personne comme une référence, là où Notre Seigneur Jésus-Christ doit être la seule référence pour toute catholique ?
 
En effet, Notre-Seigneur Jésus-Christ est la seule personne que nous puissions suivre sans conditions, mais Il a voulu nous recevions son enseignement par le biais d'autres personnes. Par conséquent, nous devons faire confiance à ces personnes dans la mesure où elles sont fidèles à la doctrine, surtout si elles ont des garanties telles que celles que j'ai mentionnées et que nous savons trouver chez Mgr Lefebvre.
 
En outre, nous devons être conscients du fait que tous ne sont pas fidèles à leur devoir d’état qui est de transmettre dans son intégrité la doctrine de Notre Seigneur. D'où la nécessité d'un discernement exact, surtout en ces jours, pour savoir à qui l’on peut faire confiance.
 
Maintenant que nous avons vu le critère que vous nous proposez de suivre, revenons à la première question : comment faire face à la situation dans laquelle se trouve l'église aujourd'hui ?

 L'histoire est maîtresse de vie. Nous ne pouvons comprendre cette situation correctement que si nous connaissons les évènements historiques qui y sont associés.
 
Vous devez savoir que depuis le 19ème siècle, il y a eu, au sein de l'Eglise, ceux que le pape Pie IX a considéré comme les pires ennemis de l'Eglise et  qui ont été nommés « libéraux ». Leur caractéristique la plus frappante, c'était que lorsqu’ils étaient dans un environnement catholique, ils agissaient comme des catholiques, et lorsqu’ils étaient dans un environnement mondain et / ou anti-catholique, et agissaient et parlaient comme des mondains ou des anti-catholiques. Ils ont surtout défendu la séparation de l'Église et de l'État. Plus tard ce même esprit de libéralisme a produit une doctrine hérétique, le modernisme, condamné au 20ème  siècle par le pape Pie X comme la réunion et le résumé de toutes les hérésies.
 
Le modernisme comptait de nombreux membres parmi le clergé, qui, même après sa condamnation, restèrent camouflés au sein de l'Eglise, parce que leur but était de la détruire de l'intérieur, de la faire "imploser", à la différence des hérétiques du passé qui, dès qu'ils étaient condamnés, quittaient l'église et la combattaient de l'extérieur. Fut un temps où, tout en faisant semblant d'obéir à la condamnation de leur doctrine, les modernistes continuaient à diffuser secrètement leurs erreurs, surtout dans les séminaires. Ils parvinrent à répandre leurs erreurs, étape par étape, jusqu’à atteindre les plus hauts niveaux de la hiérarchie. Enfin, un homme à eux, partageant les «nouvelles idées», alla s’asseoir sur la chaire de St Pierre, après la mort du pape Pie XII.
 
Dès lors, les pires ennemis de Notre-Seigneur et de son Eglise vinrent progressivement combler les postes les plus importants de l'Eglise, les postes de direction. Les néo-modernistes furent alors appelés progressistes.

 C'est la situation dans laquelle nous nous trouvons : la Sainte Eglise est occupé et dirigé par ses pires ennemis, les pires ennemis de Notre Seigneur Jésus-Christ.
 
Quel est l‘erreur fondamentale du modernisme ?
Le pape saint Pie X dans son encyclique Pascendi, décrit magistralement l'ensemble du modernisme doctrinal, et là, on voit que tout se résume à une erreur capitale : pour les modernistes, la foi est un sentiment religieux. De ce principe catastrophique découle tout un tas d'erreurs : l'agnosticisme, le rationalisme, l'évolutionnisme doctrinal, l'humanisme, la liberté de religion, le relativisme, l'indifférentisme religieux, le subjectivisme, le naturalisme. En conséquence, c'est l'affirmation que toutes les religions [3] sont bonnes parce qu'elles ne sont toutes rien d'autre que l'expression du sentiment religieux de chaque homme. En outre, cette erreur théologique découle d'une erreur philosophique : l'idéalisme.

Les successeurs du pape Jean XXIII étaient-ils modernistes ?
Malheureusement, oui. [4]

Mais peut-il arriver que le chef visible de l'Eglise professe une foi différente de la foi de l'Eglise ? Défende une hérésie ?
Ceux qui nient cette possibilité, sont divisés en deux groupes : les sédévacantistes et ceux qui sont faussement nommés les «conservateurs».
 
a) Les sédévacantistes affirment qu‘ étant donné le modernisme notoire des papes récents, le Saint-Siège est vacant, et que les hommes qui l'occupent à tour de rôle ne sont pas papes.
 
b) Les « conservateurs »  ferment les yeux sur la réalité des faits et essayent de comprendre même les leçons les plus curieuses des papes récents, même leurs attitudes les plus audacieuses, de façon catholique. Dans de nombreux cas, ils finissent par « assimiler » telle ou telle doctrine des modernistes, si ce n'est dans la théorie, au moins dans la pratique.
 
Nous ne nions pas la possibilité qu'un pape puisse tomber dans l'hérésie et puisse essayer de détruire la Sainte Eglise, dont le gouvernement lui a été confié. Et notre position est fondée sur les principes suivants :
 
Premièrement : si un évêque tombe dans l'hérésie, il est toujours évêque de son diocèse jusqu'à ce qu'il soit détrôné par le pape. Par conséquent, une hérésie en soi ne fait pas  perdre à un membre de la hiérarchie la fonction qu’il possède dans l'Eglise. En plus, personne sur terre n'est au-dessus du pape pour pouvoir lui enlever le pouvoir.

 Deuxièmement : une hérésie formelle est déclarée seulement après un avertissement de l'autorité compétente, quand la personne tient obstinément à son hérésie. Ce n'est qu'après cela qu‘un décret est publié. Qui sur terre a autorité sur le pape pour le déclarer hérétique formel ?
 
Troisièmement : Peu de modernistes ont été excommuniés de Pie X à Pie XII, même si, pendant cette période ils étaient nombreux dans l'Eglise. La raison en est que le modernisme est une hérésie multiforme qui se manifeste de manière ambiguë. Puisque ces modernistes n'ont pas été rejetés hors de l'église et de leurs fonctions, pourquoi les papes ne pourraient-ils pas continuer d'être papes?
 
Quatrièmement : Assumer ou perdre l'autorité sur une société est quelque chose de très mystérieux et une autorité qui a déjà été largement acceptée, est généralement considérée comme un fait accompli.
 
Cinquièmement : En outre, il serait imprudent de nier la possibilité qu'un pape puisse être hérétique, parce que cela pourrait amener de nombreuses graves conséquences, difficiles à résoudre, telles que les suivantes : Qui aurait le pouvoir de destituer le pape ? Comment pourrait-on élire un pape non-moderniste, si la majorité des cardinaux est moderniste ? Ou encore : s'il n'y a plus de cardinaux créés par un pape traditionnel et que ceux qui ont été créés par un "faux pape" ne sont pas de vrais cardinaux, qui pourrait alors élire un nouveau pape ?
 
Quand vous considérez que c'est une opinion, sans verdict définitif de l'Eglise, il est plus intelligent de juger que le Pape est le vrai pape, mais de ne pas le suivre dans sa mauvaise orientation, ni se mettre sous ses ordres.
 
Mais cette attitude n’indique-t-elle pas un esprit schismatique ?
Pas du tout. Nous adhérons sans réserve à la Rome éternelle et à tous les papes qui ont précédé les papes modernistes. Nous serions dans le schisme si nous refusions que le pape soit le chef visible de l'Eglise, comme le font les orthodoxes, ou si nous refusions  comme vrai pape un pape légitimement élu , comme cela s'est produit dans le « schisme d’Occident », ou si nous faisions une église parallèle nationale, comme cela s'est produit au XVIe siècle en Angleterre ou en Chine communiste.

Ce sont les modernistes qui ont fait une église parallèle, au sein de la sainte Eglise.
 
Nous aurions un esprit schismatique, si notre attitude était inspirée par l’esprit de rébellion contre l'autorité de l'Église… La motivation qui nous pousse à résister aux membres modernistes de la hiérarchie est, au contraire, notre adhésion au Magistère de l'Eglise qui s’oppose aux doctrines modernistes.
 
Les schismatiques appelés "vieux-catholiques", au XIX siècle, ont également accusé l'Eglise d’innover dans son enseignement, et ils prétendent qu'ils sont les gardiens de la doctrine traditionnelle de l'Église. N'en est-il pas de même à présent, avec les traditionalistes?
La similitude n'est qu'apparente. Nous nous battons contre le modernisme, une hérésie déjà condamnée par l'Eglise. De nombreux membres actuels de la hiérarchie sont connus comme étant des partisans de la théologie moderniste, ils ne font pas mystère de cela. Et toute la «nouvelle ecclésiologie» est fondée sur les principes modernistes.


Ainsi, vous vous considérez comme les «propriétaires de la vérité»...

Aucun vrai catholique n’est « propriétaire de la vérité », il est disciple de la vérité. Il adhère sans réserve aux vérités révélées par le divin Maître et enseignées par son Eglise, l'Eglise catholique. Il rejette avec fermeté toute erreur doctrinale.


Cependant, l'accusation selon laquelle les derniers Papes sont modernistes est très grave ...

Oui, c'est très grave. Et le plus grave, c’est que c’est vrai.


Et sur quoi vous appuyez-vous pour affirmer cela ?

Sur les faits. Sur des faits historiques, connus et notoires.
Parmi les nombreux faits que nous pouvons faire valoir pour prouver la véracité de cette déclaration, nous n'en citerons que quelques-uns, mais qui suffiront par leur témoignage.

Jean XXIII : Avant de devenir pape, il a été considéré comme suspect de modernisme [5]

Lorqu’il a commencé son pontificat, il a présenté son gouvernement comme étant caractéristique d’une papauté de transition, en disant que c’était la fin de la « période de la condamnation » que les modernistes pourraient « respirer librement »,« parce que personne ne serait plus « dérangé ».

Cela montre clairement que le pape Jean XXIII avait déjà sympathisé auparavant avec les doctrines modernistes et que lors de son pontificat, il a continué sur la même voie.

Paul VI : Avant de devenir pape,  étant secrétaire d'Etat, il a exprimé son libéralisme [6].

Après être devenu pape, il a soutenu, au Concile Vatican II, l'aile progressiste, et lui a permis ainsi de nombreux succès dans la rédaction des documents de ce Concile [7]. Pourquoi ce soutien, si ce n’est parce qu'il était « du côté » des modernistes ? Et ce pape a tenté d'appliquer méthodiquement et officiellement des réformes qui ont été faites sur les bases doctrinales de Vatican II. [8]

Jean-Paul II: Avant de devenir pape, c’était un admirateur de la philosophie et de la théologie de tendance moderniste [9].

Quand il est devenu Pape, dans son encyclique Dominum et vivificantem, il a même défendu une véritable hérésie: l'Incarnation signifie que tous les hommes sont unis à Dieu, et plus précisément, dans un message aux peuples d'Asie, il a précisé que par la Croix et la Résurrection de Notre-Seigneur chaque personne (et donc tous les hommes) devenait fils de Dieu, participante de la nature divine et héritière de la vie éternelle. [10]

Et beaucoup de ses actions et de ses paroles ont clairement exprimé qu’il était plus que jamais pro-moderniste.

Deux exemples :
a) Il a élevé au cardinalat trois modernistes dont les œuvres ont été condamnées par Pie XII, sans qu’ils aient renoncé à leurs erreurs modernistes. Pourquoi «réhabiliter» et promouvoir des modernistes si ce n’est parce qu’il pense comme eux, contrairement à son prédécesseur Pie XII [11] ?

b) Il a demandé au maire de Rome qu’il lui donne gratuitement un terrain disponible en vue de la construction d'une mosquée. [12]

Quelle est la cause de cette attitude  scandaleuse, si ce n’est qu'il était imprégné de doctrine moderniste ? Car si la foi est un sentiment religieux, pourquoi empêcher les musulmans ou n'importe qui de pratiquer sa "foi"?

Benoît XVI :
Avant de devenir pape, comme son prédécesseur, c’était un admirateur de la philosophie et de la théologie moderniste [13]. Il défend également une véritable hérésie, en niant que le sacrifice sanglant de notre Seigneur sur la croix est un sacrifice propitiatoire [14].

Quand il est devenu pape il ne s’est pas rétracté de cette erreur, et beaucoup de ses actes et paroles montrent clairement qu’il continue à être le pro-moderniste d’avant.

Deux exemples parmi d'autres que nous pourrions citer :

a) Il a montré son consentement à la réunion d'Assise de son prédécesseur [15], une rencontre avec des représentants de diverses fausses religions, qui ont été appelés à prier leur "Dieu" (?!) pour la paix. Qu'est-ce que cela veut dire, si ce n'est qu'il est imbibé (comme Jean-Paul II) de doctrine moderniste ? Après tout, si la foi est un sentiment religieux, alors tout le monde peut prier « son » Dieu qu'il « sent » en lui.
b) Dans une lettre aux évêques du monde entier, il exprime une doctrine moderne typique: « À cela s’ajoute la nécessité que tous ceux qui croient en Dieu recherchent ensemble la paix, tentent de se rapprocher les uns des autres, pour aller ensemble, même si leurs images de Dieu sont diverses ( ?!), vers la source de la Lumière – c’est là le dialogue interreligieux. »[16].
Cependant, il ne faut pas dire du mal de nos supérieurs. Surtout pas du pape.
Bien sûr. Mais si l'un de nos supérieurs, même un pape, est cause de la damnation éternelle de ses subordonnés par sa façon de procéder, ou par sa façon de parler, il faut dénoncer ses erreurs pour que notre prochain soit conscient du danger dans lequel il se trouve.
Dans le cas particulier que nous discutons ici, si nous ne nous rendons pas compte de la terrible guerre où nous sommes (la guerre entre la lumière et les ténèbres, entre la vérité et l'erreur), nous allons tôt ou tard tomber dans l'ignoble piège continuellement mis en place par les modernistes  pour les vrais catholiques, afin qu'ils puissent être amenés à la «nouvelle ecclésiologie ». C'est ce qu'ils veulent, maintenant qu‘ ils ont le pouvoir entre les mains. Et ils sont bien conscients du fait qu'ils peuvent nous « absorber ». 
Les autorités romaines veulent maintenant mettre fin à cette guerre, elles veulent légaliser la situation des traditionalistes, mais ceux-ci veulent rester séparés de Rome.
Nousn’acceptons pas cette offre de légalisation, non pas parce que nous voulons rester séparés de Rome. Nous ne nous sommes d'ailleurs jamais séparés de la Rome éternelle, mais seulement de la Rome moderniste. La raison pour laquelle nous n'acceptons pas cette offre, réside dans le fait que nous savons très bien (et les modernistes le savent de même) qu'un rapprochement avec les modernistes conduit régulièrement à un affaiblissement de la lutte contre les erreurs de ces ennemis de Dieu et de l'Église. Cela mène aussi à l'acceptation partielle de leurs enseignements (ce fut le cas d‘un grand nombre de ceux que nous considérions comme des «cèdres du Liban»). Les approcher conduit donc à la « contagion ».
En outre, il faut examiner comment s’est déroulée l'implantation du modernisme dans l'Eglise après la mort du dernier pape qui l'a combattu. Jean XXIII était un pape de transition, qui a donné aux modernistes « droit de cité », alors que,  parallèlement, quasiment tout dans l'Eglise continuait d’apparaître comme traditionnel. Le pape Paul VI opéra une implantation méthodique et officielle de la réforme moderniste à tous les niveaux de l'Eglise. Jean-Paul II a été le pape de la consolidation de ces mêmes réformes. Les modernistes dominent désormais tranquillement la situation. Ils peuvent maintenant « ouvrir les bras » aux « dissidents » qui n'ont pas accepté ce qui s'est passé. Ils pourraient maintenant officiellement intégrer les « traditionalistes » à la « nouvelle ecclésiologie », sans aucun danger de perdre direction des choses dans le sens qu'ils ont en vue et à l'esprit. La mission du pontificat de Benoît XVI est de consolider cette «  unification ».
Mais n'est-ce pas  méconnaître l'intention du Pape ?
Benoît XVI lui-même a dit que le motif des discussions doctrinales entreprises entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X était la reconnaissance de Vatican II (et donc de la nouvelle Messe, fruit des principes de ce Concile), ainsi que du magistère post-conciliaire. [17]
Mais qu’est-ce qui est mauvais dans la Nouvelle Messe et le Concile Vatican II?
Penchons-nous sur un aspect de la nouvelle Messe et un aspect de Vatican II. Ce sera suffisant pour prouver que les catholiques ne peuvent pas les accepter et encore moins quand ils sont pris ensemble.
La Nouvelle Messe :
Le problème fondamental n'est pas que la nouvelle Messe, est « face au peuple », en langue vernaculaire ou qu’elle manque de respect.
Même en latin, « dos au peuple », avec tous les ornements, etc. le prêtre ne devrait pas dire la nouvelle messe et les fidèles ne devraient pas y assister. Pourquoi ? Nous allons donner un motif parmi d‘autres, mais si important, qu'il prouve à lui seul ce que nous disons.
Mgr Bugnini, qui a rédigé la nouvelle Messe, a déclaré dans L'Osservatore Romano, que son intention était de faire plaisir aux "frères séparés" protestants. Tel était le but, la cause finale de la nouvelle Messe.
 
Et l'objectif a-t-il été atteint ?
Malheureusement, oui. Un pasteur protestant a expliqué que l'on pouvait désormais célébrer la cène protestante en utilisant le Missel romain que c’était  « théologiquement » possible (selon la « théologie » protestante) ! Oui, Monseigneur Bugnini a atteint son but : une Nouvelle Messe équivalente au rite de la cène protestante.
 
Et qu'est-ce que cela signifie? Qu’il y a des hérésies dans la nouvelle Messe ?
Non.
De plus, la Messe n’est-elle pas une profession de foi ?
Pas directement, mais notre prière doit correspondre à notre foi. L'Église l‘a toujours compris et les hérétiques aussi. C’est pour cette raison que, tout au long de l'histoire, les hérétiques qui sont survenus ont inventé des cérémonies qui exprimaient liturgiquement leurs hérésies. La nouvelle Messe est l'expression liturgique de la plus terrible de toutes les hérésies : le modernisme.
Mgr Fernando Rifan ferme les yeux sur les faits les plus évidents et défend la nouvelle messe par un argument astucieux qui est susceptible d'induire en erreur de nombreuses âmes. Il expose ce qui suit :
1.  L'Eglise ne peut pas promulguer une loi liturgique qui porte préjudice aux âmes.
2.  A présent, l'Eglise a décrété la nouvelle Messe.
3.  Par conséquent la nouvelle Messe ne nuit pas aux âmes.
La fausseté de ce syllogisme est dans sa « mineure » (l'Eglise a décrété la nouvelle Messe), parce que quand un pape essaie de détruire l'Eglise,  l'Eglise n'est pas en lui. Et quoi de plus destructeur pour l'Eglise que de transformer la Messe en une cène protestante ? C’est donc Paul VI qui a décrété la nouvelle Messe, ce n'est pas l'Eglise qui l‘a décrétée.
La situation est similaire à celle de l'exercice de l'autorité légitime :
Lorsque les subordonnés obéissent à un supérieur, alors ils obéissent à Dieu, parce que l'autorité vient de Dieu. Mais quand un supérieur fait une déclaration contre la loi de Dieu, alors il abuse de son pouvoir, et si les subordonnés lui obéissent, ils n'obéissent pas à Dieu, parce que dans ce cas, le supérieur n'est pas investi de l’autorité de Dieu.
Si nous appliquons ce principe à notre cas, nous voyons que l'Église ne peut donner son pouvoir à un pape qui ordonne de célébrer une messe équivalente à la cène protestante, précisément parce que ce pape fait un abus de pouvoir.
 
Vatican II :
Le Concile Vatican II comprend plusieurs documents doctrinalement inacceptables. Il est dans l'ensemble empreint d’un esprit qui n'est pas catholique.
Nous ne citerons qu'un exemple parmi d'autres qui pourraient être cités. Celui-ci est si grave qu'il suffit à prouver notre assertion.
Dès le début du Concile, il y a eu une opposition entre deux cardinaux,  chacun défendant une doctrine : l‘un défendait la doctrine catholique de la tolérance religieuse et l'autre la doctrine libérale de la liberté religieuse (reprise par les modernistes). Le Concile Vatican II, dans son document qui traite de la question, a donné gain de cause à la doctrine libérale. Bien que des auteurs tels que D. Basílio OSB et  Mgr Fernando Rifan aient voulu montrer que cette doctrine était catholique et était en accord avec plusieurs déclarations antérieures de l'Église, cela reste impossible à prouver compte tenu des faits concrets suivants :
Le Saint-Siège lui-même, en application de la doctrine de Vatican II, a demandé que divers États  cessent  d'être officiellement catholiques. [18]
Cette attitude est tout à fait contraire à tout ce que l'Eglise a toujours enseigné.
Sur ce point  Benoît XVI est également d'accord avec Jean-Paul II. [19]
Ainsi, leurs actions sont en fait dirigées contre la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ. [20]
 Notes :
[1] Cet article est dans le style d'une entrevue. Par conséquent, l'interlocuteur dit simplement ce qu'il sait sur le sujet, sans référence aux documents. Néanmoins, nous mettons en notes quelques références de textes qui peuvent être consultés lorsque nous parlons les derniers Papes.
[2] J'utilise le nous de majesté afin de ne pas répéter constamment «Je, je, je» et aussi parce que j’exprime ici la pensée d’autres personnes.
[3] Et pas seulement la seule vraie religion, la sainte Eglise catholique.
[4] Le modernisme se présente de façon ambiguë et sous de nombreuses formes. Si l'on ne peut pas dire que ces papes sont modernistes dans toute l’acception de ce terme, on peut dire tout au moins que ce sont des libéraux, lesquels font partie du mouvement moderniste.
[5] Voir Congar, ou la Nouvelle Théologie (Cahiers Semper) pages 26-27
[6] Voir Marcel Lefebvre (D. Tissier de Mallerais) pp 247-248. Voir aussi Ils l’ont découronné p.240-241 .
[7] Voir Ils l’ont découronné p.240 à 241.
[8] Voir Ils l’ont découronné pp 244-245 et 249-250.
[9] Voir Cent ans de modernisme (par P. Dominique Bourmaud), pp 396-397.
[10] Voir Si Si No No (édition brésilienne), n ° 174, pages 8 et Marcel Lefebvre (de D.Tissier de Mallerais) p 557
[11] cf. Magazine Jésus-Christ  n ° 134, p.5
[12] Voir Magazine Jésus-Christ n ° 134, p.17
[13] Voir le magazine Semper n ° 77, pp 1-6. Voir aussi Cent ans de modernisme (par P. Dominique Bourmaud) p. 383
[14] Voir conférence de Mgr Tissier de Mallerais lieu au colloque Pascendi (9, 10 et 11 Novembre 2007, Paris)
[15] Voir la revue Tradición Católica n ° 215, pp 18-21.
[16] Lettre du pape Benoît XVI aux Évêques de l'Église catholique, 10 Mars