vendredi 14 septembre 2012

Les réactions à notre article du 10 septembre intitulé "  Analyse des ambiguïtés de la Déclaration du Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X du 19 juillet 2012."

DICI, repris par la Porte Latine, a décidé de publier aujourd’hui, 14 septembre 2012, une traduction d’un article de The Remnant , publié le 27 août dernier.
Pourquoi cette décision subite, si ce n’est en réponse à notre article du 10 septembre. La Porte Latine a jugé bon également de répercuter cet article de The Remnant.
 
Le titre de l’article est : Notre joie devant cette clarté. Ce sont les premiers mots de présentation de l’article. Nous parlions d’ambiguïtés… On nous répond : « clarté ». Pour situer ce journal, sachons que The Remnant ira à Rome prochainement pour le grand rassemblement Summorum Pontificum qui est prévu autour du Pape. Nous ne voulons pas attaquer ce journal, qui a l’air composé de gens de bonne volonté. Ce qui nous intéresse, c’est l’usage que les organes de communication officiels de la FSSPX font de cet article.
Quelle est la clarté qui réjouit principalement The Remnant et que les responsables de la FSSPX jugent bon de répercuter ? C’est le fait qu’il est clairement affirmé que nous reconnaissons l’autorité du Pape. Ces braves gens, qui avaient entendu Mgr Fellay parler du danger de schisme étaient en effet probablement inquiets… Donc il ne s’agit nullement de la joie face à une déclaration claire affirmant qu’il n’y aura pas d’accord pratique sans accord doctrinal.
Au contraire, The Remnant prend soin de préciser : « La Déclaration ne refuse pas d’autres réunions ou discussions avec le Vatican. Elle ne refuse pas toute régularisation canonique, mais déclare simplement que toute proposition nécessitera un vote délibératif du Chapitre général. »
Par la publication de cet article sur son site, la Porte Latine, à la suite de DICI et de l’abbé Lorans, porte-parole officiel de la Fraternité, affirme donc qu’il est envisageable qu’il y ait un accord pratique sans accord doctrinal.
Cela prouve, une fois de plus, l’erreur véhiculée par des informateurs divers, suite à notre article. Ils disent que le principe de l’accord pratique sans accord doctrinal est abandonné et qu’il faut interpréter la Déclaration du Chapitre de 2012 comme celle du Chapitre de 2006. Heureusement, cela ne prend plus nulle part.
Citation de the Remnant :
« Pour toutes les nouveautés du concile Vatican II qui restent entachées d’erreurs et pour les réformes qui en sont issues, la Fraternité ne peut que continuer à s’en tenir aux affirmations et enseignements du Magistère constant de l’Eglise ; elle trouve son guide dans ce Magistère ininterrompu qui, par son acte d’enseignement, transmet le dépôt révélé en parfaite harmonie avec tout ce que l’Eglise entière a toujours cru, en tout lieu.
Ce passage est très soigneusement rédigé et doit être compris tel quel. Tout d’abord, il n’est pas dit que l’Eglise a officiellement promulgué des erreurs, cette affirmation reviendrait à nier l’infaillibilité de l’Eglise. On n’y rejette pas l’ensemble du Concile comme erroné, voire comme fauteur d’hérésie. On y affirme que la seule façon d’évaluer les « nouveautés » du concile Vatican II doit se faire à la lumière des « affirmations et enseignements du Magistère constant de l’Eglise ».
Commentaire :
The Remnant se félicite que le Concile ne soit pas rejeté comme fauteur d’hérésie. A propos du mot ininterrompu, the Remnant choisit l’interprétation traditionnelle, c'est-à-dire : « le magistère constant qui est tout ce que l’Eglise a toujours cru en tout lieu. »
« Ce passage est très soigneusement rédigé et doit être compris tel quel », dit ce journal. La Porte latine, par cette publication, soutient cette interprétation. Soit. Prenons donc ce passage tel quel : la Fraternité Saint Pie X affirme maintenant que le magistère de l’Eglise est ininterrompu.  Il n’y a donc pas eu de rupture sous Jean XXIII. Simplement, il faut interpréter la doctrine maçonnique des papes à la lumière de la Tradition. Voilà, c’est dit, nous devons accepter les enseignements erronés de Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI et la promotion qu’ils font des idéaux de 1789, à la lumière de la Tradition.
Nous répondrons par ces quelques citations de Mgr Lefebvre :
Le 29.07.76 :
« Ce droit à la liberté religieuse est blasphématoire car c'est prêter à Dieu des intentions qui détruisent sa majesté, sa gloire, sa royauté. Ce droit implique la liberté de conscience, la liberté de pensée et toutes les libertés maçonniques.
L'Eglise qui affirme de pareilles erreurs est à la fois schismatique et hérétique. Cette Eglise conciliaire n'est donc pas catholique. Dans la mesure où le Pape, les évêques, prêtres et fidèles, adhèrent à cette nouvelle Eglise, ils se séparent de l'Eglise catholique. L'Eglise d'aujourd'hui n'est la véritable Eglise que dans la mesure où elle continue et fait corps avec l'Eglise d'hier et de toujours. La norme de la foi catholique, c'est la Tradition. »
Déclaration de Mgr Lefebvre, le 4 août 1976 :
« Ce concile représente, tant aux yeux des autorités romaines qu’aux nôtres, une nouvelle Eglise, qu’ils appellent d’ailleurs l’Eglise conciliaire (…) Nous croyons pouvoir affirmer, en nous en tenant à la critique interne et externe de Vatican II, c’est-à-dire en analysant les textes et en étudiant les avenants et aboutissants de ce concile, que celui-ci, tournant le dos à la tradition et rompant avec l’Eglise du passé, est un concile schismatique (…) »
Fideliter N° 72. Novembre-Décembre 1989. Fideliter nous explique ce qu’il faut entendre par magistère ininterrompu de l’Eglise :
« Où est le magistère vivant ?
Que reste-t-il du magistère dans l’Eglise ?
Il est de foi que le Seigneur a doté son Eglise d’un Magistère vivant et perpétuel, c’est-à-dire de voix pontificale et épiscopales qui, à chaque époque et dans le présent, se font l’écho de la révélation divine, le relais de la tradition.
Eh bien, ce magistère, au moins quant aux vérités niées par les conciliaires, c’est en Mgr Lefebvre que nous le trouvons de manière sûre. C’est lui, le véritable écho de la tradition, le témoin fidèle, le bon pasteur, que les brebis simples ont su discerner au milieu des loups couverts de peaux de brebis.
Oui, l’Eglise a un magistère vivant et perpétuel, et Mgr Lefebvre en est le sauveur. L’indéfectibilité de l’Eglise, c’est l’Archevêque inflexible qui en est le plus éclatant héraut, comme jadis saint Athanase, excommunié par le pape Libère, le premier pape œcuméniste !...
Le Prélat d’Ecône est actuellement le plus ferme soutien du magistère offusqué, assombri, du Pontife romain et de ses frères dans l’épiscopat.
Où trouvons-nous prêché le dogme du Christ-Roi, préservé le caractère du Sacrifice propitiatoire de la Messe, sinon chez l’évêque témoin ? »
Citation de the Remnant :
« La Déclaration prévoit tout de même cette possibilité de nouvelles persécutions ».
Gageons que ces persécutions n’arriveront jamais. Rome a fait l’erreur de nous excommunier en 1988. Cela nous a permis de grandir et de nous fortifier en paix. Rome ne refera pas deux fois la même erreur. Il est beaucoup plus profitable pour Rome de laisser la Fraternité dans l’incertitude, les discussions interminables, les bruits, le secret, les menaces, les faux espoirs, les déclarations contradictoires etc. Cela nous étonnerait bien qu’une excommunication arrive. La méthode a changé. L’excommunication sera juste brandie de temps en temps, comme un épouvantail, pour nous faire céder sur des points essentiels, par l’usure psychologique.
Conclusion
La Déclaration du 19.07.2012 du Chapitre de la Fraternité est ambiguë puisque certains, comme Father Morgan, l’interprètent de la même façon que celle de 2006. Tout ce qui est ambigu vient du démon. Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du démon. Matt V,37.


                                   InDominoSperavi.