samedi 22 septembre 2012

Ennemond a raison - Pour tous ceux qui croient que Mgr Fellay a retrouvé la bonne ligne.



Ennemond a raison

Pour tous ceux qui croient que Mgr Fellay a retrouvé la bonne ligne.



 

Ennemond n’est pas n’importe qui dans la Fraternité St Pie X. Il écrit dans Fideliter, et sur la Porte Latine. Il dirige Fecit. Quand Ennemond dit quelque chose, il faut y faire attention, parce qu’il est très souvent le fidèle écho de ceux qui dirigent la Fraternité Saint Pie X.

Le 21 septembre 2012, il écrit sur Fecit : « Revenons au réel. (…)Plutôt que de vous satisfaire du prisme de La Croix et de l'agence APIC qui n'ont jamais été favorables à quelque rapprochement que ce soit avec le monde traditionnel (…) Rorate coeli propose un résumé de l'intervention de l'abbé Schmidberger dans lequel on envisage plutôt une poursuite des relations : " The SSPX will send its concerns about these additional requirements to Rome in the hope that they can be resolved ". Pour ma part, je n'ai pas lu qu'il fallait attendre "la conversion de Rome" (…)»

Commentaire :

Oui, revenons au réel, en effet. Mgr Fellay n’a absolument pas renoncé au principe de l’accord pratique avec Rome. Ce sont seulement les modalités de l’accord pratique qui « coincent » un peu en ce moment, du fait du pape, qui sait très bien ce qu’il fait. C’est la technique du chaud/froid qui continue pour nous faire aller d’espoirs en déceptions jusqu’à  ce que, usés et troublés par tous ces changements, le jugement faussé, les membres du Chapitre ou un groupe  dissident d’accordistes décident de signer.

Cette technique du chaud/froid est appliquée également au sein de la Fraternité : Mgr Fellay dans un discours à Ecône, aurait affirmé qu’il fallait interpréter la déclaration du chapitre de 2012 comme celle de 2006, c'est-à-dire que nous exigerions la conversion de Rome… Mais en même temps, dans le même discours, il aurait affirmé que les six conditions de la lettre Thouvenot devenaient obligatoires, ce qui sous-entendrait donc que cette conversion n’est pas vraiment exigée… Cependant, des personnes de bonne volonté, qui veulent encore croire en Mgr Fellay, ont chanté victoire : ça y est, il est redevenu comme avant, nous ne signerons pas !

Cependant, les jours passent… Pas de déclaration publique et officielle, mais des bruits, des « on dit » qu’on laisse filtrer indéfiniment à propos de cette réunion d’Ecône, sans rien confirmer ou infirmer, sans rien éclaircir…

Une semaine après cette déclaration faite à Ecône, voici l’abbé Schmidberger qui revient sur le devant de la scène, avec un son de cloche différent. Les âmes de bonne volonté, bien disposées envers Mgr Fellay, n’y comprenant décidément plus rien, essayent d’interpréter les propos de l’abbé Schmidberger dans le même sens que ce qu’on avait cru comprendre de Mgr Fellay à Ecône… Mais heureusement, Ennemond vient nous rappeler au sens des réalités… Ce faisant, il nous aide bien, car si l’affirmation que l’accord pratique n’est pas mort était venue de nous, on nous aurait encore appelés « complotistes ».

Sur Rorate Coeli, on peut relever sur la vidéo de l’abbé Schmidberger, les paroles suivantes (cf.sous-titres anglais en annexe de l’article) :

Min : 05.00

- Comment la Fraternité réagira-t-elle à ces nouvelles  demandes inexplicables (du pape) ?

- Abbé Schmidberger :: « Je pense que nous dirons aux autorités romaines que nous avons des difficultés à propos de ces demandes et qu’ils doivent y renoncer s’ils souhaitent vraiment notre normalisation. »

Commentaire : La Fraternité ne coupe donc pas les ponts, elle continue à réclamer de la Rome moderniste une normalisation. Le principe de l’accord pratique est donc ici réaffirmé adroitement, en une phrase d’apparence énergique : nous posons nos conditions à Rome, voyez comme nous sommes fermes ! C’est ce que sous-entend cette phrase… et pourtant cette phrase réaffirme aussi que la conversion de Rome n’est pas nécessaire puisque si le pape retirait ses nouvelles exigences du 13 juin, l’abbé Schmidberger sous-entend que nous pourrions signer. En effet, tout allait bien avant le 13 juin, selon lui. (cf. le début de la vidéo)

 

Min. 07.00 : Abbé Schmidberger : Oui, Mgr Müller est le nouveau préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi… Bien sûr, Mgr Di Noia est la personne qui a été personnellement désignée par le pape pour être notre contact direct, peut-être pour contrebalancer Mgr Müller.

Commentaire :

Cette phrase fait renaître habilement l’espoir après la déception du début de l’interview : c’est vrai que le pape a rajouté ces conditions inacceptables mais en même temps, le pape n’est pas si méchant, puisqu’il nous a adjugé le « gentil » Mgr Di Noia pour être notre interlocuteur direct… Mais qui dit interlocuteur direct, dit futures relations avec ce contact, et donc, une fois de plus, réaffirmation de la continuation des discussions avec Rome.

- Avons-nous retiré un gain de ces discussions avec Rome ?

- Abbé Schmidberger : Elles ont été très utiles. A mon avis, elles ont montré que nous sommes intéressés par une normalisation de la situation. Elles ont montré que nous considérons notre situation comme un résultat de la crise de l’Eglise, comme une situation anormale.

Commentaire :

Cette dernière phrase est caractéristique de la tournure d’esprit accordiste, complètement déviée, que l’abbé Pfeiffer relevait dans son sermon du 2 septembre dernier : réclamer une normalisation aux modernistes. Pourquoi avons-nous besoin d’être reconnus et appréciés de ces apostats qui crucifient Notre-Seigneur à Assise et dans leur magistère hérétique ? Peut-être certains penseront : oh ! quel langage outrancier ! Alors, vite, appelons Mgr Lefebvre à notre secours… Il dit, le 4 octobre 1987 : « Rome est dans l’apostasie » (cf.min.1.08 de la video)
video de Mgr Lefebvre sur antimodernisme.info

 
Et lors de sa conférence à Ecône,  le 8 février 1991, Mgr Lefebvre dit : « le Cardinal Ratzinger est hérétique ! […] Il met en doute qu’il y ait un Magistère qui soit permanent et définitif dans l’Eglise. Il s’attaque à la racine même de l’enseignement du Magistère de l’Eglise. »

 

Relisons le texte n°1 d’Arsénius qui vient d’être publié sur notre site. Ecoutons la conférence du 11 novembre 2007 de Mgr Tissier de Mallerais, également sur ce site… Nous serons ensuite définitivement guéris de ce désir et nous ne mendierons plus une reconnaissance de la part des ennemis de l’Eglise. C’est vraiment le monde à l’envers : nous demandons à des hérétiques de valider notre position.

Extrait de la conférence de Mgr Lefebvre en 1976 à l’association Les Amis de Saint François de Sales : « Je suis persuadé que ça va se découvrir de plus en plus, que nous avons à faire au Vatican à une loge maçonnique ni plus ni moins. Ça va se découvrir peut être d’ici peu on publiera des noms avec les appartenances maçonniques, avec les degrés de maçonnerie, avec l’appartenance aux loges, c’est pas possible autrement, ils font trop bien le travail des loges maçonniques pour qu’ils ne soient pas au moins des soutiens des loges maçonniques, ce n’est pas possible, pas possible. »

 

Conclusion :

Ennemond a raison. L’état d’esprit des chefs de la Fraternité n’a pas changé. C’est pour cela que tous ceux qui résistent ouvertement continuent à être persécutés. C’est pour cela que le silence est la condition de la réintégration des abbés Chazal et Pfeiffer.

Nous terminerons par une superbe citation du chanoine Lecigne, p.248 du livre Avec l’Immaculée et le père Maximilien Kolbe, traduit par Morgon et édité par les Editions du Courrier de Rome. Le chanoine appliquait cet éloge à Mgr Delassus. Nous reprendrons ses mots pour les appliquer à tous ceux qui parlent haut et fort : « Mgr Delassus fut un mainteneur. Maintenir, tout est là aujourd’hui. Maintenir, c'est-à-dire affirmer quand les uns nient et les autres atténuent, s’obstiner dans le culte de la vérité et dans le fanatisme du droit, se dire que les principes sont nécessaires plus que tout, et qu’après le crime de les trahir effrontément il n’y en a pas de plus exécrable que celui de les servir mollement. Maintenir, c'est-à-dire croire toujours, ne se taire jamais, espérer quand même. Quand les mémoires se font oublieuses, les courages indécis, les attitudes flottantes, l’essentiel est de maintenir. »
                                                                          InDominoSperavi





Annexe – les sous-titres anglais de la vidéo :

Min. 05. 00 :

- “How will the society react to these new inexplicable demands ? »

Abbé Schmidberger : I think we will tell the romans institutions that we have our difficulties with them and that they will have to abandon these demands if they truly wish normalization.

Min : 07.00 : Abbé Schmidberger : Yes, the recently appointed Bishop Müller is now prefect of the Congregation for the doctrine of faith… Of course archibishop Di Noia ist our direct person of contact appointed personally by the Pope, perhaps as a balance to Bishop Müller.

Plus tard :- Was there any gain from the talks with Rome ? And if there was, what is it ?

 - Abbé Schmidberger : They had great use. In my opinion, they have shown that we have an interest in a normalization of the situation, that we see our situation as a result of the crisis in the church, as an abnormal situation.