jeudi 20 septembre 2012

En considérant... par Arsenius

En considérant...
 

                                                     Monastère de santa Cruz, Brésil
 
 
Voici le deuxième texte d'Arsénius, publié le 20 avril 2012 en portugais.


En considérant...

1°) Que Mgr Lefebvre, s'est opposé à Dom Gérard quand il voulait faire un accord avec les autorités modernistes de Rome. Un accord à propos duquel Dom Gérard disait que Rome donnait tout et ne demandait rien ;

2°) Que le même Mgr Lefebvre a dit, après les sacres, que à partir de ce moment-là, il signerait des accords avec Rome seulement si les autorités romaines souscrivaient à plusieurs documents de l'Église condamnant les erreurs d'aujourd'hui ;

3°) Que, de plus, Mgr Lefebvre s'est repenti d'avoir signé un protocole d'accord avec le Vatican pour obtenir la permission de sacrer des évêques, car il est arrivé à la conclusion que les intentions des autorités romaines n'étaient pas bonnes ;

4°) Que, plus tard, Mgr Lefebvre a dit au futur Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger, qu'il ne pouvait pas être d'accord avec lui, et que nous, les traditionalistes, nous essayons de christianiser le monde tandis que lui , le cardinal, et les autres progressistes ne travaillent qu'à déchristianiser le monde ;

5°) Que la Fraternité Saint-Pierre, qui a reçu de Rome la faculté de célébrer exclusivement la messe traditionnelle, a été obligée postérieurement d'accepter le fait que ses membres puissent célébrer aussi la nouvelle messe ;

6°) Que Mgr Lefebvre a dit qu'il ne convient pas que nous nous placions sous l'autorité de ceux qui ne professent pas la foi dans son intégrité;

7°) Qu'en temps de guerre, s'occuper de suivre les lois positives (par exemple le Code de la route) peut être imprudent et, en certains cas, peut conduire au suicide ;

8°) Que l'expérience nous montre que très peu savent retourner en arrière quand les autorités romaines ne tiennent pas leurs promesses (voir le cas de la Fraternité Saint-Pierre) ;

9°) Que le fait d'être « réconcilié » avec Rome produit comme conséquence de ne plus considérer les autorités romaines (progressistes) comme des ennemis contre qui il faut combattre;

10°) Que Mgr Lefebvre a dit que les progressistes sont semblables à ceux qui sont contaminés par une maladie contagieuse, et qu'il faut donc les éviter, pour ne pas devenir malades comme eux.

11°) Que dans toutes les parties du monde les fidèles sont en « état de nécessité », ce qui leur donne le droit de s'adresser à des prêtres à la doctrine intégralement catholique, et aussi de recevoir les sacrements et assister à la messe selon les rites traditionnels ; et que les prêtres ont un devoir de charité d'aller aider ces fidèles, même sans la permission de l'évêque du lieu.

Nous jugeons...

1°) Que si Mgr Lefebvre vivait encore, il ne ferait aucun accord avec les autorités romaines, même si elles nous l'offraient, et même si on ne nous demandait rien, à moins que ces autorités ne condamnent d'abord les erreurs modernes qui s'insinuent dans le sein de l'Église, et qui sont condamnées par les papes antérieurs ;

2°) Que même aujourd'hui Mgr Lefebvre ne pourrait toujours pas être d'accord avec Benoît XVI, parce que celui-ci a encore la même pensée que lorsqu'il était cardinal ;

3°) Que nous ne pouvons pas avoir confiance dans les promesses faites par des hommes qui suppriment les garanties en faveur de la Tradition qu'ils avaient pourtant données antérieurement ;

4°) Que, comme Mgr Lefebvre l'a jugé lui-même, nous ne devons pas nous mettre sous l'obéissance de ceux qui ne professent pas la foi dans son intégrité ;

5°) Que dans l'affreuse guerre dans laquelle nous sommes (entre la sainte Église et le modernisme ; entre la vérité et l'erreur ; entre la lumière et les ténèbres), chercher la régularisation de notre situation est une chose imprudente et un suicide : c'est nous donner aux ennemis ;

6°) Que ce serait, d'une certaine manière, tenter Dieu, en nous mettant dans une situation qui probablement :

a) nous conduira à concéder des points importants quand les autorités romaines progressistes nous le demanderont ;

b) nous fera cesser de traiter certaines autorités comme des ennemis à combattre ;

c) nous laissera « contaminer » par le progressisme ;

7°) Que ce serait une erreur de restreindre notre champ d'action aux places que nous donneraient les autorités romaines ou permettraient les évêques diocésains, et de ne pas aller aux fidèles qui nous appellent, parce que, en tel lieu, nous n'aurions pas la permission officielle d'exercer le ministère sacerdotal, car cela serait ne pas considérer le grave et général « état de nécessité ».

Objection...

On pourrait nous objecter que Mgr Lefebvre connaissait très bien tout ce que nous avons dit et, cependant, en plusieurs occasions, il a manifesté le désir que la situation de la Fraternité soit régularisée devant les autorités romaines.

Nous répondons...

... que même si c'était vrai, cependant à partir de mai 1988 Mgr Lefebvre n'a plus manifesté ce désir et, tout au contraire, depuis cette époque-là il a pris comme position que tous les accords avec les autorités romaines devaient être précédés d'une profession de foi par Rome sur les grands documents anti-libéraux du Magistère, comme, par exemple, Pascendi, Quanta cura, etc. Il a soutenu cette nouvelle position jusqu'à sa mort.

Le motif qui l'a amené à ce changement a été le fait qu'il a pu voir clairement que la Rome néo-moderniste n'avait aucune intention de protéger ou d'approuver la Tradition catholique.

Conclusion

Union juridique avec Rome ? Oui, mais dans l'intégrité de la foi catholique, hors de laquelle il n'y a point de salut, et dans la liberté d'accomplir nos devoirs envers Dieu et le prochain.