mercredi 12 septembre 2012

Comment la FSSPX peut-elle sortir de sa crise interne actuelle ?


Comment la FSSPX peut-elle sortir de sa crise interne actuelle ?
par Michael
Genèse de la crise


Mgr Fellay, le 13 juin, fait le voyage à Rome pour signer un protocole d’accord avec Rome, protocole dont la teneur n’est pas divulguée. Il n’est pas tenu compte de l’opposition de nombreux fidèles, prêtres, évêques traditionnels et communautés amies.

Rome change le texte à la dernière minute et Mgr Fellay ne signe pas.


Cela montre, non pas la prudence de Mgr Fellay mais l’imprudence de Mgr Fellay prêt à se soumettre à des scélérats. Les opposants à tout accord avaient donc raison : non seulement Rome est « moderniste, hérétique et schismatique » comme dit Mgr Lefebvre, mais en plus elle pratique la rouerie.


Le Chapitre général de juillet 2012 a-t-il réglé les problèmes ?


La déclaration officielle est un compromis ambigu entre les accordistes et les non-accordistes, compromis qui ne ferme pas la porte à de nouvelles discussions en vue d’un nouvel accord confirmé par un nouveau chapitre.


Les conditions d’un nouvel accord données par la circulaire Touvenot (les 6 points) sont inacceptables. Mgr Fellay n’est donc pas revenu de ses errements. Le problème demeure.


On a donc actuellement toujours une FSSPX en état de guerre

- des prêtres demandent la démission du Supérieur Général (cf. le site antimodernisme)

- des fidèles traitent le Supérieur Général de « pape de Menzingen » (cf le forum un évêque s’est levé)

- deux évêques s’opposent publiquement au Supérieur Général : Mgr Williamson fait une critique magistrale de la nouvelle feuille de route de la FSSPX à savoir les 6 conditions. Mgr Tissier approuve sur le fond la position de l’abbé Chazal. (Mgr Tissier écrit aux fidèles de Corée, « Je regrette de ne pas connaître votre communauté. Les mois difficiles que vous et moi avons vécus cette année ont fait s'élever le même souci dans nos esprits : il est impossible que nous ralliions à la Rome moderniste! » et à l’abbé Chazal : « Je comprends votre pensée, que vous soyez contre un accord avec la Rome moderniste. Moi aussi je suis contre ; et tout le monde sait que j'ai efficacement manifesté mon opposition contre tout accord avec la Rome Conciliaire sans aucun signe de conversion de celle-ci. »

- des prêtres quittent la FSSPX ou sont exclus.

- des fidèles désertent les chapelles de la FSSPX, d’autres manifestent leur mécontentement, beaucoup font la grève du porte - monnaie

Une évidence : la démission de Mgr Fellay s’impose de plus en plus comme une nécessité souhaitable par tous.


Ce qui n’est pas acceptable du Supérieur Général actuel


● les abus de pouvoir :

- exclusion du chapitre général de Mgr Williamson, membre de droit.

- tentative de signature d’un protocole d’accord pratique le 13 juin 2012 sans accord doctrinal rejetant le modernisme de Vatican II, sans accord de ses confrères dans l’épiscopat, sans accord d’un chapitre général.

- chantage aux ordinations avec les communautés amies incluses d’office dans une Prélature personnelle que cela leur plaise ou non.


● les déclarations :

- 14 avril : « Les erreurs du Concile ne sont pas des super hérésies. » (Réponse aux trois évêques)

- 15 avril : « L'entière Tradition de la Foi catholique doit être le seul critère et guide de la compréhension des enseignements du Concile de Vatican II, lequel, à son tour, illumine certains aspects de la vie et de la doctrine de l'Eglise qui étaient présents en elle, sans être encore formulés. Les affirmations du Concile Vatican Il et du magistère pontifical postérieur, relatifs à la relation entre l'Eglise catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques, doivent être comprises à la lumière de l’entière Tradition. » (Extrait de la déclaration doctrinale de Menzingen, citée publiquement par M. l 'abbé Pfluger à St Joseph des Carmes le 05 juin)

- 11 mai : « Le Pape dit que le Concile doit être replacé dans la grande tradition de l'Eglise, qu’il doit être compris en accord avec elle. Ce sont des déclarations avec lesquelles nous sommes complètement d'accord, entièrement absolument. (…)

Beaucoup de choses que nous aurions condamnées comme venant du Concile ne viennent pas du Concile, mais de sa compréhension commune (…) Le Concile présente une notion de la liberté religieuse qui est en fait une notion très, très limitée. Une notion très limitée. Cela veut dire que lors de nos discussions avec Rome, ils nous ont dit clairement qu'avoir le droit à l’erreur ou le droit de choisir toute religion, est faux. » (Interview sur CNS à Menzingen)

- « cette dialectique entre vérité-foi et autorité est contraire à l’esprit sacerdotal. »

- « Cette structure qui est proposée à la Fraternité est, de fait, parfaitement appropriée. C’est-à-dire que, si cela a vraiment lieu, vous ne sentirez aucune différence entre avant et après. Nous resterons, pour ainsi dire, tels que nous sommes. […] La réalisation de cette volonté dépend de termes qui ne sont pas encore très clairs. Certains points demeurent obscurs. […] Il se pourrait qu’il retourne le dossier à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. » DICI n°255

- « De fait, l’Eglise ne se réduit pas au Concile, elle est beaucoup plus grande. Il faut donc s’appliquer à régler des problèmes plus vastes. » DICI n°256 du 8 juin 2012

- « Il faut laisser de côté les problèmes secondaires et s’occuper des problèmes majeurs. Voilà la réponse de l’un ou l’autre prélat romain qui ne le diront jamais ouvertement ; il faut lire entre les lignes pour comprendre. […] Les autorités officielles ne veulent pas reconnaître les erreurs du Concile. Elles ne le diront jamais explicitement. Cependant si on lit entre les lignes, on peut voir qu’elles souhaitent remédier à certaines de ces erreurs. » DICI n°256 du 8 juin 2012


- « L’un des dangers majeurs est de finir par inventer une idée de l’Eglise qui paraît idéale, mais qui ne se trouve pas en fait dans l’histoire réelle de l’Eglise. Certains prétendent que pour travailler « en sécurité » dans l’Eglise, il faut préalablement qu’elle soit nettoyée de toute erreur. C’est ce qu’on dit quand on affirme qu’il faut que Rome se convertisse avant tout accord, ou que les erreurs doivent d’abord avoir été supprimées pour qu’on puisse travailler. Mais ce n’est pas la réalitéDICI n°256 du 8 juin 2012
Commentaire : Mgr Fellay est-il supérieur de la FSSPX ou de la Fraternité saint Pierre ? 


- « Il reste vrai – comme c’est le droit de l’Eglise – que pour ouvrir une nouvelle chapelle ou fonder une œuvre, il serait nécessaire d’avoir la permission de l’ordinaire [ndlr, c’est-à-dire de l’évêque] local mais depuis quand la vie est-elle sans difficulté ? Et donc si une difficulté n’était pas résolue, elle irait à Rome, et il y aurait alors une intervention romaine pour régler le problème. DICI n°256 du 8 juin 2012

Commentaire : l’autorité sous laquelle aurait dû être placée la prélature voulue par Mgr Fellay le 13 juin est le pape qui organise Assise et visite les synagogues ! 

- Conditions souhaitables de ralliement à Rome:

« 1. Tribunaux ecclésiastiques propres en première instance », (commentaire : pour les instances supérieures, c’est Rome qui tranchera)

2. Exemption des maisons de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X par rapport aux évêques diocésains » (commentaire : cela est souhaitable mais non nécessaire !)

3. Commission Pontificale à Rome pour la Tradition en dépendance du Pape, avec majorité des membres et présidence pour la Tradition. (commentaire : cela est souhaitable mais non nécessaire !)


Conclusion d’un prieur de France :

Tant que Mgr Fellay voudra entraîner « une partie de la Tradition » dans « la réalité postconciliaire », il devra s’attendre à ce qu’il appelle improprement de l’indiscipline.

« Les démarches que le Supérieur général » doit « entreprendre pour mettre un terme à cette situation » de crise sont simples. De même que « le jour où la Tradition retrouvera tous ses droits, le problème de la réconciliation n’aura plus de raison d’être», de même le jour où Mgr Fellay retrouvera tous ses esprits, le problème de la prédication de Mgr Williamson n’aura plus de raison d’être. » Un prieur, en France, 10 septembre 2012


Perspectives d’avenir

- la poursuite des sanctions, exclusions et vexations : fidèles interdits de chapelle, évêque interdit de ministère, interdiction de critiquer ou de débattre, exclusion de prêtres sans respect du code de droit canonique (logement, vêtement et nourriture supprimés).

Les anti-accordistes ne se tairont pas, ce n’est pas la bonne solution.

- la démission du Supérieur Général est envisagée et souhaitée par beaucoup, accordistes et non-accordistes. Cela pourrait calmer le jeu. Il est clair que l’unité de la FSSPX ne pourra pas se reconstruire autour de Mgr Fellay. Son maintien à la tête de la Fraternité fera perdre à la FSSPX 5 ans et cultivera les divisons internes.

- suite à sa démission, un nouveau Chapitre, délibératif cette fois, pourra indiquer plus clairement, à tous, la ligne de la FSSPX et refaire l’unité. (Ce n’est pas avec une circulaire secrète présentant des conditions souhaitables qu’on regagne la confiance de tous !)

- Une nouvelle direction pour une FSSPX unie n’exclut pas par ailleurs une autre Fraternité – avec l’Abbé Chazal, etc. - qui agirait de concert avec la FSSPX. En effet, de nombreuses fraternités collaborent déjà avec la FSSPX : la Fraternité de la Transfiguration, la Fraternité de Saint Josaphat, par exemple. Cela permet de diviser les risques de subversion et d’infiltration. On pourrait objecter que ces fraternités amies ont des spiritualités différentes de la FSSPX. Est-ce réaliste qu’il coexiste des fraternités de spiritualité et d’organisation voisines ? C’est tout à fait possible. C’est le cas dans la Tradition avec les Dominicaines enseignantes qui sont unies dans l’esprit et divisées en 3 ordres - Brignoles, Fanjeaux, Nouvelle-Zélande. Les 3 ordres se partagent les zones géographiques.