mercredi 20 août 2014

Centenaire de la mort de saint Pie X - Saint Pie X et la Sainte Face



Saint Pie X a le corps conservé. Il est mort le 20 août 1914. C'est donc aujourd'hui le centenaire de sa sainte mort.


Extrait d'un article sur saint Pie X :

"L’attention de Pie X s’était aussi portée sur le carmel de Lisieux lorsqu’il a autorisé la vénération d’une image de la Sainte Face réalisée par Céline (sœur Geneviève de la Sainte Face), sœur de Thérèse, au carmel de Lisieux, pour Pâques de l’année 1905, à partir d’une photographie du "Saint Suaire de Turin". Pour faire ce portrait, elle avait travaillé pendant six mois, parfois à la loupe, pour restituer des détails d’une grande précision, et pour traduire en dessin ce que la méditation des conversations passées avec sa sœur Thérèse, et l’oraison, lui inspiraient. 

Portrait réalisé par Céline

Le portrait original réalisé par Céline fut présenté à Pie X, qui le vit avec une grande émotion. Il ne put s’empêcher de baiser tendrement à plusieurs reprises le visage divin. Il se dit convaincu que cette image aurait sur les âmes une véritable puissance de prédication et l’enrichit en accordant : « à tous les fidèles qui méditeront quelques instants sur la Passion devant cette image, le Pape daigne accorder chaque fois sa bénédiction apostolique et toutes les indulgences attachées antérieurement par ses prédécesseurs aux exercices médités en l’honneur de la Passion. » 

Le portrait de la Sainte-Face fut reproduit en image sainte, au verso de laquelle était une prière à la Sainte-Face rédigée par Thérèse quelques temps avant sa mort. Le pape Pie X attribua pour cette image sainte et sa prière une indulgence de trois cent jours. 

Et en juin 1906, Pie X fait adresser une lettre au Père Prévost sous la signature du cardinal Casimiro Gennari, prélat très proche du Pape avec qui il partage une même très forte sensibilité pour le Christ et l’Eucharistie ; cette lettre, avec une grande chaleur, recommande de façon assez inhabituelle pour une simple image : « … cette image, qu’on ne peut contempler sans se sentir vivement ému de componction et d’amour … (le désir du Saint-Père est) …que ladite image soit propagée partout et soit placée en vénération dans toutes les familles chrétiennes. » A cet effet, le Pape « … la recommande d’une façon particulière aux évêques et à tous les ecclésiastiques en bénissant paternellement ceux qui s’en feront les zélateurs. » 




samedi 16 août 2014

Mgr Fellay à Winona le 2 février 2012 : acceptation de Vatican II à la lumière de la Tradition


Pour les besoins d'un futur article, nous avons besoin de nous rafraîchir un peu la mémoire, concernant le sermon de Mgr Fellay fait à Winona le 2 février 2012. Voici un extrait brièvement commenté :

Mgr Fellay : "[...] Aussi, quand on entend le pape actuel dire qu’il doit y avoir continuité dans l’Eglise, nous disons : « bien sûr ! » C’est ce que nous disons depuis toujours. Quand on parle de la Tradition, c’est précisément ce que l’on veut dire. Ils affirment qu’il doit y avoir Tradition, qu’il doit y avoir continuité, et donc qu’il y a continuité. Vatican II a été fait par l’Eglise, or dans l’Eglise il doit y avoir continuité, donc Vatican II appartient aussi à la Tradition. Et nous de réagir : « pardon, que dites-vous là ? »
Commentaire :
Ici, Mgr Fellay semble bien traditionnel car il semble affirmer que Vatican II n'appartient pas à la Tradition. Mais cela se gâte juste après :

Mgr Fellay : "Mais cela va encore plus loin, bien chers fidèles. Ce que je viens de décrire se passait pendant les discussions à la fin desquelles nous recevions l’invitation de Rome. Dans cette invitation se trouvait la proposition d’une solution canonique pour régulariser notre situation. Et je peux affirmer que ce qui nous est présenté aujourd’hui – et qui est différent de ce qui nous a été présenté le 14 septembre 2011 – peut être considéré comme bon. Ils remplissent toutes nos conditions, si je puis dire, au niveau pratique. Il n’y a pas beaucoup de problèmes sur ce plan. Mais le problème demeure à un autre niveau, au niveau de la doctrine. Toutefois, même dans le domaine doctrinal, on avance très vite, mes bien chers frères. La clé du problème est un principe (celui de la cohérence avec la Tradition). Ils nous disent : « vous devez accepter que dans les cas où il y a des difficultés dans les documents du Concile – tels points ambigus qui font débat – ces points, comme l’œcuménisme, la liberté religieuse, doivent être interprétés en cohérence avec l’enseignement de toujours de l’Eglise ». Et ils ajoutent : « ainsi lorsqu’il y a une ambiguïté dans le Concile, vous devez la comprendre comme l’Eglise a enseigné depuis toujours ».
Ils vont encore plus loin et disent : « on doit rejeter tout ce qui est opposé à l’enseignement traditionnel de l’Eglise ». Bon, c’est ce que nous avons toujours dit. C’est surprenant, n’est-ce pas, que Rome nous impose ce principe ? Surprenant. Alors vous pourriez demander : « pourquoi n’acceptez-vous pas ? » 
Commentaire :
Mgr Fellay dit ici qu'il serait d'accord pour interpréter les ambiguïtés du concile en rejetant toute interprétation opposée à l'enseignement traditionnel de l'Eglise. Ce qui confirme cette interprétation, c'est la réponse qu'il fait ensuite à la question : "pourquoi n'acceptez-vous pas ?" :

Mgr Fellay : "Eh bien, chers fidèles, c’est qu’il y a encore un problème. Dans le texte de ce Préambule doctrinal, ils donnent deux applications du comment nous devons comprendre ces principes. Ils nous donnent les exemples de l’œcuménisme et de la liberté religieuse, tels qu’ils sont décrits dans le nouveau Catéchisme de l’Eglise catholique, qui reprend exactement les points que nous reprochons au Concile.
Commentaire :
Donc si Rome, au lieu du catéchisme de l'Eglise catholique avait présenté des encycliques passées des papes en disant : Vatican II, c'est la même chose que Quanta cura etc.,  Mgr Fellay aurait accepté.

Mgr Fellay : "En d’autres termes, Rome nous dit : « nous avons toujours fait cela. Nous sommes traditionnels ; Vatican II c’est la Tradition. La liberté religieuse, l’œcuménisme c’est la Tradition. C’est en parfaite cohérence avec la Tradition. » Vous vous demandez : « où cela nous conduit-il ? » Quels mots trouverons-nous pour dire que nous sommes d’accord ou que nous ne le sommes pas ? 
Commentaire :
Donc selon Mgr Fellay, il est possible en un sens de dire  que l'on est d'accord avec cette affirmation de Rome, si on accepte de dire qu'il faut comprendre la liberté religieuse et le faux œcuménisme à la lumière des encycliques qui les condamnent... Or, ce n'est pas possible. On ne peut pas dire : j'accepte l'hérésie parce que vous me dites que je dois l'interpréter comme disant le contraire de ce qu'elle dit.

Mgr Fellay : "Même s’ils acceptent les principes que nous avons toujours soutenus, c’est parce que, pour eux, ces principes signifient ce qu’ils pensent, mais qui est en exacte contradiction avec ce que nous affirmons."
Commentaire :
Il ne suffit pas de condamner Rome pour une interprétation moderniste des principes. Ce qu'il faut, c'est refuser d'accepter Vatican II, même à la lumière de principes traditionnels bien interprétés. Car c'est un mensonge et une compromission grave de faire semblant d’interpréter des hérésies manifestes de façon traditionnelle. Les mots sont les mots. Ils ne faut pas vouloir leur faire dire autre chose que ce qu'ils signifient. "Est, est, non, non", a dit Notre-Seigneur.


Mgr Fellay : "Je crois qu’on ne peut pas aller plus loin dans la confusion. En d’autres termes, cela signifie qu’ils donnent une autre signification au mot « Tradition », et peut-être au mot « cohérence ». Voilà pourquoi nous avons été obligés de dire « non ». Nous n’allons pas signer cela. Nous sommes d’accord dans le principe, mais nous nous rendons compte que la conclusion est contraire."
Commentaire :
Il est clair ici que Mgr Fellay dit qu'il aurait été d'accord pour signer avec Rome si celle-ci avait été d'accord pour interpréter Vatican II d'une façon traditionnelle. 

Mgr Fellay : "Grand mystère ! Alors, que va-t-il se passer maintenant ? Nous avons envoyé notre réponse à Rome. Ils continuent à dire qu’ils y réfléchissent, et cela veut dire que probablement ils sont embarrassés. En même temps je crois que nous pouvons voir maintenant ce qu’ils veulent vraiment. Nous veulent-ils vraiment dans l’Eglise ou non ? Nous leur avons parlé très clairement : « si vous nous acceptez c’est sans changement. Sans obligation d’accepter ces choses ; alors nous sommes prêts. Mais si vous voulez nous les faire accepter, alors c’est non. » Et nous n’avons fait que citer Mgr Lefebvre, qui avait déjà dit cela en 1987 – plusieurs fois auparavant, mais la dernière fois qu’il l’a dit c’était en 1987."
Commentaire :
C'est ici la reprise de la fameuse idée que nous pouvons faire un accord pratique avec Rome si elle nous accepte tels que nous sommes. On voit ici que Mgr Fellay était déjà tout à fait dans l'optique d'un accord pratique, en février 2012. Il préparait le terrain en se protégeant derrière Mgr Lefebvre qui a en effet affirmé ce principe à plusieurs reprises, même après les sacres (cf. Fideliter 70 de juillet 1989). Or, sur ce point, Mgr Lefebvre s'est trompé de bonne foi. Même si Rome avait été loyale avec lui et lui avait donné l'évêque traditionnel qu'il souhaitait ainsi que la commission romaine qu'il désirait, il n'en reste pas moins que la Fraternité Saint Pie X aurait été remise sous l'autorité d'un pape hérétique... Ce qu'il est impossible d'accepter en conscience. 

Parce que personne n'a osé condamner ce principe erroné de vouloir être reconnus tels que nous sommes par un pape hérétique, (car cela aurait condamné en même temps Mgr Lefebvre sur ce point), ce mauvais principe n'a pas été complètement éradiqué. C'est pourquoi Mgr Fellay s'abrite encore derrière lui aujourd'hui, en 2014, en se réclamant toujours de Mgr Lefebvre qui est devenu la référence de ses actions, alors que la référence de nos actes doit être en priorité la doctrine de l'Eglise et l'exemple de Notre-Seigneur... 

Il faut donc veiller à ne pas tomber dans le même travers pour notre part. Tout en gardant à Mgr Lefebvre notre reconnaissance, nous ne devons pas hésiter à condamner ses erreurs. Même Saint Pie X, d'ailleurs, a fait lui aussi des erreurs et cela ne nous empêche pas de l'aimer. Un article récent du Sel de la Terre n°89 montre qu'il a nommé des libéraux comme cardinaux, en leur recommandant d'être bien traditionnels (*)... Les enfants de lumière ont parfois tendance involontairement à suivre un peu trop la simplicité de la colombe au détriment de la prudence du serpent. Nous nous efforcerons donc de les imiter dans leur amour de Dieu, mais pas dans leurs rapports trop confiants avec les ennemis de l'Eglise.

Note :

(*) Sel de la Terre n°89, p.64 : 
La tactique moderniste de Saint Pie X à Pie XI
"[...] Peu avant sa mort, Saint Pie X avait nommé plusieurs nouveaux cardinaux à qui il avait adressé une émouvante adjuration de conserver l'union dans l'intégrité de la doctrine, tout en se plaignant de n'avoir pas été obéi ; cet appel resta sans effet car les nouveaux promus étaient tous des progressistes et des libéraux (1). Dès lors le résultat du prochain conclave ne pouvait faire de doute. De fait, ce fut un des nouveaux promus, le cardinal della Chiesa, ancien secrétaire de Rampolla qui fut élu et prit le nom de Benoît XV." [ndlr d'Avec l'Immaculée : Rampolla était un franc-maçon. On a retrouvé juste après sa mort des documents le prouvant et on les a montrés à Saint Pie X.]
(1)  Poulat, Intégrisme et catholicisme intégral, p. 455 - 457.

jeudi 14 août 2014

15 août : la consécration parfaite à Marie selon Saint Maximilien Kolbe (9ème jour)


 Nous publions un jour à l'avance le texte du dernier jour de la neuvaine. Ce texte correspond donc à la journée du 15 août.

Père Antonio di Monda OFM - Avec l'Immaculée et le Père Maximilien Kolbe contre les ennemis de Dieu et de l'Eglise. - ed. Courrier de Rome

p.153 "On se donne, dit le Père Kolbe « à elle, complètement et sous tous les rapports, comme ses enfants, ses esclaves d'amour, ses serviteurs, ses instruments sous toute dénomination que n'importe quelle personne en n'importe quel temps pourrait encore formuler. Et tout cela comme chose et propriété à sa complète disposition, pour qu'elle se serve de nous et nous exploite jusqu'à notre complet anéantissement. »

« Nous lui remettons tout notre être, toutes les facultés de l'âme, c'est-à-dire l'intelligence, la mémoire, et la volonté ; toutes les facultés du corps, c'est-à-dire tous les sens et chacun en particulier, les forces, la santé ou l'infirmité ; nous lui remettons notre vie tout entière avec tous ses événements agréables, tristes ou indifférents. Nous lui remettons notre mort, quels qu'en soient le moment, le lieu et la façon dont elle nous arrivera. Nous lui remettons même notre éternité. Et même, nous avons la ferme espérance que c'est seulement au paradis que nous pourrons lui appartenir d'une façon incomparablement plus parfaite. » 
[…]
p. 154 « Consacrés à elle, sans limites [...] nous n'avons droit ni à nos pensées, ni à nos actions, ni à nos paroles. Elle nous gouverne de façon "despotique". Qu'elle daigne avec bienveillance ne pas respecter notre libre volonté et si nous voulions, en quelque chose que ce soit, nous dégager de sa main immaculée qu'elle nous contraigne. » 
Nous en sommes vraiment au concept de la « chose », comme s'exprimaient les Romains, par exemple à propos des esclaves. À un frère, le Père Kolbe écrivait justement ceci : 
« Chose et propriété. Qu'elle soit avec toi ce qu'elle veut, qu'elle ne se sente liée à aucune limitation découlant des obligations d'une mère à l'égard de son fils. Sois sa chose, sa propriété, qu'elle se serve librement de toi, qu'elle dispose de toi sans aucune réserve pour tout ce qu'elle veut, qu'elle soit la propriétaire de ta personne, comme Dame et Reine absolue. Le serviteur vend son propre travail ; toi, au contraire, fais don de ta fatigue, la souffrance, tout toi-même. Supplie-la afin qu'elle ne respecte pas ta libre volonté, mais qu'elle agisse avec toi toujours librement, selon sa volonté. Sois pour elle un fils, un serviteur, un esclave d'amour, sous tous les aspects et sous toutes les dénominations qui aient été formulées jusqu'ici ou qui pourraient être trouvées en notre temps ou à l'avenir. En un mot : sois à elle »
[…]
p.160 « Il est précisément vrai que l'accomplissement de la volonté de l'Immaculée dans les plus petits détails et de la façon la plus exacte constitue le plus haut degré de sainteté, puisque la volonté de l'Immaculée est la volonté même de Jésus, la volonté de Dieu. » [...] « L'obéissance surnaturelle, l'union de notre volonté avec la volonté divine, constitue l'essence même de la sainteté, ou encore de l'amour parfait. »

p.161 « Avec l'acte de consécration, nous nous sommes offerts à l'Immaculée en toute propriété. Sans aucun doute, elle est l'instrument le plus parfait entre les mains de Dieu, tandis que nous, de notre côté, nous devons être des instruments dans ses mains immaculées. Quand, donc, vaincrons-nous de la façon la plus rapide et la plus parfaite le mal dans le monde entier ? Cela arrivera lorsque nous nous laisserons guider par elle de la manière la plus parfaite. C'est là le problème le plus important et le seul. Nous disons "unique". Pour la vérité, chacun de nous doit se préoccuper uniquement d'harmoniser, de conformer, de fondre, pour ainsi dire, complètement sa volonté avec la volonté de l'Immaculée, de la même façon que sa volonté est complètement unie à la volonté de Dieu, son Coeur au Coeur de son Fils Jésus. C'est l'unique problème. Quoi que nous fassions, serait-ce même un acte plus qu'héroïque, capable de bouleverser les bases de tout le mal existant sur la terre, cela a une quelconque valeur uniquement si, en faisant cet acte, notre volonté se met en harmonie avec la volonté de Dieu. Une seule chose, donc, a une certaine valeur, ou plutôt une valeur totale, c'est la fusion de notre volonté avec la sienne. C'est l'essence de l'amour (non pas le sentiment, bien qu'il soit aussi bon) qui doit nous transformer, à travers l'Immaculée, en Dieu, qui doit brûler en nous et, par nous, incendier le monde et détruire, consommer en lui toute forme de mal » [...]
 « Permettons-lui de faire en nous et par nous tout ce qu'elle désire et elle accomplira sûrement des miracles de grâce. Et nous-mêmes deviendrons saints et de grands saints, très grands, parce que nous réussirons à nous rendre semblables à elle et elle conquerra, par nous, le monde entier et chaque âme. »

SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.

Celui qui sert Marie est sûr du paradis (8ème jour)


Saint Alphonse de Liguori cite l'abbé Guerric dans les gloires de Marie, ch. VIII, § 3 : 

" celui qui sert Marie et que Marie recommande au Seigneur est aussi sûr du Paradis que si s'il trouvait déjà." (1)

(1)"Qui virgini famulatur, ita securus es de paradiso, ac si esset in paradiso" Abbé Guerric, In Assumpt. B. V. M. sermo I, n°4.

Gloires de Marie ch. VIII §III :
" Frère Léon vit un jour deux échelles : l'une rouge, sur laquelle se tenait Jésus-Christ ; l'autre blanche sur laquelle était Marie. Il aperçut ensuite des âmes qui prenaient l'échelle rouge. Elles montaient quelques échelons, puis tombaient : elles essayaient encore et finissaient toujours par retomber. Alors on les engagea à prendre l'échelle blanche, et le frère Léon les vit monter heureusement, parce que la Sainte Vierge leur tendait la main. Ainsi arrivèrent-elles sans difficulté en paradis."

SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.


mercredi 13 août 2014

Amour de Marie pour nous (7ème jour)



Ô Marie, ô ma Mère, s'écria un jour Saint Alphonse Rodriguez, je vous aime tant qu'il me semble que vous ne pouvez m'aimer autant que je vous aime !"

"Insensé ! lui répondit Marie, sache qu'il y a entre ton amour pour moi et le mien pour toi et pour tous mes enfants ici-bas, autant de distance qu'il y a entre le ciel et la terre."

Précieux recueil de spiritualité, p.262


SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.

mardi 12 août 2014

Comment recevoir les mérites de Jésus et Marie.(6ème jour)






Saint Louis-Marie Grignion de Monfort explique que la consécration à Jésus par Marie selon la méthode du saint esclavage implique qu'il faut donner ses mérites pour être revêtus de ceux de Jésus et Marie. Pour en savoir plus sur ce sujet, on peut lire le traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge du même auteur.

Secret de Marie

"Il faut choisir un jour remarquable pour se donner, se consacrer et sacrifier volontairement et par amour, sans contrainte, tout entier, sans aucune réserve, son corps et son âme; ses biens extérieurs de fortune, comme sa maison, sa famille et ses revenus; ses biens intérieurs de l'âme, savoir : ses mérites, ses grâces, ses vertus et satisfactions. Il faut remarquer ici qu'on fait sacrifice, par cette dévotion, à Jésus par Marie, de tout ce qu'une âme a de plus cher et dont aucune religion n'exige le sacrifice, qui est le droit qu'on a de disposer de soi-même et de la valeur de ses prières, de ses aumônes, de ses mortification et  satisfactions; en sorte qu'on en laisse l'entière disposition à la très Sainte Vierge, pour appliquer selon sa volonté à la plus grande gloire de Dieu qu'elle seule connaît parfaitement.
On laisse en sa disposition toute la valeur satisfactoire et impétratoire de ses bonnes œuvres : ainsi, après l'oblation qu'on en a faite, quoique sans aucun vœu, on n'est plus maître de tout le bien qu'on a fait; mais la très Sainte Vierge peut l'appliquer, tantôt à une âme du purgatoire, pour la soulager ou délivrer, tantôt à un pauvre pécheur pour le convertir.
On met bien, par cette dévotion, ses mérites entre les mains de la Sainte Vierge; mais c'est pour les garder, les augmenter, les embellir, parce que nous ne pouvons nous communiquer les uns aux autres les mérites de la grâce sanctifiante, ni de la gloire... 

Mais on lui donne toutes ses prières et bonnes œuvres, en tant qu'impétratoires et satisfactoires, pour les distribuer et appliquer à qui il lui plaira; et si, après s'être ainsi consacré à la Sainte Vierge, on désire soulager quelque âme du purgatoire... sauver quelque pécheur, soutenir quelqu'un de nos amis par nos prières, nos aumônes, nos mortifications, nos sacrifices, il faudra le lui demander humblement, et s'en tenir à ce qu'elle en déterminera, sans le connaître; étant bien persuadé que la valeur de nos actions, étant dispensée par la même main dont Dieu se sert pour nous dispenser ses grâces et ses dons, ils ne peuvent manquer d'être appliqués à sa plus grande gloire.

[...]
Comme nous nous serons donnés tout à fait à elle, autant qu'on se peut donner, en nous dépouillant de tout en son honneur, elle nous sera infiniment plus libérale, elle nous donnera "pour un oeuf un boeuf", elle se communiquera toute à nous avec ses mérites et ses vertus; elle mettra nos présents dans le plat d'or de sa charité; elle nous revêtira comme Rébecca fit Jacob, des beaux habits de son Fils aîné et unique Jésus-Christ, c'est-à-dire de ses mérites qu'elle a à sa disposition: et ainsi, comme ses domestiques et esclaves, après nous être dépouillés de tout pour l'honorer, nous aurons doubles vêtements : Omnes domestici ejus vestiti sunt duplicibus: vêtements, ornements, parfums, mérites et vertus de Jésus et Marie dans l'âme d'un esclave de Jésus et Marie dépouillé de soi-même et fidèle en son dépouillement."

A plusieurs reprises, Sainte Gertrude fait à Dieu l'offrande de tous ses mérites :

Sainte Gertrude donne ses mérites :
Livre 3 chapitre 9 :
Le Seigneur ajouta : « Ne veux-tu pas aussi m'offrir tes mérites pour que je puisse augmenter mes libéralités ? » Son âme fut attendrie par l'onction de ces douces paroles, et comme elle ignorait que toute la communauté fût en union de prières, elle éprouva une grande reconnaissance de ce que le Seigneur voulait bien lui demander quelque chose de spécial et répondit avec joie : « Oui, ô mon Dieu, je vous donne non seulement mes biens qui sont peu de chose, mais aussi ceux de notre communauté dont je puis disposer en vertu des liens de douce fraternité que votre divine grâce a formés entre nous. C'est avec une volonté libre et une joie sans bornes que je vous présente cette offrande dans le but d'honorer votre infinie perfection. » 

Comment Sainte Gertrude fut revêtue des mérites de Marie le jour de son Assomption :

La bienheureuse Vierge, à cette prière, se leva et vint offrir à la resplendissante et toujours tranquille Trinité les mérites de ces ineffables grandeurs qui l'avaient au jour de son Assomption, élevée au-dessus des hommes et des anges, et rendue très agréable à Dieu. Puis, quittant le lieu qu'elle occupait, elle fit signe à cette âme en disant avec une grande tendresse : « Viens, bien-aimée, et mets-toi à ma place, revêtue de toute cette perfection de vertus qui attirait sur moi les regards de complaisance de l'adorable Trinité, afin que tu reçoives la même faveur dans la mesure possible. » Mais celle-ci, profondément étonnée, répondit avec mépris d'elle-même : « O Reine de gloire, par quels mérites pourrais-je obtenir cette faveur ? Il en est trois, dit la bienheureuse Vierge, qui peuvent t'en rendre capable : 
- Demande, par la très innocente pureté avec laquelle j'ai préparé au Fils de Dieu une demeure agréable en mon sein virginal, d'être purifiée par moi de toute souillure. 

- Prie ensuite afin que toutes tes négligences soient réparées par la profonde humilité qui m'a exaltée au-dessus des anges et des saints. 

- En troisième lieu, demande par l'incomparable amour qui m'a unie à Dieu pour toujours, d'être enrichie de mérites abondants. » 

Celle-ci, après avoir fait ces trois demandes, fut tout à coup élevée en esprit à la gloire sublime qui lui était accordée avec tant de bonté par les mérites de la Souveraine des cieux ; et lorsqu'elle apparut, occupant la place de cette Reine céleste et parée de ses mérites, le Dieu de majesté prit en elle d'inexprimables complaisances, tandis que les Anges et les saints venaient à l'envie lui rendre de respectueux hommages.

Comment Gertrude fut revêtue des mérites de Jésus :
Notre-Seigneur revêt Sainte Gertrude de ses mérites à maintes reprises. En voici un exemple :
Chapitre 23 livre 3

"Elle assistait un jour à la messe avec toute la dévotion possible. Lorsqu'on arriva au Kyrie eleison, l'ange que Dieu lui avait donné pour gardien la prit entre ses bras comme un petit enfant et la présenta à Dieu le Père afin qu'il la bénît, disant: « O Père tout puissant, bénissez votre petite fille » Dieu le Père tardait à répondre, comme s'il eût trouvé peu digne de lui de bénir une si faible créature ; et celle-ci, toute couverte de confusion, se prit à considérer sa misère et son néant. Mais le Fils de Dieu se leva et la couvrit des mérites de sa très sainte vie. Elle se trouva donc parée de riches vêtements et parvenue à l'âge parfait du Christ (Ephes., IV, 13). Dieu le Père s'inclina alors vers elle avec bonté, et il lui donna une triple bénédiction, en même temps qu’une triple rémission de tous les péchés de pensées, de paroles et d'actions, par lesquels elle avait offensé sa toute-puissance. En action de grâces pour un si grand bienfait, elle présenta à Dieu le Père cette vie toute pure du Christ dont elle avait été revêtue." 


Extrait de l'introduction du livre III de Sainte Gertrude :
Nous aussi nous pouvons nous approprier les mérites du Christ.

"Ce troisième livre est tout rempli d'instructions et de consolations. II contient grand nombre de pieux exercices dans lesquels chacun, selon son état, peut apprendre comment il doit servir Dieu et lui plaire ; comment il doit offrir à Dieu le Père les, mérites et le fruit de la Passion de son Fils pour l'expiation de ses péchés et de ses fautes, et s'approprier les mérites du Sauveur ; [...] Continue donc, lecteur, tu ne regrettera, pas d'avoir lu ces pages."

"Le Seigneur lui dit: « J'ai donné à chaque âme un tuyau d'or d'une telle vertu qu'elle peut, par ce moyen, puiser dans les profondeurs de mon Cœur sacré tout ce qu'elle désire. » Celle-ci comprit que ce mystérieux conduit signifiait la bonne volonté avec laquelle l'homme peut s'approprier toutes les richesses spirituelles du ciel et de la terre."

Chapitre 34 livre III:
"Celle-ci devait, un matin, recevoir le corps du Christ et gémissait de se trouver si peu préparée. Elle pria la sainte Vierge et tous les saints d'offrir pour elle au Seigneur les ferventes dispositions qu'ils apportaient durant leur vie à la réception de la grâce. De plus, elle supplia Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même d'offrir cette perfection dont il était revêtu au jour de son Ascension lorsqu'il se présenta à Dieu le Père pour être glorifié.
Tandis qu'elle s'efforçait, plus tard, de connaître le résultat de sa prière, le Seigneur lui dit : « Aux yeux de la cour céleste, tu apparais déjà revêtue de ces mérites que tu as désirés. » Il ajouta : « Aurais-tu donc tant de peine à croire que moi, qui suis le Dieu bon et tout-puissant, j'ai le pouvoir d'accomplir ce que peut faire le premier venu ? En effet, celui qui veut honorer un ami le couvre de son propre vêtement ou d'un costume semblable, afin que cet ami se montre en public aussi richement habillé que lui. »
Mais celle-ci se souvint qu'elle avait promis à plusieurs personnes de communier ce jour-là à leur intention, et pria Dieu de leur accorder le fruit de ce sacrement. Elle reçut cette réponse : « Je leur donne la grâce réclamée, mais elles garderont la liberté de s'en servir à leur gré. »
Comme elle demandait ensuite de quelle manière il voulait que ces âmes cherchassent à en tirer profit, le Seigneur ajouta : « Elles peuvent se tourner vers moi à toute heure, avec un cœur pur et une parfaite volonté ; et lorsque avec leurs larmes et leurs gémissements elles auront imploré ma grâce, elles apparaîtront aussitôt revêtues de cette parure céleste que tu leur as obtenue par les prières. » 

Livre III, chapitre 18, XV.

XV. -- Il faut croire que le Seigneur supplée à notre pauvreté, lorsque nous le lui avons demandé.

"La voix du Seigneur qui l'invitait au banquet sacré se fit entendre un jour à son âme avec tant de douceur, qu'il lui semblait habiter déjà les palais éternels, prête à s'asseoir dans ce glorieux royaume à la table du Père céleste. Mais la vue de sa misère et de son indignité la rendait anxieuse, et elle cherchait à décliner un si grand honneur. Le Fils de Dieu vint alors au-devant d'elle et la tira à l'écart afin de la préparer lui-même : il lui lava les mains pour figurer la rémission des péchés qu'il lui accordait par les saintes douleurs de sa Passion. Se dépouillant ensuite des ornements qu'il portait, colliers, bracelets et anneaux, il en revêtit son épouse et l'invita à s'avancer avec gravité dans la beauté de ses parures, et à ne pas courir comme une insensée qui n'aurait pas la dignité convenable, et s'attirerait le mépris plutôt que le respect et l'honneur. Elle comprit que ceux qui marchent comme des insensés en portant les ornements du Seigneur sont ceux qui, après avoir considéré leur imperfection, demandent au Fils de Dieu de secourir leur misère ; mais lorsqu'ils ont reçu ce bienfait, ils demeurent aussi craintifs qu'auparavant, parce qu'ils n'ont pas une confiance absolue dans les parfaites satisfactions que le Seigneur a offertes pour eux.

SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.

lundi 11 août 2014

St Jean Eudes : comment bénéficier de la miséricorde de la Sainte Vierge + deux conversions miraculeuses (5ème jour)



p. 10 du document pdf :


[..] C'est ainsi que la divine Miséricorde communique ses très douces inclinations au sacré Cœur de la bienheureuse Vierge. Si vous désirez, mon très cher frère, ressentir les effets de la miséricorde non pareille qui règne dans ce Cœur très bénin, reconnaissez premièrement que vous êtes un abîme de misères, que vous avez un besoin infini du secours de cette Mère de miséricorde, et que vous en êtes infiniment indigne.

Secondement, invoquez-la néanmoins avec très grande confiance en toutes vos nécessités.

En troisième lieu, si vous voulez qu'elle ait un Cœur plein de piété au regard de vous, ayez un coeur plein de bénignité au regard du prochain ; portez-vous volontiers, selon le pouvoir que Dieu vous en donnera, à toutes les œuvres de miséricorde, qui sont sept corporelles et sept spirituelles.

Les sept corporelles sont : donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, revêtir ceux qui sont nus, racheter les captifs et prisonniers, visiter les malades, loger les pèlerins et étrangers, ensevelir les morts.

Les sept spirituelles sont : donner de bons et salutaires conseils à ceux qui en ont besoin, enseigner les ignorants, corriger ceux qui font des choses répréhensibles, consoler les affligés, supporter les défauts et imperfections d'autrui, prier pour les vivants et pour les trépassés.

[...]

Chapitre II du même document.

"En l'année 1648, dans la grande ville de Naples, où il y a tant de dévotion à la bienheureuse Vierge, que l'on y compte environ soixante-dix églises consacrées à son honneur, et un grand nombre de ses images à l'entrée des principales maisons, ayant devant elles des lampes allumées durant toute la nuit; dans cette ville, dis-je, il y avait deux Turcs très passionnés pour la secte impie de Mahomet ; tous deux esclaves de l'un des principaux seigneurs de la ville, nommé Octavio Monaco d'Aragona, tous deux d'une vie très dépravée, mais l'un pourtant beaucoup plus que l'autre. Celui-ci néanmoins avait quelque chose de bon: c'est que, de l'argent qu'il gagnait par son travail, il en employait toujours quelque chose pour acheter de l'huile qu'il mettait dans une lampe, qui brûlait continuellement toute la nuit devant une image de la Mère de Dieu, qui était peinte sur la muraille, à l'entrée du palais de son maître. Quelques-uns des domestiques qui le voyaient faire cette action, s'en moquaient; mais il ne leur répondait autre chose sinon que celle à laquelle il rendait ce petit service saurait bien l'en récompenser et l'assister quand il en aurait besoin.

Il ne fut pas frustré de son attente; car, le vingtième de juillet de la même année, comme il reposait la nuit dans le lieu où il se retirait, qui était une remise de carrosse, il entendit une voix qui l'appelait par son nom et qui l'éveilla. Étant éveillé, il voit le lieu où il était rempli d'une lumière fort éclatante, au milieu de laquelle il aperçoit une dame d'une grande majesté et revêtue de blanc, à la gauche de laquelle il vit un vénérable vieillard. Tout étonné, et se souvenant qu'il avait fort bien fermé sa porte avant que de se coucher, il demanda à cette dame et à ce vieillard comment ils avaient pu entrer ?

-- « N'en soyez pas surpris, répondit cette Princesse du ciel, je suis Marie, la Mère du Sauveur du monde, et celui que vous voyez avec moi c'est mon époux saint Joseph, qui pouvons entrer partout où nous voulons, quoique les portes soient fermées. Je viens ici pour reconnaître le service que vous m'avez rendu continuellement depuis cinq ans, par l'entretien de la lampe qui brûle durant la nuit devant mon image en cette maison. »
Ce pauvre esclave, entendant ces paroles, se jette hors de son lit et se prosterne aux pieds de celle qui lui parlait, pour lui rendre ses hommages. 
--« La reconnaissance que j'ai dessein de vous rendre, lui dit alors cette Mère de grâce, n'est autre sinon de vous exhorter d'embrasser la religion chrétienne, et de prendre désormais le nom de mon époux Joseph.»  
-- Oui, madame, dit-il, c'est ce que je veux; mais comme je n'ai point de mémoire, je ne sais comme je pourrai apprendre ce qu'il faut savoir pour être chrétien, et les prières que disent les chrétiens. » 
-- « Ne vous mettez pas en peine de cela, dit la Mère de miséricorde, j'y donnerai bon ordre. » Alors s'approchant de lui et l'ayant frappé de la main sur l'épaule, quoique légèrement, il se sentit en un moment tout changé intérieurement en un autre homme, et s'écria de tout son coeur :
--« Ah ! je veux être chrétien; mais je n'ai aucune mémoire, que ferai-je, que ferai-je ? » 
Mais la Mère de bonté lui prenant la main, lui fit faire le signe de la croix, en disant : In nomine Patris, etc. Ensuite de quoi elle lui ordonna d'aller trouver le Père de la congrégation des Esclaves, aux Jésuites, qui l'instruirait des choses qu'il fallait savoir pour être chrétien. -- « Ayez bon courage, lui dit-elle, vous apprendrez bientôt et facilement ce qu'il faut savoir pour être baptisé.» 
Après cela, comme elle commençait à s'en aller, l'esclave tout transporté de joie, prenant le bas de sa robe, la supplia de le revenir visiter, spécialement quand il aurait quelque affliction d'esprit ou de corps. Ce qu'elle lui promit de faire; et au même temps, lui jetant de l'eau qui était dans le vaisseau d'argent que portait saint Joseph: « C'est ainsi, lui dit-elle, que vous serez lavé de l'eau du baptême, par laquelle vous serez purifié de tous vos péchés, et votre âme sera rendue plus blanche que la neige. »
Cela fait elle disparaît, et l'esclave se levant promptement, s'en va trouver son compagnon, auquel ayant raconté tout ce qui lui était arrivé, il en fut tellement touché, qu'à l'heure même il prit la résolution d'être chrétien.
Tous deux vont trouver le Père de la congrégation des Esclaves, qui, ayant appris ce qui s'était passé, les instruisit pleinement des saints mystères de notre religion. Ensuite de quoi, le jour de leur baptême ayant été pris, et le bruit de ce miracle s'étant répandu dans toute la ville, on y accourut de toutes parts, et ils furent baptisés très solennellement le 11 août, avec une joie incroyable de tout le monde. Ce qui fit un merveilleux changement en eux; car c'étaient deux loups qui devinrent deux agneaux ; c'étaient deux démons qui devinrent deux anges, commençant à vivre en véritables chrétiens.

Après tout cela, la Mère de bonté ne manqua pas à la promesse qu'elle avait faite au nouveau Joseph. Car, lorsqu'il souffrait quelque tristesse dans son coeur, dont il ne se pouvait dégager, ou quelque mal au corps, dont il ne pouvait se délivrer, il appelait sa divine Marie en cette façon : « Il est temps que vous veniez, ma très bonne Marie, pour m'assister dans ce besoin. » Et au même temps cette Vierge très bénigne paraissait visiblement, et lui disait seulement ces trois paroles : Joseph, patientiam habe: « Joseph, ayez patience. » Ces trois paroles prononcées de la sacrée bouche de la Mère de Dieu, étaient un remède infaillible à toutes sortes de maux pour ce pauvre esclave. Elles essuyaient toutes les peines de son esprit et guérissaient tous les maux de son corps.

O Mère de clémence et de miséricorde, si votre Cœur est si rempli de bonté pour des Turcs, que ne feriez-vous pas pour des chrétiens, s'ils voulaient vous servir ? Si vous faites tant de miracles pour un mahométan, lorsqu'il est encore engagé dans le parti de Satan et ennemi de votre Fils, quelles faveurs ne faites-vous pas à ceux qui font profession de vous honorer et aimer comme leur très bonne et très aimable Mère ?"

SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.





dimanche 10 août 2014

4ème jour : comment obtenir une protection spéciale de la Sainte Vierge






Le Héraut de l'Amour divin, livre 4, chapitre IX

Le Seigneur lui dit : « Ouvre ton cœur comme autrefois on étalait des tables d'or dans les temples des idoles pour inviter le peuple à venir sacrifier dans les fêtes païennes ; puis montre-moi, peintes sur ce cœur, des images où mon âme puisse trouver un ineffable et merveilleux plaisir. » Ces paroles lui firent comprendre que le Seigneur trouve ses délices dans le cœur qui s'ouvre et se déploie par le souvenir perpétuel de ses misères et des bienfaits gratuits de Dieu. [...]

Pendant le chant du verset du huitième Répons : « Ora pro populo, etc.: Priez pour le peuple », etc., la Reine des vierges s'avança, fléchit les genoux avec respect, et se présenta comme Médiatrice entre Dieu et la Congrégation, priant très dévotement pour chacun. Mais le Roi son Fils la releva avec grande déférence, et la plaçant à ses côtés sur le trône de sa gloire, lui donna puissance illimitée de commander à son gré. Aussitôt elle ordonna aux Puissances célestes d'entourer promptement le convent et de le défendre d'une main forte contre les mille embûches de l'antique ennemi. Les anges obéirent sur l'heure à la Reine des cieux, et, rapprochant leurs boucliers les uns des autres, ils entourèrent le convent de toutes parts. Celle-ci dit à la Bienheureuse Vierge : « Ô Mère de miséricorde, est-ce que cette grâce puissante ne protège pas aussi celles qui ne se trouvent pas au chœur en ce moment ? » La douce Mère répondit: « Cette protection ne s'étend pas seulement à la communauté réunie au chœur, mais bien à tous ceux qui se trouvent représentés par elle, et désirent avec ardeur la conservation et l'augmentation de l'observance religieuse en ce lieu et partout. Quant à ceux qui se préoccupent moins de la conservation de la religion et négligent de la garder eux-mêmes ou de la promouvoir chez les autres, ceux-là n'ont aucune part à la protection des saints anges. » 
Le Seigneur ajouta ces paroles : « Si quelqu'un désire une telle protection, il considérera que ces boucliers sont petits et étroits dans leur partie inférieure, tandis qu'ils s'élargissent dans la partie supérieure; que de même l'âme s'humilie et se fasse petite à ses propres yeux, mais qu'elle s'élève vers moi par une ferme confiance, qui lui fera tout attendre de ma bonté infinie. »


SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.

samedi 9 août 2014

Abbé Chazal - 2 février 2014 : la Purification de la Sainte Vierge (3ème jour neuvaine)


La Purification de Notre-Dame

abbé Chazal






"On peut se demander comment l’Eglise peut en même temps nous répéter que la Sainte Vierge est pure et immaculée et célébrer aujourd’hui la fête de sa Purification. Cela semble être une contradiction. La purification demandée par Notre Seigneur à Moïse est pour nous rappeler que nous sommes tous conçus dans le péché. Mais comment Notre-Dame aurait-elle pu être conçue dans le péché comme la mère de David ? Cette mère dont David dit : Et in peccatis concepit me Mater mea. Ce qui signifie : Et ma mère m’a conçu dans le péché.

C’est essentiellement pour notre purification. De même que lorsque Notre-Seigneur fut baptisé, c’était pour purifier les eaux et leur donner le pouvoir de baptiser. La Sainte Vierge fait la démonstration […] de sa pureté. La pureté n’est pas tant de refuser d’être purifiée en même temps que nous. [Elle a fait cet acte] de telle façon qu’à notre tour nous soyons purifiés, elle étant toujours pure. Tout comme Notre-Seigneur, sans péché, qui « a été fait péché pour nous » (épître aux Corinthiens). Il a été maudit pour nous, il a pris la honte du péché tout en étant innocent…

C’est si magnifique de voir notre sainte Mère se purifiant elle-même pour nous, pour nous en faire part.

C’est aussi un témoignage de son humilité. Car pour Dieu, rien n’est plus sale et nauséabond que l’orgueil. [...] Et Job a dit : Dieu trouve des péchés même dans ses anges.

La Sainte Vierge n’est pas inaccessible dans sa pureté. Certaines femmes qui se rendent très pures ont tendance parfois à être inapprochables, mystérieuses… Notre-Dame est toute simple, alors que nous avons un esprit double, nous demandant toujours, dans nos actions qui servent Dieu et notre prochain, si elles vont nous profiter. Nos intentions ne sont presque jamais pures. Ce sont comme des bougies de mauvaise qualité à la paraffine faisant beaucoup de suie comparée à des bougies de bonne qualité de pure cire d’abeille, ayant une bonne odeur. 

C’était la prière de Saint Ignace : « Ô mon Dieu, je vous demande humblement que vous m’obteniez que toutes mes pensées, actions et intentions soient dirigées uniquement au service et à la louange de votre divine Majesté. » C’est une courte prière magnifique de Saint Ignace. Nous pouvons toujours la dire mais nous ne la mettons pas réellement en pratique… Notre-Dame vivait littéralement cette prière. L’unicité de son intention était parfaite. 

C’est pourquoi, mes chers fidèles, laissons-nous encourager par elle et approchons-nous de la source de la purification. Et éloignons-nous autant qu’il est en notre pouvoir de ce monde souillé. Ce monde si triste et sale. Peut-être rempli de plaisirs… mais sans joies ; ce monde sentimental… mais sans vrai amour ; ce monde rempli d’œuvres d’amour… mais sans l’ardeur brûlante de l’amour. Ce monde est sale, comme la secte des Saducéens qui s’occupèrent un temps du temple. C’était une secte de personnes répugnantes. 

Mais Notre-Seigneur et Notre-Dame s’avancent et ils prennent avec eux quelques personnes au passage : Zacharie, Anne, le bon vieillard Siméon. Ce n’est pas si compliqué que cela : tout ce qu’il faut, c’est tenir dans nos bras l’enfant Jésus. Portons notre Dieu dans notre cœur, particulièrement par la Sainte Communion et la prière d’union. Alors notre purification s’opère, automatiquement. 

Mais ne nous disons jamais purs. Ceux qui se dirent [?] purs furent les Cathares ; une hérésie célèbre du sud de la France. Ils se considéraient si purs dans leurs âmes qu’ils pensaient qu’ils pouvaient être indulgents envers toutes les formes de péché de la chair : [?], immodestie, impureté, fornication, toutes sortes de choses… tout en se considérant très purs. De même les sœurs jansénistes de Port-Royal étaient considérées par ceux qui les visitaient comme pures comme des anges mais orgueilleuses comme des démons. L’Islam est pareil. Il paraît si pur alors qu’il est si froid. Le bouddhisme est pareil c’est un genre de vie très desséchant et sombre. Mais il est trop froid. Il ne remplit pas les âmes. 

La pureté de la Sainte Vierge n’est pas ainsi. C’est une pureté aimable. Ce n’est pas une pureté froide et fière. Elle se purifie pour nous purifier. Elle est si pure que sa Purification est notre purification. Au bout du compte, c’est le feu de sa charité qui est la preuve que sa Purification fut opérante. Elle est une flamme continuelle. Elle est le buisson ardent qu’a contemplé Moïse."


SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.

Procession le 15 août à Avrillé et conférence : venez nombreux

Source Reconquista



Procession du 15 août
 

Les Dominicains d'Avrillé organisent une procession pour le 15 août prochain à 16 h 00, précédée d'une conférence à 14 h 45


Ne pas oublier que la date limite pour l'inscription au pèlerinage de Notre-Dame du Laus est le 15 août. cf. cet article

vendredi 8 août 2014

Récit des apparitions de Notre-Dame de Guadalupe - Paroles de la Sainte Vierge à Juan Diego (2ème jour neuvaine)


Lien vers le 1er jour de la neuvaine

Voici les paroles les plus marquantes de Notre-Dame de Guadalupe (quatrième apparition) :

"Ecoute moi et comprends bien, le moindre de mes fils, rien ne doit t’effrayer ou te peiner. Que ton coeur ne soit pas troublé. N’aie pas peur de cette maladie, ni d’aucune autre maladie ou angoisse. Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? N’es-tu pas sous ma protection ? Ne suis-je pas ta santé ? Ne reposes-tu pas heureux en mon sein ? Que désires-tu de plus ? Ne sois pas malheureux ou troublé par quoi que ce soit." 

"Guadalupe" est un mot d'un dialecte venant de l'aztèque et signifie:"celle qui écrase la tête du serpent".


PREMIÈRE APPARITION

Un samedi, tout juste avant l’aube, il était en route pour le culte divin et pour ses propres affaires. Lorsqu’il arriva au pied de la colline connu sous le nom de Tepeyacac, le jour parut et il entendit chanter sur la colline, comme un chant de différents beaux oiseaux. 

Occasionnellement la voix des chanteurs s’arrêtait et il semblait que l’écho répondit. Le chant, très doux et délicieux, était plus beau que celui du coyoltotol, du tzintizcan et d’autres beaux oiseaux.

Juan Diego s’arrêta pour voir et se dit à lui-même “Par chance, suis-je digne de ce que j’entends ? Peut-être suis-je en train de rêver ? Suis-je réveillé ? Où suis-je ? Peux-être suis-je dans ce paradis terrestre dont nous parlaient nos ancêtres ? Peut-être suis-je maintenant au ciel ?” 

Il regardait vers l’est, vers le haut de la colline d’où venait ce précieux chant céleste; puis, subitement le chant s’arrêta et le silence régna. Il entendit alors une voix venant de la colline qui lui disait “Juanito, Juan Dieguito”

Il s’aventura alors vers l'endroit où on l’appelait. Il n’était pas le moindrement effrayé; au contraire, il jubilait. Il grimpa alors la colline pour voir d’où on l’appelait. Quand il atteignit le sommet il vit une Dame qui s’y tenait debout et qui lui dit de s’avancer.

S’approchant d’elle, il s’émerveilla de sa grandeur surhumaine ; ses vêtements brillaient comme le soleil; la falaise sur laquelle reposaient ses pieds étincelait de lumière comme entourée d’un bracelet de pierres précieuses, et la terre resplendissait comme un arc en ciel.

Les mezquites, nopales et autres mauvaises herbes qui poussent à cet endroit, paraissaient comme des émeraudes, leurs feuillages comme des turquoises, leurs branches et leurs épines brillaient comme de l’or. Il s’inclina devant elle et entendit sa parole, douce et courtoise, comme quelqu’un qui vous charme et vous enchante profondément.

Elle lui dit : “Juanito, le plus humble de mes fils, où vas-tu?” 
Il lui répondit “Madame et enfant, Je dois atteindre ton “église à Mexico, Tlatilolco, afin de poursuivre les choses divines qui nous sont enseignées et données par nos prêtres et nos délégués et Notre Seigneur.

Elle lui parla alors ainsi : 

“Sache et comprends bien, le plus humble de mes fils, que je suis la toujours vierge Sainte Marie, Mère du Vrai Dieu pour qui nous existons, du Créateur de toutes choses, Seigneur du ciel et de la terre. J’aimerais qu’une église soit érigée ici, rapidement, afin que je puisse vous montrer et vous donner mon amour, ma compassion, mon aide et ma protection, parce que je suis votre mère miséricordieuse, à vous, à tous les habitants de cette terre et à tous ceux qui m’aiment, m’invoquent et ont confiance en moi. J’écoute leurs lamentations et je remédie à leurs misères, leurs détresses et leurs peines. Afin d’accomplir ce qu’exige ma clémence , va au palais de l’évêque de Mexico et tu lui diras que je manifeste un grand désir qu’ici, sur cette plaine, une église soit construite en mon honneur; tu lui raconteras dans les moindres détails tout ce que tu as vu et admiré et ce que tu as entendu. Sois assuré que je te serai extrêmement reconnaissante et que je te récompenserai, parce que je te rendrai heureux et digne de récompense pour les efforts et la fatigue que tu vas endurer pour cette mission. Voilà, tu as entendu mes instructions, mon humble fils, va et fais tous tes efforts.”

A cet instant, il s’inclina devant elle et dit “ Madame, Je vais obéir à tes instructions; maintenant je dois te quitter, moi, ton humble serviteur. 

Il descendit alors afin de s’acquitter de sa tâche et prit l’allée qui mène tout droit à Mexico. 

DEUXIÈME APPARITION

Ayant pénétré dans la ville, il se rendit directement et sans délais, au palais épiscopal ou venait d’être nommé un nouveau prélat, le Père Juan de Zumarraga, un Religieux Franciscain. A son arrivée, il essaya de le voir; il plaida auprès des serviteurs afin qu’ils annoncent sa visite, et après une longue attente il fut informé que l’évêque avait ordonné de le faire entrer.

En entrant, il s’inclina et s’agenouillant devant l’évêque il lui transmit le message de la Dame du ciel. Il lui raconta aussi tout ce qu’il avait admiré, vu et entendu. Après avoir écouté son bavardage et son message l’évêque trouva cela incroyable; il lui dit alors:” Tu repartiras, mon fils et je t’écouterai à mon gré.

Je reprendrai tout depuis le début et refléchirai sur les voeux et les désirs pour lesquels tu es venu.” Il s’en alla et paraissait triste car le message n’avait pas été accompli sous toutes ses formes.

Il rentra le même jour. Il revint directement au haut de la colline et rencontra la Dame du ciel qui l’attendait à la même place où il l’avait vue la première fois. 

La voyant, il se prosterna devant elle et lui dit : 

“Madame, la plus petite de mes filles, mon Enfant, j’a été là où tu m’as envoyé afin de me conformer à tes instructions. Avec beaucoup de difficultés j’ai pénétré dans le bureau du prélat. Je l’ai vu et lui a fait part de ton message, comme tu me l’avais commandé. Il m’a reçu bienveillamment et m’a écouté attentivement mais sa réponse laissait entendre qu’il ne me croyait pas. 

Il m’a dit “Tu reviendras et je t’entendrai à mon gré. Je reprendrai tout depuis le début et réfléchirai sur le voeu et le désir qui t’ont amené.” 

J’ai parfaitement compris de par la façon dont il m’a répondu qu’il pensait que ton désir d’avoir une église qui te soit consacrée est une invention de ma part, et que ce n’est pas ton ordre, aussi je te supplie fortement, Madame, de confier l’accomplissement de ton message à quelqu’un d’important , de connu qui inspire le respect et l’estime, afin qu’on le croie; parce que je ne suis rien, je suis une petite ficelle, une minuscule échelle, une queue, une feuille et toi, mon Enfant la plus petite de mes enfants, ma Dame, tu m’as envoyé à une place que je ne fréquente jamais ni ne m’y repose. Je t’en prie , pardonne moi ce grand désagrément et ne sois pas irritée, Madame.

La Vierge Marie répondit : 

” Ecoute, ô le moindre de mes fils, tu dois comprendre que j’ai de nombreux serviteurs et messagers à qui je peux confier l’accomplissement de mon message et l’excécution de mon désir, mais c’est toi précisémenet que je sollicite et demande de m’aider afin que par ta médiation mon voeu soit accompli. Je t’implore ardemment, toi le moindre de mes fils, et avec fermeté je t’ordonne d’aller demain voir l’évêque. Tu y vas en mon nom et tu lui fais connaitre mon voeu intégral selon lequel je lui demande de commencer la construction d’une église. Et dis-lui aussi que c’est Moi, en personne, la toujours-vierge, Sainte Marie, Mère de Dieu qui t’ai envoyé”

Juan Diego répondit : 

“Madame, mon Enfant, je ne veux pas te faire de la peine. Joyeusement et de plein gré j’obéirai à tes instructions. Sous aucune condition je ne manquerai de le faire; j’irai accomplir ton désir car non seulemnt le chemin est pénible mais peut-être que je ne serai pas écouté avec plaisir, ou si on m'écoute on ne me croira peut-être pas. Demain après-midi, au coucher du soleil, je reviendrai te porter la réponse de ton message au prélat. Je prends maintenant congé de toi, le plus petite de mes enfants, mon Enfant et Madame. Repose-toi entre-temps” Il s’en alla se reposer chez lui. 


TROISIÈME APPARITION

Le jour suivant, il quitta la maison avant l’aube, et prit le chemin de Tlatilolco, afin d’être instruit des choses divines et d’être présent à l’appel, après quoi il irait voir le prélat. 

Vers dix heures, rapidement, après avoir assisté à la Messe et avoir inscrit sa présence, il s’en alla quand la foule se fut dispersée. Sur l’heure JuanDiego se rendit au palais de l'évêque. 

A peine fut-il arrivé qu’il essaya ardemment de voir l’évêque. Après encore beaucoup de difficultés il parvint à le voir. Il s’agenouilla à ses pieds. Il s’attrista et pleura pendant qu’il exposait les instructions de la Dame du ciel demandant à Dieu de lui accorder qu’on croie à son message et au voeu de l’Immaculée pour qu’un temple soit construit là où Elle le voulait. 

L’évêque, afin de se rassurer, lui posa beaucoup de questions, lui demandant où il l’avait vue et comment elle était. Il décrivit le tout à la perfection à l’évêque.

Malgré les explications précises de son apparence et de tout ce qu’il avait vu et admiré, qui en soi indiquait qu’elle était la toujours-vierge Sainte Mère du Sauveur, Notre Seigneur Jésus-Christ, il ne lui accorda néanmoins aucun crédit lui disant que pour sa requête il lui fallait faire ce qui lui était demandé mais de plus qu’un signe était nécessaire afin qu’il puisse croire qu’il était vraiment envoyé par une Dame du ciel.

Juan Diego dit alors à l’évêque “Monseigneur,écoutez! Quel doit être le signe que vous demandez ? Car j’irai le demander à la Dame du ciel qui m’a envoyé vers vous.” 

L’évêque voyant qu’il acceptait sans aucun doute et ne se rétractait pas, le renvoya. Il ordonna immédiatement à quelques personnes de son entourage, en qui il pouvait avoir confiance, de le suivre et de surveiller où il allait, qui il voyait et avec qui il parlait. Ceux qui le suivirent le perdirent de vue alors qu’ils traversaient la ravine près du pont de Tepeyac. Ils cherchèrent partout mais ne purent le retrouver. Ils revinrent donc non seulement parce qu’ils étaient fatigués mais aussi parce que leurs desseins avaient été déjoués, et cela les avait mis en colère. Et c’est ce qu’ils racontèrent à l’évêque. Pour l’influençer afin qu’il ne crut pas en Juan Diego, ils dirent à l’évêque que Juan Diego le trompait et inventait ce qu’il racontait ou qu’il avait seulement rêvé ce qu’il racontait et demandait. Finalement ils s’arrangèrent pour que, si jamais il retournait, il fût retenu et durement puni afin qu’ il cessât de mentir et de tromper.

Entre temps, Juan Diego était avec la Bienheureuse Vierge lui rapportant la réponse de Monseigneur l’évêque. La Dame, après l’avoir écouté, lui dit : 

”Très bien, mon petit, tu repartiras la-bas demain, afin de porter à l’évêque le signe qu’il a demandé. Avec cela il te croira et dans son regard il n’y aura ni doute ni soupçon. Et sache, mon petit, que je te récompenserai pour ta sollicitude, tes efforts et ta fatigue à mon égard. Je t’attendrai ici demain.” 


QUATRIÈME APPARITION

C’est le jour suivant, un lundi, que Juan Diego devait porter un signe pour qu’on le croie, mais il n’y revint pas parce que, en rentrant chez lui, son oncle, Juan Bernardo, était tombé malade et son état était grave.Il appela d’abord un docteur qui l’aida mais c'était trop tard, son état empirait. A la tombée de la nuit son oncle lui demanda d’aller à l’aube à Tlatilolco et de ramener un prêtre pour le préparer et entendre sa confession car il était certain qu’il allait mourir et qu’il ne se lèverait plus ni ne guérirait.

Le mardi, avant l’aube, Juan Diego partit de sa maison pour Tlatilolco pour ramener un prêtre et comme il s’approchait de la route qui rejoint la pente qui mène au sommet de la colline de Tepeyac, vers l’ouest, et où il avait l’habitude de traverser la route, il se dit : 

“ Si je continue ce chemin, la Dame va sûrement me voir, et je pourrais être retenu afin que je puisse porter le signe au prélat comme convenu; mais notre premier souci est d’aller rapidement appeler un prêtre car mon oncle l’attend certainement”. Il fit donc le tour de la colline afin qu’il ne puisse être vu par elle qui voit bien partout. 

Il la vit descendre du haut de la colline et regarder vers là où ils s’étaient rencontrés précédemment. Elle s’approcha de lui au bas de la colline et lui dit” : 

“Qu’y a-t-il, le moindre de mes fils? Où vas-tu ?”

Était-il affligé ou honteux ou effrayé? Il s’inclina devant elle. 
Il la salua, disant : "Mon Enfant, la plus tendre de mes filles, Madame, que Dieu veuille que tu sois satisfaite. Comment vas-tu ce matin? Est-ce que ta santé est bonne, Madame et mon Enfant? Je vais te faire de la peine. Sache, mon enfant, qu’un des tes serviteurs , mon oncle, est très malade, Il a attrapé la peste et est sur le point de mourir. Je dois me hâter vers ta maison à Mexico afin d’appeler un de tes prêtres, aimé de Dieu, pour qu’il entende sa confession et lui donne l’absolution car, depuis notre naissance, nous sommes venus au monde pour nous préserver des oeuvres de la mort. Mais si je pars, je reviendrai ici rapidement afin d’aller porter ton message. Madame, mon Enfant, pardonne moi, sois patiente avec moi pour le moment. Je ne te decevrai pas, la plus petite des mes filles. Demain je viendrai en toute hâte."

Après avoir écouté les paroles de Juan Diego, la Très Sainte Vierge répondit :
”Ecoute moi et comprends bien, le moindre de mes fils, rien ne doit t’effrayer ou te peiner. Que ton coeur ne soit pas troublé. N’aie pas peur de cette maladie, ni d’aucune autre maladie ou angoisse. Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? N’es-tu pas sous ma protection ? Ne suis-je pas ta santé ? Ne reposes-tu pas heureux en mon sein ? Que désires-tu de plus ? Ne sois pas malheureux ou troublé par quoi que ce soit. Ne sois affligé pas la maladie de ton oncle, il n’en mourra pas. Sois assuré qu’il est maintenant guéri”. 

Et à ce moment son oncle fut guéri comme il devait l’apprendre par la suite. 

Quand Juan Diego entendit ces mots de la Dame du ciel, il fut grandement consolé. Il était heureux. Il la supplia de l’excuser afin qu’il aille voir l’évêque et lui porter le signe ou la preuve afin qu’on le croie. La Dame du ciel lui ordonna de grimper au haut de la colline où ils s’étaient précédemment rencontrés.

Elle lui dit : "Grimpe, ô le moindre de mes fils , jusqu’au haut de la colline; là où tu m'as vue et où je t’ai donné des instructions, tu verras différentes fleurs. Coupe-les, cueille-les, rassembles-les et puis viens les porter devant moi.” 

Juan Diego grimpa sur la colline immédiatement, et comme il atteignait le sommet il fut stupéfait; de voir qu’une telle variété de merveilleux rosiers de Castille étaient en floraison bien avant la saison où les roses devraient bourgeonner car hors de saison elles gèleraient. Elles étaient parfumées et recouvertes des gouttes de rosée de la nuit qui ressemblaient à des perles précieuses. Il commença immédiatement à les cueillir. Il les assembla et les plaça dans sa tilma.

Le haut de la colline n’était pas une place où pourrait fleurir n’importe quelle fleur car il y avait beaucoup de rochers, de ronces, d’épines, de nopales et de mezquites. Occasionellement de l’herbe poussait mais c’était au mois de décembre quand la végétation n’était pas gelée.

Il descendit la colline immédiatement et porta les différentes roses qu’il avait cueillies à la Dame du ciel qui, en les voyant les prit entre ses mains et les plaça à nouveau dans sa tilma, lui disant :

"ô toi, le moindre de mes fils , cette variété de roses est une preuve et un signe que tu porteras à l’évêque. Tu lui diras en mon nom qu’il y verra là mon vœu et qu’il doit s’y conformer. Tu es mon ambassadeur, le plus digne de ma confiance. Je t’ordonne rigoureusement de ne déplier ton manteau qu’en présence de l’évêque et de lui montrer ce que tu portes. Tu lui raconteras bien tout; tu lui diras que je t’ai ordonné de grimper au haut de la colline et de cueillir les fleurs ; et aussi tout ce que tu as vu et admiré afin que tu puisses persuader le prélat d’accorder son soutien à ma demande qu’une église soit construite.” 

Après les conseils de la Dame du ciel, il prit le chemin qui mène directement à Mexico, heureux et sûr du succès, portant avec beaucoup de précaution le contenu de sa tilma afin que rien ne s’échappe de ses mains et s’enivrant du parfum de cette variété de belles fleurs. 

LE MIRACLE DE L’IMAGE NON FAITE PAR L'HOMME

Quand il arriva au palais épiscopal, le majordome vint à sa rencontre ainsi que d’autres serviteurs du prélat..Il les supplia de dire à l’évêque qu’il voulait le voir, mais personne ne voulait le faire, ils faisaient semblant de ne pas l’entendre, probablement parce qu’il était trop tôt ou parce qu’ils le connaissaient comme étant un importun et qu’il les harcelait; de plus, leurs collègues leur avaient raconté qu’ils l’avaient perdu de vue quand ils l’avaient suivi. 

Il attendit longtemps. Quand ils virent qu’il avait attendu longtemps debout, abattu, ne faisant rien, attendant d’être appelé et paraissant avoir quelque chose dans sa tilma, ils s’approchèrent de lui afin de savoir ce qu’il portait.

Juan Diego voyant qu’il ne pouvait cacher ce qu’il portait et sachant qu’il serait molesté, bousculé, lacéré, ouvrit un peu sa tilma là où se trouvaient les fleurs. En voyant cette variété de roses de Castille hors saison, ils furent complètement stupéfaits parce qu’elles étaient si fraiches, en pleine floraison, si parfumées et si belles. Ils essayèrent de s’en emparer et de tirer quelques unes mais ne réussirent à aucune des trois fois qu'ils osèrent le faire. 

Ils ne réussirent pas parce qu’à chaque fois qu’ils essayaient de les prendre, ils ne purent voir les fleurs réelles. A la place elles paraissaient peintes, imprimées ou cousues sur la toile.

Ils allèrent alors dire à l’évêque ce qu’ils avaient vu l’informant que l’Indien qui était venu à plusieurs reprises voulait le voir et qu’il avait sûrement une raison pour l’avoir attendu avec anxiété si lontemps et être si désireux de le voir.

En entendant cela l’évêque comprit qu’il avait apporté la preuve pour confimer ses dires afin qu’il se conformât à la requête de l’Indien. Il ordonna de le faire entrer immédiatement.

Dès son entrée Juan Diego s’agenouilla devant lui comme à l’accoutumée et raconta à nouveau ce qu’il avait vu et admiré ainsi que le message. 

Il lui dit :

” Monseigneur, j’ai fait ce que tu as commandé, je suis allé dire à mon Ama, ma Dame du ciel, Sainte Marie, précieuse Mère de Dieu que tu as demandé un signe et une preuve afin que tu puisses croire qu’il faut construire une église là où elle l’a demandé; je lui ai aussi dit que je t’avais donné ma parole que je rapporterais un signe et une preuve de son désir comme tu l’as demandé. Elle se montra condescendante et agréa à ta requête . Tôt ce matin elle m’a envoyé te voir à nouveau; je lui demandais une fois encore le signe afin que tu puisses me croire et elle me dit qu’elle me le donnerait et elle s’y conforma. Elle m’envoya au haut de la colline, là où j’avais l’habitude de la voir, pour cueillir une variété de roses de Castille. Après les avoir cueillies je les lui ai portées, elle les a prises de sa main et les a placées dans mon vêtement afin que je te les porte et te les donne en personne. Même si je savais que le haut de la colline n’était pas un endroit où pousseraient des fleurs car il y a beaucoup de rochers, de ronces, d’épines, de nopales et de mezquites, j’avais encore des doutes. Quand je me suis approché du haut de la colline, je vis que j’étais au paradis où il y avait une variété d’exquises roses de Castille, couvertes de brillante rosée et je les ai cueillies immédiatement. Elle m’a dit que je devais te les porter et je me suis exécuté afin que tu puisses voir en elles le signe que tu m’a demandé et te conformer à son voeu; aussi et mon message soient crédibles. Voilà. Reçois les.”

Il déplia son vêtement blanc où il avait mis les fleurs et quand toutes les différentes variétés de roses de Castille tombèrent à terre apparut soudain le dessin de la précieuse Image de la toujours vierge Sainte Marie, Mère de Dieu, comme on la voit aujourd’hui dans l’église de Tepeyac, nommé Guadalupe.

Quand l’évêque vit l’image, lui et tous ceux présents tombèrent à genoux. On l’admira beaucoup. Ils se levèrent pour la voir, ils tremblèrent et, avec tristesse, ils démontrèrent qu’ils la contemplaient avec leur coeur et leur esprit. L’évêque, avec des larmes de tristesse, pria et implora son pardon pour n’avoir pas accompli son voeu et sa requête. Quand il se releva, il détacha du cou de Juan Diego le vêtement sur lequel apparaissait l’Image de la Dame du ciel. Il le prit et le plaça dans sa chapelle. Juan Diego demeura un jour supplémentaire à l’évêché à la requête de l’évêque.

Le jour suivant l’évêque lui dit: 

"Montre nous où la Dame du ciel désire qu’une église soit construite” 

Et il invita immédiatement tous ceux présents à s’y rendre. 

APPARITION A JUAN BERNARDINO

Après que Juan Diego eut montré l’endroit où la dame du ciel voulait que son église soit construite, il demanda la permission de prendre congé. Il voulait rentrer chez lui pour voir son oncle Juan Bernardino qui était gravement malade quand il l’avait quitté pour aller à Tlatilolco appeler un prêtre afin d’entendre sa confession et lui donner l’absolution. 

La Dame du ciel lui avait dit que son oncle était guéri. Mais ils ne le laissèrent pas partir seul et l’accompagnèrent jusqu’à chez lui.

Comme ils arrivèrent, ils virent que son oncle était heureux et en bonne santé. Il était très stupéfait de voir son neveu ainsi accompagné et honoré, et demandait la raison d’un tel honneur. Son neveu répondit que lorsqu’il partit chercher le prêtre pour entendre sa confession et lui donner l’absolution, la Dame du ciel lui apparut à Tepeyac lui disant de ne pas être triste, que son oncle allait bien, ce qui l’a consolé . Elle l’a envoyé à Mexico voir l’évêque afin que ce dernier lui construise une maison à Tepeyac.

L’oncle témoigna de ce que c’était vrai qu’à cette occasion il fut guéri et qu’il l’avait vue de la même manière que son neveu, apprenant d’Elle qu’elle l’avait envoyé à Mexico pour voir l’évêque. La Dame lui dit aussi que, lorsqu’il irait voir l’évêque, il devrait lui révéler ce qu’il avait vu et lui expliquer de quelle façon Elle l’avait guéri miraculeusement et qu’Elle voulait être appelée La toujours vierge Sainte Marie de Guadalupe et que son image bénie soit aussi ainsi connue. 

Juan Bernardino fut conduit en la présence de l’évêque afin qu’il l’en informe et lui donne un témoignage; son neveu et lui furent les invités de l’évêque chez lui jusqu’à ce que l’église consacrée à la Reine de Tepeyac soit construite là où Juan Diego l’avait vue. 

L’évêque transféra l’image sacrée de la belle dame du ciel de sa chapelle privée à l’église principale afin que tout le peuple puisse voir l’image bénie et l'admirer.

La cité tout entière était sous le coup d’une grande émotion. Tous vinrent la voir , admirer l’image pieuse et prier. Ils s’émerveillèrent de son apparition dans ce divin miracle car aucune personne humaine de ce monde n’avait peint cette image précieuse.


SUB TUUM

Sub tuum praesidium confugimus,
sancta Dei Genitrix.
Nostras deprecationes ne despicias
in necessitatibus,
sed a periculis cunctis
libera nos semper,
Virgo gloriosa et benedicta.

Sous l'abri de votre miséricorde,
nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprisez pas nos prières
dans les épreuves,
mais de tous les dangers
délivrez-nous toujours,
Vierge glorieuse et bénie.