dimanche 21 septembre 2014

Désir de la divine volonté + Sainte Gertrude, la plus sainte de toute la terre à son époque

Jésus enfant. 


D'UNE INDULGENCE ET DU DÉSIR DE LA DIVINE VOLONTÉ.

Elle apprit une fois qu'on prêchait une indulgence de plusieurs années, selon l'usage pour attirer les offrandes, et dit au Seigneur avec dévotion : « Ô mon Dieu, si je possédais de grandes richesses, je donnerais cet or et cet argent afin de recevoir l'indulgence et le pardon de tous mes péchés, pour la gloire de Dieu et l'honneur de votre nom. » Le Soigneur, répondit avec bonté : « De par l'autorité et la puissance de ma divinité, reçois la rémission de tes fautes et de tes imperfections. » Aussitôt son âme lui parut entièrement purifiée et blanche comme la neige.

Quelques jours après, elle vit son âme encore parée de l'éclatante blancheur dont Dieu l'avait ornée, et craignit d'être dans l'illusion, car il lui semblait que cette pureté si elle eût été réelle, se serait trouvée déjà ternie par quelques négligences commises par fragilité humaine. Le Seigneur, avec sa bonté ordinaire, voulut la rassurer et lui dit : « Penses-tu que je me réserve un pouvoir inférieur à celui que j'ai donné aux créatures? Si j'ai communiqué au soleil la vertu d'effacer en un instant, par la chaleur de ses rayons, les taches qui paraissent sur une étoffe blanche, et même de rendre la partie souillée plus nette et plus éclatante, à combien plus forte raison, moi qui suis le Créateur du soleil, puis-je diriger le regard de ma miséricorde sur l'âme que je désire voir pure de toute faute et de toute négligence, et la garder sans tache par la force indomptable de mon amour. »

Une autre fois, la vue de son indignité et de sa faiblesse l'avait si fortement découragée, qu'elle ne pouvait comme de coutume célébrer les louanges de Dieu, ni aspirer aux jouissances de la contemplation. Cependant, elle retrouva bientôt sa vigueur, par la miséricorde de Dieu et les mérites de la très sainte vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et il lui fût possible de s'avancer selon son désir vers la majesté du Roi des rois, revêtue de cette beauté qui brillait dans la reine Esther en présence d'Assuérus. Le Seigneur lui dit alors dans sa bonté : « Qu' ordonnes-tu, ô ma Reine et Maîtresse? » Elle répondit: « Je demande, ô mon Roi, et je désire de tout cœur que votre adorable volonté s'accomplisse entièrement en moi. » Ensuite le Seigneur, lui nommant les unes après les autres toutes les personnes qui s'étaient recommandées à ses prières : « Que souhaites-tu, lui dit-il, pour celle-ci, et pour celle-là, et encore pour cette autre qui a sollicité particulièrement tes suffrages ? - Ô mon Dieu, dit-elle, je ne demande autre chose pour elles, que l'accomplissement parfait de votre volonté sainte. Et pour toi, ajouta le seigneur, que désires-tu que je fasse? - Je souhaite par-dessus tout voir votre aimable et pacifique volonté se réaliser en moi et dans toutes les créatures ; et pour cela j'exposerais volontiers aux supplices chaque membre de mon corps. »

L'infinie bonté de Dieu, qui lui avait inspiré de si parfaits désirs, voulut aussi l'en récompenser et répondit : « II me plaît de reconnaître par un don spécial ce zèle plein d'amour avec lequel tu as souhaité l'accomplissement de mon divin vouloir; aussi dès ce moment tu seras agréable à mes yeux, comme si tu n'avais jamais transgressé ma volonté sainte. » 


Dans cet extrait, Dieu révèle à une personne que Sainte Gertrude est la personne qu'il préfère de toutes les créatures vivant à cette époque.

Pendant qu'une autre personne priait pour celle-ci [cad pour Gertrude] et remarquait avec admiration la très délicate affection du Seigneur pour sa Bien-Aimée, elle dit : « O Dieu qui êtes tout amour, que voyez-vous dans cette âme pour que vous l'exaltiez si fort en vous-même, et que vous incliniez si doucement votre Cœur vers elle? » Le Seigneur répondit : « Un amour tout gratuit m'attire vers elle, et c'est ce même amour qui, par un don spécial, a disposé et conservé maintenant en son âme cinq vertus dans lesquelles je trouve mes délices : 

- une vraie pureté par l'influence continue de ma grâce, 
- une vraie humilité par l'abondance de mes dons, car plus j'opère de grandes choses en elle, plus elle s'abîme dans les profondeurs de sa bassesse par la connaissance de sa propre fragilité, 
- une vraie bonté qui l'excite à désirer le salut de tous les hommes, 
- une vraie fidélité par laquelle tous ses biens me sont offerts pour le salut du monde, 
- enfin une vraie charité qui la porte à m'aimer avec ferveur de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces, et le prochain comme elle-même à cause de moi.  

Le Seigneur, après avoir dit ces paroles, montra à cette personne le splendide joyau qui ornait sa poitrine sacrée. Ce joyau avait trois feuilles, comme un trèfle, et était d'un travail merveilleux. Le Seigneur ajouta : « Je porterai toujours ce joyau en l'honneur de mon Épouse, et par les trois feuilles il apparaîtra clairement à toute la cour céleste : 
- par la première, qu'elle est vraiment proxima mea (Cant.) : en effet, nul homme vivant n'est plus proche de moi que cette Épouse bien-aimée ; 
- par la seconde, qu'il n'y a sur la terre aucune créature vers laquelle je m'incline avec autant de délices. 
- Enfin par l'éclat de la troisième, il sera montré que personne au monde ne l'égale en fidélité, car, après avoir profité de mes dons, elle m'en renvoie toujours la louange et la gloire. » 
Le Seigneur dit encore : « Tu ne me trouveras demeurant nulle part sur la terre aussi volontiers qu'au Sacrement de l'autel, et par conséquent dans le cœur et l'âme de cette Amante en laquelle j'ai placé, d'une manière admirable, toutes les complaisances de mon Cœur. »

lundi 15 septembre 2014

15 septembre : Notre-Dame des sept douleurs





Latin
Français

Stabat Mater dolorosa
Juxta crucem lacrimosa
dum pendebat Filius.


Cuius animam gementem,
contristatam et dolentem,
pertransiuit gladius.
O quam tristis et afflicta
fuit illa benedicta
Mater Vnigeniti.
Quæ mœrebat et dolebat,
Pia Mater cum uidebat
Nati pœnas incliti.
Quis est homo qui non fleret,
Matrem Christi si uideret
in tanto supplicio?
Quis non posset contristari,
Christi Matrem contemplari
dolentem cum Filio?
Pro peccatis suæ gentis
uidit Iesum in tormentis
et flagellis subditum.
Vidit suum dulcem natum
morientem desolatum,
dum emisit spiritum.
Eia Mater, fons amoris,
me sentire uim doloris
fac, ut tecum lugeam.
Fac ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum,
ut sibi complaceam.
Sancta Mater, istud agas,
Crucifixi fige plagas
cordi meo ualide.
Tui nati uulnerati,
tam dignati pro me pati,
pœnas mecum divide.
Fac me tecum pie flere,
Crucifixo condolere,
donec ego vixero.
Iuxta crucem tecum stare,
et me tibi sociare
in planctu desidero.
Virgo virginum præclara,
mihi iam non sis amara:
fac me tecum plangere.
Fac ut portem Christi mortem,
passionis fac consortem,
et plagas recolere.
Fac me plagis vulnerari,
fac me cruce inebriari,
et cruore Filii.
Flammis ne urar succensus
per te Virgo, sim defensus
in die judicii
Christe, cum sit hinc exire,
da per Matrem me venire
ad palmam victoriae.
Quando corpus morietur,
fac ut animæ donetur
Paradisi gloria.
Amen ! In sempiterna sæcula. Amen.
Elle était debout, la Mère, malgré sa douleur,
En larmes, près de la croix ,
Tandis que son Fils subissait son calvaire.
Alors, son âme gémissante,
Toute triste et toute dolente,
Un glaive transperça.
Qu'elle était triste, anéantie,
La femme entre toutes bénie,
La Mère du Fils de Dieu !
Dans le chagrin qui la poignait,
Cette tendre Mère pleurait
Son Fils mourant sous ses yeux.
Quel homme sans verser de pleurs
Verrait la Mère du Seigneur
Endurer si grand supplice ?
Qui pourrait dans l'indifférence
Contempler en cette souffrance
La Mère auprès de son Fils ?
Pour toutes les fautes humaines,
Elle vit Jésus dans la peine
Et sous les fouets meurtri.
Elle vit l'Enfant bien-aimé
Mourant seul, abandonné,
Et soudain rendre l'esprit.
Ô Mère, source de tendresse,
Fais-moi sentir grande tristesse
Pour que je pleure avec toi.
Fais que mon âme soit de feu
Dans l'amour du Seigneur mon Dieu :
Que je Lui plaise avec toi.
Mère sainte, daigne imprimer
Les plaies de Jésus crucifié
En mon cœur très fortement.
Pour moi, ton Fils voulut mourir,
Aussi donne-moi de souffrir
Une part de Ses tourments.
Donne-moi de pleurer en toute vérité,
Comme toi près du Crucifié,
Tant que je vivrai !
Je désire auprès de la croix
Me tenir, debout avec toi,
Dans ta plainte et ta souffrance.
Vierge des vierges, toute pure,
Ne sois pas envers moi trop dure,
Fais que je pleure avec toi.
Du Christ fais-moi porter la mort,
Revivre le douloureux sort
Et les plaies, au fond de moi.
Fais que Ses propres plaies me blessent,
Que la croix me donne l'ivresse
Du Sang versé par ton Fils.
Je crains les flammes éternelles;
Ô Vierge, assure ma tutelle
À l'heure de la justice.
Ô Christ, à l'heure de partir,
Puisse ta Mère me conduire
À la palme des vainqueurs.
À l'heure où mon corps va mourir,
À mon âme, fais obtenir
La gloire du paradis.

dimanche 14 septembre 2014

Syllogismes pour savoir s'il faut oui ou non envisager un accord pratique avec Rome




Syllogismes pour savoir s'il faut oui ou non envisager un accord pratique avec la Rome maçonnique et moderniste :

1. Saint Paul aux Galates (I, 8-9) : 
"Mais quand nous-mêmes, quand un ange venu du ciel vous annoncerait un autre évangile que celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème!
Nous l'avons dit précédemment, et je le répète à cette heure, si quelqu'un vous annonce un autre évangile que celui que vous avez reçu, qu'il soit anathème!"

2. Or ceux qui occupent l'Eglise enseignent un autre évangile que saint Paul et sont donc anathèmes (NB : "anathème" signifie "séparation", dit le concile de Constantinople cf. citation complète dans l'onglet du nullam partem).

3. Donc il faut se séparer des autorités qui occupent l'Eglise jusqu'à ce qu'elles enseignent en tous points un évangile identique à celui de saint Paul. Si nous ne nous séparons pas d'elles, alors nous n'appliquons pas l'anathème et donc nous désobéissons à la parole de Dieu révélée qui nous est donnée par Saint Paul.

Autre syllogisme :

1. St Paul à Tite III, 10 : "Évite un homme hérétique après une première et une seconde admonition, sachant qu'un tel homme est perverti et qu'il pèche puisqu'il est condamné par son propre jugement."

2. Or ceux qui occupent l'Eglise enseignent des hérésies de façon répétée, malgré des discussions et des mises en garde nombreuses de notre part, depuis 50 ans.


3. Donc il faut les éviter car ils sont pervertis et étant donné qu'ils ont reçu bien plus d'avertissements que les deux admonitions demandées, il faut aussi arrêter d'aller discuter avec eux. Un accord est donc impossible avec des gens à éviter selon les conseils de Saint Paul.

samedi 13 septembre 2014

Excellente nouvelle : deux Dominicaines ont quitté Brignoles et veulent fonder une école



Saint-Rémy-en-Mauges,
le vendredi 12 septembre 2014,

en la Fête du saint Nom de Marie


Chères soeurs,
chers parents,
chers enfants,
chers amis,

Vous aurez sans doute appris par la rumeur que deux soeurs de la Congrégation du Saint Nom de Jésus et du Coeur Immaculé de Marie (Brignoles) ont été renvoyées, prétendument relevées de leurs voeux, et qualifiées de parjures par leurs supérieures.
Ce que ne dit pas la rumeur, c’est le pourquoi profond de ce douloureux dénouement. Mises en demeure, ou bien de souscrire au moins extérieurement au lent mais sûr processus de ralliement à la Rome officielle qui mine leur Congrégation, ou bien de quitter la place, les deux sœurs ont choisi de se retirer pour continuer l’oeuvre qui est celle de leur institut : l’éducation et la formation des jeunes filles chrétiennes en temps d’apostasie.

Notre choix fut commandé par le souci de fidélité à l’esprit de notre Congrégation, esprit de foi sans compromission, tel que nous l’a légué le Père Calmel. A ce titre, nous sommes éminemment redevables à nos supérieures et à nos soeurs, qui ont su nous transmettre la sève dominicaine, l’amour de l’Eglise et celui des enfants. Cependant certains faits ou propos étranges et de plus en plus fréquents ont provoqué notre perplexité et notre indignation : silence pudique sur les déviances romaines ; insistance à souligner ce qui, de Rome, semblait conservateur (telle « consécration » du Pape à  Notre-Dame de Fatima,tel sermon orthodoxe à Sainte-Marthe, tel chapelet de paroisse, etc.) ; attitude favorable aux ralliés de tout genre (« Oui, bien sûr, au début Monseigneur Lefebvre les condamnait, mais maintenant il faut tenir compte du réel, il faut reconnaître qu’ils tiennent la route, il faut travailler avec eux » ; « Il est maladroit de dire en public que les messes Motu Proprio sont à éviter absolument » ; etc.) ; inversion des valeurs : « Vous comprenez, le combat de la foi, c’est bien, mais que fait-on du salut des âmes ? » ; ou encore : « Pour garder la « paix » entre nous, cessons d’agiter les questions doctrinales »… A cela s’ajoutait le soutien inconditionnel à Monseigneur Fellay, facilité par la puissante loi du silence imposé à nos maisons. Il nous a bien fallu l’aide et les lumières de familles et d’amis courageux pour y voir clair dans cette dérive.
Nous avons donc vécu de plus en plus à contre-courant au milieu de mères et de soeurs avec lesquelles nous ne pouvions plus échanger. Ce qu’on nous disait au début être une simple divergence d’opinion nous a valu d’être renvoyées dans nos familles afin de réfléchir et de nous amender. Mais s’amender, c’était renier.
A présent, nous sommes résolues à tourner la page, laissant au Dieu de toute miséricorde le soin de sonder les cœurs. Que comptons-nous faire ? Continuer tout simplement notre vie religieuse. Nous ne sommes rien, nous n’avons rien, nous pouvons très peu, mais Dieu semble vouloir nous confier des enfants. Nous ne refuserons pas le travail dans la mesure du raisonnable, pour « inscrire au coeur et au front de l’enfance le Nom de Jésus », comme le disait notre premier fondateur, M. Vincens (1800). La lourde responsabilité qui pèse sur nos épaules requiert beaucoup de réflexion, de temps et de prudence. Pour l’heure nous voici installées à Saint-Rémy-en-Mauges pour plusieurs mois de solitude dans un cadre religieux. Obligées de renoncer au vocable du Saint Nom de Jésus et du Coeur Immaculé de Marie, c’est dans la ferveur d’un recommencement imposé que nous nous plaçons sous le patronage du Saint Nom de Marie.
Prêtes dès aujourd’hui à étudier vos demandes relatives à la scolarité de vos enfants, et vos offres d’aide financière ou de collaboration, nous espérons pouvoir bientôt évaluer où et quand vous proposer, si Dieu le veut, un début d’école. Nous tenons à remercier tous ceux et celles qui nous ont déjà soutenues généreusement. Sans votre soutien matériel et surtout spirituel, nous n’aurions pu résister jusque-là ni ne pourrions envisager quoi que ce soit.
Nous confions notre avenir et le vôtre à la Vierge Marie, à saint Dominique, à sainte Catherine de Sienne et à tous nos Saints protecteurs, depuis le Père Calmel jusqu’à nos intercesseurs les plus cachés.

Soeur Marie-Laetitia, t.o.p. et
Soeur Marie de Jésus, t.o.p.,
Dominicaines Enseignantes du Saint Nom de Marie

Conférence de l'abbé Chazal en anglais faisant le bilan de la Résistance après la réunion d'Avrillé



L'abbé Chazal explique que la Résistance est à présent comme une fédération composée de l'USML (prêtres de France, d'Amérique du Sud et du Mexique), du Marian Corps (abbés Pfeiffer, Hewko, Valan, Chazal) et de prêtres qui ont choisi de rester indépendants, notamment pour éviter le risque d'une trop grande centralisation et d'un énième noyautage qui serait catastrophique. 

Il aborde ensuite la question du sédévacantisme et dit que la ligne de Mgr Williamson, pour la Résistance est d'accepter que les gens se posent des questions sur ce sujet à condition qu'ils ne fassent pas de prosélytisme dessus, parce que c'est dangereux pour notre unité, trouble les âmes et fait oublier que notre but est l'instauration du Règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Cette ligne est la ligne de notre blog.

Le troisième thème de la conférence est le libéralisme qui est un danger encore bien pire que le sédévacantisme.

Sermon abbé Rioult pour la Saint Pie X



Sermon doctrinal étudiant notamment le problème de l'herméneutique de la continuité. Une citation de Benoît XVI quand il n'était qu'abbé Ratzinger est donnée à la fin du sermon. Cette citation est tirée d'un livre qui été été réédité sous le Pontificat de Benoît XVI. Donc cela prouve que Benoît XVI était toujours d'accord avec quand il était pape. Cette citation critique l'affirmation que la Révélation est close après la mort du dernier apôtre. L'abbé Ratzinger pense que cette affirmation de foi est mauvaise.

mardi 9 septembre 2014

Réponse à M.l'abbé Pivert - Supplique - Neuvaine pour lui du 9 au 17 septembre 2014

Réponse à l’abbé Pivert – Supplique – Neuvaine



Dans le numéro 1 de son nouveau bulletin Le chevalier du Christ-Roi, M. l'abbé Pivert vient de faire un article intitulé : Mgr Lefebvre et Rome : la prudence guidée par les principes. Cet article est une réponse à notre article du 16juillet 2014 sur Mgr Lefebvre.
M. l’abbé Pivert, dans son article, confirme notre analyse de la position de Mgr Lefebvre : il reconnaît que Mgr Lefebvre n’a pas répudié le principe d’un accord pratique, même après les sacres. Mais à notre grande surprise et tristesse, Monsieur l’abbé Pivert défend le principe d’un accord pratique avec la Rome maçonnique, à certaines conditions. Nous allons donc dans un premier temps, analyser son article et y répondre point par point. Puis nous lui ferons une supplique et nous inviterons toute la Résistance à faire une neuvaine pour lui, du 9 au 17 septembre 2014 inclus.

Abbé Pivert : « Le site Internet Avec l'Immaculée vient de publier un article que l'auteur, très modestement, présente ainsi : « La quasi-totalité de la Résistance croit de bonne foi que Mgr Lefebvre ne voulait plus faire d'accord pratique avec Rome après les sacres de 1988. »
Commentaire d’Avec l’Immaculée :
C’est une constatation vérifiable par tous que la quasi-totalité de la Résistance croit (ou croyait, avant notre article) que Mgr Lefebvre était contre un accord pratique avec Rome après les sacres de 1988 : il n’y a qu’à consulter tous les blogs et forums de Résistance. A présent, un certain nombre de personnes connaissent la vérité, mais encore trop peu. Nous sommes donc encore partiellement en danger. En effet un attachement trop grand à Mgr Lefebvre pourrait entraîner la Résistance à vouloir conclure un accord pratique avec les hérétiques romains le jour où elle découvrira que Mgr Lefebvre n’y était pas hostile après 1988, à certaines conditions.

Abbé Pivert (nous citant) : "Nous allons voir dans cet article qu'il n'en avait pas répudié le principe. Nous revérifierons ensuite que nous avons bien raison pour notre part de refuser un accord pratique avec les hérétiques qui occupent Rome. Puis nous tenterons de définir quelle attitude nous devons avoir vis-à-vis de Mgr Lefebvre. Nous conclurons enfin en établissant les fondations que nous devons donner à notre combat anti-ralliement : la fidélité à Jésus-Christ et à la doctrine de l'Église. »
Commentaire :
Il s’agit de l’annonce du plan de notre article sur Mgr Lefebvre. Pour ce qui est de la dernière partie, il était important de préciser que le fondement de notre combat devait être la fidélité à Jésus-Christ et à la doctrine de l’Eglise car depuis trop longtemps, nombre d’argumentaires et d’articles ne cessaient de se référer uniquement (ou presque) à Mgr Lefebvre, toujours présenté comme un modèle parfait. La Résistance était donc en train de tomber dans le piège du lefebvrisme et avait une fausse image d’un Mgr Lefebvre anti-accordiste. Nous avons montré les dangers de cette fausse vision dans notre article sur Mgr Lefebvre. Nous n’y reviendrons donc pas ici.

Abbé Pivert : « Étant donné que le site susdit est souvent considéré comme lié aux prêtres de la Fidélité Catholique, plusieurs de mes confrères, en raison de ce que j'ai édité le livre Mgr  Lefebvre, nos rapports avec Rome, m'ont demandé d'analyser ce texte et d'exposer la vérité. »
Commentaire :
InDominoSperavi voulait laisser l’abbé Pivert tranquille sur ce sujet, pour qu’il ne se sente pas en porte-à-faux, à cause de son livre Mgr  Lefebvre, nos rapports avec Rome. Ses confrères ont préféré lui demander de clarifier les choses. Etant donné la teneur de cet article de clarification, ses confrères ont eu mille fois raison. Nous les remercions du fond du cœur d’avoir demandé cela à l’abbé Pivert et cela nous servira de leçon pour la prochaine fois : il ne faut pas vouloir être trop gentil quand la vérité est attaquée. Il faut y aller franchement et ouvertement, jusqu’à que tout soit clair, sur toute la ligne.

Abbé Pivert : « À vrai dire, encore faudrait-il qu'il y eût matière à analyse dans ce texte. En outre, nous ne pouvons que réprouver une manière de faire qu'on ne saurait appeler une méthode de travail et qui ne vaut pas la peine d'être exposée. Ainsi, des affirmations ne sauraient constituer un raisonnement. »
Commentaire :
D’autres confrères dont nous tairons les noms ont eu une appréciation différente de celle de Monsieur l’abbé Pivert. Nous avons reçu plusieurs mails de félicitations de prêtres pour cet article. Pour cet article sur Mgr Lefebvre, nous avons choisi comme première méthode de travail de prouver tout ce que nous disions par des citations de Mgr Lefebvre. Quand on veut exposer la pensée de quelqu’un, il faut le citer de façon honnête, sans tronquer des passages qui pourraient changer le sens de sa pensée.
L’abbé Pivert lui-même n’est-il pas en train de faire une affirmation non prouvée en portant sur notre article ces appréciations ? Il faudrait qu’il fasse des citations de notre article prouvant ce qu'il affirme. Il est possible que nous ayons mal démontré quelque chose. Dans ce cas qu’il nous le montre et nous en conviendrons volontiers, si c’est vrai.

Abbé Pivert : « De même, il est abusif de présenter des conditions nécessaires comme étant suffisantes : s'il est nécessaire de conclure devant un notaire l'accord pratique qu'on appelle contrat de mariage, cela est-il suffisant ? »
Commentaire :
InDominoSperavi ne comprend pas le rapport de ce que dit Monsieur l’abbé Pivert avec son article. Il faudrait qu’il précise sa pensée, si ce qu’il voulait dire est important.

Abbé Pivert : « Ne pas inverser principe et conclusions.
« Le principal vice de l'article est d'exposer comme un principe ce qui n'est qu'une conclusion et, là, il vaut la peine de développer notre observation. Un accord, a fortiori un accord pratique, ne saurait être le fondement — et non la fondation, comme s'exprime l'auteur — de notre attitude envers le Siège apostolique. »
Commentaire :
Il faut en effet parler des « fondements d’une attitude » et non de « la fondation d’une attitude ». En l’occurrence, InDominoSperavi parlait des « fondations du combat. » Cependant, dans ce cas, il vaut mieux dire également « les fondements du combat » pour la correction de la langue française. Que nos lecteurs n’hésitent pas à nous corriger s’ils voient d’autres fautes.  InDominoSperavi ne se vexera pas, au contraire.
L’abbé Pivert dit que nous exposons comme un principe ce qui n’est qu’une conclusion. Voilà qui est très important. Ce peut être même assez grave. En plus, c’est le principal vice de notre article, dit l’abbé Pivert. Nous allons donc nous focaliser sur ce problème, principalement. Mais pour l’instant, l’abbé Pivert ne dit pas encore quelle est la conclusion que nous mettons par erreur en principe. Poursuivons donc la lecture.

Abbé Pivert : « Dans le cas qui nous occupe, il [= l’accord] ne peut être que la mise en œuvre de la foi, c'est-à-dire une reconnaissance juridique de l'apostolat, car la foi ne suffit pas à l'Église, il lui faut la prédication de la foi. » [ndlr : C’est Avec l’Immaculée qui met en gras certains mots de l’abbé Pivert]
Commentaire :
L’abbé Pivert dit que l’accord ne peut être que la mise en œuvre de la foi ; il parle de « reconnaissance juridique de l’apostolat » : une sonnerie d’alarme doit se déclencher immédiatement. En effet, la « reconnaissance juridique », en droit de l’Eglise s’appelle plus précisément une « reconnaissance canonique ». Cette expression nous rappelle Mgr Fellay. Ces idées sont celles de Mgr Fellay.  Nous ne sommes pas du tout d’accord. L’abbé fait ici une réflexion pragmatique qui est fausse et dangereuse. L’accord avec Rome ne peut être réglé que d’après LES PRINCIPES DE FOI parce que nous devons vivre d’après notre foi cf. les paroles de l’Ecriture sainte « justus ex fide vivit ». La substance même de l'accord ne doit donc pas être une série de mesures concrètes concernant la prédication de la foi, ni une reconnaissance de l'apostolat. En effet, nous ne pouvons en conscience faire reconnaître notre apostolat par des hérétiques : ce serait reconnaître leur autorité sur nous et donc reconnaître des droits aux hérétiques, reconnaître des droits à l'erreur... La substance de l'accord doit être la constatation que la Résistance et Rome ont exactement la même foi, en paroles et en actes. Nous ne pouvons pas nous mettre sous l’autorité d'hérétiques car les hérétiques n’ayant pas la vraie foi, ils mettent les âmes en danger. Ils n'ont pas le droit de nous diriger en matière religieuse. Dieu ne le veut pas.
L’abbé Pivert se place donc dans l’hypothèse d’un accord pratique envisagé entre la Résistance et Rome (puisqu'il décrit ce que doit être, selon lui, "notre attitude envers le Siège apostolique"): il pense que si la Résistance devait faire un accord avec Rome occupée, il faudrait qu’elle évalue la mise en œuvre de l’apostolat que la reconnaissance juridique (donc canonique) par la Rome occupée lui offrirait. Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela signifie tout simplement que l’abbé Pivert est pour un accord pratique avec Rome, à certaines conditions, si notre apostolat peut s’exercer d’une façon qu’il juge convenable… Cela paraît incroyable, cauchemardesque, mais c’est cela. La suite de l’article va le démonter avec certitude.

L’abbé Pivert dit, pour justifier ces principes erronés : car la foi ne suffit pas à l'Église, il lui faut la prédication de la foi.  Il change ici de plan : nous étions, juste avant cette affirmation, dans le cadre de l’hypothèse d’un accord pratique entre la Résistance et Rome. A présent, l’abbé nous donne une affirmation évidente, digne de M. de la Palisse : car la foi ne suffit pas à l'Église, il lui faut la prédication de la foi. Oui, c’est vrai. Et l’espérance et la charité sont aussi nécessaires à l’Eglise. Et les sacrements traditionnels. Et la messe tridentine. Et un bon code de droit canon. Et des évêques et un pape qui ne soient pas francs-maçons. Et l’abrogation des hérésies qui sont actuellement officiellement enseignées. Et l’abrogation de la nouvelle messe, etc... L’abbé Pivert quitte donc ici la considération de l’accord pratique pour considérer l’Eglise en général et dire que comme la prédication de la foi est nécessaire à l’Eglise, de façon générale, alors cette prédication de la foi, qui est la mise en œuvre de la foi, doit être l’objet de l’accord :  « il [il = l’accord] ne peut être que la mise en œuvre de la foi, c'est-à-dire une reconnaissance juridique de l'apostolat ». Nous sommes en présence d’une apparence de démonstration qui en fait n’en est pas une. L’abbé ne démontre rien du tout. Il aurait pu choisir comme objet de l’accord un autre des éléments que nous avons cités et qui sont également très nécessaires à l’Eglise. Il aurait pu dire par exemple : car la foi ne suffit pas à l'Église, il lui faut la charité. Ou bien : car la foi ne suffit pas à l'Église, il lui faut les sacrements traditionnels, un bon code de droit canon, etc. L’abbé Pivert ne démontre donc absolument pas la pertinence de son choix, en élisant la prédication de la foi comme objet de l’accord. Or son choix est faux car il est pragmatique et non plus basé sur les principes. L’accord ne peut être basé sur que sur une même foi entre les parties. Il ne pourra donc avoir lieu que lorsque le pape sera pleinement converti et aura véritablement la vraie foi, non en paroles, mais en actes. cf. Saint Paul, Saint Jean, Jésus lui-même et l’attitude des saints dans notre onglet fondements doctrinaux du nullam partem, qui vient d’être enrichi. 

Abbé Pivert : « Lorsque Mgr Tissier de Mallerais affirme que Mgr Lefebvre a toujours voulu un accord pratique, cela correspond à la vérité — du moins jusqu'en 1988 — […]
Commentaire :
Plus bas dans le même article, l’abbé Pivert va reconnaître qu’après 1988, Mgr Lefebvre n’était toujours pas contre le principe d’un accord pratique. (cf. les parties en rouge et en gras).

Abbé Pivert : « mais, alors, il faut se demander pourquoi un tel accord ne fut jamais conclu. Il est alors évident que l'échec de toutes les tentatives d'accord pratique vint du désaccord sur le fond, ce qui prouve que, tant pour Rome que pour Mgr Lefebvre, l'accord avait un autre contenu que la simple pratique. Ce qui ressort à l'évidence de toutes les paroles et des actes de Mgr Lefebvre, c'est qu'il poursuivait un but qui dominait toute sa vie, toutes ses préoccupations et toute son action, c'était le triomphe de la foi, l'établissement du règne du Christ-Roi. » 
Commentaire :
Mgr Fellay lui aussi présente tout avec de très bonnes paroles et intentions. Lui aussi dit vouloir le triomphe de la foi, du Christ-Roi, de la Tradition. La bonne intention qu’avait Mgr Lefebvre ne suffisait pas à rendre acceptable le mauvais principe d’envisager un accord pratique avec des hérétiques. Les bonnes intentions de l’abbé Pivert, de même, ne rendent pas acceptable ce mauvais principe. L’enfer est pavé de bonnes intentions.

Abbé Pivert : « Il [=Mgr Lefebvre] l'exprime aussi nettement en s'adressant aux fidèles qu'en s'adressant au pape ou à ses  représentants. Il n'est que de relire la très belle lettre qu'il écrit au cardinal Seper le 13 avril 1978 : »
Commentaire :
Nous ne trouvons pas cette lettre de Mgr Lefebvre très belle car un mauvais principe est énoncé à la fin. L’abbé Pivert, en présentant cette lettre comme étant très belle, soutient le principe de l’accord pratique à certaines conditions qui lui permettraient, pense-t-il, une bonne « mise en œuvre » de l’apostolat. Jusqu’à présent cette idée d’accord pratique a toujours été unanimement combattue par tous, dans la Résistance. C’est cette idée qui nous unit tous, malgré nos différences sur d’autres sujets. L’abbé Pivert, en s’attaquant à cette idée qui nous unit tous s’attaque à l’unité, à l’ADN, à l’identité même de la Résistance. Nous mettons en rouge dans la lettre, le passage qui ne va pas parce qu'il demande un accord pratique.

Éminence Révérendissime,

Je ne puis croire que vous ne compreniez pas les motifs exacts de mon attitude qui est celle de milliers de catholiques et de nombreux prêtres parmi les plus fidèles à l'Église catholique et à la Papauté. Le problème de fond de notre persévérance dans la Tradition, malgré les ordres donnés par Rome pour l'abandonner, c'est un problème de grave et profond changement dans le rapport de l'Église avec le monde. Notre-Seigneur et l'Église à sa suite se sont situés par rapport au monde d'une manière très précise. Il faut convertir et baptiser le monde pour le soumettre au doux Règne de Notre Seigneur Jésus-Christ. C'est la seule et unique voie de salut. « Allez, enseignez toutes les nations... » C’est clair. Il faut envoyer des apôtres à toutes les nations afin qu'elles deviennent catholiques et acceptent le Règne de Notre-Seigneur. Mais il y a dans le monde des forces ennemies de Notre-Seigneur, de son Règne. Satan et tous les auxiliaires de Satan, conscients et inconscients, refusent ce règne, cette voie de salut et militent pour la destruction de l’Eglise. (…) L'un des derniers stratagèmes extrêmement efficace est de ruiner l'esprit combatif de l'Église en la persuadant qu'il n'y a plus d'ennemis, qu'il faut donc déposer les armes et entrer dans un dialogue de paix et d'entente. Cette trêve fallacieuse permettra à l'ennemi de pénétrer aisément partout et de corrompre les forces adverses.(…) À cette entreprise diabolique inaugurée au Concile spécialement par les documents sur « les religions non chrétiennes », « l'Église dans le monde », « la Liberté Religieuse », et continuée sans cesse depuis le Concile, nous opposons un refus formel. Nous ne voulons pas devenir œcuménistes libéraux, et ainsi trahir la cause du règne de Notre-Seigneur et la cause de l'Église, nous voulons demeurer catholiques.
Qui est l'instigateur de ce faux œcuménisme dans l'Église, le responsable, ou quels sont les responsables ? Nous préférons ne pas le savoir. Dieu le sait. Mais on peut nous frapper de tous les interdits et de toutes les censures que l'on voudra, nous entendons, avec la grâce de Dieu et l'assistance de la Vierge Marie, demeurer dans la foi catholique et nous refusons de collaborer à la destruction de l'Église. Nous demandons une chose très simple et très légitime : que l’on reconnaisse à ce qui a été l’Eglise de toujours et celle de notre enfance le droit de continuer. C’est un droit fondé sur l’Ecriture, la Tradition, le magistère de l’Eglise et toute l’histoire de l’Eglise.
Je pense avoir été assez clair. Je vous prie Eminence d’agréer [...] »
Commentaire :
L’abbé Pivert défend donc le mauvais principe que nous avons mis en rouge ci-dessus. Ce principe est inacceptable en conscience et a toujours été combattu dans la Résistance externe depuis le début de son combat. Nous ne pouvons mendier auprès des autorités maçonniques le droit pour la vérité de cohabiter avec l’erreur. Ce serait mettre sur le même pied l’erreur et la vérité. Ce serait un péché. Nous ne pouvons mendier le droit d’être reconnus comme ‘orthodoxes’ par des papes hérétiques. Si un pape hérétique reconnaissait la Résistance comme ‘orthodoxe’, sans pour autant renier clairement et intégralement toutes les autres erreurs qu'il professe en paroles et en actes, cela rendrait à la face du monde un faux témoignage : l’acceptation par ceux qui sont dans la vérité d’attribuer une autorité doctrinale au jugement d’un hérétique. Cela signifierait donc que nous désobéissons à Dieu en nous soumettant à son ennemi : un moderniste diffusant toutes les idées maçonniques. Ce serait trahir Dieu. Ce n’est pas parce que Mgr Lefebvre s’est trompé en affirmant ces faux principes dans le passé qu’il faut à présent les proposer de nouveau. Ces mauvais principes sont malheureusement redevenus ceux de la FSSPX en 2012. L’abbé Pivert devait rester dans la FSSPX puisqu’il trouve que cette lettre est très belle. S’il continue à défendre ces idées, nous serons obligés de le combattre sans relâche, jusqu’à ce qu’il ait quitté la Résistance.

Abbé Pivert : « Comment l'auteur de l'article peut-il affirmer que Mgr Lefebvre était prêt à abandonner la défense de la foi ? »
Commentaire :
Nous n’avons jamais écrit cela. Que l’abbé Pivert nous cite pour prouver son affirmation. Nous avons écrit ceci, en commentaire de la conférence de Mgr Lefebvre à Flavigny de décembre 1988 :
« Objectivement, on ne peut donc signer ce protocole [du 5 mai 1988] sans faire un péché grave contre la foi. On s’aperçoit ici que Mgr Lefebvre ne s’en aperçoit pas. Il pense que ce texte est acceptable. Nous ne jugeons pas celui qui a sauvé le sacerdoce catholique. Mgr Lefebvre était bien intentionné et il n’avait pas le recul que le temps nous donne à présent. Mais nous sommes obligés en conscience de constater qu’il n’avait pas les idées claires sur les principes, encore en décembre 1988. » (fin de citation)

Nous avons donc distingué entre les intentions de Mgr Lefebvre qui étaient bonnes et ses actes objectifs (la signature du protocole) qui étaient en soi un péché. Nous avons pris le soin de préciser que Mgr Lefebvre ne s’apercevait pas qu’il faisait un péché. Nous sommes absolument convaincus que jamais Mgr Lefebvre n’a eu l’intention d’abandonner la défense de la foi. Nous savons qu’il était très bien intentionné. Mais ses bonnes intentions ne l’ont pas empêché de faire un péché objectif en signant ce mauvais texte, même s’il n’en était pas conscient.

Nous pouvons dire par contre que la signature du Protocole du 5 mai 1988 était en elle-même un abandon du combat de la foi. Nous avons prouvé pourquoi dans notre article sur Mgr Lefebvre. Nous poserons à l’abbé Pivert une série de questions à la fin de cet article et parmi ces questions, figureront celles-ci : « Monsieur l’abbé Pivert, pensez-vous que la signature du Protocole du 5 mai 1988 est objectivement un péché contre la foi ? Ou bien pensez-vous, comme Mgr Lefebvre le pensait, que le texte de ce Protocole est acceptable ? ». Il apparaît à plusieurs signes que l’abbé Pivert ne condamne pas le Protocole du 5 mai 1988.

Abbé Pivert : « Il envisagea plusieurs types d'accord, plusieurs dispositions pratiques, mais seulement dans la mesure où elles auraient servi le but qu'il poursuivait, le règne de Notre-Seigneur. Il est même certain qu'il a plusieurs fois cherché une simple reconnaissance canonique, par exemple quand il demanda qu'on le laissât simplement faire l'expérience de la Tradition. Mais tout son comportement comme toutes ses déclarations depuis une des premières citée ci-dessus jusqu'à celle de rupture en juin 1988, indiquent que ce n'aurait pu être que pour la mettre au service de l'extension du règne de Notre Seigneur. »
Commentaire :
Selon l’abbé Pivert, le zèle apostolique de Mgr Lefebvre excusait donc l’accord pratique. Eh bien, non. Cf. notre article sur Mgr Lefebvre ainsi que ce que nous avons dit précédemment dans cet article. 

Abbé Pivert : « Rome le savait, c'est bien pour cela qu'elle n'a jamais donné la moindre reconnaissance, tandis qu'elle fut beaucoup moins exigeante avec ceux qui ne poursuivaient pas le même but et voulaient seulement exister sans subir d'ennuis. »
Commentaire :
Mgr Lefebvre n’a cessé de répéter que si les FSSP avaient été reconnus, c’est parce qu’ils n’avaient pas exigé d’évêque traditionnel ni de commission. Mgr Lefebvre a dit qu’il avait retiré sa signature parce qu’on ne voulait pas lui donner l’évêque et la commission. Le zèle apostolique de Mgr Lefebvre n’a donc jamais fait peur aux francs-maçons romains. Il faudrait que l’abbé Pivert prouve cette affirmation.  Actuellement, la Rome occupée a mis de l’eau dans son vin et est prête à signer un texte semblable à celui du protocole du 5 mai 1988  [la déclaration du 15 avril 2012 de Mgr Fellay], cette fois-ci en octroyant un évêque et la commission aussi, croyons-nous nous souvenir (il faudrait que nous relisions un cor unum sur le sujet pour en être certains). Rome s’est en effet aperçue qu’il n’y avait pas à craindre nos évêques. Cet accord a manqué de se réaliser en juin 2012. Le risque de scission de la FSSPX a fait reculer Rome qui voulait capturer toute la Fraternité et non seulement la moitié de celle-ci.

Abbé Pivert : « Mgr Fellay est à l'inverse de Mgr Lefebvre : qu'il affirme ou non chercher ou ne pas chercher un accord pratique, il fait toute sorte de concessions pour se faire reconnaître, y compris la concession de renier ses précédentes concessions. »
Commentaire :
L’abbé Pivert sous-entend donc que Mgr Lefebvre n’a pas fait de concession en signant le protocole du 5 mai 1988. C’est extrêmement grave. Que fait-il dans la Résistance ? Que va-t-il enseigner aux séminaristes de la Résistance ?

Abbé Pivert : « C'est la recherche de l'accord pour l'accord. »
Commentaire :
Mgr Fellay présente lui aussi des tas de motifs surnaturels, comme Mgr Lefebvre.

Abbé Pivert : « Pourquoi, alors, Mgr Tissier de Mallerais affirme-t-il sans explications que Mgr Lefebvre a toujours cherché une simple reconnaissance canonique ? Cela ne suffit pas et confine à la tromperie par omission. »
Commentaire :
Pour l’instant, nous trouvons que Mgr Tissier de Mallerais s’est toujours comporté de façon très droite vis-à-vis de la Résistance. Nous sommes désolés de devoir dire que l’abbé Pivert nous a bien plus trompés que lui. Mgr Tissier de Mallerais n’a pas expliqué sa position car il s’agissait non d’un article mais d’une lettre privée au Père Jean. Cela fait au contraire plusieurs fois que l’abbé Pivert n’a pas une conduite claire depuis le début de notre combat.

Abbé Pivert : "Que Mgr Lefebvre attendait-il de Rome ? Ne pas confondre objet et conditions.
Dans une conférence à Flavigny en décembre 1988, Mgr Lefebvre indique ce qu'il attendait de Rome pour pouvoir conclure un accord : « Force m'a bien été de constater qu'aucun accord ne pouvait être réalisé qui nous donne à la fois toute garantie et la conviction que Rome voulait sincèrement concourir à la préservation de la Tradition. » Un tant soit peu d'analyse montre que Mgr Lefebvre désirait deux choses, mais qu'elles n'étaient pas sur le même plan. La conviction que Rome voulait sincèrement concourir à la préservation de la Tradition est l'objet de l'accord désiré. »
Commentaire :
Il est impossible que la conviction que Rome voulait sincèrement concourir à la préservation de la Tradition soit l'objet de l'accord désiré. La conviction des bonnes intentions romaines ne peut être un objet d’accord. En effet, l’accord pratique dont parle l'abbé Pivert consiste en des mesures concrètes, et non en la pensée de l’une des parties de l’accord.

Abbé Pivert : « La garantie est une condition. Comme il s'en est plusieurs fois expliqué, elle consiste en une protection suffisante, à savoir, en l'espèce, une commission romaine entre les mains des « traditionalistes ». Ne pas voir la différence de nature entre l'objet et les conditions ne permet plus de raisonner en bonne intelligence et met à la merci de tous les impressions et sentiments. »
Commentaire :
L’abbé Pivert dit que la commission romaine est une protection suffisante en cas d’accord pratique. C’est grave et c’est évidemment faux car le pape hérétique du moment resterait le chef suprême de la Tradition ralliée et cette commission de la Tradition ralliée aurait également des comptes à rendre à l’hérétique qui dirige la commission Ecclesia Dei. Actuellement, ce serait à Mgr Müller qui ne croit pas en la transsubstantiation ni en la virginité de la Très Sainte Vierge Marie que la commission de la Tradition ralliée devrait rendre des comptes.

Abbé Pivert : "C'est ainsi que l'auteur du site Avec l'Immaculée, affirme péremptoirement que Mgr Lefebvre voulait simplement s'assurer que Rome ne mentait pas, alors qu'il voulait en réalité s'assurer qu'elle voulait concourir à la préservation de la Tradition. C'est Mgr Fellay qui a affirmé dans une conférence aux prieurs du District de France que sa principale préoccupation était de savoir si Rome était sincère ou non. Mgr Lefebvre, lui, avait d'autres préoccupations, celles de faire régner Notre Seigneur."
Commentaire :
La distinction que fait l’abbé Pivert est factice. En effet, Mgr Lefebvre, dans le texte que l’abbé Pivert cite, dit que Rome n’est pas sincère. Quand quelqu’un n’est pas sincère, on dit qu’il ment : « Force m'a bien été de constater qu'aucun accord ne pouvait être réalisé qui nous donne à la fois toute garantie et la conviction que Rome voulait sincèrement concourir à la préservation de la Tradition. »

Abbé Pivert : « On remarquera enfin que Mgr Lefebvre n'exige pas, pour un accord, la conversion préalable de Rome, mais qu'elle veuille concourir à la préservation de la Tradition ».
Commentaire :
Cette phrase est capitale :
1) parce que l’abbé Pivert reconnaît que Mgr Lefebvre, à la conférence de Flavigny de décembre 1988, n’exigeait toujours pas la conversion de Rome.
2) parce que cette phrase nous indique que l’abbé Pivert semble, lui aussi, très favorable à cette orientation de Mgr Lefebvre ne réclamant pas la conversion de Rome.

Abbé Pivert : « 1988 marque-t-il un changement ? Ne pas confondre vérité et preuves.
Il est certain que 1988 marque un changement d'attitude de Mgr Lefebvre envers Rome. Mais lequel ? Est-ce un changement de fond ? De libéral, serait-il devenu «sédévacantiste» ? Il serait alors facile de lui reprocher ses contradictions, comme le fait l'auteur du site Avec l'Immaculée. »
Commentaire :
L’abbé Pivert emploie ici les mêmes arguments que l’abbé Pfluger et Mgr Fellay à notre égard. Il dit indirectement que nous sommes « sédévacantistes » parce que nous sommes contre tout accord pratique avec la Rome occupée tant que celle-ci n’est pas parfaitement convertie. En effet, il sous-entend clairement que si Mgr Lefebvre avait été contre tout accord avec Rome après 1988, il serait devenu « sédévacantiste ». La suite de l’article prouve en effet que c’est la pensée de l'abbé Pivert (cf. passage mis en vert, un peu plus bas.)

Abbé Pivert : "Il est clair que le changement apporté par 1988 est un changement de preuve. Les modernistes sont les modernistes et il n'est pas permis d'entrer dans leur jeu, mais jusqu'à quel point Rome était-elle moderniste ? 1988 apporte la preuve que c'est une infestation profonde et, surtout, pertinace. Une chose est d'être dans le mal, autre chose de vouloir y demeurer, autre chose encore de s'opposer à ceux qui veulent le bien. Ainsi, une chose est l'adultère, plus grave est le concubinage, autre chose encore de s'opposer au mariage. On savait que Rome était adultère, on savait depuis Vatican II qu'elle « concubinait » avec le monde. 1988 a montré qu'elle s'opposait même à la légitimité de la Tradition et qu'elle s'y opposait avec pertinacité."
Commentaire :
- On savait bien avant 1988 que Rome était pertinace dans l’erreur. (Cf. par exemple les réunions scandaleuses d’Assise en 1986.)
- Rome s’opposait bien avant 1988 à la légitimité de la tradition (cf. Mgr Lefebvre suspens a divinis depuis le 22 juillet 1976)

Abbé Pivert : Cette preuve était déjà acquise avant 1988 ? C'est possible et c'est ce que pensaient les bons amis dont parle Mgr Lefebvre dans une interview à Fideliter, amis qui estimaient qu'il allait trop loin. Mais, à cause de ceux qui n'avaient pas encore compris, Mgr voulut une preuve encore plus éclatante. Pour éclatante, elle fut éclatante. »
Commentaire :
Il est vrai que Mgr Lefebvre a déclaré, dans le Fideliter 70 de juillet 1989 : 
« Moi, personnellement, ai-je dit, je n'ai aucune confiance. Cela fait des années et des années que je fréquente ce milieu, des années que je vois la manière dont ils agissent. Je n'ai plus aucune confiance. Mais je ne voudrais pas quand même, qu'ensuite, dans la Fraternité et dans les milieux de la Tradition, on dise : vous auriez bien pu essayer. Cela ne vous coûtait pas de discuter, de dialoguer. Cela a été leur avis. Ils ont dit : Il faut prendre en considération l'offre qui est faite et ne pas la négliger. Cela vaut quand même la peine de parler avec eux. A ce moment j'ai accepté de voir le cardinal Ratzinger… »
Mgr Lefebvre s’est trompé dans son raisonnement, ici. En effet, si l’offre de Rome avait été « correcte » à ses yeux, il aurait envisagé en effet comme possible un accord pratique avec les hérétiques qui la gouvernent. Cette attitude de Mgr Lefebvre ne pose pas de problèmes à l’abbé Pivert. Il la considère avec bienveillance. Pour nous et pour toute la Résistance, elle est inacceptable en conscience. En effet, la caractéristique de la Résistance (mis à part l’abbé Pivert. Nous espérons qu’il est le seul !) est de refuser tout accord pratique avec la Rome occupée tant que celle-ci n’est pas entièrement, réellement et complètement convertie.

Abbé Pivert : « Par conséquent, lorsque Mgr Lefebvre affirme que, si les autorités de Rome reprennent contact avec lui, il leur demandera au préalable si elles sont d'accord avec les grandes encycliques antilibérales, cela signifie qu'il leur demandera de faire la preuve qu'elles veulent concourir à la préservation de la Tradition. »
Commentaire :
Nous remercions chaleureusement l’abbé Pivert de soutenir à ce point notre analyse sur Mgr Lefebvre. Nous pensons comme lui. Par ces mots, l’abbé Pivert reconnaît que Mgr Lefebvre ne réclamait que la bonne volonté romaine de préserver la Tradition mais ne réclamait pas la conversion complète et réelle de Rome. La différence entre l’abbé Pivert et nous, c’est qu’il approuve cette attitude de Mgr Lefebvre et que nous, nous la déplorons.
Pourquoi la déplorons-nous ?
- Parce qu’il ne suffit pas d’exiger que la Rome maçonnique accepte les encycliques traditionnelles. Les francs-maçons ne sont pas à un mensonge près. Ils vont nous dire qu’ils les acceptent… Mais nous découvrirons ensuite que cette acceptation s’est faite... « à la lumière de la tradition vivante » ! Pour eux, la vérité évolue. Ils n’hésiteront pas à continuer de mal agir et d’affirmer des hérésies tout en disant qu’ils acceptent ces textes traditionnels. Il faut donc exiger une conversion non en paroles mais en actes (cf. les conditions détaillées de la conversion de la Rome occupée, plus bas, dans cet article).
- De plus, à l’inverse de l’abbé Pivert, nous affirmons qu’il est peccamineux d’envisager de se remettre sous des autorités hérétiques car nous mettons ainsi les âmes sous la houlette d’un loup qui les expose à la damnation : les modernistes sont des hérétiques et donc ils doivent être assimilés aux faux prophètes dont Notre-Seigneur dit qu’il faut nous garder : « Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs.» (Saint Matthieu VII, 15). 

Abbé Pivert : « Mgr Tissier de Mallerais affirme qu'il l'a dit, mais ne l'aurait pas fait. C'est possible, on peut toujours faire parler les morts. Ce qui est certain, c'est que depuis 1976 où il avait déjà fait la même annonce, il n'a, malgré toutes les discussions, jamais conclu l'accord, précisément parce que les autorités romaines s'opposaient à ces encycliques et ne voulaient pas concourir à la préservation de la Tradition. »
Commentaire :
L’abbé Pivert fait une fausse analyse des raisons pour lesquelles Mgr Lefebvre n’a pas conclu l’accord en 1988. Mgr Lefebvre n’a pas conclu l’accord, NON PAS PARCE QUE LES AUTORITES ROMAINES S’OPPOSAIENT AUX ENCYCLIQUES TRADITIONNELLES MAIS PARCE QU’ELLES NE LUI DONNAIENT PAS L’EVÊQUE ET LA COMMISSION ROMAINE. Voici ce que Mgr Lefebvre a dit à Flavigny, en décembre 1988 (Fideliter 68) : « « J'aurais bien signé un accord définitif après avoir signé le protocole, si nous avions eu la possibilité de nous protéger efficacement contre le modernisme de Rome et des évêques. Il était indispensable que cette protection existe. (…) Que fallait-il pour être protégés de Rome et des évêques ? Moi, je voulais une commission à Rome qui soit composée entièrement de traditionalistes (…). Cette commission devait comprendre sept membres. Moi, je demandais que les sept membres soient de la Tradition. Ils n'ont pas voulu. Ils ont dit : « Deux seulement, cinq pour nous, dont la présidence et la vice-présidence et deux pour vous. Ensuite, j'ai demandé trois évêques pour que soient assurées les ordinations et les confirmations. Ils ont dit : non, un seul. »

Abbé Pivert "Qui est notre donneur de leçon ?
Notre donneur de leçons est en réalité une donneuse, nous le savons par les courriers qu'elle nous a envoyés."
Commentaire :
Nous confirmons les dires de l’abbé Pivert sur ce point. InDominoSperavi est une femme. InDominoSperavi n’a qu’un seul pseudonyme, par principe. Les autres pseudonymes qui ont publié sur son blog sont des personnes différentes d’elle-même. Elle protégera toujours soigneusement leur anonymat. L’abbé Pivert n’a jamais répondu aux trois courriers qu’elle lui a envoyés.

Abbé Pivert : « Il est dommage qu'elle ignore l'enseignement de saint Paul demandant aux femmes de ne pas prendre la parole en public. »
Commentaire :
Du temps de Saint Paul, les évêques et les prêtres faisaient leur travail et la sainteté éclatait de toute part… les femmes pouvaient donc faire autre chose. Actuellement les circonstances ont changé. Le principe est le suivant : quand la foi ou la morale sont en danger, il faut défendre à tout prix la vérité. C’est le devoir de tout chrétien. Si les évêques ne le font pas, c’est aux prêtres de le faire ; si les prêtres ne le font pas, c’est aux hommes de le faire, si les hommes ne le font pas, c’est aux femmes et aux enfants. En ce moment, il y a un créneau qui serait inoccupé si InDominoSperavi ne s’y était pas mise. Elle ne juge pas ceux qui ne font pas son travail car celui-ci demande beaucoup de disponibilité et chacun a son devoir d’état à faire. Elle pense faire la volonté de Dieu en apportant sa pierre à l’édifice de la Résistance. Elle reprend en l’adaptant à elle-même cette réflexion de Saint François, cité par Saint Maximilien Kolbe : « « Dieu n'a pas été en mesure de trouver une personne plus pécheresse, plus incapable et plus inapte, et c'est justement pour cela qu'il m'a choisie ». Elle sait qu’en soi, elle n’est pas nécessaire et que Dieu peut décider de la remplacer du jour au lendemain, mais, en attendant ce moment, elle doit aider au combat.

Abbé Pivert : « Dommage également qu'elle refuse de révéler son nom. »
Commentaire :
InDominoSperavi comprend la frustration que les gens peuvent éprouver à ce sujet et elle-même souffre par moments de ne pas pouvoir révéler son identité. Mais ce ne serait pas du tout prudent, en raison de certaines circonstances. Elle laissera donc les circonstances providentielles décider pour elle de l’heure à laquelle sera révélée son identité et elle n’anticipera pas (volontairement du moins) sur le plan de Dieu, à moins qu'elle ne comprenne clairement un jour que le moment est venu de révéler son identité.

Abbé Pivert : « Elle pose par principe l'opposition à tout accord avec Rome, ce qui est une erreur de raisonnement lourde de conséquences. »
Commentaire :
1) Nous voici à l’un des passages les plus importants de l’article de l’abbé Pivert. Cette affirmation de sa part signifie qu’il est pour un accord pratique avec la Rome maçonnique, à certaines conditions, puisqu’il juge que le principe de s’opposer à tout accord pratique avec la Rome hérétique est une erreur de raisonnement lourde de conséquences. L’abbé Pivert est donc dans la ligne de Mgr Fellay ou de Mgr Tissier de Mallerais. Il n’est pas dans la ligne de la Résistance.
2) Cette affirmation fait un peu sourire car ce sont, à notre connaissance, tous les prêtres de la Résistance externe qui posent la même « erreur de raisonnement lourde de conséquences ». Cependant, si d’autres prêtres pensaient comme l’abbé Pivert, nous aimerions bien qu’ils se fassent connaître sans tarder davantage. Ce serait plus honnête. En s’attaquant sur ce point à InDominoSperavi, l’abbé Pivert s’attaque ici indirectement à tous ses confrères de la Résistance externe, sans les nommer, puisque tous les prêtres de la Résistance externe, « [posent] par principe l’opposition à tout accord avec [la] Rome » occupée, tant qu’elle n’est pas parfaitement convertie.
3) Cette affirmation de l’abbé Pivert est l’explicitation de l’affirmation qu’il avait faite, au début de son article : « « Le principal vice de l'article est d'exposer comme un principe ce qui n'est qu'une conclusion ». Donc pour l’abbé Pivert, le fait d’être par principe contre un accord pratique est un VICE ; C’est même le PRINCIPAL VICE de l’article. Pourquoi a-t-il donc rejoint la Résistance qui a justement pour caractéristique principale ce qu’il nomme un vice ?
4) Cette réflexion de l’abbé Pivert explicite également cette phrase qu’il a dite plus haut : « Il est certain que 1988 marque un changement d'attitude de Mgr Lefebvre envers Rome. Mais lequel ? Est-ce un changement de fond ? De libéral, serait-il devenu «sédévacantiste» ? Il serait alors facile de lui reprocher ses contradictions, comme le fait l'auteur du site Avec l'Immaculée. » 
Puisque pour l’abbé Pivert, refuser par principe tout accord avec Rome tant qu’elle n’est pas convertie, est « une erreur de raisonnement lourde de conséquences », puisque c’est le « principal vice de l’article », nous ne pouvons qu’en déduire que c’est ce qu’il appelle être « sédévacantiste », en mettant des guillemets à ce mot. C’est la seule interprétation possible qui rende ses propos intelligibles. Donc toute la Résistance externe est « sédévacantiste » pour l’abbé Pivert, puisque toute la Résistance externe pense comme InDominoSperavi sur ce point.
NB : la Résistance interne, qui pensait également cela au début du combat, est à présent en train de changer de discours insensiblement :
- Morgon accepte indirectement les six conditions via la conférence de Mgr Fellay à Flavigny que le Père Gardien juge bonne.
- Le forum Un évêque s’est levé défend de plus en plus Mgr Fellay, à la suite de l’abbé de Cacqueray qui affirme que la ligne de la FSSPX n’a pas changé. Défendre Mgr Fellay et défendre la position de l’abbé de Cacqueray qui dit que la ligne de la FSSPX n’a pas changé, c’est défendre l’idée que les six conditions n’ont pas fait changer la ligne de la Fraternité Saint Pie X. Or, les six conditions établissent le principe de l’accord pratique avec la Rome hérétique. En soutenant l’abbé de Cacqueray, on soutient donc le principe de l’accord pratique avec la Rome moderniste à certaines conditions, puisque l’abbé de Cacqueray juge que ces six conditions ne font pas changer la bonne ligne de la FSSPX. Nous supplions Gentiloup de prendre conscience du problème. Nous savons qu’elle ne s’en est pas encore aperçue et qu’elle veut bien faire. Mais si elle ne réalise pas maintenant le piège où l’abbé de Cacqueray l’a placée (peut-être involontairement), elle va entraîner peu à peu à son insu les âmes qui lui font confiance vers l’acceptation du principe de l’accord pratique. Prions pour Gentiloup : c’est une personne dévouée qui cherche à faire la volonté de Dieu.

Abbé Pivert : « Elle ne peut alors que comprendre à l'envers l'action de Mgr Lefebvre dont elle ne saisit plus les principes et qu'elle est obligée de corriger en affirmant : Nous conclurons enfin en établissant les fondations que nous devons donner à notre combat antiralliement : la fidélité à Jésus-Christ et à la doctrine de l'Église . »
Elle découvre la lune ! Nous lui laisserions volontiers la joie de sa découverte, si elle n'avait au passage condamné la position de Mgr Lefebvre, déclaré qu'il était prêt à abandonner la défense de la foi, qu'il n'était donc pas un saint, affirmé que la Fidélité catholique errait, et autres menues babioles. Nous lui sommes cependant très reconnaissant que ses prétentions nous aient permis de mieux préciser les principes du comportement pratique de Mgr Lefebvre envers Rome. »
Commentaire :
- l’abbé Pivert dit que nous comprenons à l’envers l’action de Mgr Lefebvre puisque nous mettons en principe qu’il ne faut pas faire un accord pratique alors que pour Mgr Lefebvre, le fait qu’il ne fallait pas faire d’accord pratique n’était qu’une conclusion mais non un principe… Il nous semble au contraire que nous avons bien compris ce problème de Mgr Lefebvre puisque c’est l’objet même de la démonstration de notre article sur lui… Mais contrairement à l’abbé Pivert, ce n’est pas Mgr Lefebvre que nous prenons pour modèle de nos actions. C’est la doctrine de Jésus-Christ. C’est pourquoi nous mettons en principe ce que Mgr Lefebvre mettait en conclusion. Ce n’est pas par incompréhension de Mgr Lefebvre, C’EST PAR CONVICTION que c’est ce que Dieu veut. Nous critiquons cette conception accordiste et pragmatique de Mgr Lefebvre concernant les relations avec Rome, tandis que l’abbé Pivert défend cette conception erronée de Mgr Lefebvre.
- Il est vraiment providentiel que nous ayons fait cet article sur Mgr Lefebvre afin de clarifier le combat de la Résistance ; cela permet particulièrement à présent à l’abbé Pivert de préciser sa position qui est à l’opposé de l’esprit de la Résistance et qui est entièrement dans la ligne de la néo-FSSPX, plutôt sensibilité Mgr Tissier de Mallerais. Nous ne regrettons qu’une chose, c’est d’avoir attendu si longtemps. Il était déjà un peu trop tard, quand nous avons rédigé l’article. Que Dieu veuille réparer notre négligence.
- Jusqu’à présent le combat de la Résistance était beaucoup trop fondé sur Mgr Lefebvre qui était nommé, cité sans cesse et qui était faussement présenté comme anti-accordiste. Il était donc nécessaire de rappeler le fondement de Jésus-Christ et de nommer plus souvent Notre-Seigneur que Mgr Lefebvre. Mgr Lefebvre qui voit cela en est ravi, InDominoSperavi en est sûre.
- InDominoSperavi est également reconnaissante au ciel que l’abbé Pivert ait révélé sa pensée accordiste avant qu’il ne soit trop tard pour les séminaristes qu’il s’apprêtait à instruire.
- Elle remercie l’abbé Pivert d’avoir confirmé  l’analyse qu’elle a faite sur Mgr Lefebvre comme étant en faveur d’un accord pratique à certaines conditions même après 1988, car plusieurs personnes ne la croyaient pas. Maintenant que l’abbé Pivert est venu officiellement la confirmer dans son analyse, cela va l’aider.
- Sur la sainteté de Mgr Lefebvre, il est plus sage de s’en remettre au jugement du futur Saint Pontife qui arrivera au moment de la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, pendant l’épreuve qui nous attend. Le Saint Pape instruira le dossier. Il n’est pas bien de canoniser trop vite une personne qui a fait de telles erreurs au niveau des principes et qui a signé un tel protocole [le protocole du 5 mai 1988] sans le condamner après. Cela n’empêche pas d’éprouver de l’amour et de la reconnaissance envers Mgr Lefebvre. Mais il ne faut pas que ce soit au détriment des principes de vérité.

Abbé Pivert : « Il nous faut en outre signaler la bienveillance que cette même personne démontre en faveur de la régulation naturelle des naissances. Si elle prêtait attention à l'intégralité du discours de Pie XII sur le sujet, j'ose espérer qu'elle s'exprimerait différemment. La morale a toujours une influence sur les convictions, particulièrement en ce qui concerne le mariage. Or, la Fidélité catholique a besoin d'âmes fortes qu'on encourage à la générosité et non auxquelles on présente d'emblée les facilités qui mènent si souvent à la tiédeur et même à des états de péché grave. »
Commentaire :
Depuis juillet 2014, il y a un différend officiel dans la Résistance au sujet de la régulation chrétienne des naissances. La position d’Avec l’Immaculée est celle de la catéchèse catholique du mariage du Père Noël Barbara, livre approuvé chaleureusement par Mgr Lefebvre (cf. sa lettre d’éloge en en-tête du livre). Ce livre est recommandé officiellement depuis toujours par la FSSPX, par Mgr Tissier de Mallerais, par Avrillé et par une bonne partie des prêtres de la Résistance. InDominoSperavi suit l’enseignement qui a été donné depuis toujours à Ecône sur ce sujet. Elle n’écrit pas autre chose que ce qu’enseignait Mgr Tissier de Mallerais, professeur de théologie morale à Ecône pendant de nombreuses années, du temps de Mgr Lefebvre. C’est l’abbé Pivert qui a une position inquiétante sur le sujet, position qu’il ne détaille pas dans son article. Nous ne parlerons pas pour l’instant davantage de ce thème, car nous avons encore plusieurs choses à faire auparavant, mais nous y reviendrons sans trop tarder car ce problème est important et touche à la morale.

CONCLUSION :

1) Il est impossible moralement de continuer à recommander le séminaire de l’abbé Pivert. Nous mettons au contraire les séminaristes en garde contre lui. Tant au plan de la théologie morale sur le mariage que sur l’accord avec Rome, l’abbé Pivert n’a pas une doctrine sûre. Nous conseillons donc pour l’instant à tous les jeunes gens qui souhaitent devenir des prêtres de la Résistance de suivre le conseil initial de Mgr Williamson : se trouver chacun un bon prêtre équilibré, pieux et instruit qui les conseille dans leurs études et leur indique les livres à lire tout en les formant peu à peu au ministère sur le terrain et en répondant à leurs questions s’ils ne comprennent pas quelque chose aux sujets qu’ils étudient. Le Saint Curé d’Ars était l’élève d’un saint prêtre et n’a jamais suivi de cours de séminaire. Il a aussi beaucoup étudié tout seul par lui-même. Il réconfortera nos séminaristes actuels et futurs. Ils y arriveront, c’est sûr.
Dernière minute : dans une vidéo qui vient d’être publiée, l’abbé Chazal dit également qu’il est envisagé qu’Avrillé supervise des séminaristes qui pourraient participer aux cours donnés à des moines qui se destinent à la prêtrise. Ce serait une excellente solution. Nous conseillons donc aux jeunes gens intéressés de se rapprocher d’Avrillé.

2) Trois questions.
L’article de Monsieur l’abbé Pivert étant un peu ambigu par moments, nous savons que certains penseront que nous l’avons mal compris ; nous savons qu’ils resteront persuadés que l’abbé Pivert est injustement calomnié par InDominoSperavi, qu’il est contre un accord pratique avec Rome.
Depuis le début du combat, ce cas de figure s’est souvent reproduit dans des circonstances analogues : beaucoup ont pensé, dans un premier temps, que nous exagérions en disant que Mgr Tissier de Mallerais acceptait les six conditions, puis on a pensé que nous exagérions en critiquant l’abbé de Cacqueray, puis on a pensé que nous exagérions en critiquant le mauvais principe donné par le Père Jean (que nous aimons beaucoup par ailleurs) dans son sermon du 26 janvier dernier, puis on a pensé que nous exagérions en disant que Mgr Lefebvre n’avait pas récusé le principe de l’accord pratique après 1988.

Donc pour éviter une perte de temps et des malentendus, nous allons poser tout de suite des questions ouvertes à l’abbé Pivert, puisqu’il a refusé de répondre au trois emails que nous lui avons envoyés à un autre sujet. Peut-être répondra-t-il publiquement à ces questions ? S’il refuse de répondre, nous en conclurons qu’il pense mal et n’ose pas le dire.

- Monsieur l’abbé Pivert, pensez-vous que la signature du Protocole du 5 mai 1988 est objectivement un péché contre la foi, indépendamment des intentions du signataire qui étaient bonnes ? OUI - NON

- Pensez-vous, comme Mgr Lefebvre, que le texte du Protocole du 5 mai 1988 est acceptable ? OUI- NON

- Exigeriez-vous la conversion de Rome (au sens où nous l’entendons), avant de faire une reconnaissance canonique avec elle ? OUI- NON
NB : Nous entendons par conversion de Rome :
- la condamnation solennelle et l’annulation entière du Concile Vatican II qui est 1789 dans l'Eglise, ont dit les cardinaux Ratzinger et Suenens. 
- l’annulation et la condamnation de toutes les réformes liturgiques post-conciliaires et la réhabilitation de l'ancienne messe et de l'ancien rituel des sacrements qui redeviendront obligatoires.
- l’annulation du nouveau code de droit canon de 1983 et le remplacement de celui-ci par l'ancien code de 1917. 
- la supression du nouveau serment exigé des prêtres depuis 1989 et le retour au serment anti-moderniste.
- la condamnation de la laïcité et la proclamation du Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, 
- la condamnation officielle de la liberté religieuse, du faux œcuménisme des réunions interreligieuses et de la collégialité.
- la condamnation et l’annulation de tout le magistère post-conciliaire.
- la condamnation des lois iniques qui se répandent partout dans les pays.
- la consécration nommément de la Russie au Cœur Immaculé de Marie en union avec tous les évêques du monde entier.
- le renvoi immédiat de tout évêque ou tout prélat indocile à appliquer ces réformes, des prélats et évêques francs-maçons, homosexuels et hérétiques notoires.

Supplique :
Nous savons que cet article est un peu dur et risque de faire un coup à l’abbé Pivert. Nous avons décidé de dire les choses franchement car nous pensons qu’il met la Résistance en danger grave. Mais en même temps, nous le comprenons, nous comprenons son attachement à Mgr Lefebvre, nous comprenons le souci que notre article à ce sujet a dû lui donner... De plus, il sort de la FSSPX dans laquelle il a eu des discours déstructurants depuis deux ans. L’erreur est humaine. Nous sommes tous faillibles. InDominoSperavi aussi se trompe parfois. Même Mgr Lefebvre s’est trompé. Nous avons vu également récemment que même Saint Pie X s'est trompé en nommant de mauvais cardinaux libéraux (cf. note de cet article). L’abbé Pivert est un prêtre de Jésus-Christ, infiniment aimé de Notre-Seigneur, appelé à une sainteté très grande, comme tous les prêtres. Nous préférerions donc infiniment ne pas avoir à le combattre mais pouvoir le soutenir et le recommander publiquement. Monsieur l’abbé, nous vous supplions donc de réfléchir calmement et de revenir sur votre position. Si vous vous rétractez, cela nous fera vous aimer davantage. Loin de vous mépriser, nous vous estimerons, au contraire.
L’abbé Chazal a écrit à ce sujet dans son bulletin Miles christi n°5 une réflexion sur le roi David que nous faisons nôtre : « David[…] made a very big sin against Urias and a big blunder by counting the number of his subjects but when presented with the evidence, he never cared for his good image, something very endearing. Hence humility and solicitude keeps authority from falling.”
Traduction :
“David a fait un très gros péché contre Urie et une grosse bévue en comptant le nombre de ses sujets mais une fois qu’on lui a montré sa faute avec évidence, il ne s’est jamais soucié de sa bonne image, ce qui est très attachant. L’humilité et la sollicitude empêchent l’autorité de tomber. »
InDominoSperavi pense comme l’abbé Chazal : quand un chef reconnaît ses fautes, c’est très attachant. Si vous reconnaissez votre erreur, toute la Résistance s’attachera à vous, InDominoSperavi en tête. Elle vous supplie donc à genoux de ne pas hésiter à revenir sur ce que vous avez écrit. Nous demandons à tous nos lecteurs (surtout aux parrains et marraines) de s’associer à nous pour faire une neuvaine pour l’abbé Pivert, du 9 septembre au 17 septembre 2014 inclus. Le 17 septembre est la fête de l’impression des stigmates de saint François et l’abbé Pivert s’appelle François.

Neuvaine :
Comme texte de neuvaine, à titre indicatif, nous proposons de dire trois fois la phrase suivante de Saint Maximilien Kolbe en l’adaptant à nous-mêmes : La phrase initiale de Saint Maximilien Kolbe est : « Notre force consiste à reconnaître notre stupidité, notre faiblesse et notre misère dans une confiance illimitée en la bonté et la puissance de l'Immaculée. » Nous pourrions donc adapter cette phrase à nous-mêmes en disant : « Sainte Vierge Marie, je reconnais ma stupidité, ma faiblesse et ma misère et j’ai une confiance illimitée en la bonté et en la puissance de votre Cœur Immaculé. »