vendredi 24 avril 2015

Saint Jean de la Croix : Prière de l'âme embrasée d'amour



Paroles de lumière et d'amour n°26. 

Prière de l'âme embrasée d'amour 

Seigneur, Dieu, mon Bien-Aimé ! Si le souvenir de mes péchés t'empêches de m'accorder la grâce que je sollicite, accomplis ta volonté, car c'est là ce que je préfère. Et cependant, j'ose t'en supplier, donne lieu à ta bonté à ta miséricorde, de resplendir dans le pardon que tu m'accorderas. Si ce sont mes œuvres que tu attends pour m'accorder l'objet de ma requête, donne-les-moi en les opérant toi-même en moi. Joins-y les peines que tu voudras bien accepter, et qu'elles viennent. Et si ce ne sont pas mes œuvres que tu attends, qu'attends-tu, mon très aimant Seigneur ? Pourquoi tardes-tu ? Si ce que je te demande au nom de ton Fils est un don de grâce et de miséricorde, daigne prendre ma pauvre obole, puisque tu la désires et donne-moi le trésor que je sollicite, puisque ta volonté est aussi de me le donner.  
Qui pourra, mon Dieu, s'affranchir des modes et des termes vulgaires, si tu ne l'élèves toi-même jusqu'à toi en pureté d'amour ? Comment montera jusqu'à toi l'homme engendré, nourri dans les bassesses, si tu ne l'élèves, Seigneur, de cette même main qui l'a formé ? Tu ne me retireras point, mon Dieu, ce que tu m'as une fois donné en me donnant ton Fils unique, Jésus-Christ, en qui tu m'as donné tout ce que je puis désirer. Aussi, je veux me réjouir, car tu ne tarderas pas, si je t'espère véritablement. 
Et toi qu'attends-tu, puisque dès maintenant tu peux aimer Dieu dans ton coeur ? 
Les cieux sont à moi et la terre est à moi. A moi les nations, à moi les justes, à moi les pécheurs. Les anges sont à moi et la Mère de Dieu est à moi. Tout est à moi. Dieu est à moi et pour moi, puisque le Christ est à moi et tout entier pour moi.(cf. I Co III, 22-23)
Après cela, que demandes-tu et que cherches-tu, mon âme ? Tout est à toi et entièrement pour toi. Sois fière et ne t'arrête pas aux miettes qui tombent de la table de ton Père. 
Sors et glorifie-toi de ta gloire. Réjouis-toi, et tu obtiendras ce que ton coeur demande. (Ps 36,4)


jeudi 23 avril 2015

Un membre de l'Institut du Christ Roi à l'inauguration de la chapelle Saint Joseph à Bruxelles

Source: Non Possumus puis Reconquista
Au centre, le chanoine Hudson ICRSP


Le 19 mars dernier, Mgr Fellay a célébré la ré-inauguration de l'église Saint Joseph à Bruxelles. 

Dans le choeur, se trouvait le chanoine William Hudson, prieur de l'Institut du Christ Roi (c'est à dire rallié) à Bruxelles, qui a assisté en surplis à la cérémonie. 
Voici un exemple supplémentaire de rapports avec les ralliés. 

Alors que le soir même, un communiqué dénonçait le sacre de Mgr Faure et ne voulait rien avoir de commun avec cette action, il ne semble pas gênant à Mgr Fellay d'accueillir au choeur un rallié à Rome. "Dis moi qui sont tes amis, je dirai qui tu es" dit-on... [...]

mercredi 22 avril 2015

Comment Sainte Gertrude atteignit la plénitude de la vie spirituelle



Comment elle atteignit la plénitude de la vie spirituelle.

(..) Au moment de l'élévation, elle offrit la sainte hostie pour suppléer aux négligences commises dans sa vie spirituelle, quand elle n'avait pas suivi le mouvement de l'Esprit, ou quand elle l'avait étouffé. Elle vit alors l'hostie salutaire produire autour d'elle-même des rameaux magnifiques : le Saint-Esprit les réunissait et semblait en former comme une haie autour du trône de la Trinité toujours adorable. Ces rameaux sortis de l'hostie montraient à celle-ci que les négligences de sa vie étaient complètement réparées par la grandeur de ce Sacrement. Et du trône une voix se fit entendre qui disait : « Qu'elle approche avec confiance de la chambre nuptiale, celle qui réjouit l'Époux par les charmes de ces fleurs. » Elle comprit alors que le Seigneur, à cause de l'oblation de ce grand Sacrement, daignait la recevoir comme une âme parfaite dans l'état spirituel.(...)


CHAPITRE XL. DE LA GRACE DU SAINT-ESPRIT.

(...) Elle offrit au Seigneur l'hostie sainte pour suppléer à son défaut de gratitude dans l'usage de sa grâce spéciale d'union et d'intimité, grâce que le Seigneur lui avait accordée préférablement à beaucoup d'autres. Elle regrettait aussi de ne s'être point assez mise à l'écart des choses extérieures pour ne chercher que Dieu et ne penser qu'à lui. Cet acte fut accompli avec une si généreuse loyauté, qu'elle demanda de porter toujours la peine due à ses négligences afin d'offrir une satisfaction au Seigneur pour le détriment causé à son honneur et à sa gloire. Le Seigneur, dont la clémence accepte la bonne volonté pour le fait (1), parut à cette offrande de l'hostie exaucer parfaitement sa demande, car le Saint-Esprit, recueillant en lui-même toute la perfection du Christ, descendit avec elle dans l'âme, et par la très sainte hostie s'unit à cette âme bienheureuse d'une manière inséparable.
(1) "Qui bonam voluntatem acceptat pro facto"

lundi 20 avril 2015

Ste Th. de l'EJ : Extrait de la lettre 196 à Sr Marie du Sacré-Coeur (sa soeur Marie)

Sr Marie du Sacré-Coeur

Cette lettre accompagnait le Manuscrit B, rédigé par Thérèse pour sa sœur Marie, avec la permission de sa supérieure. Nous ne publions qu'une partie de la lettre, mais on peut la lire en entier ici.

«Voici le Maître que je te donne, il t'apprendra tout ce que tu dois faire. Je veux te faire lire dans le livre de vie, où est contenue la science d'Amour.» La science d'Amour, oh oui ! cette parole résonne doucement à l'oreille de mon âme, je ne désire que cette science-là, pour elle, ayant donné toutes mes richesses, j'estime comme l'épouse des sacrés cantiques n'avoir rien donné... Je comprends si bien qu'il n'y a que l'amour qui puisse nous rendre agréables au Bon Dieu que cet amour est le seul bien que j'ambitionne. Jésus se plaît à me montrer l'unique chemin qui conduit à cette fournaise Divine, ce chemin c'est l'abandon du petit enfant qui s'endort sans crainte dans les bras de son Père... «Si quelqu'un est tout petit, qu'il vienne à moi» a dit l'Esprit Saint par la bouche de Salomon, et ce même Esprit d'Amour a dit encore que «La miséricorde est accordée aux petits». En son nom le prophète Isaïe nous révèle qu'au dernier jour «le Seigneur conduira son troupeau dans les pâturages, qu'il rassemblera les petits agneaux et les pressera sur son sein», et comme si toutes ces promesses ne suffisaient pas, le même prophète dont le regard inspiré plongeait déjà dans les profondeurs éternelles s'écrie au nom du Seigneur : «Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai, je vous porterai sur mon sein et je vous caresserai sur mes genoux.» O Marraine chérie ! après un pareil langage, il n'y a plus qu'à se taire, à pleurer de reconnaissance et d'amour... Ah ! si toutes les âmes faibles et imparfaites sentaient ce que sent la plus petite de toutes les âmes, l'âme de votre petite Thérèse, pas une seule ne désespérerait d'arriver au sommet de la montagne de l'amour, puisque Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l'abandon et la reconnaissance, puisqu'il a dit dans le Ps. XLIX : «Je n'ai nul besoin des boucs de vos troupeaux, parce que toutes les bêtes des forêts m'appartiennent et les milliers d'animaux qui paissent sur les collines, je connais tous les oiseaux des montagnes... Si j'avais faim, ce n'est pas à vous que je le dirais : car la terre et tout ce qu'elle contient est à moi. Est-ce que je dois manger la chair des taureaux et boire le sang des boucs ?...

«Immolez à Dieu des sacrifices de louanges et d'actions de grâces.» Voilà donc tout ce que Jésus réclame de nous, il n'a point besoin de nos œuvres, mais seulement de notre amour, car ce même Dieu qui déclare n'avoir point besoin de nous dire s'il a faim, n'a pas craint de mendier un peu d'eau à la Samaritaine. Il avait soif... Mais en disant : «Donne-moi à boire», c'était l'amour de sa pauvre créature que le Créateur de l'univers réclamait. Il avait soif d'amour... Ah ! je le sens plus que jamais Jésus est altéré, il ne rencontre que des ingrats et des indifférents parmi les disciples du monde, et parmi ses disciples à lui, il trouve, hélas ! peu de cœurs qui se livrent à lui sans réserve, qui comprennent toute la tendresse de son Amour infini.

Suite à la lecture du manuscrit B, Sr Marie du Sacré-Cœur a écrit un mot à sa sœur, lui demandant s'il était possible d'aimer Jésus autant qu'elle. On peut lire sur ce lien ce mot et la réponse de Thérèse, qui est la lettre 197. Cette lettre est l'une des plus fameuses de Thérèse et l'une des plus sublimes. 

samedi 18 avril 2015

Commentaire sur l’avis de l’abbé Pivert niant la reconnaissance canonique de la FSSPX de Buenos Aires


Marguerite, du forum Christus vincit, a demandé à l’abbé Pivert son avis. Etant donné que l’abbé Pivert est canoniste, cette démarche s’imposait, en effet. Voici ce que l’on peut lire sur le forum en date du mercredi 15 avril 2015 :
  
Marguerite : « Nous avons demandé à M. l’Abbé Pivert, canoniste, une consultation juridique sur la valeur et la portée de la reconnaissance de la Fraternité Saint Pie X en Argentine. Voici sa réponse. »

[Réponse de l’abbé Pivert]

« La demande de la Fraternité Saint Pie X de se faire reconnaître par l’État argentin n’est pas en soi critiquable. Elle donne la personnalité juridique à la Fraternité Saint Pie X, ce qui est en soi une bonne chose. L’Église a toujours recherché la reconnaissance de sa personnalité juridique par les États.
Je n’ai pas assez d’éléments pour savoir jusqu’à quel point cette reconnaissance était nécessaire, sachant que, depuis son établissement il y a trente ans, la Fraternité Saint Pie X a pu accomplir son apostolat sans être reconnue.
La déclaration de l’archevêque n’a aucune valeur ni aucune signification canonique.
On ne peut donc attaquer raisonnablement la Fraternité Saint Pie X sur ces points.
Les points inquiétants sont plutôt, une fois de plus, les bons rapports entretenus par la Fraternité Saint Pie X avec les autorités conciliaires et dans la réponse bienveillante de celles-ci.
Sachant que Rome et Menzingen sont d’accord pour un rapprochement par les faits, voici un fait de plus, qui n’est pas le plus grave, mais qui s’ajoute aux autres. » (fin de citation)

L’abbé Pivert a souhaité préciser sa pensée ce matin. Voici ce que Marguerite nous communique de nouveau, ce 18 avril 2015, sur le forum Christus vincit. Nous mettons en bleu foncé les parties du texte qui ont été ajoutées par l’abbé Pivert. Il n’a pas retiré un mot de ce qu’il avait écrit précédemment. 

Monsieur l'abbé Pivert a souhaité préciser sa pensée ; voici donc le texte de son analyse :

« La demande de la Fraternité Saint Pie X de se faire reconnaître par l’État argentin n’est pas en soi critiquable. Elle donne la personnalité juridique à la Fraternité Saint Pie X, ce qui est en soi une bonne chose. L’Église a toujours recherché la reconnaissance de sa personnalité juridique par les États.
Je n’ai pas assez d’éléments pour savoir jusqu’à quel point cette reconnaissance était nécessaire, sachant que, depuis son établissement il y a trente ans, la Fraternité Saint Pie X a pu accomplir son apostolat sans être reconnue.
Cependant, quoique la démarche de se faire reconnaître soit légitime en soi, elle est ici mise au service du rapprochement avec l’Église conciliaire et avec le monde, ce qui est gravement vicieux.
La déclaration de l’archevêque n’a aucune valeur ni aucune signification canonique.
On ne peut donc attaquer raisonnablement la Fraternité Saint Pie X sur ces points.
Les points inquiétants sont plutôt, une fois de plus, les bons rapports entretenus par la Fraternité Saint Pie X avec les autorités conciliaires et dans la réponse bienveillante de celles-ci.
Sachant que Rome et Menzingen sont d’accord pour un rapprochement par les faits, voici un fait de plus, qui n’est pas le plus grave, mais qui s’ajoute aux autres.
En effet, quoique la reconnaissance ne soit pas canonique, elle établit bien, et aux yeux de tous, la Fraternité Saint Pie X dans le camp de l’Église conciliaire. Elle l’établit dans un état de sujétion aux autorités ecclésiastiques argentines, qui, pour ne pas être canonique, n’en est pas moins réel et grave.
De plus, la Fraternité Saint Pie X acquiert par là une « respectabilité ». Être admise dans la vie publique, c’est tout ce qu’elle recherche, peu lui importe que cela la fasse entrer dans le système de nos adversaires.
Comme d’habitude, elle minimise la portée de son acte en parlant de décision purement administrative, comme si l’administratif n’était rien. Ce n’est pas ce qu’elle disait quand elle condamnait les abbés Salenave et Pinaud par la voie administrative.
La vérité est que la Fraternité Saint Pie X est en train de remplacer la fidélité aux principes et à la foi par une pure « praxis », ce qui est marxiste. » (fin de citation)

Avant de commenter la position de Monsieur l’abbé Pivert, nous publions de nouveau la résolution ministérielle parue au Journal officiel argentin, en espagnol puis en français :

Original espagnol :

Resolución 25/2015
Bs. As., 17/3/2015

VISTO el Expediente N° 9028/2015 del Registro del MINISTERIO DE RELACIONES EXTERIORES Y CULTO, la Ley N° 24.483 y su Decreto Reglamentario N° 491 de fecha 21 de septiembre de 1995, y

CONSIDERANDO:


Que conforme al Protocolo N° 084/15 de fecha 23 de febrero de 2015, el Arzobispo de Buenos Aires, Mario Aurelio Cardenal POLI, solicita que la “FRATERNIDAD DE LOS APÓSTOLES DE JESÚS Y MARÍA” (FRATERNIDAD SACERDOTAL SAN PÍO X) sea tenida, hasta que encuentre el definitivo encuadramiento jurídico en la Iglesia Universal, como una Asociación de Derecho Diocesano, según lo normado por el canon 298 del Código de Derecho Canónico, in fieri de ser una Sociedad de Vida Apostólica, con todos los beneficios que a ésta le corresponde y dando cumplimiento a todas las obligaciones que a la misma le refiere, asumiendo también las responsabilidades que competen al Prelado diocesano.
Que dicha fraternidad, encuentra acreditada su carácter de persona jurídica pública dentro de la IGLESIA CATÓLICA APOSTÓLICA ROMANA,conforme las normas del Código de Derecho Canónico.
Que según sus estatutos, aprobados por la autoridad eclesiástica competente, la fraternidad es una sociedad sacerdotal de vida común sin votos, a imitación de las sociedades de las Misiones Extranjeras (conf. Capítulo I, Artículo 1°, Estatutos de la Fraternidad de los Apóstoles de Jesús y María).
Que el Artículo 3°, inciso f) del Decreto N° 491/95 autoriza la inscripción en el Registro creado por Ley N° 24.483, a las personas jurídicas reconocidas por la autoridad eclesiástica, que guardan semejanza o analogía con los institutos de vida consagrada y sociedades de vida apostólica.
Que la institución solicitante ha cumplido con todos los requisitos exigidos por la normativa vigente, acompañando sus estatutos, decreto de erección y memoria, de acuerdo a lo establecido por la Ley N° 24.483.

Que corresponde hacer lugar a la presente inscripción toda vez que la peticionante encuadra en los términos previstos por el Artículo 3°, inciso f) del Decreto N° 491/95.
Que la presente medida se dicta en uso de las facultades conferidas por el Artículo 17 del Decreto N° 491/95.
Por ello,
EL SECRETARIO DE CULTO
RESUELVE:
ARTÍCULO 1° — Reconócese como persona jurídica a la “FRATERNIDAD DE LOS APÓSTOLES DE JESÚS Y MARÍA” (FRATERNIDAD SACERDOTAL SAN PÍO X), Asociación de Derecho Diocesano, con sede legal y domicilio especial en la calle Venezuela N° 1318, CIUDAD AUTÓNOMA DE BUENOS AIRES, la que queda inscripta bajo el número TRESCIENTOS OCHENTA Y UNO (381) del Registro de Institutos de Vida Consagrada.
ARTÍCULO 2° — Otórgase a dicha entidad el carácter de entidad de bien público a todos los efectos que correspondan.
ARTÍCULO 3° — Hágase saber que la referida persona jurídica se encuentra beneficiada por el tratamiento dispensado por el Artículo 20, inciso e) de la Ley de Impuesto a las Ganancias (texto ordenado en 1997).
ARTÍCULO 4° — Comuníquese, publíquese, dése a la Dirección Nacional del Registro Oficial y archívese. — Emb. GUILLERMO R. OLIVERI, Secretario de Culto.

[Se puede verificar esta información entrando en la web del Boletín Oficial Argentino indicando en su buscador resolución 25 año 2015]

Traduction française d’Avec l’Immaculée (légèrement améliorée par rapport à la traduction précédente du 13 avril, afin de la rendre plus précise) :

Résolution 25/2015
Bs. As., 17/03/2015

VU le dossier n°9028/2015 du registre du MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES  et du culte, la loi n°24483 et son décret d'application n°491 en date du 21 Septembre 1995, et

ATTENDU :

Que conformément au Protocole n°084/15 en date du 23 Février 2015, l'archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Aurelio POLI demande que la "Fraternité des apôtres de Jésus et Marie" (Fraternité Saint-Pie X) soit considérée, jusqu'à ce qu'elle trouve un cadre juridique définitif  dans l'Église universelle, comme une association de droit diocésain, conformément à ce qui est défini par le canon 298 du Code de droit canonique, en attendant qu'elle devienne une société de vie apostolique, avec tous les droits et devoirs qui correspondent à ce statut, assumant aussi les responsabilités qui relèvent de l'évêque diocésain. 

Que la dite Fraternité de trouve accréditée de son caractère de personne juridique publique à l'intérieur de l'ÉGLISE CATHOLIQUE APOSTOLIQUE et ROMAINE, conformément aux règles du Code de Droit Canonique,

Que, selon ses statuts, approuvés par l'autorité ecclésiastique compétente, la Fraternité est une société sacerdotale vie commune sans vœux, comme les sociétés des missions étrangères (cf. Chapitre I, article 1, Statuts de la Société des Apôtres Jésus et Marie).

Que l'article 3, paragraphe f) du décret n°491/95 autorise l'inscription au registre créé par la loi n°24 483, des personnes juridiques  reconnues par l'autorité ecclésiastique qui sont similaires ou analogues aux Instituts de Vie Consacrée et aux sociétés de vie apostolique.

Que l'institution requérante a rempli toutes les exigences des normes en vigueur, produisant ses statuts, son décret d'érection et son mémoire, en accord avec les dispositions de la loi n°24483.

Qu'il convient d'accepter la présente inscription toutes les fois que le demandeur s'inscrit dans les conditions prévues par l'article 3, paragraphe f) du décret n ° 491/95.

Que la présente mesure est édictée conformément à l'article 17 du décret n°491/95.

En conséquence,

LE SECRÉTAIRE DU CULTE

Décrète :

ARTICLE 1 - qu'est reconnue comme personne juridique la "FRATERNITÉ des apôtres de Jésus et Marie" (Fraternité Saint-Pie X), Association de droit diocésain, siège social et adresse : 1318, rue Venezuela, VILLE AUTONOME DE BUENOS AIRES, laquelle reste inscrite sous le numéro trois cent quatre-vingt un (381) du registre des Instituts de Vie Consacrée.

ARTICLE 2 - qu'est accordé à la dite organisation le statut d'organisme de bien public avec toutes les prérogatives inhérentes ( ?)/ à toutes fins utiles nécessaires ( ?).[ndlr : traduction incertaine]

ARTICLE 3 - Que l'on sache que cette personne juridique bénéficie du traitement prévu par l'article 20, paragraphe e) de la loi sur l'impôt sur le revenu (texte amendé en 1997).

ARTICLE 4 - Ceci est communiqué, publié et transmis à la Direction nationale du Registre officiel, puis archivé. - 

Emb.[?] Guillermo R. OLIVERI, Secrétaire du culte.


Commentaire d’Avec l’Immaculée de la position de l’abbé Pivert :

Abbé Pivert : « La demande de la Fraternité Saint Pie X de se faire reconnaître par l’État argentin n’est pas en soi critiquable. Elle donne la personnalité juridique à la Fraternité Saint Pie X, ce qui est en soi une bonne chose. L’Église a toujours recherché la reconnaissance de sa personnalité juridique par les États. »
Réponse :
Avec l’Immaculée est d’accord sur le principe avec l’abbé Pivert. En soi, il n’est pas critiquable de vouloir faire reconnaître la personnalité juridique de la Fraternité par les Etats...

Mais au niveau de l’acquisition de la personnalité juridique auprès des Etats, il faut savoir plusieurs choses :

1) Chaque Etat a des règles différentes d’attribution de la personnalité juridique. En France par exemple, toute association, du moment qu’elle est déclarée en préfecture, acquiert automatiquement la personnalité juridique. Il n’en est pas de même pour les associations en Argentine. Le Code Civil argentin stipule :
Art.45.- Comienza la existencia de las corporaciones, asociaciones, establecimientos, etc., con el carácter de personas jurídicas, desde el día en que fuesen autorizadas por la ley o por el gobierno, con aprobación de sus estatutos, y confirmación de los prelados en la parte religiosa. (…)
Traduction :
Art.45. - L'existence des corporations, associations, établissements, etc. avec le caractère de personnes juridique, débute depuis le jour où ils ont été autorisés par la loi ou par le gouvernement, avec approbation de leurs statuts, et confirmation des prélats dans la partie religieuse.

Le même Code continue :
Art.46.- Las asociaciones que no tienen existencia legal como personas jurídicas, serán consideradas como simples asociaciones civiles o religiosas, según el fin de su instituto. Son sujetos de derecho, siempre que la constitución y designación de autoridades se acredite por escritura pública o instrumentos privados de autenticidad certificada por escribano público. De lo contrario, todos los miembros fundadores de la asociación y sus administradores asumen responsabilidad solidaria por los actos de ésta. Supletoriamente regirán a las asociaciones a que este artículo se refiere las normas de la sociedad civil.
Traduction :
Art.46. - Les associations qui n'ont pas d'existence légale comme personnes juridiques, seront considérées comme de simples associations civiles ou religieuses, selon la fin de leur institut. Ce sont des sujets de droit, à chaque fois que la constitution et une désignation d'autorités s'accrédite par une écriture publique ou des moyens privés d'authenticité certifiée par un notaire public. Dans le cas contraire, tous les membres fondateurs de l'association et ses administrateurs assument une responsabilité solidaire pour les actes de celle-ci. Les normes de la société civile régiront à titre supplétif les associations auxquelles cet article se rapporte.

On voit donc, au regard des articles 45 et 46 du Coce civil argentin que la FSSPX de Buenos Aires, qui avait auparavant le statut d’association civile, n’avait pas de personnalité juridique, puisqu’étant une association religieuse, elle devait avoir obligatoirement l’approbation de l’autorité ecclésiastique pour obtenir une personnalité juridique civile auprès de l’Etat argentin (cf. art. 45). Elle avait cependant un statut qui lui permettait de vivre bien et d’exercer son apostolat. Elle était considérée « sujet de droit » (cf. art.46), comme toutes les autres religions exerçant leur apostolat sous forme associative.

2) Dans la mesure où l’Etat argentin stipule que pour bénéficier du statut de personnalité juridique, quand on est une association religieuse, il faut nécessairement l’accord de l’autorité ecclésiastique (cf.art. 45) et dans la mesure où l’accord de l’autorité ecclésiastique, selon la loi argentine n°24483 article 1 amendée par le décret n°491/95 art. 3 pragraphe f), passe par une reconnaissance canonique, la recherche de personnalité juridique auprès de l’état argentin est peccamineuse, pour les associations catholiques.

Nous avons démontré dans notre article du 17 avril 2015 de réponse à DICI que pour les associations religieuses, la reconnaissance administrative de la personnalité juridique publique civile par l’Etat argentin passe par une reconnaissance canonique de l’Eglise officielle. Nous résumerons de nouveau cette démonstration un peu plus bas.

3) Il faut que la reconnaissance de la personnalité juridique de la FSSPX par les Etats puisse être faite sans compromission d’aucune sorte, sans le moindre péché. C’est ce que rappelle Dieu le Père à Sainte Catherine de Sienne, au chapitre X du Dialogue : 

Quand il suffirait d’un seul péché pour délivrer de l’enfer le monde entier, ou pour produire une action de grande importance, ce ne serait pas d’une charité ordonnée avec discrétion de le commettre ; une semblable charité serait même dépourvue de toute discrétion, car il n’est pas permis de se rendre coupable de péché, même pour accomplir un grand acte de vertu, ou pour servir le prochain.
Or ici, en l’occurrence, il y a une compromission grave puisque la nouvelle personnalité juridique de la FSSPX de Buenos Aires a été obtenue en faisant droit à la demande du cardinal Poli de l’assimiler à une association de droit diocésain selon le canon 298 et que l’Etat argentin affirme que la FSSPX de Buenos Aires est conforme aux règles du Droit canonique  – « conforme las normas del Código de Derecho Canónico ». L’état argentin considère ici clairement, par cette expression que la FSSPX de Buenos Aires a effectué sa reconnaissance canonique. Il la traitera dorénavant selon le régime des associations diocésaines régies par le canon 298.

Abbé Pivert : « Je n’ai pas assez d’éléments pour savoir jusqu’à quel point cette reconnaissance était nécessaire, sachant que, depuis son établissement il y a trente ans, la Fraternité Saint Pie X a pu accomplir son apostolat sans être reconnue [par l’Etat argentin, dans le contexte]. »
Réponse :
1) Comme nous l’avons vu plus haut avec la citation du Dialogue de Sainte Catherine de Sienne, même dans le cas d’école où cette reconnaissance aurait été absolument nécessaire pour que la FSSPX reste à Buenos Aires (ce qui n’est absolument pas le cas), il n’était pas permis de faire le moindre péché pour l’obtenir. La question n’est donc pas de savoir si la reconnaissance était nécessaire ou non à l’apostolat, mais si elle comportait des éléments peccamineux ou non. Il ne faut pas être pragmatique mais rester ferme sur les principes…

2) L’abbé Pivert rappelle cependant avec justesse que la FSSPX de Buenos Aires exerçait depuis 30 ans son apostolat là-bas sans bénéficier de ce nouveau statut… Mais l’expression qu’il utilise --  sans être reconnue – manque de précision et induit de nouveau le lecteur en erreur. En effet, la FSSPX de Buenos Aires était depuis toujours reconnue par l’Etat argentin… mais pas en tant que personne juridique appartenant à l’Eglise catholique. Elle était reconnue en tant qu’association civile, au même titre que les religions différentes de la religion catholique.

Voici la première réflexion ajoutée par l’abbé Pivert ce matin :
Abbé Pivert : « Cependant, quoique la démarche de se faire reconnaître soit légitime en soi, elle est ici mise au service du rapprochement avec l’Église conciliaire et avec le monde, ce qui est gravement vicieux. »
Réponse :
Il est vrai qu’il est gravement vicieux de se rapprocher de l’Eglise concilaire. Si l’on se rapproche du monde en faisant des concessions sur les principes, c’est également vicieux. Si c’est pour le convertir ou en user légitimement, il n’y a pas de mal.

Abbé Pivert : « La déclaration de l’archevêque n’a aucune valeur ni aucune signification canonique. »
Réponse :
L’abbé Pivert, canoniste, ne prouve aucunement cette affirmation péremptoire qui défie toutes les lois de la raison. En effet, si une association est conforme aux règles du Droit canonique et a été reconnue comme telle par l’autorité ecclésiastique compétente et par un Etat, comment affirmer qu’il n’y a pas eu de reconnaissance canonique ? La reconnaissance canonique d’une association est-elle liée à une déclaration orale de Rome, de Menzingen ou du Cardinal Poli affirmant : « il y a une reconnaissance canonique » ou bien est-elle liée à l’observation d’une procédure objective fixée par le Code de Droit canon ? Elle est liée à l’observation d’une procédure objective, bien sûr. Comment peut-on dire qu’une association officiellement déclarée conforme au Droit canonique n’a pas eu de reconnaissance canonique ?

Nous résumons donc ici la démonstration faite le 17 mars pour DICI, prouvant qu’il y a eu reconnaissance canonique :

En Argentine, pour les associations religieuses, la reconnaissance administrative de la personnalité juridique publique civile par l’Etat argentin passe par une reconnaissance canonique de l’Eglise officielle. puisqu’il faut, selon les textes de loi argentins cités ci-dessus, deux éléments :

- une déclaration officielle de l’autorité ecclésiastique reconnaissant la personnalité juridique à l’intérieur de l’Eglise catholique,

- une approbation des statuts de l’association requérante par l’autorité ecclésiastique compétente.

Or, ces deux conditions exigées par l’Etat argentin sont les mêmes que celles exigées par le code de Droit canonique de 1983, pour la reconnaissance des personnes juridiques publiques au sein de l’Eglise catholique. Le Code de Droit canonique de 1983 décrète en effet :

Can. 116 - § 1. Les personnes juridiques publiques sont des ensembles de personnes ou de choses, constitués par l'autorité ecclésiastique compétente afin de remplir au nom de l'Église, dans les limites qu'elle se sont fixées et selon les dispositions du droit, la charge propre qui leur a été confiée en vue du bien public ; les autres personnes juridiques sont privées.
§ 2. Les  personnes juridiques publiques reçoivent la personnalité juridique du droit lui-même ou par un décret spécial de l'autorité compétente qui la concède expressément ; les personnes juridiques privées ne reçoivent cette personnalité que par décret spécial de l'autorité compétente qui la concède expressément.

Can. 117 - Aucun ensemble de personnes ou de choses désireux d'acquérir la personnalité juridique, ne peut l'obtenir sans que ses statuts n'aient été approuvés par l'autorité compétente.

Pour être une personne juridique publique d’Eglise conforme au droit canonique de 1983, il faut donc deux choses :

- être reconnue par décret spécial de l’autorité ecclésiastique compétente qui concède expréssement la personnalité juridique publique au sein de l’Eglise,

- avoir ses statuts approuvés par cette même autorité ecclésiastique compétente.

Si ces deux conditions sont remplies, il y a reconnaissance canonique puisqu’il y a parfaite conformité à ce qui est requis par le code de Droit canonique de 1983.

Nous avons étudié également dans l’articlede réponse à DICI les conditions de conformité des associations diocésaines au Code de Droit Canonique, puisqu’à présent le statut officiel de la FSSPX du diocèse de Buenos Aires est celui d’association diocésaine :

EL SECRETARIO DE CULTO
RESUELVE:
ARTÍCULO 1° — Reconócese como persona jurídica a la “FRATERNIDAD DE LOS APÓSTOLES DE JESÚS Y MARÍA” (FRATERNIDAD SACERDOTAL SAN PÍO X), Asociación de Derecho Diocesano, con sede legal y domicilio especial en la calle Venezuela N° 1318, CIUDAD AUTÓNOMA DE BUENOS AIRES, la que queda inscripta bajo el número TRESCIENTOS OCHENTA Y UNO (381) del Registro de Institutos de Vida Consagrada.
Traduction :
LE SECRÉTAIRE DU CULTE
Décrète :
ARTICLE 1 - qu'est reconnue comme personne juridique la "FRATERNITÉ des apôtres de Jésus et Marie" (Fraternité Saint-Pie X), Association de droit diocésain, siège social et adresse : 1318, rue Venezuela, VILLE AUTONOME DE BUENOS AIRES, laquelle reste inscrite sous le numéro trois cent quatre-vingt un (381) du registre des Instituts de Vie Consacrée.

L’Etat argentin nomme la FSSPX de Buenos Aires association de droit diocésain, cette expression association de droit diocésain étant apposée au nom Fraternité Saint Pie X. Cela prouve bien que l’expression tenida como (considérée comme), employée au début de la résolution officielle doit être prise au sens fort. L’Etat argentin ne fait pas semblant, contrairement à ce que tout le monde essaye de nous faire croire. L’Etat argentin considère clairement que la FSSPX de Buenos Aires est devenue une association de Droit diocésain à part entière.

Il déclare donc dans ce document officiel, qu’à la demande du cardinal Poli à laquelle il accède volontiers, il proclame officiellement, publiquement et juridiquement que la FSSPX de Buenos Aires est une association diocésaine. C’est sur la demande du cardinal que se base toute la décision de l’Etat argentin. L’Etat argentin n’a pas le droit juridiquement de considérer comme catholique une association qui ne rentre pas dans l’une des catégories prévues au code de droit canonique de 1983. C’est donc parce que le cardinal Poli lui a dit que la FSSPX de Buenos Aires pouvait être considérée comme une association diocésaine relevant du canon 298 que l’Etat donne véritablement à la FSSPX le statut d’association diocésaine.

L’Etat argentin n’a pas le droit de déclarer association diocésaine une association qui ne le serait pas vraiment canoniquement. Il serait dans l’illégalité la plus totale s’il faisait cela. Cela ouvrirait la porte à tous les abus. C’est ce que dit le juriste argentin dans le texte publié hier sur notre blog an anglais :
Legal Reasoning must be nourished on Logic. Something cannot "exist and not exist" simultaneously. The Res.25/15 of the Ministry of Foreign Affairs of Argentina has definitely changed the situation. Today the SSPX -by the initiative of the Archbishop of Buenos Aires- is an association of the faithful under the terms of art.298 of the Code of Canon Law and is on the track to being an Institute of Consecrated Life, enjoying full recognition within the Roman Catholic Apostolic Church.
Traduction :
Le raisonnement juridique doit être nourri par la logique. Une chose ne peut "exister et ne pas exister" simultanément. La Résolution 25 / 15 du Ministère des Affaires étrangères d'Argentine a définitivement changé la situation. Aujourd'hui la FSSPX -- par l'initiative de l'archevêque de Buenos Aires -- est une association de fidèles d’après les termes du canon 298 du Code de Droit canonique et elle est sur la voie d'être un Institut de vie consacrée, bénéficiant d’une pleine reconnaissance au sein l'Eglise catholique, apostolique et romaine.

Examinons à présent si cette nouvelle association diocésaine est bien conforme au Droit canonique :

Nous avons vu dans la réponse à DICI que pour les associations diocésaines, les conditions de conformité au Code de Droit canonique étaient :
- qu’elles soient érigées par l’évêque du lieu (can. 312 §1-3),
- qu’il écrive son consentement (can. 312 §2),
- qu’il approuve les statuts (can. 314)

Or le protocole N° 084/15 du 23 février 2015 du cardinal Poli remplit ces conditions. Le texte en espagnol ci-dessus mentionne clairement l’approbation écrite du cardinal Poli dans son protocole et il mentionne également en toute lettres l’approbation que le cardinal a fait des statuts… Pourrait-on cependant pinailler et objecter qu’il n’y a pas eu de décret d’érection en bonne et due forme ? Même pas ! En effet voici ce que dit le décret Nº 491/95 
auquel il est fait référence dans le Journal officiel, en son article 6º : (Attention, le passage ci-dessous est entièrement nouveau et très important pour démontrer la reconnaissance canonique) :
 « Son requisitos para la inscripción en el REGISTRO DE INSTITUTOS DE VIDA CONSAGRADA:
a) Presentar copia del Decreto de Erección dado por autoridad eclesiástica competente, de sus constituciones vigentes, y del acto de aprobación de ellas otorgado por la autoridad eclesiástica competente »
Traduction :
"Sont requis, pour l’inscription au Registre des Instituts de Vie Consacrée :
a) de soumettre une copie du décret d'érection donnée par l'autorité ecclésiastique compétente, leurs numéros de constitutions, et l'acte d'approbation que leur a octroyé l'autorité ecclésiastique compétente "
On sait donc avec certitude qu’il y a eu décret d’érection et approbation, (au cas ou l’on serait également tenté de dire que le protocole du cardinal Poli n’est pas une approbation). Le protocole N° 084/15 est probablement ce décret d’érection… à moins qu’il n’ait été accompagné d’une pièce jointe étant le décret. Mais à notre avis, c’est plutôt la première solution : le protocole est par lui-même le décret.

Toutes les conditions exigées par le code de Droit Canonique ont donc été scupuleusement remplies. L’Etat argentin conclut donc : « Que la dite Fraternité se trouve accréditée [de] son caractère de personne juridique publique à l'intérieur de l'Eglise catholique apostolique romaine conformément aux normes du Code de Droit canonique. »

Abbé Pivert : « On ne peut donc attaquer raisonnablement la Fraternité Saint Pie X sur ces points. »
Réponse :
Nous avons démontré qu’au contraire, il n’était pas raisonnable de ne pas attaquer la FSSPX. Cela n’est pas raisonnable car cela nie la réalité juridique officielle sur quelques bonnes paroles dites en l’air et nullement étayées.
Notons l’expression « sur ces points » employée par l’abbé Pivert. Elle manque de précision. En effet, selon l’abbé Pivert, l’un des points sur lesquels on attaque la FSSPX de Buenos Aires est le fait qu’elle veuille obtenir une personnalité juridique de la part de l’Etat argentin. Or, pour notre part tout au moins, nous n’attaquons pas la FSSPX parce qu’elle veut obtenir d’un Etat une personnalité juridique, mais parce qu’elle veut obtenir la personnalité juridique catholique et que pour ce faire, elle effectue une reconnaissance canonique diocésaine, pour la portion de sa communauté qui est à Buenos Aires. Il n’y a donc qu’un seul point énoncé par l’abbé Pivert sur lequel nous attaquons la Fraternité Saint Pie X : la reconnaissance canonique par le cardinal Poli.

Abbé Pivert : « Les points inquiétants sont plutôt, une fois de plus, les bons rapports entretenus par la Fraternité Saint Pie X avec les autorités conciliaires et dans la réponse bienveillante de celles-ci. » 
Réponse :
Rappelons que l’abbé Pivert n’est pas pour le nullam partem avec Rome tant qu’elle n’est pas convertie. Non seulement il veut bien avoir des relations avec elle mais il veut bien obtenir également une reconnaissance canonique de sa part, s’il juge que cette reconnaissance canonique lui permettrait de prêcher avec suffisamment d’autonomie le Règne du Christ-Roi dans l’esprit de Mgr Lefebvre, si Rome lui affirme qu’elle accepte le magistère antérieur à Vatican II et si elle lui laisse le serment antimoderniste. Cela lui suffit. Cf. Chapitre 6 et première moitié du chapitre 7 de son livre : Mgr Lefebvre -- Nos rapports avec Rome. Nous avons déjà démontré que Benoît XVI avait accepté le magistère antérieur à Vatican II, le 10 mars 2009 (1). Ce que l’abbé Pivert trouve inquiétant, ce n’est donc pas le principe d’aller à Rome avant qu’elle ne soit convertie, mais c’est d’y aller maintenant, en raison de leurs mauvaises dispositions actuelles, pense-t-il. Si Rome commençait à tenir un discours plus traditionnel, il irait volontiers, avant leur conversion. C’est une erreur grave selon lui de ne plus vouloir discuter et de ne plus vouloir faire un accord avec eux tant qu’ils ne sont pas entièrement convertis. C’est une sorte de sédévacantisme déguisé, pense-t-il. (cf. article sur l'abbé Pivert)

Il ne comprend pas qu’une telle disposition d’esprit va contre tout ce que nous ont enseigné les apôtres et les pères de l’Eglise. (cf. onglet nullam partem
 Une telle disposition va également contre le discernement des esprits qui enseigne qu’il ne faut pas se mettre en occasion de péché. La réponse bienveillante de Rome n’est pas un problème pour l’abbé Pivert, à condition qu’elle remplisse les conditions qu’il réclame.

Abbé Pivert : « Sachant que Rome et Menzingen sont d’accord pour un rapprochement par les faits, voici un fait de plus, qui n’est pas le plus grave, mais qui s’ajoute aux autres. »
Réponse :
Non seulement c’est l’un des faits les plus graves, puisqu’il s’agit d’une reconnaissance canonique d’une portion de la FSSPX en tant qu’association diocésaine, mais en plus il s’agit d’une reconnaissance canonique octroyée comme une arrhe de la reconnaissance canonique mondiale future de la Fraternité Saint Pie X par Rome. Cette reconnaissance canonique mondiale est présentée comme certaine et c’est parce qu’on sait qu’elle va se produire certainement qu’on commence déjà à la donner localement, à Buenos Aires. Le fait est donc gravissime car pour la première fois, il est affirmé officiellement mondialement que la reconnaissance canonique de la FSSPX par Rome va certainement avoir lieu. On nous indique même obligeamment, afin de préparer les esprits, sous quel statut sera la FSSPX ; ce sera une société de vie apostolique, (régie par les canons 731 à 755 du nouveau code de droit canon de 1983 
).  DICI, loin de démentir, cite avec complaisance cet extrait du texte officiel : « Il ne s’agit que d’une démarche permettant une décision administrative de l’Etat argentin, en attendant « qu’un cadre juridique définitif soit accordé (à la Fraternité) dans l’Eglise universelle ». Ils écrivent cela après avoir dit quelques jours auparavant que le temps était à l’hiver avec Rome… Ils jouent avec les esprits de leurs fidèles et de leurs prêtres comme un chat avec une souris. Ils disent tout et le contraire de tout, ils alternent complaisamment les jets d’eau chaude et d’eau froide, jusqu’à ce que leurs pauvres brebis, complètement perdues et prises de vertige, abdiquent tout jugement. Et l’abbé Pivert, par cet avis, les aide dans leur besogne…

Voici un autre passage rajouté ce matin par l’abbé Pivert :
Abbé Pivert : En effet, quoique la reconnaissance ne soit pas canonique, elle établit bien, et aux yeux de tous, la Fraternité Saint Pie X dans le camp de l’Église conciliaire. Elle l’établit dans un état de sujétion aux autorités ecclésiastiques argentines, qui, pour ne pas être canonique, n’en est pas moins réel et grave.
Réponse :
Cela manque de précision. Pour répondre à Sean Johnson, qui est intervenu sur le forum juste après les précisions de l’abbé Pivert, c’est un état de sujétion à la fois canonique et administratif :
a. Un état de sujétion canonique :
Le cardinal Poli, d’après le code de droit canon peut très bien retirer son protocole du jour au lendemain :
Can. 320 - § 2. Pour des causes graves, la conférence des Évêques peut supprimer les associations érigées par elle-même; l'Évêque diocésain peut supprimer celles qu'il a lui-même érigées, et aussi celles qui ont été érigées en vertu d'un indult apostolique par des membres d'instituts religieux avec le consentement de l'Évêque diocésain.
b. un état de sujétion administratif :
L’état de sujétion administratif est établi par le Décret N° 491 du 21 septembre 1995 cité dans la résolution publiée au Journal officiel argentin :
Artículo 12º 
Una vez otorgada una inscripción, únicamente podrá ser revocada:
a) A pedido de la propia institución inscripta.
b) Por privación legítima y firme de la personalidad jurídica canónica dispuesta por la autoridad eclesiástica competente.
c) Por decisión judicial firme.
Traduction :
Article 12 :
Une fois l’inscription accordée, elle peut être révoquée uniquement :
a) à la demande de l'institution inscrite.
b) par la privation légitime et ferme de la personnalité juridique canonique donnée par l'autorité ecclésiastique compétente.
c) par une décision de justice définitive.
Commentaire :
Le a) montre la FSSPX de Buenos Aires peut revenir en arrière, si elle le désire…
Le b) montre que si le Cardinal Poli retire la personnalité juridique, alors l’Etat argentin la retire automatiquement. C’est donc la traduction administrative de la sujétion canonique.
Le c) montre que l’Etat argentin peut de lui-même décider de retirer la personnalité juridique et en cela, il y a également sujétion administrative de la FSSPX de Buenos Aires.

Contrairement à ce que dit l’abbé Pivert, il y a donc sujétion canonique, en plus de la sujétion administrative. La sujétion administrative n’est pas plus grave que la sujétion de la FSSPX dans d’autres pays du monde. Elle est normale et compréhensible. Mais la sujétion canonique, qui se traduit automatiquement par une mesure administrative, est extrêmement grave. Beaucoup plus encore que l’abbé Pivert ne le dit, puisqu’il y a eu reconnaissance canonique. Nous ne voyons pas en quoi il pourrait y avoir un état de sujétion à des autorités ecclésiastiques qui ne soit pas un état de sujétion canonique, ainsi que le dit l’abbé Pivert. A notre avis, une telle notion n’existe pas. Toute sujétion officielle à une autorité de l’Eglise est forcément canonique… En effet, dans l’Eglise, seul le Droit canonique a un pouvoir de coercition, par les mesures disciplinaires qu’il prend. Il n’existe pas dans l’Eglise de mesure disciplinaire qui ne relève pas du Droit canonique.

Abbé Pivert : « De plus, la Fraternité Saint Pie X acquiert par là une « respectabilité ». Être admise dans la vie publique, c’est tout ce qu’elle recherche, peu lui importe que cela la fasse entrer dans le système de nos adversaires.
Réponse :
Tout cela n’est pas très précis. Ce sont des paroles en l’air, puisqu’elles ne sont pas prouvées par l’établissement du fait qu’il y a bien eu reconnaissance canonique. C’est en soi très bien de vouloir être respectable, si c’est sans faire de péché. Cela aide l’apostolat. Saint Thomas dit que ceux qui sont amenés à défendre la foi doivent faire attention à défendre leur réputation, si elle est attaquée et s’ils le peuvent sans faire de péché. « Entrer dans le système » est une expression qui n’est pas assez précise. En effet, rechercher la personnalité juridique auprès des états est aussi vouloir rentrer dans le système et l’abbé Pivert disait que c’était bien. L’abbé Pivert trouve également que c’est bien d’entrer dans le système de l’Eglise conciliaire si elle nous autorise à garder le serment antimoderniste, à prêcher le Règne du Christ-Roi avec un évêque et si elle dit accepter le magistère antérieur… Donc il veut lui aussi entrer dans ce système quand cela lui plaît. Il n’établit ici aucun principe.

Abbé Pivert : « Comme d’habitude, elle minimise la portée de son acte en parlant de décision purement administrative, comme si l’administratif n’était rien. Ce n’est pas ce qu’elle disait quand elle condamnait les abbés Salenave et Pinaud par la voie administrative. »
Réponse :
L’abbé Pivert semble dire ici que cette nouvelle mesure administrative est problématique, mais il ne précise pas comment. Pourtant, l’obtention administrative d’un nouveau statut plus avantageux n’est pas forcément un problème, si aucune concession doctrinale ni aucun péché ne sont faits pour l’obtenir. La FSSPX en France est accréditée par voie administrative pour recevoir des dons déductibles fiscalement et les legs et cela ne crée pas de soucis… Il y a donc un problème en Argentine non pas à cause du nouveau statut administratif en tant qu’il est administratif, mais en tant que l’obtention de cet avantage administratif est subordonné à une reconnaissance canonique.

Abbé Pivert : « La vérité est que la Fraternité Saint Pie X est en train de remplacer la fidélité aux principes et à la foi par une pure « praxis », ce qui est marxiste. »
Réponse :
Si par « praxis » l’abbé Pivert entend pragmatisme, nous sommes d’accord avec lui. Mais lui aussi est pragmatique, puisqu’il dit que s’il est contre un accord « purement pratique » à la Mgr Fellay, il ne répudie cependant pas un accord pratique avec la Rome moderniste, si celui-ci lui permet de prêcher le Règne du Christ-Roi aux conditions énoncées ci-dessus et s’il juge que Rome, par sa bonne volonté, est en voie de conversion… L’abbé Pivert lui aussi manque donc de principes.

Une histoire d’argent ?

Le gouvernement argentin fait bénéficier la FSSPX de Buenos Aires à l’article 3 de sa décision de l’exemption d’impôt réservée aux « instituts de vie consacrée et aux sociétés de vie apostolique appartenant à l’Eglise catholique romaine » :
ARTÍCULO 3° — Hágase saber que la referida persona jurídica se encuentra beneficiada por el tratamiento dispensado por el Artículo 20, inciso e) de la Ley de Impuesto a las Ganancias (texto ordenado en 1997).
Traduction :
ARTICLE 3 - Que l'on sache que cette personne juridique bénéficie du traitement prévu par l'article 20, paragraphe e) de la loi sur l'impôt sur le revenu (texte commandé en 1997).

Voici ce que dit l’article 20 e) de la loi de l’impôt sur le revenu en Argentine, texte modifié en 1997 :

EXENCIONES
Art. 20 - Están exentos del gravamen:
[…]
e) Las ganancias de las instituciones religiosas.
(Nota: Decreto N° 1.092/97 (B.O. 27/10/97) establece que los Institutos de Vida Consagrada y las Sociedades de Vida Apostólica pertenecientes a la Iglesia Católica Apostólica Romana serán beneficiarias del tratamiento dispensado por el presente inciso sin necesidad de tramitación adicional alguna, bastando la certificación que a tal efecto expida la Secretaría de Culto del Ministerio de Relaciones Exteriores, Comercio Internacional y Culto.)
Traduction :
EXEMPTIONS
Art 20 - sont exonérés d'impôt:
[...]
e) Les profits des institutions religieuses.
(Note : le décret n ° 1092/97 (BO 27/10/97) indique que les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique appartenant à l'Eglise catholique, apostolique et romaine seront bénéficiaires du traitement prévu par le présent paragraphe, sans qu’aucun d’examen complémentaire ne soit nécessaire, la certification délivrée à cet effet par le Secrétariat du Culte du Ministère des Affaires étrangères, du Commerce international et du Culte étant suffisante.)

Il y a donc peut-être en partie une histoire d’argent derrière tout cela. Il est possible que ce soit en partie pour être exonérée d’impôts que la FSSPX de Buenos Aires ait voulu effectuer sa reconnaissance canonique.

Mais ne nous leurrons pas. L’argent n’est pas la cause première de cette démarche. La cause première de cette démarche est selon nous la volonté maçonnique de familiariser les esprits avec l’idée d’une reconnaissance canonique mondiale officielle de la FSSPX, une reconnaissance volontairement présentée comme certaine et proche, une reconnaissance annoncée par l’Etat argentin, afin de rendre plus blancs que neige le Pape et Mgr Fellay. Il y a ici à notre avis une orchestration faite d’un commun acccord entre la Fraternité, l’Eglise officielle et l’Etat argentin, afin de préparer psychologiquement les esprits. Le juriste argentin note bien :
"The procedure took about fifteen business days, unfit for any bureaucratic procedure, unless a very tedious application was made, without missing anything and managed in advance with authority. The record is slash fifteen (/ 15) which shows that it started this year and is not merely a note from Poli accompanying a process from 2011, as stated by the Agency DICI.
"It is impossible that this was reached without the agreement of Rome and Ecône."
Traduction :
« La procédure a pris une quinzaine de jours ouvrables, ce qui est impropre à toute procédure administrative, à moins qu’une demande très minutieuse n’ait été faite, sans qu’il ne manque rien et organisée à l’avance avec l'autorité. L'enregistrement est slash quinze (/ 15), ce qui montre qu'il a commencé cette année et que ce n’est pas seulement une note de Poli accompagnant une procédure datant de 2011, comme indiqué par l'Agence DICI.
Il est impossible que cela a été obtenu sans l'accord de Rome et Ecône. »

Il est possible que le dossier ait été préparé en privé depuis 2011 par l’abbé Bouchacourt, comme le dit DICI… Mais la procédure administrative a été officiellement initiée et bouclée en quelques jours, en 2015. Le protocole du cardinal Poli date du 23 février 2015. Tout s’est donc précipité, en très peu de temps.

Prions pour Mgr Fellay, les évêques de la Fraternité, les prêtres qui ont participé à cette affaire, afin qu’ils se réveillent et réalisent l’énormité de leur forfait. Il leur suffit de dénoncer cet accord et de redevenir comme avant. Si Mgr Fellay refusait de reconnaître son erreur, comme c’est malheureusement probable, il faudrait qu’au moins les prêtres de Buenos Aires aient le courage de quitter la Fraternité Saint Pie X et de rejoindre la Résistance. S’ils ont ce courage, d’un mal on pourra tirer un bien. Prions pour qu’ils cessent de s’aveugler en se racontant de belles histoires…

Mais pour cela, il faudrait que les prêtres de la Résistance fassent le travail du bon ange tel qu’il est décrit aux retraites de Saint Ignace. Il faudrait donc qu’ils proclament tous la vérité au lieu de se taire ou de tenir plus ou moins le même discours que DICI... Pour l’instant, les prêtres de la FSSPX sont confortés dans leur erreur par des personnalités de nos propres rangs ! Comment auraient-ils donc la force d’âme de venir nous rejoindre, alors que l’abbé Pivert leur dit : « La déclaration de l’archevêque n’a aucune valeur ni aucune signification canonique. On ne peut donc attaquer raisonnablement la Fraternité Saint Pie X sur ces points (…) Voici un fait de plus, qui n’est pas le plus grave, mais qui s’ajoute aux autres. »

Etant donné la confusion actuelle, nous ne pouvons plus faire confiance aveuglément à personne pour connaître parfaitement la volonté de Dieu. Quand un prêtre ou un évêque donne son avis, il faut voir si cet avis est basé sur des principes doctrinaux solides, étayé sur des faits, des textes solides. Si l’avis est donné en l’air et ne repose sur rien et qu’à côté de cet avis nous avons des preuves ou des textes doctrinaux allant dans un sens contraire, alors n’hésitons pas à prendre distance par rapport à l’autorité ecclésiastique qui n’a de valeur qu’en tant qu’elle nous mène à Dieu et nous tient le discours de la vraie doctrine catholique. Nous avons notre raison que le Bon Dieu nous a donnée, notre formation doctrinale et la miséricorde de Dieu qui écoute toujours les prières qui remplissent les quatre conditions données par Saint Thomas d’Aquin


Note :
(1) Benoît XVI dans sa lettre aux évêques de l'Eglise catholique du 10 mars 2009 : " On ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité. Cependant, à certains de ceux qui se proclament comme de grands défenseurs du Concile, il doit aussi être rappelé que Vatican II renferme l’entière histoire doctrinale de l’Église. Celui qui veut obéir au Concile, doit accepter la foi professée au cours des siècles et il ne peut couper les racines dont l’arbre vit." On voit donc que les modernistes qui occupent Rome, acceptent officiellement l'enseignement antérieur à Vatican II. La condition posée par Mgr Lefebvre est remplie par cette lettre de Benoît XVI. Cette condition est donc insuffisante car Benoît XVI, tout en écrivant cela prêchait en même temps une doctrine hérétique, très bien décrite par Mgr Tissier dans l'étrange théologie de Benoît XVI.