jeudi 19 février 2015

La chasse aux principes inadéquats






Nous remercions un de nos lecteurs qui vient de nous envoyer un article très bien documenté et bien fait des Dominicains d'Avrillé sur les visites de Mgr Schneider et Mgr Brandmüller à la FSSPX.

Un passage de l'article des Dominicains a particulièrement retenu notre attention. Le voici :
Dans Fideliter de janvier/février 2015, M. l’abbé Toulza écrivait pertinemment : La crise ne se résoudra pas par des personnes plus ou moins adéquates si elles ne renoncent à des principes inadéquats. La restauration de la vérité et du bien dans l’Église n’a pas commencé et ne pourra pas se faire sans remettre en cause les principes dont Benoît XVI et François se réclament l’un comme l’autre, quoique d’une façon indéniablement différente.

Oui, cela est bien dit. C'est très beau... Quoiqu'il faudrait voir en quoi Benoît XVI diffère de François... Sur le fond, ils défendent tous les deux les principes maçonniques de liberté religieuse et de faux œcuménisme. Ils ont tous les deux écrit des hérésies (cf. l'étrange théologie de Benoît XVI de Mgr Tissier de Mallerais). Nous trouvons que cette phrase de l'abbé Toulza crée un malaise, étant donné le contexte dans lequel elle est écrite et puis citée par les Dominicains... En effet, nous ne pouvons nous empêcher de penser qu'il faudrait peut-être commencer par examiner nos propres principes avant de vouloir faire la leçon aux autres. C'est avec douleur que nous constatons qu'au sein même de la Résistance, les mauvais principes se multiplient, de même qu'au sein de la Fraternité Saint Pie X. 

Examinons d'abord les mauvais principes de la FSSPX et l'attitude de l'abbé Toulza vis-à-vis de ceux-ci :
L'abbé Toulza ne condamne pas les mauvais principes du Chapitre de 2012, c'est-à-dire la volonté de faire un accord pratique avec des hérétiques (cf. les six conditions en onglet de ce blog). Le Chapitre de 2012 accepte le principe criminel selon lequel nous pourrions nous remettre sous l'autorité d'un pape hérétique comme François. L'abbé Toulza le sait et ne dit rien...  Il reste tranquillement au sein de la FSSPX et a le droit d'écrire dans Fideliter. Il Quel crédit pouvons-nous donc accorder à ses belles paroles ? Pourquoi le Père Pierre-Marie présente-il l'abbé Toulza comme quelqu'un de bien et qui pense correctement, alors que son attitude coupable de soumission envers les mauvais principes de Mgr Fellay dément ses paroles par lesquelles il affirme l'importance des principes ? Que l'abbé Toulza commence donc par se battre lui-même pour les bons principes, avant de faire ce genre de déclaration. Il n'est pas crédible de se présenter comme quelqu'un qui défend les principes quand on a son attitude. Il est dangereux que le Père Pierre-Marie nous le présente comme étant bien.

Les mauvais principes au sein de la Résistance :
Pouvons-nous en conscience envoyer nos lecteurs lire cet article des Dominicains en ne l'accompagnant que de louanges et en occultant le grave différend qui nous sépare du Père Pierre-Marie ? Pouvons-nous présenter comme excellent et sans danger ce site des Dominicains qui s'entête à afficher une déclaration doctrinale si mauvaise, faussement nommée déclaration de fidélité catholique ? Pouvons-nous nous taire sur les idées ambiguës du Père Pierre-Marie, au sujet des rapports que la Résistance pourrait avoir avec Rome ?

Nous ne savons toujours pas si le Père Pierre-Marie a retiré le très mauvais passage de la première mouture de la déclaration de fidélité catholique (condamnant la position de la Résistance de refus de tout accord avec Rome tant qu'elle n'était pas convertie) afin d'éviter les vagues (dans le même esprit que Mgr Fellay a retiré sa déclaration du 15 avril 2012) ou bien s'il a retiré le passage le pire de cette déclaration par conviction, en s'apercevant de son erreur. Le Père Pierre-Marie n'a toujours pas condamné le principe de vouloir faire un accord avec Rome avant qu'elle ne soit entièrement convertie, malgré nos demandes d'éclaircissement et nos supplications... Il a la même attitude que nous condamnons chez Mgr Fellay : une attitude ambiguë. 
[Pour relire la première mouture de cette déclaration inacceptable et notre commentaire, voici le lien.]

Dans la deuxième mouture de sa déclaration, qui est présentée sur son site de façon louangeuse, comme étant vraiment catholique, on voit que le Père Pierre-Marie est toujours prêt à accepter des parties de Vatican II et qu'il refuse de préciser lesquelles. Il se contente d'une déclaration vague demandant au pape de condamner les mauvais textes de Vatican II, mais il ne veut pas, malgré nos demandes, condamner Vatican II en son entier, ce qui est pourtant obligatoire, au vu de Saint Thomas d'Aquin qui enseigne que lorsqu'une doctrine contient une hérésie, tout le reste de cette doctrine ne doit être considéré que comme une opinion personnelle d'un hérétique et non comme vérité de foi. L'unique attitude doctrinale correcte vis-à-vis de Vatican II est de le rejeter en son entier. Il n'y en a pas d'autres. Cela a été développé dans cet article qui explique en détail pourquoi la deuxième mouture de la dite déclaration de fidélité catholique reste mauvaise. 

Rappelons que l'abbé Pivert, de même que les Dominicains d'Avrillé, n'a toujours pas précisé son attitude au sujet des rapports que la Résistance devrait avoir avec Rome et qu'aux dernières nouvelles, il condamne toujours la position de notre blog qui est de refuser tout d'accord pratique avec Rome avant la conversion complète de celle-ci. Dans son mauvais livre ambigu Nos rapports avec Rome, il distingue fallacieusement entre "accord pratique" et "accord purement pratique". Il condamne Mgr Fellay parce que celui-ci serait prêt à faire un "accord purement pratique"... Mais il loue Mgr Lefebvre qui, lui, voulait faire un accord qui n'était pas purement pratique. (cf. chapitre 6 et début du chapitre 7 du livre). Donc pour l'abbé Pivert, on peut être pratique tout en ne l'étant pas, et c'est le meilleur, selon lui. 

Notre position vis-à-vis de Rome est, sur ce point précis, celle du sspx marian corps, du Père Bruno, de l'abbé Rioult, de l'abbé Faure, de l'abbé Trincado et de l'abbé Girouard. C'est probablement aussi celle de l'abbé Pinaud et d'autres prêtres dont nous n'avons pas assez d'écrits ou de sermons récents. Ils se taisent trop. Nous voudrions que les prêtres qui ont les idées claires sur ce point fassent rayonner davantage leur prédication pour les âmes. Nous avons besoin d'apôtres aussi spirituels que clairs doctrinalement. 

La position de notre blog et de ces prêtres est considérée par l'abbé Pivert comme étant sédévacantisante. Mais il est plus commode pour lui de commencer par s'attaquer à notre blog que de s'attaquer à ses confrères. Donc pour l'instant, il ne s'attaque qu'à nous. Pour l'abbé Pivert, il faut faire un accord qui n'est pas purement pratique mais un petit peu quand même. Il se retranche derrière Mgr Lefebvre et il a raison : c'était aussi l'esprit de Mgr Lefebvre. Selon l'abbé Pivert, on peut et on doit faire un accord avec Rome avant qu'elle ne soit convertie si celle-ci nous laisse les moyens de prêcher le règne Christ-Roi et si elle nous laisse notre serment anti-moderniste.  (cf. cet article). 

Notons que le sspx marian corps ainsi que tous les prêtres cités ci-dessus refusent pour l'instant de convenir qu'il y a un problème dans la Résistance. Ils disent que nous exagérons et refusent de considérer les écrits. Ils refusent de condamner l'abbé Pivert et Avrillé, car ce serait non seulement se fâcher avec eux, mais ce serait aussi condamner également Mgr Lefebvre sur lequel ils ont trop basé leur combat. Ils n'arrivent pas à se résigner à constater que Mgr Lefebvre n'était pas clair sur ce point. Ils refusent de regarder en face les citations que nous leur avons fournies.(1)

Le Père Pierre-Marie ayant refusé de réaffirmer le principe selon lequel nous ne devions pas faire d'accord avec Rome avant sa conversion complète, nous craignons fort qu'il n'ait la même conception que l'abbé Pivert. Donc nous conseillons à nos lecteurs d'aller lire son article, mais en même temps, nous devons bien garder à l'esprit tous ces problèmes graves... Si nos lecteurs en ont l'occasion, ils pourraient aller demander au Père Pierre-Marie et à l'abbé Pivert de préciser tous les deux leur position au sujet de l'accord avec Rome. Ces deux prêtres ayant tenu à plusieurs reprises des propos ambigus, nous proposons à nos lecteurs de leur demander s'ils seraient d'accord pour signer la proposition suivante, rédigée telle quelle, sans en changer un seul mot  :

Je refuserai toujours tout accord de quelque nature que ce soit avec les autorités romaines tant que celles-ci ne seront pas parfaitement et entièrement converties en paroles et en actes.

Si le Père Pierre-Marie et l'abbé Pivert acceptaient d'écrire cela publiquement, cela apporterait un grand bol d'air frais à la Résistance française. Tant qu'ils refuseront, nous les considérerons comme dangereux, nous nous méfierons d'eux et nous continuerons à mettre en garde contre eux les fidèles de la Résistance.

Note :

(1) Pour éviter la dispersion, nous nous en tenons là pour le moment sur Mgr Lefebvre. Mais il est prévu que lorsque nous aurons fini notre étude en cours, nous referons un article plus complet avec toutes les citations de Mgr Lefebvre concernant l'accord avec Rome. Ceux qui ne veulent pas attendre peuvent aller consulter les textes de Mgr Lefebvre publiés sur notre blog en février 2014.

On peut lire tout ce qui a été écrit par Mgr Lefebvre en mai 1988 et juin 1988. Exemples :

Lettre du 6 mai au cardinal Ratzinger :

"Hier, c’est avec une réelle satisfaction que j’ai apposé ma signature au protocole élaboré les jours précédents. Mais, vous avez vous-même constaté une profonde déception à la lecture de la lettre que vous m’avez remise m’apportant la réponse du Saint-Père au sujet de la consécration épiscopale."


conférence de presse du 15 juin 1988 :
 "Au cours d’une seconde réunion, cette fois avec le cardinal Ratzinger et moi-même et avec les différents théologiens, canonistes, qui avaient déjà discuté entre eux, nous sommes arrivés à une conclusion, sur le papier, acceptable. Le cardinal Ratzinger a d’abord signé ; moi j’ai signé le 5 mai à Albano. Le protocole était donc signé.)."

On peut également relire l'article en onglet, comportant l'extrait de la conférence de Flavigny de décembre 88 et du Fideliter de juillet 1989, ainsi qu'un de nos articles de réponse à un lecteur, citant un passage peu connu du Fideliter 66.

mardi 17 février 2015

Prières extraites du carnet de notes intimes de Sainte Bernadette




Ma bonne Mère, donnez-moi un cœur tout brûlant pour Jésus.

Ma bonne Mère, ayez pitié de moi; je me donne toute entière à vous, afin que vous me donniez à votre cher Fils que je veux aimer de tout mon cœur.

Je retourne à vous, o Père de miséricorde! Recevez-moi, o Dieu de toute consolation! Soutenez-moi de votre grâce, et faites que tant de douleurs et tant d'amour ne me soient point inutiles.

Croix de mon Sauveur, croix sainte, croix adorable, en vous seule je mets ma force, mon espérance et ma joie. Vous êtes l'arbre de vie, l'échelle mystérieuse qui unit la terre au ciel, et l'autel sur lequel je veux me sacrifier en mourant avec Jésus.


Mon Jésus, cachez-moi dans votre Sacré Coeur. C'est ici dans le Coeur de Jésus que je veux apprendre à souffrir et aimer. C'est dans le Coeur de Jésus que je trouverai la douceur et la patience dans la désolation, c'est dans le Coeur de Jésus que je trouverai la vraie consolation.


L'Eucharistie pour l'âme tourmenté est un bain de lumière et d'amour. C'est alors qu'elle goûte cette parole : « Venez, vous qui étes malades, je vous referai.. »

O ma Mère...et que mon coeur, perdu dans le votre, n'ait plus d'autre mouvement, d'autre vouloir, d'autre amour que le bon plaisir de mon divin Maitre...

Jésus est mon modèle. Jésus est ma force. Jésus est ma vraie consolation.

Jésus doit régner dans mon coeur ; dans mon esprit ; dans ma volonté, enfin dans mon âme toute entière.

Courage, mon enfant, tu as trouvé la Perle précieuse qui achète le Royaume des Cieux. Aimer toujours ce que Dieu veut... Le vouloir toujours...le Désirer toujours, le Faire toujours ... C'est le grand secret de la perfection, la clé du Paradis, l'avant-goût de la paix des saints !..

O mon Jésus, soyez ma force et ma vertu !

O Marie, gardez Jésus dans mon coeur.

Ma couronne, au ciel, doit être étincelante d'innocence, et les fleurs brillantes comme le soleil. Les sacrifices sont les fleurs que Jésus et Marie ont choisies.


Le coeur de Jésus, avec ses trésors, est mon partage ; j'y vivrai, j'y mourrai en paix au milieu des souffrances.


Mon Jésus, mettez tant d'amour dans mon coeur, qu'un beau jour il se brise pour aller à vous. Vous le savez, mon Jésus, je vous place comme un cachet sur mon coeur, restez-y toujours.

Mon âme, réjouissez-vous d'avoir un trait de ressemblance avec Jésus, rester cachée dans l'impuissance !..

Jésus, c'est pour moi l'honneur, le charme, le coeur, l'esprit, celui que j'aime, ce que j'aime, la patrie, déjà le ciel. Mon trésor, mon amour, Jésus, et Jésus crucifié seul fait mon bonheur.

J'ai espéré en vous, Seigneur. Soyez ma maison de refuge, car vous étes ma force... Vous me rachetez, Seigneur, Dieu de Vérité.

Je n'était rien, et de ce rien, Jésus en a fait une grande chose. Oui, puisque je suis en quelque sorte un Dieu par la sainte communion ; Jésus me donne son coeur, je suis donc coeur à coeur avec Jésus, épouse de Jésus, amie de Jésus, c'est-à-dire un autre Jésus.

O très Aimable Jésus, c'est vers vous que montent les soupirs de mon coeur.

L'amour triomphe, l'amour jouit. L'amour du saint Coeur réjouit.

Divin Coeur de mon Jésus, donnez-moi pour partage de vous aimer toujours et toujours davantage.

O Ma Mère, offrez-moi à Jésus. O ma Mère, prenez mon coeur et enfoncez-le dans le coeur de mon Jésus.

Marie, ma tendre Mère, voici votre enfant qui n'en peut plus; voyez mes besoin et surtout mes détresses spirituelles; ayez pitié de moi, faites que je sois un jour au Ciel avec Vous.

O Jésus, je ne sens plus ma croix quand je songe à la votre...

Je ne vivrai pas un instant que je ne le passe en aimant.

Celui qui aime fait tout sans peine, ou bien sa peine, il l'aime.

O Jésus, donnez-moi, je vous prie, le pain de l'humilité, le pain d'obéissance, le pain de charité, le pain de force pour rompre ma volonté et la fondre à la votre, le pain de mortification intérieure, le pain de détachement des créatures, le pain de patience pour supporter les peines que mon coeur souffre. O Jésus, vous me voulez crucifiée, fiat, le pain de force pour bien souffrir, le pain de ne voir que vous seul en tout et toujours, Jésus, Marie, la Croix, je ne veux d'autre amis que ceux-là. 

Textes tirés de "Carnet de notes intimes" de Bernadette Soubirous.

dimanche 15 février 2015

carnets jaunes - sainte Thérèse de l'Enfant Jésus



8 août

1 Je lui disais que je ferais valoir ses vertus plus tard : 

C'est le bon Dieu tout seul qu'il faut faire valoir, car il n'y a rien à faire valoir dans mon petit néant.


2 Elle regardait le ciel par la fenêtre de l'infirmerie et Sr Marie du Sacré Coeur lui dit : « Comme vous regardez le ciel avec amour ! » A ce moment elle était plus fatiguée et ne répondit que par un sourire. Plus tard elle me confia ce qu'elle avait pensé. 

Ah ! elle croit que je regarde le firmament en pensant au vrai Ciel ! Mais non, c'est tout simplement parce que j'admire le ciel matériel ; l'autre m'est de plus en plus fermé. Puis aussitôt je me suis dit avec une grande douceur : Oh ! mais si, c'est bien par amour que je regarde le ciel, oui, c'est par amour pour le bon Dieu, puisque tout ce que je fais, les mouvements, les regards, tout, depuis mon offrande, c'est par amour.

3 J'ai pensé aujourd'hui à ma vie passée, à l'acte de courage que j'avais fait autrefois à Noël, et la louange adressée à Judith m'est revenue à la mémoire : « Vous avez agi avec un courage viril et votre coeur s'est fortifié. » Bien des âmes disent : Mais je n'ai pas la force d'accomplir tel sacrifice. Qu'elles fassent donc ce que j'ai fait : un grand effort. Le bon Dieu ne refuse jamais cette première grâce qui donne le courage d'agir ; après cela le coeur se fortifie et l'on va de victoire en victoire. 


4 Si Notre Seigneur et la Sainte Vierge n'étaient pas allés eux-mêmes à des festins, jamais je n'aurais compris l'usage d'inviter ses amis pour des repas. Il me semblait que pour se nourrir on aurait dû se cacher ou du moins rester en famille. S'inviter, oui, mais seulement pour se parler, se raconter des voyages, des souvenirs, enfin pour des choses de l'esprit. 

J'ai eu grand'pitié des personnes qui servaient dans les grands dîners. Si, par malheur, il leur arrivait de laisser tomber quelques gouttes sur la nappe ou sur l'un des convives, je voyais la maîtresse de maison les regarder sévèrement, alors ces pauvres gens rougissaient de honte, et je me disais, toute révoltée intérieurement : Oh ! comme cette différence qui existe ici-bas entre les maîtres et les serviteurs prouve bien qu'il y a un ciel où chacun sera placé selon son mérite intérieur, où tous seront assis au festin du Père de famille. Mais alors quel Serviteur sera le nôtre, puisque Jésus a dit « qu'il irait et viendrait pour nous servir » ! Ce sera le moment pour les pauvres et les petits surtout, d'être récompensés amplement de leurs humiliations.

jeudi 12 février 2015

Humilité - Sainte Communion - Pouvoir de la Sainte Face


Le lendemain, comme elle priait pour celles qui s'approchaient de la sainte communion d'après ses avis, malgré l'absence du confesseur, le Seigneur parut les revêtir d'une robe éclatante de blancheur qui  symbolisait sa pureté divine. Cette robe était ornée de pierres précieuses ayant la forme et le parfum des violettes, pour marquer l'humilité que ces âmes avaient montrée en suivant le conseil de celle-ci. Elles reçurent ensuite un vêtement rose parsemé de fleurs d'or, pour figurer la Passion que le Seigneur a subie pour notre amour et qui procure à tout homme le mérite d'une digne préparation. Le Seigneur dit : « Que l'on place pour elles des sièges auprès de moi, et toutes les créatures sauront que ces âmes occupent les premières places, non par hasard, mais de par ma volonté. Car de toute éternité il a été prévu qu'elles recevraient aujourd'hui. en vertu de leur humilité et par ton intervention, les dons les plus précieux. » Les personnes qui, n'ayant pu se confesser, s'approchaient aussi de la communion, non pour suivre les conseils de celle-ci, mais parce que la grâce de Dieu et la confiance en sa bonté les y engageaient, recevaient seulement un vêtement rose parsemé de fleurs d'or, mais elles s'asseyaient aussi à table avec le Seigneur. Celles qui s'étaient abstenues de la communion, avec humilité et tristesse, se tenaient debout devant la table, et goûtaient cependant encore de grandes délices.

Ensuite le très doux Seigneur, entraîné par sa bonté naturelle, leva sa main sacrée pour bénir, en disant : «Tous ceux qui, attirés par le désir de mon amour, garderont le souvenir de la vision de ma face, recevront par la vertu de mon Humanité l'impression vivante et lumineuse de ma Divinité. Cette lumière éclairera toujours les profondeurs de leur âme, et dans la gloire éternelle la Cour céleste admirera sur leurs traits plus de ressemblance avec ma divine face. »

lundi 9 février 2015

Letter from Padre Pio to Raffaelina Cerase




Divers contretemps nous ayant fait prendre du retard pour notre étude en préparation, nous publierons de temps en temps un texte spirituel en attendant.

From the book : Letters II
Editions Padre Pio da Pietrelcina
Our Lady of Grace Friary
71013 San Giovanni Rotondo (FG) Italy

p. 295 - 296, letter 42:

Pietrelcina, 22 December 1914

Renewed Christmas greetings. The beautiful virtue of charity. Requests.

J.M.J.D.F.C

Little bride of Jesus,

  May the grace and peace of the heavenly Father be with you always and make you more holy.
  Here I am once more with greetings for the feasts of the holy Child along with your entire most precious family. May the Lord and the most holy Virgin make you ever more worthy of eternal glory. With this faith and this desire I want you all to be very happy during the feastdays of the most holy Nativity of the Child Jesus and I earnestly hope you may repeat this celebration during the longest possible life, growing all the time in charity, which is the queen and the mother of all the virtues. 
  Oh, how sublime is the beautiful virtue of charity which the son of God has brought us! All must have it at heart, but more so still those who aim at holiness. Without any merit on your part, the Lord has called you; and even though I see you far advanced on the way of charity, I never cease to insist that you continue to advance along this path.
  The Child Jesus is offering you a new chance to practise this virtue. Do you know who it is that I mean to mention to you? It is that poor child, the seamstress who has lost her mother and to whom you will be so kind as to forward the enclosed envelope (1). I am well aware of the affection you have shown her already and I want to tell you how very pleased I am on this account. May Jesus reward you abundantly. Continue to show her charity so that she may feel as little as possible the loss of her mother. I want you to take on the noble task of counsellor and mother to her, a twofold office that I trust you will fulfil well and very scrupulously. Let me tell you that you  have to deal with a simple soul, a good soul who is very dear to the divine Master. You must be, in a word, her protecting angel.
  This is sufficient about the matter for the present. More about it at a more suitable time.
   All my love to every one of you in Christ Jesus.

Fra Pio (2).

(1) He is refferring to Annita, of Foggia.
(2) For lack of space, his signature has been written at the top right-hand corner of the first sheet.



jeudi 5 février 2015

Des nouvelles de l'abbé Ruiz : il a besoin d'aide




M. l'abbé Ruiz avait besoin en janvier d'environ 51.000 € pour l'achat de son prieuré de Mexico. Il vient de nous écrire qu'il a  pu réunir environ 15%(10 000 euros environ) seulement, pour l'achat de la maison. Il a essayé de négocier avec le propriétaire de lui donner déjà cette somme puis de lui donner au fur et  à mesure le reste, en lui payant un loyer plus élevé. Il attend sa réponse qui ne devrait pas tarder. Il aimerait bien que nous l'aidions à réunir cette somme car le Mexique est un pays pauvre.

Afin d'éviter les tracasseries administratives, l'abbé Ruiz aimerait si possible que nous envoyions de préférence les dons que nous voudrions lui faire sur son compte mexicain dont voici les références :

Hugo Ruiz Vallejo
BANCOMER 0074 0097 76 2955 6972 63 
Code "ABA" ou "SWIFT": BCM RMX MMP YM

S'il manquait des références ou si cela était trop compliqué pour les donateurs, ils peuvent toujours envoyer les dons sur le compte français de l'abbé Ruiz :

Références du compte en France

RIB: BNP PARB EVIAN LES BAINS 00448 - Code banque : 30004 Guichet : 00269 - Compte : 00000077830 - Clé RIB : 82
BIC (ou swift code) : BNPAFRPPANC 
IBAN : FR76 3000 4002 6900 0000 7783 082

mardi 27 janvier 2015

Nouvelles et réflexions diverses sur les derniers événements



Un petit mot pour expliquer à nos lecteurs la raison de notre silence ces derniers jours : tout d'abord, qu'ils se rassurent, nous n'abandonnons pas le combat le moins du monde. 

Nous avons suivi de loin l'invitation coupable des Bénédictins de l'Immaculée dans le chœur d'une église de la FSSPX, les dernières bêtises de l'abbé Pfluger, la conférence d'un évêque conciliaire aux séminaristes de la FSSPX... Il est criminel de faire parler un tel évêque publiquement, en lui donnant une position d'autorité , même s'il est "conservateur" et même s'il est peut-être bien intentionné : le fait est que c'est un évêque qui ne condamne pas Vatican II. C'est un évêque qui ne condamne pas la nouvelle messe. Il ne condamne pas les erreurs comme il le faut, sinon il serait persécuté gravement et ne serait pas en poste, béni par le Pape François. C'est un évêque qui a donc une doctrine mauvaise. La conférence de cet évêque aux séminaristes est une preuve supplémentaire que la Fraternité saint Pie X va très mal et que nous avons raison d'être dans la Résistance. 

Quant aux déformations que l'abbé Simoulin fait de Mgr Lefebvre qu'il présente comme un apôtre de Jésus et Marie sur la fin de sa vie, avant d'être un combattant, nous sommes d'accord avec la sapinière : c'est faux... comme s'il fallait opposer les deux : il est évident qu'un véritable apôtre de Jésus et Marie est un combattant jusqu'à la fin de sa vie. On ne peut pas dire qu'on aime Jésus et Marie si l'on décide en même temps de taire la vérité quand elle continue d'être attaquée. Spiritualité et combat de la foi ne s'opposent pas ou ne se succèdent pas en phase différentes d'une vie, mais sont sans cesse étroitement liés. Il n'y pas de véritable sainteté sans affirmation courageuse de la vérité quand c'est nécessaire. Et Mgr Lefebvre a toujours continué de le faire, même s'il n'avait pas les idées claires au sujet de l'accord qu'il fallait envisager de faire avec Rome et au sujet du protocole du 5 mai 1988 après les sacres, contrairement à ce que dit Mgr Williamson dans son commentaire eleison n°391... 

Ce commentaire eleison n°391 présente de bons aspects car il critique le protocole du 5 mai 1988 et le présente à présent clairement comme mauvais. Nous en remercions vivement Mgr Williamson. Il était temps qu'une condamnation officielle de ce Protocole soit faite dans la Résistance, étant donné les problèmes liés à l'attitude ambiguë de l'abbé Pivert sur ce point... Mgr Williamson a fait là réellement une action bonne et utile... Mais de là à dire que Mgr Lefebvre a vu son erreur et s'est rétracté sur son protocole à cause de la doctrine de celui-ci, c'est faux. Mgr Lefebvre s'est rétracté uniquement pour une raison pragmatique, parce qu'il a vu qu'on ne lui donnerait pas d'évêque et qu'on cherchait à le tromper. Il suffit de relire des citations de Mgr Lefebvre en mai, juin et décembre 1988 ainsi qu'en juillet 1989 disant textuellement que son protocole était acceptable (voir notre article en onglet, par exemple)... Mgr Williamson a tort de présenter Mgr Lefebvre comme un modèle sur ce point à partir du 6 mai 1988. La vérité est faite de nuances. Il ne faut déformer les faits ni en un sens, ni dans l'autre...

Quelle est donc la raison de notre silence, actuellement ? D'une part le devoir d'état, mais surtout la rédaction d'une étude qui est importante et qui sera publiée en février sur ce blog. Nous avons donc décidé de cesser pour le moment de courir après l'actualité, car certaines études doctrinales sont parfois plus utiles, actuelles et nécessaires que le commentaire des événements qui se succèdent sans cesse et se recouvrent les uns les autres. 

A bientôt dans quelques jours ou dans quelques semaines, en février. Nous ne savons pas exactement combien de temps cette étude va prendre : entre une et trois semaines, probablement.

Bien en union de prières et de combat. Nous comptons sur les prières de nos lecteurs et nous demandons à Dieu et à la Sainte Vierge qu'ils les en récompensent au centuple.

InDominoSperavi.

dimanche 18 janvier 2015

Que pouvons-nous espérer de nos prières pour nous et pour les autres ? Comment devons-nous demander pour être exaucés ?



IIa IIae Question 83 article 15 -- Solution 2 :

2. (...)
Si ce qu'on demande (...) pour soi-même n'est d'aucune utilité pour la béatitude, on ne le mérite pas. Il arrive même qu'à le demander et à le désirer, on perde tout mérite, par exemple si l'on demandait à Dieu l'accomplissement d'un péché, prière sans piété. 

Parfois cependant il s'agit d'une chose inutile à notre salut, sans qu'elle lui soit manifestement contraire. En ce cas, bien que cette prière puisse nous mériter la vie éternelle, on ne mérite pas d'obtenir ce qu'on demande. Aussi S. Augustin dit-il : « Lorsque nous supplions Dieu avec foi, pour obtenir des choses nécessaires à cette vie, c'est la miséricorde qui nous exauce, et la miséricorde encore qui se refuse à nous exaucer, car le médecin sait mieux que le malade ce qui est utile à sa faiblesse. » Voilà pourquoi S. Paul ne fut pas exaucé lorsqu'il demandait que Dieu éloigne de sa chair l'aiguillon, parce que cela ne lui était pas avantageux. 

Mais si ce qu'on demande est utile à la béatitude, parce que cela concerne notre salut, on le mérite non seulement par la prière, mais encore par d'autres bonnes œuvres. C'est pourquoi on reçoit infailliblement ce qu'on a demandé, mais au moment où on doit le recevoir. « Il y a des demandes que Dieu ne refuse pas, mais qu'il fait attendre pour les exaucer au bon moment », dit S. Augustin. 

Toutefois, cet accomplissement peut être empêché, si l'on ne persévère pas à le demander, ce qui fait dire à S. Basile : « Quand vous demandez sans recevoir, c'est que vous demandez ce qu'il ne faut pas, ou bien sans foi, avec légèreté, ou ce qui ne vous était pas utile, ou sans persévérance. » En effet, on ne peut mériter en justice la vie éternelle pour autrui, comme nous l'avons dit précédemment'. C'est pourquoi, par voie de conséquence, on ne le peut pas non plus pour ce qui se rapporte à la vie éternelle. C'est pourquoi on n'est pas toujours exaucé lorsque l'on prie pour un autre, comme nous l'avons dit plus haut.

Il y a donc quatre conditions dont la réunion fait qu'on obtient toujours ce qu'on demande. Il faut demander pour soi, ce qui est nécessaire au salut, avec piété et avec persévérance.



Objections :
1. Il semble que les pécheurs n'obtiennent rien de Dieu par la prière, car il est dit en S. Jean (9, 31) : « Nous savons que Dieu n'exauce pas les pécheurs. » Et cela s'accorde avec le livre des Proverbes (28, 9) : « Celui qui, pour ne pas entendre la loi, se bouche les oreilles, sa prière est maudite. » Donc, la prière des pécheurs n'obtient rien de Dieu.

2. Les justes obtiennent de Dieu ce qu'ils méritent, nous venons de le voir. Mais les pécheurs ne peuvent rien mériter, car ils n'ont pas la grâce, ni davantage la charité qui est « la vertu de la piété », dit la Glose sur le texte de S. Paul (2 Tm 3, 5) : « Ils ont les dehors de la piété, mais ils rejettent la vertu qui la donne. » Ils ne prient donc pas avec piété, ce qui est nécessaire pour obtenir ce qu'on demande, nous l'avons dit. Ils n'obtiennent donc rien par la prière.

3. « Le Père n'exauce pas volontiers la prière que le Fils n'a pas dictée », dit Chrysostome. Or, dans la prière enseignée par le Christ, il est dit : « Remets-nous nos dettes comme nous les remettons nous-mêmes à nos débiteurs », ce que ne font pas les pécheurs. Donc, ou bien ils mentent en parlant ainsi, et se rendent indignes d'être exaucés; ou bien, s'ils ne le disent pas, ils ne sont pas exaucés puisqu'ils ne suivent pas le modèle de prière donné par le Christ.

Cependant, S. Augustin nous dit : « Si Dieu n'exauçait pas les pécheurs, c'est en vain que le publicain aurait demandé : "Seigneur, prends pitié du pécheur que je suis." » Et S. Jean Chrysostome : « Quiconque demande reçoit, qu'il soit juste ou pécheur. »

Conclusion :
Deux choses sont à considérer chez le pécheur : la nature, que Dieu aime, et le péché, qu'il déteste. Si dans sa prière c'est le pécheur comme tel qui demande, c'est-à-dire en suivant son désir du péché, Dieu ne l'écoute pas, par miséricorde. Mais parfois aussi il est exaucé pour son châtiment, lorsque Dieu permet qu'il se précipite encore davantage dans le péché. « Il y a des choses que Dieu refuse par bonté, et qu'il accorde par colère », dit S. Augustin. Mais quand le pécheur prie sous l'inspiration d'un bon désir de la nature, Dieu l'exauce, non par justice car le pécheur ne le mérite pas, mais par pure miséricorde; pourvu toutefois que soient sauvées les quatre conditions énumérées plus haut : demander Pour soi-même, les biens nécessaires au salut, avec piété et avec persévérance.

Solutions :
1. Cette parole, explique S. Augustin, fut prononcée par l'aveugle avant l'onction, c'est-à-dire alors qu'il était imparfaitement éclairé. Elle n'a donc pas valeur définitive. On pourrait toutefois l'accepter comme vraie si on l'entendait du pécheur comme pécheur. C'est aussi en ce sens que la prière du pécheur est qualifiée de maudite.

2. Le pécheur ne peut prier avec piété, si on l'entend de l'habitus vertueux qui doit informer sa prière. Mais sa prière peut être pieuse par son objet conforme à la piété, de même que, sans avoir l'habitus de justice, on peut vouloir quelque chose de juste, nous l'avons montré. Cette prière n'est pas méritoire, mais elle peut fort bien être exaucée, car le mérite est fondé en justice, mais l'impétration est fondée sur la grâce de Dieu.

3. Comme nous l'avons dit l'oraison dominicale est prononcée en la personne de l’Église entière. Aussi, celui qui la prononce en refusant de remettre les dettes à son prochain, ne ment pas, car s'il ne dit pas la vérité quant à sa personne, ce qu'il dit est vrai en la personne de l'Église. Mais il est hors de celle-ci par son fait, et cela rend sa prière infructueuse. Il arrive cependant que des pécheurs soient prêts à remettre à leurs débiteurs, et leurs prières sont alors exaucées, conformément à ces paroles de l'Ecclésiastique (28, 2) : « Pardonne au prochain qui t'a nui, et tes péchés seront remis à ta prière. »

IIa IIae Question 17 

ARTICLE 3 ─ Peut-on espérer la béatitude d'un autre par la vertu d'espérance ?

Objections :
1. Il le semble, car l'Apôtre écrit aux Philippiens (1, 6) : " J'en suis bien sûr, celui qui a commencé en vous cette oeuvre excellente la portera à sa perfection jusqu'au jour du Christ Jésus. " Mais la perfection de ce jour sera la béatitude éternelle. On peut donc espérer pour autrui la béatitude éternelle.

2. Les biens que nous demandons à Dieu, nous espérons les obtenir de lui. Or nous demandons à Dieu qu'il conduise les autres à la vie éternelle, selon S. Jacques (5, 16) : "Priez les uns pour les autres afin que vous soyez sauvés." Nous pouvons donc espérer pour les autres la béatitude éternelle.

3. L'espoir et le désespoir ont le même objet. Or on peut désespérer de la béatitude éternelle d'autrui. Autrement S. Augustin dirait en vain : "On ne doit désespérer d'aucun homme, tant qu'il est vivant." Donc on peut aussi espérer pour autrui la vie éternelle.

Cependant, S. Augustin dit " Il n'y a d'espérance que pour les réalités dépendant de Dieu, lequel est considéré comme prenant en charge ceux qui ont l'espérance. "

Conclusion :
On peut espérer quelque chose de deux façons. D'une part de façon absolue, et alors il ne peut s'agir que d'un bien difficile se rapportant à celui qui espère. D'autre part, en présupposant autre chose, et alors l'espérance peut viser des biens se rapportant à autrui.

Pour en être persuadé, il faut savoir que l'amour et l'espérance diffèrent en ce que l'amour implique une certaine union de l'aimant à l'aimé, tandis que l'espérance implique un mouvement ou une tendance de l'appétit vers un bien difficile. Or, l'union suppose des réalités distinctes, et c'est pourquoi l'amour peut directement concerner un autre qu'on unit à soi par l'amour, en considérant cet autre comme soi-même. Mais un mouvement vise toujours un terme propre proportionné au mobile; et c'est pourquoi l'espérance regarde directement le bien propre du sujet, et non celui qui concerne autrui.

Mais si l'on présuppose une union d'amour avec autrui, alors on peut désirer et espérer un bien pour autrui comme pour soi-même. En ce sens, on peut espérer pour autrui la béatitude éternelle, en tant qu'on lui est uni par l'amour. Et de même que c'est l'unique vertu de charité qui nous fait aimer Dieu, nous-mêmes et le prochain, de même aussi c'est par une seule vertu d'espérance qu'on espère pour soi-même et pour autrui.

Solutions :
Cela donne la réponse aux Objections.

samedi 17 janvier 2015

Les étrennes de Notre-Seigneur



Sainte Gertrude chapitre V, livre IV (extrait)

(...) Ensuite elle dit au Seigneur: « O très doux Ami, daignez, comme un amoureux époux, souhaiter la bonne année à cette communauté qui vous est si chère. » Le Seigneur répondit : « Renovamini spirite mentis vestræ : Renouvelez-vous dans l'esprit de votre âme. » (Ephes. iv, 23.). Elle reprit : « Que votre tendresse n'oublie pas, ô Père très miséricordieux, en ce jour, de votre très sainte Circoncision, de retrancher tous nos défauts. » Le Seigneur répondit encore : « Que l'observance de votre Règle vous serve de circoncision. » Elle dit alors : « O très aimé Seigneur, pourquoi répondez-vous avec une sorte de sévérité, comme si vous ne vouliez pas pour cela nous offrir le secours de votre grâce et que nous fussions réduites à nos propres forces, quand cependant, selon votre parole, nous ne pouvons rien faire sans vous ? » Le Seigneur, profondément touché par la douceur de ces paroles, fit reposer l'âme sur son sein, et la caressant avec tendresse : « Je veux si bien, dit-il, vous accorder mon secours que si quelqu'un, pour ma gloire et mon amour, s'applique en ce premier jour de l'année à repasser avec componction tous ses manquements à la Règle, et se propose de les éviter à l'avenir, je veux être pour lui comme un bon maître qui prend sur ses genoux son petit élève, lui apprend les lettres en les montrant du doigt, corrige ses fautes et répare ses omissions. De même je corrigerai miséricordieusement les défauts de celui-là, et ma bonté paternelle suppléera à ses négligences. Si, en enfant distrait, il a commis quelque oubli, je le remarquerai à sa place et je le réparerai. » Le Seigneur ajouta : « Celui qui détournera sa volonté de tout mal pour ne chercher que mon bon plaisir, recevra de mon Cœur divin la lumière de la connaissance, et je dirigerai ses doigts pour qu'il me prépare les étrennes les plus conformes à ma gloire et à ma dignité et les plus utiles à son salut. Ainsi chaque année l'âme pourra, comme une épouse fidèle, m'offrir ce présent, c'est-à-dire m'offrir les arrhes de l'union, à moi qui suis son Époux brillant de beauté. »

Ensuite elle se mit en prière pour une personne qui désirait ardemment obtenir de Dieu, par sa recommandation et comme étrenne, une fidélité parfaite dans l'adversité comme dans la prospérité. Le Seigneur répondit avec bonté : « Puisqu'elle a la volonté de m'adresser cette demande, c'est moi qui reçois d'elle des étrennes de prix. Mais comme il est convenable de lui rendre un présent afin d'exaucer sa prière, je désire lui offrir des étrennes qui nous soient communes, c'est-à-dire profitables pour elle et agréables pour moi : je trouverai dans ma part une gloire nouvelle, tandis qu'elle pourra travailler, avec le secours de ma grâce, à embellir la sienne d'heure en heure. Quand une mère enseigne sa fille, elle la laisse exécuter elle-même le travail, mais elle la dirige par son expérience ; de même mon éternelle sagesse préparera les étrennes avec l'aide de cette personne. »

Elle comprit aussi que les perles et les pierreries qui devaient orner ces étrennes étaient l'amour et les saints désirs, les pensées qui avaient Dieu pour objet et procédaient de la crainte ou de l'amour, de l'espérance, de la joie, etc., car loin de négliger une seule pensée, Dieu les fait toutes servir au salut éternel. 

Alors elle pria pour plusieurs personnes, et spécialement pour l'une d'elles à qui elle avait jadis involontairement donné une occasion de trouble. Le Seigneur lui répondit : « Par ce trouble j'ai dilaté son âme et préparé sa main afin qu'elle soit en état de recevoir mes dons avec plus d'abondance et d'une manière plus digne. » Elle répondit : « Hélas ! Seigneur, pour purifier cette personne que vous aimez, j'ai été, moi misérable, comme un fléau dans votre main ! -- Pourquoi, dis-tu : hélas ! reprit le Seigneur, puisque celui lui purifie mes élus sans avoir l'intention de leur nuire et en compatissant au contraire à leur souffrance, est entre mes mains comme un fléau léger, dont le mérite s'accroît tandis qu'il sert à purifier les autres ? »

vendredi 16 janvier 2015

Mgr Lefebvre a-t-il signé tous les documents du concile Vatican II ? Qu'a-t-il dit exactement au sujet des rapports avec Rome ?




Des lecteurs nous ont plusieurs fois écrit en disant que Mgr Lefebvre avait signé tous les documents du concile Vatican II et il y a eu déjà des polémiques à ce sujet dans le monde de la Tradition. La vérité est que Mgr Lefebvre a refusé de signer Dignitatis humanae et Gaudium et spes. Les signatures de lui qu'on a produites pour ces documents étaient uniquement des signatures d'émargement, pour justifier de sa participation aux séances du concile.

Nous reproduisons ici l'interview intégrale de Mgr Lefebvre donnée dans le Fideliter 79 de janvier-février 1991, où il donne cette explication. Nous allons devoir bientôt étudier cette interview de façon approfondie, pour d'autres raisons. Il s'agit de la fameuse interview dans laquelle il dit qu'il est allé trop loin dans ses rapports avec Rome.


A l'occasion du vingtième anniversaire de la fondation de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, Monseigneur Lefebvre a bien voulu répondre aux questions que nous lui avons posées. « Ce n'est plus seulement une question de liturgie, aussi importante soit-elle, qui nous sépare de Rome, mais une question de Foi ». On retiendra aussi comment le prélat ruine les calomnies qui ont été formulées contre lui à propos des documents conciliaires sur la liberté religieuse et « L'Eglise dans le monde de ce temps ».

FIDELITER - Depuis les sacres il n'y a plus de contacts avec Rome ; cependant comme vous l'avez raconté, le cardinal Oddi vous a téléphoné vous disant : « II faut que les choses s'arrangent. Demandez un petit pardon au Pape et il est prêt à vous accueillir ». Alors pourquoi ne pas tenter cette ultime démarche et pourquoi vous paraît-elle impossible ?
Monseigneur Lefebvre - C'est absolument impossible dans le climat actuel de Rome qui devient de plus en plus mauvais. Il ne faut pas se faire d'illusions. Les principes qui dirigent maintenant l'Eglise conciliaire sont de plus en plus ouvertement contraires à la doctrine catholique.
Devant la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, le cardinal Casaroli a récemment déclaré : « Je désire m'attarder quelque peu sur un aspect spécifique de la liberté fondamentale de pensée et d'agir selon sa conscience, donc la liberté de religion... L'Eglise catholique et son Pasteur suprême, qui a fait des droits de l'homme l'un des grands thèmes de sa prédication, n'ont pas manqué de rappeler que, dans un monde fait par l'homme et pour l'homme, toute l'organisation de la société n'a de sens que dans la mesure où elle fait de la dimension humaine une préoccupation centrale ». Entendre cela dans la bouche d'un cardinal ! De Dieu il n'en parle pas !
De son côté le cardinal Ratzinger, en présentant un document fleuve sur les relations entre le Magistère et les théologiens, affirme dit-il « pour la première fois avec clarté » que « des décisions du Magistère ne peuvent être le dernier mot sur la matière en tant que telle » mais « une espèce de disposition provisoire... Le noyau reste stable mais les aspects particuliers sur lesquels ont une influence les circonstances du temps peuvent avoir besoin de rectifications ultérieures. A cet égard on peut signaler les déclarations des papes du siècle dernier. Les décisions antimodernistes ont rendu un grand service mais elles sont maintenant dépassées ». Et voila, la page du modernisme est tournée ! Ces réflexions sont absolument insensées.
Enfin le Pape est plus œcuméniste que jamais. Toutes les idées fausses du Concile continuent de se développer, d'être réaffirmées avec toujours davantage de clarté. Ils se cachent de moins en moins. Il est donc absolument inconcevable que l’on puisse accepter de collaborer avec une hiérarchie semblable.

FIDELITER – Pensez-vous que la situation se soit encore dégradée depuis que vous aviez – avant les sacres – engagé des conversations qui avaient abouti à la rédaction du protocole du 5 mai 1988 ?
Monseigneur – Oh oui ! Par exemple le fait de la profession de foi qui est maintenant réclamée par le cardinal Ratzinger depuis le début de l’année 1989. C’est un fait très grave. Car il demande à tous ceux qui les ont ralliés ou qui pourraient le faire de faire une profession de foi dans les documents du Concile et dans les réformes post-conciliaires. Pour nous c'est impossible.
Il faudra encore attendre avant d'envisager une perspective d'accord. Pour ma part je crois que seul le Bon Dieu peut intervenir, car humainement on ne voit pas de possibilités pour Rome de redresser le courant.
Pendant quinze ans on a dialogué pour essayer de remettre la Tradition en honneur, à la place qui lui est due dans l'Eglise. Nous nous sommes heurtés à un refus continuel. Ce que Rome accorde a présent en faveur de la tradition, n'est qu'un geste purement politique, diplomatique pour forcer les ralliements. Mais ce n'est pas une conviction dans les bienfaits de la tradition.

FIDELITER - Quand on voit que Dom Gérard et la Fraternité Saint-Pierre ont obtenu de conserver la liturgie et le catéchisme, sans - disent-ils - n'avoir rien concédé, certains qui sont troublés de se trouver en situation difficile avec Rome, peuvent être tentés à la longue de se rallier a leur tour  par lassitude. « Ils arrivent bien, disent-ils, à s'entendre avec Rome sans n'avoir rien lâché ».
Monseigneur - Quand ils disent qu'ils n'ont rien lâché, c'est faux. Ils ont lâché la possibilité de contrer Rome. Ils ne peuvent plus rien dire. Ils doivent se taire étant données les faveurs qui leur ont été accordées. Il leur est maintenant impossible de dénoncer les erreurs de l'Eglise conciliaire. Tout doucement ils adhèrent, ne serait-ce que par la profession de foi qui est demandée par le cardinal Ratzinger. Je crois que Dom Gérard est en passe de faire paraître un petit livre rédigé par l'un de ses moines, sur la liberté religieuse et qui va essayer de la justifier.
Du point de vue des idées. Ils virent tout doucement et finissent par admettre les idées fausses du Concile, parce que Rome leur a accordé quelques faveurs pour la Tradition. C'est une situation très dangereuse.
Au cours de l'audience qu'il a accordée à Dom Gérard et à une délégation des moines du Barroux, le Pape a exprimé le désir de les voir évoluer toujours davantage. Il ne s'en est pas caché. Il faut qu'ils se soumettent encore plus à l'archevêque et qu'ils prennent garde de ne pas faire en sorte que les réformes conciliaires soient sous-estimées parce qu'on leur a accordé des exceptions à la règle liturgique du Conçue. Il faudrait aussi qu'ils fassent un effort pour ramener tous ceux qui ne sont pas encore dans l'obéissance au Saint-Père.
Ce sont des invitations pressantes qui leur sont faites et c'est bien là le but des privilèges qui leur ont été accordés.
C'est pourquoi Dom Gérard a écrit à la Mère Anne-Marie Simoulin, au Père Innocent-Marie, aux Capucins de Morgon et à d'autres personnes pour essayer même de me toucher. A son retour de Rome il a lancé cette offensive pour tenter de convaincre tous ceux qui ne le suivent pas d'emprunter son sillage et de se rallier à Rome.
Tout ce qui leur a été accordé, ne leur a été consenti que dans le but de faire en sorte que tous ceux qui adhèrent ou sont liés à la Fraternité s'en détachent et se soumettent à Rome.

FIDELITER - Dom Gérard reprend ainsi le rôle qui avait été dévolu à Mgr Perl.
Monseigneur - J'ai eu l'occasion de voir au moins trois lettres que Mgr Perl a envoyées en réponse à des personnes qui lui avaient écrit. C'est toujours la même chose. Il faut absolument faire un effort auprès de ceux qui n'ont pas compris la nécessité de se rallier au Pape et au Concile. C'est dommage, écrit-il, de constater qu'il n'y a pas eu plus de ralliements.

FIDELITER - Vous avez dit en désignant Dom Gérard et les autres : « Ils nous trahissent. Ils donnent maintenant la main à ceux qui démolissent l'Eglise, aux libéraux, aux modernistes ». N'est-ce pas un peu sévère ?
Monseigneur - Mais non. Ils ont fait appel à moi pendant quinze ans. Ce n'est pas moi qui suis allé les chercher. Ce sont eux-mêmes qui sont venus vers moi pour me demander des appuis, de faire des ordinations, l’amitié de nos prêtres en même temps que l'ouverture de tous nos prieurés pour les aider financièrement. Ils se sont tous servis de nous tant qu’ils ont pu. On l'a fait de bon cœur et même généreusement. J'ai été heureux de faire ces ordinations, d'ouvrir nos maisons pour qu'ils puissent profiter de la générosité de nos bienfaiteurs... Et puis, tout à coup, on me téléphone . on n’a plus besoin de vous, c'est terminé. Nous irons chez l'archevêque d Avignon. On est maintenant d'accord avec Rome. Nous avons signé un protocole.
Ce n'est pas de gaieté de cœur que nous avons eu des difficultés avec Rome Ce n'est pas par plaisir que nous avons dû nous battre. Nous l'avons fait pour des principes, pour garder la foi catholique. Et ils étaient d accord avec nous. Ils collaboraient avec nous. Et puis tout à coup on abandonne le vrai combat pour s'allier aux démolisseurs sous prétexte qu'on leur accorde quelques privilèges. C'est inadmissible.
Ils ont pratiquement abandonné le combat de la foi. Ils ne peuvent plus attaquer Rome.
C'est ce qu'a fait aussi le Père de Blignières. Il a changé complètement. Lui qui avait écrit tout un volume pour condamner la liberté religieuse, il écrit maintenant en faveur de la liberté religieuse. Ce n'est pas sérieux. On ne peut plus compter sur des hommes comme ceux-là, qui n’ont rien compris à la question doctrinale.
J'estime en tout cas qu'ils commettent une grave erreur. Ils ont péché gravement en agissant comme ils l'ont fait, sciemment avec une désinvolture invraisemblable.
J'ai entendu dire que des moines auraient l'intention de quitter le Barroux disant qu'ils ne peuvent plus vivre dans une atmosphère de mensonge. Je me demande comment ils ont pu rester jusqu'à présent dans cette atmosphère.
De même ceux qui sont chez Dom Augustin. Ils étaient encore plus traditionalistes que nous et à présent ils ont complètement versé de l'autre côté. Pour tous les jeunes qui sont là, c'est affreux de penser à un tel renversement. Ils sont entrés au monastère pour être vraiment dans la Tradition. C'était la Tradition la plus sûre, la plus ferme, plus encore que la Fraternité. Ils pensaient être garantis pour toujours. Et puis ils retournent complètement leur veste... et ils restent. C'est inexplicable.

FIDELITER - Le Père de Blignières, l'Abbé de Nantes et Dom Gérard vous ont pratiquement accusé de mensonge quand vous avez assuré ne pas avoir signé deux documents du Concile Dignitatis humanae sur la liberté religieuse et Gaudium et Spes. La revue Sedes sapientiae a reproduit un document tiré des archives du Vatican où figure votre nom écrit de votre main. Qu'en est-il exactement et quel est ce document ?
Monseigneur - Cette idée de l'interprétation des signatures signifiant une approbation des documents conciliaires a germé dans le  cerveau mal intentionné du Père de Blignières.
Les approbations ou refus des documents étaient évidemment accomplis pour chaque document en particulier. Le vote était secret, accompli sur des fiches individuelles, et fait avec un crayon spécial qui permettait le calcul électronique des votes. Les fiches étaient ramassées par les secrétaires, de la main de chaque votant.
Les grandes feuilles qui circulaient de main en main parmi les Pères du Concile et où chacun apposait sa signature n'avaient aucun sens de vote pour ou contre, mais signifiaient notre présence à cette séance de votes pour quatre documents.
Il faudrait vraiment prendre les Pères qui ont voté contre les textes pour des girouettes, en faisant croire qu'ils auraient approuvé ce qu'ils ont refusé une demi-heure avant.
On voit ce que l'on peut attendre de l'imagination de ceux qui sont des girouettes et qui adorent ce qu'ils avaient brûlé auparavant, comme le Père de Blignières, Dom Gérard et la girouette par excellence qu'est l'Abbé de Nantes.

FIDELITER - Certains parmi les fidèles sont tentés de garder de bonnes relations avec ceux qui se sont ralliés, voire d'assister à la messe ou aux cérémonies qu'ils célèbrent, pensez-vous qu'il y a là un danger ?
Monseigneur - J'ai toujours mis en garde les fidèles par exemple vis-à-vis des sédévacantistes. Ils disent aussi : la messe est bien, nous y allons.
Oui, il y a la messe. Elle est bien, mais il y a aussi le sermon ; il y a l'ambiance, les conversations, les contacts avant et après, qui font que tout doucement on change d'idées. C'est donc un danger et c'est pourquoi d'une manière générale j'estime que cela fait un tout. On ne va pas seulement à la messe, on fréquente un milieu.
Il y a évidemment des gens qui sont attirés par les belles cérémonies qui vont aussi à Fontgombault, où l'on a repris la messe ancienne. Ils se trouvent dans un climat d'ambiguïté qui à mon sens est dangereux. Dès lors que l'on se trouve dans cette ambiance, soumis au Vatican, soumis en définitive au Concile, on finit par devenir œcuméniste.

FIDELITER - Le Pape est très populaire. Il mobilise les foules, il veut rassembler tous les chrétiens dans l'œcuménisme, dont il a dit qu'il faisait  la pierre angulaire de son pontificat. A première vue cela peut paraître une noble pensée de vouloir effectivement rassembler tous les chrétiens.
Monseigneur - Le Pape veut faire l'unité en dehors de la foi. C'est une communion. Une communion à qui ? A quoi ? En quoi ? Ce n'est plus une unité. Celle-ci ne peut se faire que dans l'unité de la foi. C'est ce que l'Eglise a toujours enseigné. C'est pourquoi il y avait les missionnaires, pour convertir à la foi catholique. Maintenant il ne faut plus convertir. L'Eglise n'est plus une société hiérarchique, c'est une communion. Tout est faussé. C'est la destruction de la notion de l'Eglise, du catholicisme. C'est très grave et cela explique que nombreux soient les catholiques qui abandonnent la foi.
Quand on ajoute à cela tous les propos scandaleux qui ont été tenus à l'occasion du synode sur le sacerdoce, les déclarations comme celles des cardinaux Decourtray et Danneels, on se demande comment il peut encore y avoir des catholiques.
Après Assise et après de semblables déclarations, on comprend qu'il y ait beaucoup de gens qui s'en aillent chez les Mormons, chez les Témoins de Jéhovah ou ailleurs. Ils perdent la foi, c'est normal.

FIDELITER - A propos du synode, le cardinal Lorscheider, annonçant que deux Brésiliens mariés avaient été ordonnés prêtres, a demandé que soit étudiée la possibilité d'ordonner des hommes mariés « de vie éprouvée ».
Monseigneur - Tout cela est dirigé contre le célibat des prêtres. Le synode qui va se tenir en Afrique sera probablement une étape vers l'abolition du célibat des prêtres, si toutefois le Bon Dieu n'intervient pas avant.

FIDELITER - On cite en exemple le développement du catholicisme et l'accroissement considérable du nombre des vocations dans les pays d'Afrique, notamment au Zaïre, où l'on compte plusieurs centaines de séminaristes.
Monseigneur - Mais il faut voir comment ils sont formés. Dans ces pays du Tiers-monde il y a beaucoup d'enfants et c'est une promotion sociale que d'être prêtre. Ce n'est malheureusement pas un réel progrès du catholicisme.
Je ne dis pas que tout soit négatif. Mais ce sont tous des séminaristes conciliaires, avec la nouvelle messe, l'introduction du tam-tam, l'inculturation dans la liturgie. Quelle religion vont-ils avoir ? Ce ne sera plus la religion catholique, mais une espèce de syncrétisme religieux avec des manifestations purement extérieures. C'est grave, parce que c'est la démolition de tout le travail accompli par les missionnaires.

FIDELITER - Plus qu'une question de liturgie, dites-vous souvent, c'est maintenant une question de foi qui nous oppose à la Rome actuelle.
Monseigneur - Certainement la question de la liturgie et des sacrements est très importante, mais ce n'est pas la plus importante. La plus importante c'est celle de la foi. Pour nous elle est résolue. Nous avons la foi de toujours, celle du concile de Trente, du catéchisme de saint Pie X, de tous les conciles et de tous les papes d'avant Vatican II.
Pendant des années ils se sont efforcés à Rome de montrer que tout ce qui était dans le Concile était parfaitement conforme à la Tradition. A présent ils se découvrent. Le cardinal Ratzinger ne s'était jamais prononcé avec autant de clarté. Il n'y a pas de Tradition. Il n'y a plus de dépôt à transmettre. La tradition dans l'Eglise, c'est ce que dit le Pape aujourd'hui. Vous devez vous soumettre à ce que le Pape et les évêques disent aujourd'hui. Pour eux voilà la tradition, la fameuse tradition vivante, seul motif de notre condamnation.
Ils ne cherchent plus maintenant à prouver que ce qu'ils disent est conforme à ce qu'a écrit Pie IX, à ce qu'a promulgué le concile de Trente. Non tout cela est fini, c'est dépassé, comme dit le cardinal Ratzinger. C'est clair et ils auraient pu le dire plus tôt. Ce n'était pas la peine de nous faire parler, de discuter. C'est maintenant la tyrannie de l'autorité, parce qu'il n'y a plus de règle. On ne peut plus se référer au passé.
Dans un sens les choses deviennent aujourd'hui plus claires. Elles nous donnent toujours davantage raison. Nous avons affaire à des gens qui ont une autre philosophie que la nôtre, une autre manière de voir, qui sont influencés par tous les philosophes modernes et subjectivistes. Pour eux il n'y a pas de vérité fixe, il n'y a pas de dogme. Tout est en évolution. C'est là une conception tout à fait maçonnique. C'est vraiment la destruction de la foi. Heureusement, nous, nous continuons de nous appuyer sur la Tradition !

FIDELITER - Oui, mais vous êtes seul contre tous.
Monseigneur - Oui, c'est un grand mystère.

FIDELITER - Dans le dernier bulletin « INTROIBO », le Père André note que bien qu'ils disent la nouvelle messe, une dizaine d'évêques fournissent un espoir. Ils sont qualifiés « d'évêques traditionnels » par le « Trombinoscope épiscopal ».
Monseigneur - Oui, mais ils sont tous conciliaires. Il n'y a que Mgr de Castro Mayer et moi qui ayons résisté au Concile et à ses applications, alors que pendant le Concile nous étions 250 à être opposés à ses erreurs.
On me faisait relire récemment la prophétie de Notre-Dame-de-Quito, où au début du XVIIe siècle, la Très Sainte Vierge Marie a révélé à une sainte religieuse la dissolution des mœurs et la crise affreuse qui atteint aujourd'hui l'Eglise et son clergé, annonçant aussi qu'un prélat se consacrerait à la restauration du sacerdoce.
La Très Sainte Vierge a annoncé cela pour le XXe siècle. C'est un fait. Le Bon Dieu a prévu ce moment dans l'Eglise.

FIDELITER - Vous avez souligné que vous aviez acquis la conviction que l'œuvre que vous avez entreprise est bénie du Bon Dieu, car en plusieurs occasions, elle aurait pu disparaître.
Monseigneur - Oui, c'est vrai. Nous avons toujours subi des attaques, très dures, très pénibles. Souvent des gens qui ont travaillé avec nous, qui ont été nos amis se sont retournés contre nous et sont devenus vraiment des ennemis. C'est très douloureux, mais il n'y a rien à faire. On s'aperçoit au bout de quelque temps que ceux qui nous en veulent et qui essayent de nous détruire, sombrent et que nous, nous continuons, il faut croire tout de même que la ligne de foi et la Tradition telle que nous l'avons adoptée, telle que nous la suivons est impérissable, parce que c'est l'Eglise et que Dieu ne peut pas laisser périr son Eglise.

FIDELITER - Qu'est-ce que vous pouvez dire à ceux. d'entre les fidèles qui espèrent toujours en la possibilité d'un arrangement avec Rome ?
Monseigneur - Nos vrais fidèles, ceux qui ont compris le problème et qui nous ont justement aidés à poursuivre la ligne droite et ferme de la Tradition et de la foi, craignaient les démarches que j'ai faites à Rome. Ils m'ont dit que c'était dangereux et que je perdais mon temps. Oui, bien sûr, j'ai espéré jusqu'à la dernière minute qu'à Rome on témoignerait d'un petit peu de loyauté. On ne peut pas me reprocher de ne pas avoir fait le maximum. Aussi maintenant, à ceux qui viennent me dire : il faut vous entendre avec Rome, je crois pouvoir dire que je suis allé plus loin même que je n'aurais dû aller.

FIDELITER - Vous répondez : vous n'avez pas à craindre, parce que nous sommes avec la Tradition, avec les conciles d'avant Vatican II, avec tout ce que les papes qui l'ont précédé ont déclaré...
Monseigneur - Oui, c'est évident, si nous inventions quelque chose on pourrait craindre que notre invention ne subsiste pas. Mais nous ne faisons rien de nouveau.
Il y a peu de temps je voyais un évêque, un de mes amis avec lequel nous avons travaillé pendant le Concile et qui était tout à fait d'accord avec moi à ce moment là. Et il me disait : « C'est malheureux que vous soyez en difficulté avec Rome ».
Comment, lui ai-je répondu, vous qui avez lutté au Concile pour les mêmes motifs que moi, pouvez-vous maintenant vous étonner ? Nous avons fait des réunions continuelles ensemble et avec d'autres pour essayer de maintenir la ligne de la Tradition dans le Concile. Et a présent vous avez abandonné tout cela. Est-ce que ce que nous faisions était répréhensible ?
Voyez les résultats du Concile. Est-ce que vous pouvez m'en donner qui soient bons, qui soient positifs. Où et dans quel domaine le Concile et les réformes qu'il a engendrées, ont-ils apporté un renouveau extraordinaire dans l'Eglise ?
Il n'a pas pu répondre. Il n'y a rien. Tout est négatif.

FIDELITER - Et le charismatisme ?
Monseigneur - C'est encore négatif. C'est le diable, puisque des charismatiques viennent nous demander de les exorciser. Il faut croire qu’ils sont possédés par le diable.
Ils appellent l'Esprit. Quel esprit ? Qu'il y en ait parmi eux qui soient de bonne volonté, sans doute, qui s'efforcent de prier, de faire des adorations sans doute, mais le démon est malin. Il attire d'un côté, de l’autre il récupère.
Nous n'avons pas fini de lutter. Moi disparu, mes successeurs auront encore à combattre.
Mais le Bon Dieu peut tout. Au plan politique il aurait été difficile de prévoir il y a un ou deux ans ce qui se passe actuellement. On n imaginait pas que le rideau de fer serait levé, que l'Allemagne se réunifierait. Maintenant on dit que l'éclatement de l'empire soviétique est proche.
J'ai reçu une lettre d'un évêque ukrainien qui voulait prendre contact avec nous, pour qu'on l'aide à éditer un catéchisme, parce qu’ils n ont plus rien. Il a fait plus de quinze ans de prison soviétique avec d’autres. Un certain nombre d'entre eux sont maintenant libérés.
Il a retrouvé son diocèse dans un état épouvantable, parce que tout appartient désormais à l'Eglise orthodoxe. Ils ont tout pris. Alors, ils essayent de récupérer ce qu'ils peuvent, mais ils ont contre eux le Vatican, qui est empoisonné par cette affaire. Le retour de ces évêques et de ces prêtres qui veulent faire revivre l'Eglise catholique en Ukraine gêne le Vatican, qui ne veut surtout pas avoir d'histoires avec le Kremlin et avec les orthodoxes. Ce renouveau catholique en Ukraine les gêne. C'est ce que m'écrit cet évêque : « II y a vraiment un mystère qui plane pour nous en ce qui concerne l'attitude de Rome. »
Pour nous ce n'est pas un mystère!

FIDELITER - Quel bilan peut-on dresser de la Fraternité après vingt ans d'existence ?
Monseigneur - Le Bon Dieu a voulu la Tradition. Je suis intimement convaincu que la Fraternité représente le moyen que le Bon Dieu a voulu pour garder et maintenir la foi, la vérité de l'Eglise et ce qui peut être encore sauvé dans l'Eglise. Grâce aussi aux évêques qui entourent le Supérieur général de la Fraternité, qui remplissent leur rôle indispensable de mainteneurs de la foi, de prédicateurs de la foi, et qui communiquent les grâces du sacerdoce et de la confirmation, la Tradition demeure inchangée et toujours source féconde de la vie divine.
Tout cela est vraiment très consolant et je pense que nous devons remercier le Bon Dieu et continuer à garder fidèlement les trésors de l'Eglise, en espérant qu'un jour ces trésors reprendront la place qui leur est due à Rome et qu'ils n'auraient jamais dû perdre.

Propos recueillis par André CAGNON
Source : Fideliter n° 79 de janvier-février 1991